narmureOn parle souvent de sécurité informatique au sens technique, mais nous le savons, le maillon faible est souvent dans la place : c’est l’homme qui peut à tout moment pénétrer les systèmes que nous utilisons journellement. Les informaticiens, comme les DSI, sont et seront de plus en plus nombreux à être soumis à des pressions de leurs dirigeants ou de personnages influents dépourvus de scrupules afin d’accéder à des informations personnelles sensibles ou des données protégées. Si l’information prend de la valeur, l’espionnage, le vol et l’exploitation abusive des savoirs et des données feront elles aussi parties de notre paysage quotidien. Il suffit d’observer la croissance exponentielle des batailles juridiques sur les contenus ou le copyright pour s’en faire déjà une idée concrète.  Cette connaissance peut être aussi  employée de manière malicieuse… ou malhonnête. Encore récemment un cadre important me confiait qu’un président de société avait obligé – sous peine de licenciement- son directeur informatique à donner des codes d’entrée à l’un de ses proches en vue d’accéder à des informations sensibles qui lui était normalement interdites. Les DSI disposent eux même d’un pouvoir considérable qu’ils peuvent, comme leurs dirigeants, avoir la tentation d’utiliser. On parle souvent de sécurité dans ces métiers de l’informatique. Mais je n’oublie pas que le premier verrou de cette sécurité dans l’utilisation des systèmes d’information, ce sont les cadres, ingénieurs systèmes et autres responsables de réseaux informatiques! Alors que l’ombre numérique des données personnelles et collectives ne cesse de croître ! C’est dans les professions de l’informatique que se trouvent les premiers gardiens de nos libertés individuelles ou collectives face aux dérapages, aux tentatives de surveillance non fondées légalement ou juridiquement!Ennemi dans la place

Le DSI en première ligne

Des données de plus en plus nombreuses circulent qui racontent nos aspirations, nos craintes, nos amours, nos désirs, nos parcours professionnels, nos passions intimes, nos frustrations, nos penchants politiques ou éthiques. Des données qui nous rendent transparents, vulnérables et qui peuvent devenir un objet de pression sur la vie de chacun d’entre nous. Une majorité d’entre vous avez eu un jour ou l’autre connaissance d’un dérapage, d’une indiscrétion. Un jour ou l’autre vous avez connu ce directeur ou cet ingénieur système qui a espionné des courriers électronique ou qui l’aura fait à la demande de sa direction générale. Ces dérapages, dont on parle entre gens du métier, sont rarement sur la place publique bien que de plus en plus fréquents. Le DSI demeure et ses équipes avec lui, par leur probité et leur honnêteté, le premier rempart contre ces abus, contre des pratiques qui ne doivent rien à la technique mais à son usage. Ils sont la première ligne la plus exposée aux pressions de leurs dirigeants… Contre ces dérapages potentiels nous devons trouver un moyen de les protéger de ces abus et des risques qu’ils courent. Pour cela, les médecins ont leur serment d’Hippocrate, les experts comptables, les avocats, les journalistes ont une charte déontologique qui encadre leurs activités et les protègent aussi. Pourquoi les DSI et les informaticiens en général ne seraient-ils pas dotés, comme d’autres professions, d’une charte déontologique qui les protège ? Voilà pourquoi, je souhaite que les instances qui les représentent comme le Cigref mais aussi le Syntec Informatique proposent à la profession « un serment de l’Informaticien » que celui-ci s’engagerait à respecter ; capable de renforcer le sentiment qu’ils peuvent sans crainte de représailles, en se mettant sous la protection de leur serment, dénoncer toute tentative d’espionnage ou d’utilisation malveillante des données.

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