E.Business Generation: les micros-entreprises gagnent de l’argent sur Internet, a été édité par Village Mondial, en 1999. Nominé pour le Grand Prix 1999 du Livre de Management et de Stratégie de L’Expansion Management Review / McKinsey, il a été un précurseur de ce que sont aujourd’hui les micros activités lancées par des auto-entrepreneurs (en anglais selfemployment). Le livre a été un succès. Maintenant, il fait encore l’objet de nombreuses demandes sur mon site. Mais cela ne me satisfait pas. J’ai décidé d’en extraire des chapitres qui, je l’espère, raviveront votre intérêt d’une analyse qui reste d’actualité.

ebgpoitouEn 1998, j’écrivais « Nous assistons à l’irruption de millions d’invités inattendus, une avalanche de micro-entreprises individuelles et familiales qui fourmillent d’idées. Opportunistes, imaginatifs, ils ouvrent une boutique virtuelle et tentent de gagner un peu d’argent, de toutes sortes de façons. eBusinessGeneration annonce avec le « self employment » un pont prometteur entre le monde du travail et celui de la création des activités en ligne. Il tente de répondre aussi à une question. De nouveaux gisements d’activités s’ouvrent à nous : comment la France doit-elle s’adapter pour favoriser la liberté d’entreprendre dans ce nouvel espace de conquête qu’est le cyberespace ? » Mon préambule expliquait qu’en parallèle du livre nous avions mis en ligne des centaines de cas sur un site ebusinessgeneration.com ouvert à l’occasion de sa sortie (pour plus de détails). Ce site était devenu un instrument du développement économique régional en Poitou-Charenttes avec sa transformation en « incubateur virtuel ». Son objectif était de soutenir les initiatives d’entrepreneurs locaux et de ceux qu’ont désignent aujourd’hui sous le terme d’auto-employeurs désireux de se servir de la Toile pour se lancer dans le eCommerce. Après trois ans de succès de cette portail, l’arrivée de Madame Royale, désireuse sans doute d’un avenir à sa main, a fait disparaitre ce lieu d’échanges de savoir, de ressources techniques et de pratiques concrètes lui préférant la fourniture d’un petit chèque (voir plus loin).

Au coin du Web. Le vice-président Al Gore a résumé l’époque actuelle dans laquelle se trouve notre économie: « Pratiquement n’importe qui, muni d’une idée géniale peut s’établir à son compte et devenir la boutique du coin pour la planète entière« . En modifiant fondamentalement la nature même de l’économie, du commerce et du marketing, le web permet de rendre solvables des services impensables autrefois et à tout individu de devenir un producteur de services en ligne.  Un phénomène nouveau fortement imprégné dans la culture anglo-saxonne, propice à l’esprit d’initiative, au « family business », où toute occasion de faire un peu d’argent est une occasion à ne pas laisser passer alors que s’offrent à chacun la possibilité  » d’ouvrir boutique sur un coin du web! ».

Image1Avec le soutien de la Caisse des Dépôts et Consignations, qui s’intéressait aux nouvelles formes d’emplois et activités économiques, nous avons lancé une étude approfondie sur ces pratiques en cours de développement un peu partout dans le monde. E.Business Generation était l’aboutissement d’investigations très poussées dans les réseaux électroniques mondiaux. Nous l’avions complété par un questionnaire auprès de ressortissants de plusieurs pays ayant lancé des micro-services ou micro-activités en ligne et que nous considérions comme exemplaires des transformations économiques induites par Internet. L’objectif était d’identifier quelques-unes des micro-activités les plus significatives suscitées par le «web », la Toile. Puis de décrire les caractéristiques de ces nouveaux « very small business » qui s’installent sur Internet, parfois de façon éphémère, parfois comme un complément de ressources pour la famille, parfois pour tester un marché spécifique. Nous avons retenu ce qui nous paraissait être les tendances lourdes des transformations en cours. Néanmoins la rapidité de l’évolution des données recueillies dans le monde, ainsi que de l’extrême versatilité des propositions de micro-activités, les rend très vite obsolètes. Enfin, le grand nombre des exemples retenus rendaient impossible leur présentation dans un livre, aussi avons-nous mis en place un service d’informations complémentaire. Une option qui présente l’avantage d’une démarche adaptée à la rapidité des variations des phénomènes constatés en matière de « business » en ligne. Le résultat de nos investigations a été organisé dans une importante base d’informations constituée à cette occasion sur http://ebusinessgeneration.com (aujourd’hui disparue). Notre objectif étant d’abord de constituer un outil pédagogique qui, par l’intérêt des exemples et des informations qui les accompagnent, inspirera, nous l’espérons, l’entrepreneur qui sommeille en chacun d’entre nous. Puis de concevoir les bases de ce qui sera la première « pépinière virtuelle » de la francophonie.

Pépinière ou Incubateur virtuel ? eBusiness Generation, une plate forme de services partagés

incubateurL’argent n’est pas tout. Un soutien logistique au lancement et au fonctionnement courant des micro-activités en ligne est nécessaire. Connaître les erreurs à éviter, les pièges des offres alléchantes mais frauduleuses, sélectionner les activités qui marchent de celles qui ne marchent pas, surveiller les micros marchés pour y trouver des opportunités, tout ceci est également indispensable. Tout individu qui s’intéresse au small business en ligne, ne peut manquer d’être surpris de se retrouver dans un espace anglo-saxon caractérisé par une extraordinaire prolifération de sites qui font métiers de soutenir la création et le développement de l’e.business. Les « Small Business Resources Center » représentent plusieurs centaines d’organisations soutenues parfois par de grandes entreprises comme IBM, Arthur Andersen, les Bell Companies, ATT, des Universités et autres entreprises privées. Sur Internet, ces « SBRC » développent de véritables plates-formes de surveillance, de conseil, de services et d’assistance les plus divers. Il s’agit de véritables pépinières virtuelles, d’incubateurs d’activités. Même si ces services de soutien commencent à s’installer en France, la dynamique et l’ampleur de ces initiatives américaines n’ont pas de comparaison dans l’espace francophone. Sans doute parce que les universités, les grandes écoles d’ingénieurs et le secteur privé français ne jouent pas encore un rôle suffisant en matière d’incubateur virtuel pour les micro-activités en ligne. Mais aussi parce que les aides nombreuses aux petites entreprises ne sont pas bien connues et les supports ou réseaux de soutien quasi inconnus des postulants à la création d’activités nouvelles dans le cyberespace marchand.

La plupart des dirigeants des TPE investissent jusqu’à 90% de leurs achats dans les services plutôt que d’embaucher. Ils préfèrent utiliser des services mutualisés (Centres d’affaires, pépinières, télécentres, plates formes de services partagés) qui limitent leurs embarras administratifs. Sur le Net, les Business Resources Center font assaut d’imagination afin de favoriser la réussite des cyberentrepreneurs en offrant des services le plus souvent très pratiques plutôt que du conseil : la déclaration de votre site, sa promotion, les services de messageries, des aides de financement, des agents de recherche automatique pour identifier les bonnes affaires, des liens avec des professionnels qui seraient en mesure de vous fournir des services complémentaires. On trouve des plates-formes spécialisées, en ligne, qui proposent d’assurer aussi des services de soutien logistique, (transports, transitaires, gestion des coûts de transport, suivi des livraisons). Si vous allez sur le site de discussion marketplace inventors, vous trouverez tout naturellement des gens qui ont des idées à vendre. Mais dans ce réseau vous trouverez aussi toute une logistique qui s’est installée pour soutenir et faire des affaires avec les inventeurs. Un cabinet de protection des brevets traînera par-là qui proposera un moteur de recherche et des bases de données pour voir si l’invention n’existe pas déjà, pour proposer ses services. Ce que fera aussi la revue spécialisée qui vient offrir son support pour des annonces. Puis viendra le cabinet de marketing pour étudier le marché ou le segment de marché concerné, la société de services financiers qui pourrait soutenir l’invention, etc. Dans chacun des markets place d’Usenet vivent des cohortes de professionnels, parfois des cadres ou des experts de très haut niveaux, qui s’organisent spontanément en réseaux d’intérêts communs. Ceux qui s’en sortent correctement sont ceux qui savent s’accrocher et offrir des services à valeur ajoutée. C’est la raison pour laquelle, lors de certaines de nos investigations, nous trouvons des professionnels qui nous répondent que leurs services en ligne ne sont pas rentables mais qu’ils gagnent quand même de l’argent. Ils ont appris à surveiller les « news » de plusieurs forums spécialisés où ils interviennent régulièrement afin de prospecter. Image5Internet est par ailleurs un formidable outil pour permettre l’égalité d’accès à des informations et connaître le foisonnement des aides ou lois facilitant la création d’activités nouvelles. Le site de Microsoft développé en partenariat avec l’APCE (Agence pour la Création d’Entreprises) et France Télécom, Ciel, UFB Locabail, Intel, Lexmark, Oléane etc… donne des informations pratiques et des liens avec les multiples acteurs concernés pour faciliter le démarrage des micro-entrepreneurs. Un véritable outil de conseil et d’assistance pour le cybercréateur qui ne demande qu’à voir se multiplier et se diversifier les services pouvant être mis à sa disposition. La stratégie globale de Microsoft montre que cette compagnie a compris l’enjeu des nouvelles pratiques des affaires en ligne. Sous couvert de favoriser le commerce électronique, la firme américaine de Bill Gates est en train de recaler son offre auprès des micro-activités en ligne. D’abord en proposant des outils gratuits aux cyberentrepreneurs, ensuite en multipliant les plates-formes Biz’Talk qui offre une compatibilité entre le maximum d’applications, enfin en relançant son réseau MSN sur la base de sites préconstruits et de services à valeur ajoutée, tel que la sécurité des règlements. MSM selon toute vraisemblance se paiera sur les transactions d’affaires et par la publicité. Une démarche qui n’est pas évidente, face à la volonté quasi viscérale des cyber-routards, des cyberentrepreneurs, de se sentir libres de toute allégeance à un réseau dédié quelconque. Une autre des caractéristiques des micro-services en ligne est qu’ils travaillent dans un cyberespace où tout va très vite. L’opportunisme est de rigueur. Le système financier et administratif français semble encore bien peu adapté à de tels contextes qui nécessitent de pouvoir obtenir des informations, des ressources et des services quasi en temps réel. Avec la plateforme eBusiness Generation nous proposions la création d’une des premières « pépinières virtuelles » qui, en supportant le démarrage de certaines micro-activités, seraient exemptées de certaines charges durant les premières années d’activités (aides à l’embauches, à la mise en place de contrat de qualification, défiscalisation des investissements et accès à des crédits privilégiés. Il s’agirait de véritables plates-formes de services de soutien aux micro-services en ligne, associés à des services d’information et d’assistance à la gestion. Une première plate-forme « incubateur ou pépinière virtuelle » pourrait être testée rapidement avec le concours d’opérateurs français disposés à participer à cette expérience. Cette option, faut-il le rappeler, a l’avantage de limiter l’importante extra-territorialité des services en ligne.

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