Méfions nous à ne regarder la Toile qu’au travers du regard de quelques milliers de fans des technologies de l’information et de la communication et des modèles économiques inventés dans la Silicon Valley. Internet en s’adressant à chacun d’entre-nous est aussi devenu un formidable outil d’insertion économique et sociale pour des centaines de millions d’internautes. Saviez vous que, cette année 2008, les transactions entre individus dans les réseaux sociaux sont devenus plus importantes que celles des transactions commerciales? Plus de 250 millions d’internautes, le plus souvent très formés et savants, sont inscrits dans des réseaux sociaux qui vont de l’animation des quartiers à l’échange des appartements en passant par de multiples façons de s’entraider professionnellement ou non grâce à leurs connaissances. Sur Internet, un milliard deux cent millions d’individus compose une foule numérique qui domine la Toile et dispose d’un formidable pouvoir potentiel d’éco-efficience global. Au delà des prouesses technologiques fanfaronnées dans la presse, les internautes du monde entier découvrent de nouvelles solidarités en limitant les échanges monétaires.  Emerveillons- nous de cette nouvelle possibilité qui nous est offerte tous les jours de diffuser facilement et économiquement cette petite et modeste graine qui s’appelle la connaissance. Grâce à la Toile, un jeune agriculteur francilien poussé par un ami va pouvoir s’informer sur les applications des panneaux solaires et transformer le toit de son exploitation pour réduire sa facture énergétique. Tel habitant d’un village péruvien va pouvoir bénéficier des conseils de santé pour soigner un de ses enfants. Un brésilien, perdu dans la forêt amazonienne, va découvrir qu’en mettant un aimant dans un seau d’eau polluée à l’arsenic par les orpailleurs, celui ci va se fixer sur l’aimant au fond du seau et il pourra boire une eau assainie. Tel indien, petit producteur de briques d’argiles, va apprendre dans un forum comment améliorer la cuisson de ses fours pour réduire de façon spectaculaire les briques loupées. Tel senior américain va découvrir un réseau d’entraide pour résoudre son problème de solitude (75% des internautes américains reconnaissent avoir utilisé la Toile pour de l’entraide).  La Toile devient un ascenseur social et économique et social. Economique parce que chacun peut commercer avec un individu du bout du monde en s’insérant dans la netéconomie[1]. Social parce que l’homme savant peut se faire connaître, peut enseigner son savoir et se faire apprécier de toute une communauté d’individus installés de part le monde. Cela implique qu’il nous faut protéger et de favoriser la libre circulation des idées et des savoirs qui fait de la Toile l’outil le plus précieux de ce siècle. Alors que ce mijote dans les coulisses gouvernementales des adaptations des lois sur le copyright qui pourraient n’être qu’un arrangement de plus pour privilégier les éditeurs, la France qui se veut protectrice des Arts et des Lettres a, sur ce sujet, l’occasion de faire entendre sa voix afin d’inviter la communauté des nations à s’interroger sur la nature, la portée et les conditions de cette libéralisation des échanges des connaissances. Et ça, de mon point de vue, alors que nous entrons dans l’ère quaternaire, dans l’ère de la connaissance, ça vaut bien toutes les inventions High Tech de la Silicon Valley!


[1] voir http://www.ettighoffer.fr/74/l%E2%80%99economie-de-%C2%AB-basse-intensite-%C2%BB-nouvelle-corne-d%E2%80%99abondance

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