L’ensemble des gouvernements s’interroge sur les meilleures façons de motiver la présence de leurs ressortissants sur la Toile afin de favoriser leurs affaires. Il est frappant de constater l’absence des français dans les réseaux d’affaires internationaux qui leur sont tout à fait accessibles sur Usenet ! Les « marketplaces internationales » sur Usenet parlent de besoins venus du monde entier, de Singapour, de Chine, du Canada de Corée, d’Inde. Pourtant une des plus importantes puissances exportatrices du monde, la France, brille par son absence dans le cyberespace des affaires internationales. make monneyIl faut être conscient que l’ensemble des pays de l’Europe de l’Est et bien d’autres encore veulent accéder à la société de consommation. Le télécommerce devient un enjeu considérable pour les pays en voie de développement dans les futurs échanges transnationaux. Un enjeu d’autant plus sensible qu’Internet se marie sans grandes difficultés avec les télévisions câblées et hertziennes de l’Euroland et au-delà. Dans certains forums peut-être pourrions nous vendre, si nous y étions, du lait condensé pour l’Afrique ou du beurre en Russie, du sucre à Singapour, des aromates ou du concentré de malt pour fabriquer du whisky ou autres alcools en Europe. Pour le sodium tripolyphosphate et le polyvinilchloride en suspension, voir la Bulgarie. Si la Russie développe, comme l’Indonésie, son business to business avec des firmes américaines : le rôle d’Europe-Business-Digest sur biz.marketplace.international n’est connu que de quelques initiés. Alors que l’on ne cesse, y compris au Secrétariat d’Etat au Commerce Extérieur, de constater la grande solitude des PME, « qui ne savent pas qu’elles peuvent exporter (2) ». Internet met à la disposition du plus grand nombre des informations dont la plupart des entreprises ne savent même pas qu’elles existent. Ici, le problème n’est pas de promouvoir des technologies mais de montrer le parti que l’on peut tirer de leur usage. L’investissement pédagogique de la part des relais spécialisés comme les chambres de commerce départementales ou régionales est insuffisant, d’autant que les CCI ne connaissent généralement pas le tissu local des EAD ou autres TPE. Le Cyberespace est un continent où se planteront des drapeaux qui représenteront le rayonnement intellectuel d’une entreprise, d’une communauté, d’un pays, peut-être d’une ville. En matière de commerce dans le cyberespace on retrouve le goût des ligues hanséatiques et des villes qui symbolisent un métier, une profession, un pôle de compétence. Venise, Carthage, Alexandrie, New York, Gênes, Athènes, Vancouver, Hong-Kong, San Francisco, Hollywood, Berlin, Montréal, Denver – toutes ces villes accompagnent l’histoire de l’humanité et incarnent des époques différentes mais significatives des grandes transformations de l’économie, de la civilisation, de l’industrie, du tertiaire, des arts, etc. Bien que Montréal tente de devenir la Cybercité mondiale face à Singapour ou New-York, aucune, à notre connaissance, n’incarne encore la « ville web », la ville de l’Internet. Une place est à prendre. Quelle cité sera cette capitale du cyberespace dont on parlera dans l’histoire ? A moins que ce ne soit une firme… siège international de Google

La Lettre d’Eurotechnopolis Institut Nº 27 – Mai 2002 Denis Ettighoffer,

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