Repartion-consommation-energieLa conjonction de la diffusion accélérée des technologies de l’information et de la communication et les transformations en cours de l’urbain, de l’immobilier, des équipements et des services bureaux concernent toutes les collectivités urbaines. Dans moins d’un quart de siècle, la proportion de citadins passera de 55% en 1995 à 59% (1) et le nombre de travailleurs de bureau passera de 62% à 70% de la population active. La montée en puissance des préoccupations des citoyens en matière environnementale, en matière de services urbains, fait que de nouveaux arbitrages technologiques attendent les responsables des collectivités territoriales qui, de plus en plus, auront à intervenir sur des investissements spécifiques à l’organisation de la ville et à l’aménagement du territoire afin d’en améliorer le bilan énergétique.La réduction des pollutions, des rejets, de la consommation énergétique avec l’effet de serre croissant annoncé, sont autant de facteurs qui pèseront de plus en plus sur les politiques énergétiques. La contrainte sur les modes de transports se fait plus forte afin de réduire les pollutions en rejets toxiques et sonores. Les préoccupations de réduction du fonctionnement énergétique global des villes durcissent les normes de construction et modifient les priorités des marchés de l’énergie. L’organisation de la ville, des territoires du futur et de leur environnement se transforme sous l’influence des technologies de l’information avec les nouveaux modes de télévie et de télétravail. Ces modes de vie et d’organisations de l’économie et de la société sont en complètes ruptures avec les modèles traditionnels. Ils sont autant de contraintes spécifiques nouvelles à leur développement dans des espaces territoriaux différents. Les deux grandes transformations à venir seront le fait des liens nouveaux qui s’établissent entre grandes métropoles et à la capacité grandissante des tissus suburbains et des provinces à accéder, toujours grâce aux réseaux, à des standards de qualité de vie et de services inimaginables il y a quelques années.

Quand à la ville du futur; l’organisation spatiale des cités urbaines est déjà faite pour l’essentiel. Les évolutions à venir seront plus le fait de la rénovation et de la sophistication de la gestion de l’existant que de transformations fondamentales. Une étude conduite par Eurotechnopolis sur l’évolution des villes (2) montre qu’elles deviennent une logistique complexe qui impacte profondément la politique de la Cité. Le tertiaire moderne comprend aussi le résidentiel, car l’habitat est devenu le centre des activités de la famille : pour sa gestion propre mais aussi pour son travail ou son télétravail, pour ses affaires avec le « home business » et surtout pour son éducation avec la téléformation. Les services en ligne et les activités immatérielles ne cessant de se développer, ils contribuent à façonner une nouvelle civilisation qui devient à la fois plus citadine mais aussi plus consommatrice d’espaces moins urbanisés. En d’autres termes, nous voyons que, lentement, les réseaux électroniques en désenclavant les territoires contribuent à requalifier les espaces suburbains. Notre étude met en évidence les évolutions prévisibles du « paysage du tertiaire du futur », les conséquences possibles des transformations de la ville et l’influence réelle ou supposée des NTIC sur leur bilan énergétique en constatant une divergence croissante entre les développements de la ville et l’aménagement des territoires en général.

(1) : Sciences & Vie, Juillet 1998
(2) : Etude Eurotechnopolis « Impacts des évolutions du tertiaire sur l’aménagement du territoire : la « Ville Logistique » »
La Lettre d’Eurotechnopolis Institut Nº 26 – Mars 2002 Denis Ettighoffer,

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