Jimmy Wales, Fondateur de Wikipédia, n’y croyait pas lui-même. Le succès de Wikipédia dépasse l’entendement pour beaucoup. De nombreuse autres initiatives comme Cityzendium se sont cassées les dents sur l’idée de créer une tontine des savoirs. Des millions d’internautes soutiennent l’initiative en faisant des dons réguliers et en participant à l’enrichissement d’un fond de connaissances partagées unique au monde. Fondation à but non lucratif. Wikipédia reste une organisation fragile : Moins de 1 % des utilisateurs font un don pour un service utile à des centaines de millions de personnes tous les mois. « Imaginez si tout le monde faisait un don! » nous écrit Jimmy Wales. Nous pourrions transformer les modes de partage en ligne de la connaissance. Surtout… nous aurions là la possibilité, en investissant dans toutes les langues, de participer à l’acculturation d’une quantité croissante de nations et de peuples. Chaque fois que vous soutenez Wikipédia, vous soutenez le rayonnement des idées et des savoirs : Des savoirs transformateurs paisibles des sociétés.

Wikipédia : la tontine des savoirs communs. Le « Wiki » est un blog collectif qui mutualise des savoirs sur des thèmes donnés. Par différence avec les forums de discussions traditionnels, le Wiki s’articule sur une somme de savoirs qui se cristallise autour de mots ou de concepts clés commentés par de nombreux intervenants. Chacun peut tour à tour puiser ou compléter ces connaissances. Cette « tontine » des biens communs est la somme de savoirs apportés par des communautés. Elle peut devenir un composant des portails métiers devenus indispensables dans les grandes entreprises avec la dématérialisation des documents. Beaucoup sont d’un accès libre et gratuit. Le Cityzendium était un projet de type « webring » (ou anneau d’expertises) antérieur à la création de Wikipédia. Il était destiné à favoriser la diffusion des connaissances en rapprochant des experts les plus divers sur des sujets plus ou moins pointus. Il a été abandonné mais l’idée fait son chemin dans les entreprises où ces bases d’informations partagées se justifient pour tous ceux qui travaillent sur un même sujet, ventes, contrats juridiques, recherche, etc. Ils sont à la libre disposition des acteurs concernés qui a un certain moment besoin de consulter des archives, des dossiers multimédias ou des lettres. Le serveur contient à la fois de la messagerie, du traitement de texte, de la gestion documentaire, un agenda individuel et collectif, des forums de discussions sérieux ou distrayants. Bref tout un ensemble d’éléments qui relèvent simultanément de la réalisation des tâches courantes et qui constitue la mémoire des activités de l’organisation.

Assistées par des applications de l’Intelligence Artificielle, les technologies actuelles permettent de rationaliser et gérer les contenus et, mieux encore, de trouver des informations structurées ou non dans d’immenses bases de données pour compléter un dossier de recherches à la demande. Le contenu, les informations, des connaissances vont pouvoir se dissocier du contenant et au gré du lecteur, du traducteur ou du copiste s’associer ou s’organiser, se compiler différemment. Pour ceux qui savent explorer et exploiter « ces tontines des savoirs communs » la manipulation de l’information et l’enrichissement des connaissances deviennent de plus en plus aisés : la compilation, la combinaison et la syndication des savoirs venus de plusieurs sources devient possible et économique. Tout ceci implique d’une part la possibilité d’une extrême évolutivité des documents (des dossiers), une grande complexité du traçage des informations qui doivent être certifiées et d’autre part des problèmes de formats d’échanges compatibles de documents ou de données entre systèmes informatiques. Si la numérisation apporte indéniablement des avantages importants en termes de flexibilité, de réactivité et de gains de toutes sortes (productivité et économies de papier et d’armoires, de mètres carrés), elle exige une bonne maîtrise de techniques et de disciplines professionnelles encore peu usuelles.

La Jimmy Wales des informations en modifiant les procédés de mémorisation, de classement et d’exploitation des connaissances constitue une révolution supplémentaire portée par la numérisation du monde. La syndication est l’aboutissement prévisible de la numérisation des connaissances depuis les travaux sur les applications de l’hypertexte dans les années 70. Des applications qui vont favoriser de nouveaux modèles organisationnels des contenus numériques comme les Blogs ou les Wiki thématiques. Ces derniers tentent de regrouper sur un lien/un site unique un maximum de liens qui, outre les données propres déjà enregistrées constitueront une véritable bibliothèque virtuelle sur le sujet choisi. Dans cette perspective, nous trouvons sur le Net des outils spécifiques comme les fils d’informations au format RSS destinés à la syndication de textes sur des sujets précis[1]. Dans l’Entreprise Virtuelle nous faisions allusion à la constitution d’une nouvelle forme de Tontine digitalisée. Une tontine qui se présenterait sous la forme d’une épargne collective des savoirs : les biens communs numériques. Une épargne où chacun viendrait apporter un peu de son savoir en échange de quoi il pouvait piocher dans les savoirs déposés par d’autres. C’est tout l’enjeu du projet de Jimmy Wales et nous devons l’aider car il est aussi le nôtre.

[1] On appelle «RSS » (Really Simple Syndication) la description synthétique du contenu d’un site web, grâce à des balises de format XML. Cela permet de suivre leurs modifications par des tiers. Le fichier RSS, appelé également flux RSS, fil RSS, suit les mises à jour des dernières informations publiées. L’utilisation la plus courante consiste à créer un flux RSS contenant lune description synthétique et un lien vers une page, afin d’assurer la mise à jour des dernières informations sur un sujet grâce au lien hypertexte permettant au lecteur de se tenir informé de toutes modifications apparaissant sur un site web au jour le jour.

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