Le texte suivant a trois ans. Je n’y ai pas touché. Chacun jugera de sa pertinence. Peut-être donnera-t-il l’occasion de quelques réflexions ou de suggestions utiles à ce moment de notre histoire où la société française accepte, plutôt qu’à se taper dessus, à échanger, à discuter sur les évolutions souhaitées de son vivre ensemble et de la préservation des biens communs qui font une Nation.

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Depuis des années j’archive des dizaines d’hebdomadaires et de mensuels qui marquent une actualité sociale et économique que je n’ose pas dire de « crise » car, à y revenir, j’ai le sentiment que nous l’avons toujours été… en crise ! Un pays jamais apaisé, toujours sur le qui-vive, toujours au bord du gouffre et qui se refuse à aborder de front les grands défis de son temps. Ces dizaines de magazines me renvoient au malaise qui était le mien lorsque, m’intéressant à l’histoire de France au-delà des mythes, j’y découvrais un peuple mal dans sa peau, peureux et plus souvent vaincu que vainqueur des grandes batailles qui ont marqué son destin. Grace au ciel, de grands hommes, de grands administrateurs, des militaires courageux, des innovateurs audacieux, des résistants intrépides ou des visionnaires politiques ont su nous préserver du pire des désastres : disparaitre de l’Histoire.

La société française est, en cette année 2016 aux augures toujours plus sombres, en train de voir dépérir ses forces vives et désespérer le moindre, le plus humble, de ses citoyens. Depuis des années on ne compte plus les diagnostics intelligents qui alertent, préviennent, informent ou inquiètent les moins lucides. Pourtant les choses semblent ne pas vouloir bouger beaucoup. La France bercée par des langueurs coupables vis à vis de nos jeunes générations s’enfonce dans le classement des nations moyennes, très moyennes.

Pourquoi les citoyens de mon pays sont-ils soumis à une fiscalité de plus en plus anarchique, en plus forte croissance que notre PIB. Pourquoi leurs institutions (Santé, sécurité sociale, retraites) sont quasi en faillite alors qu’elles pètent d’aise au-delà du Rhin[1]. Mais surtout, la vraie question qui se pose pour moi est la suivante : pourquoi notre société s’habitue-t-elle à voir un nombre de plus en plus important de ses membres devenir des « déclassés », des « désoccupés » ? Pourquoi nos élus n’arrivent-ils à rien face au problème de la diminution des actifs ? Est-on sûr d’avoir posé correctement les problèmes d’un monde du travail dont les repères les plus solides sont mis en question ?

J’ai pensé livrer mon propre diagnostic en toute indépendance. Dans les pages qui suivent l’objet traité est celui de centaine de milliers de français laissés au bord du chemin, objets d’un traitement social humiliant, faute pour nos responsables aux affaires d’avoir su ou voulu les remettre au travail. Ce qui va suivre est une tentative d’expliquer aussi simplement que possible les caractéristiques des erreurs multiples dont nous sommes victimes, et les diverses formes « de mensonges scientifiques et statistiques » utilisées pour nous « mettre dedans » !

J’ai posé ici les grandes questions auxquelles doit faire face une société qui voit de plus en plus de ses membres rejetés du droit au travail avant de mettre en lumière les différentes dispositions pouvant être envisagées pour, sans faire la révolution, réinventer notre économie sociale, alléger notre nation harassée de contraintes pour en faire un honnête compétiteur capable d’affronter la mondialisation de l’économie.

En cela, j’ai pour seule légitimité, mon expérience terrain comme consultant sur les sujets touchant à l’organisation du travail et des entreprises sous l’influence croissante des technologies de l’information et de la communication. Enfin, j’ai fait partie de ceux qui ont beaucoup étudié et écrit sur ces évolutions qui transforment nos sociétés et nos modèles économiques au point d’avoir pu participer à de nombreuses commissions, à de nombreux travaux parlementaires ou d’associations d’experts sur tous ces sujets qui aboutissent à cette fameuse – et parfois fumeuse – économie numérique, ses opportunités et ses dangers.

Mais, plus grave, comment voulez-vous faire bouger les choses lorsque dans les réunions de travail, sur une quarantaine d’intervenants, plus des trois quarts sont des représentants de l’Etat dépendant étroitement des services publics ? Tout ce beau monde vient porter des jugements définitifs sur le marché de l’emploi, du travail, les protections sociales ou les conditions pour exiger plus encore de ceux qui tentent de faire tourner des entreprises en France. Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver les responsables des millions de chômeurs français, des « déclassés » de notre société.

Je retrouve dans la situation actuelle la transition difficile vécue par notre société quittant l’époque industrielle triomphante pour celle du tertiaire, mal anticipée et mal comprise par des grands commis de l’Etat, bien plus à l’aise dans l’industrie. Les élus et les grands cadres de la fonction publique me semblent tout aussi désorientés que leur ainés cette fois par l’irruption de l’économie du quaternaire, celle des batailles de l’intelligence et des savoirs qui bouscule profondément le monde du travail traditionnel.

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[1] En 15 ans les caisses d’assurances maladies et de retraite allemandes ont dégagé respectivement 11,8 milliards d’euros et 16 milliards d’euros d’excédents. En France les caisses maladies et les caisses de retraites ont respectivement cumulés 104,8 et 65 milliards d’euros de déficit.

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