L'Entreprise virtuelle, 1992, 2001
L’Entreprise Virtuelle ou les nouveaux modes de travail » 1992
Ouvrage récompensé par le Prix du Décideur du 3ème Millénaire (Salon du Livre, 1993)
Où sont les gisements de productivité dans les activités du tertaire? Quelles sont les clés indispensables pour préserver, dès aujourd’hui, les profits et les capacités de développement des entreprises, pour favoriser le développement de la Cité dans l’économie du XXIe siècle ? Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ébranlent les savoir-faire et les organisations traditionnelles. Voyageuse immobile, l’entreprise doit être virtuellement partout, comme le travail, devenu immatériel. Ce bouleversement démontre l’emprise des réseaux qui ont déjà aboli les vieux rythmes de travail et supprimé les frontières. Chacun a désormais le monde au bout des doigts, mais sur quel bouton appuyer ?
« Un peu moins de dix ans après, « L’Entreprise Virtuelle » de Denis Ettighoffer est réédité : une occasion de mesurer le chemin parcouru » Denis Ettighoffer a la plume facile lorsqu’il s’agit de disserter sur les apports du Web au monde de l’entreprise. Après avoir publié en 1999 « eBusiness Génération », un ouvrage consacré à l’utilisation d’Internet dans le cadre des micro-entreprises, le président fondateur d’Eurotechnopolis Institut vient de voir « L’entreprise Virtuelle », livre qu’il avait rédigé à la fin des années 80, revenir sur le devant de la scène par l’entremise d’une nouvelle édition, disponible dans la « collection Tendance » des Éditions d’Organisation. Le tout préfacé par Michel Bon, p.-d.g. de France Télécom, qui aime décidément à agréer des ouvrages consacrés à la révolution du Web. N’a-t-il pas également préfacé « Votre-pme.com », ouvrage destiné aux créateurs de start-ups?
Roborative, – elle se déroule sur 391 pages -, la réflexion de Denis Ettighoffer s’articule autour de trois parties, comprenant chacune quatre ou cinq chapitres. Dans son premier mouvement, intitulé « Histoire d’un quiproquo », Denis Ettighoffer revient sur l’apparition du travail à distance, et donc du télétravail. Un concept apparu au XXe siècle, mais qui ne devrait prendre toute son ampleur que dans les années à venir. « La matière grise est devenue stratégique. L’enjeu du prochain millénaire va être de l’échanger à moindre coût pour obtenir une productivité des immenses données recueillies et souvent mal utilisées dans le monde », annonce l’auteur, validant le modèle de certains intervenants du marché actuel. On pense ici notamment à Artprice, dont les bases de données et les recoupements qu’elles permettent, donnent naissance à de l’information monnayable sur l’état du marché de l’art.
La seconde partie, « L’homme terminal », s’attache à décrire l’impact naissant des NTIC sur le monde de l’entreprise, et notamment en termes de distribution des tâches. Le troisième volet, qui porte le titre de l’ouvrage, apporte de son côté des illustrations des nouvelles relations interprofessionnelles nées de l’avènement des NTIC. Depuis le travail collaboratif à la montée en régime des systèmes de vidéo conférence, le champ couvert est vaste. Dans sa quatrième partie, l’ouvrage insiste sur la nécessaire renaissance qui va intervenir dans l’organisation des entreprises, qui vont en effet devoir se réorganiser pour maîtriser et utiliser les NTIC. Remise en cause du « tout papier », apparition des documents virtuels : autant de thématiques abordées, et dont les effets se font sentir aujourd’hui.
Enfin, dans le dernier mouvement de sa réflexion, Denis Ettighoffer prophétise la naissance d’un « Tertius Ordo », troisième ordre dans le cadre duquel ceux qui contrôleront les réseaux contrôleront le pouvoir économique. Mais la révolution ne se fera pas en un jour. « Elles [les NTIC, N.D.L.R.] donnent les capacités de la virtualité à l’homme terminal, comme à l’entreprise les dons de l’ubiquité, de l’omniprésence, de l’omniscience. Elles changent aussi les règles du jeu de la compétition des entreprises entre elles. Dans le même temps, moins d’une entreprise française sur dix est capable d’accueillir, en dehors des sacro-saintes heures de travail, un client pressé, fut-ce sur un simple répondeur téléphonique », regrettait Denis Ettighoffer en 1992. Mais en dix ans, le chemin accompli est déjà important.
Digital Business Globe Septembre 2001
Posted: septembre 30th, 2001 under Modes d'organisation.
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