<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Ettighoffer Digital Campus &#187; Digits Futurs</title>
	<atom:link href="http://www.ettighoffer.fr/category/digits-futurs/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.ettighoffer.fr</link>
	<description>L&#039;homme connait le monde, non point par ce qu&#039;il y dérobe, mais par ce qu&#039;il y ajoute. (Paul Claudel)</description>
	<lastBuildDate>Fri, 03 Feb 2012 15:06:32 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Les Auteurs, Créateurs de Biens Numériques, doivent financer leur protection</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/2667/les-auteurs-createurs-de-biens-numeriques-doivent-financer-leur-protection</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/2667/les-auteurs-createurs-de-biens-numeriques-doivent-financer-leur-protection#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 15:02:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[Idées fortes]]></category>
		<category><![CDATA[Vie Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[copyleft]]></category>
		<category><![CDATA[copyright]]></category>
		<category><![CDATA[dépôt copyright]]></category>
		<category><![CDATA[droit d'usage]]></category>
		<category><![CDATA[durée de protection]]></category>
		<category><![CDATA[opposition au droit de copyright]]></category>
		<category><![CDATA[renouvellement protection]]></category>
		<category><![CDATA[statut objet numérique]]></category>
		<category><![CDATA[tatouage numérique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=2667</guid>
		<description><![CDATA[Au TEDx de Montpellier du 20 janvier dernier, j’ai encore trouvé le moyen de me faire des amis ! J’ai en effet soulevé le problème quasi moral que pose un droit « copyright » qui s’affiche sans droit réel, sans inscription concrète auprès d’un organisme équivalent à l’INPI pour les brevets et qui, de surcroit, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2670" title="tedx(2)" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/tedx22-150x150.jpg" alt="" width="102" height="102" />Au TEDx de Montpellier du 20 janvier dernier, j’ai encore trouvé le moyen de me faire des amis ! J’ai en effet soulevé le problème quasi moral que pose un droit « copyright » qui s’affiche sans droit réel, sans inscription concrète auprès d’un organisme équivalent à l’INPI pour les brevets et qui, de surcroit, ne paie aucun droit pour sa protection ! Une protection qui sera financée par la collectivité !</span><span id="more-2667"></span>Il convient d’être conscient de deux choses. La première est que les contenus circulant sur la Toile représentent des milliards de milliards de pages ou de biens numériques divers, le plus souvent mis en ligne par les internautes. La seconde est qu’affirmer un copyright n’est pas suffisant. La très grande majorité de ce qui circule sur la Toile est libre de droits, mal protégé ou au mieux sous régime Copyleft. Si un bien numérique est sous Copyright, la plupart du temps ce dernier ne « parle pas »! Le statut de l’objet numérique étant flou et l’ayant droit souvent difficilement identifiable. Ce dernier court le risque d’un manque à gagner. Mais de son côté, l’Internaute qui cherche un bien numérique doit faire face à l’immense difficulté de connaitre le statut du bien, d’identifier rapidement l’ayant droit, d’entrer en contact facilement avec ce dernier et de savoir le montant d’un droit éventuel faute de normes en la matière. Les transactions de gestion des droits devient un casse tête et engendre un coût tel que le télé-consommateur fait l’impasse et, soit assure une création originale pour éviter un conflit de propriété, soit utilise le bien en espérant que cela ne donnera pas lieu à contestation. Ce que je fais régulièrement. Quant à l’auteur, si son bien est utilisé sans droit, l’engagement d’une procédure envers un utilisateur non autorisé reste coûteux et aléatoire. Les auteurs dans leur grande majorité ne se font d’ailleurs guère d’illusion sur les droits qu’ils toucheront un jour dès lors qu’un de leur bien numérique circule sur la Toile.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2669" title="tatouage" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/tatouage.jpg" alt="" width="184" height="184" />Les bases de données sur les droits des œuvres des auteurs ne sont pas suffisamment fiables. Dans une société de l’information saturée de biens numériques, il est difficile de trouver le titulaire des droits d’auteur parce qu’il n’y a pas de système centralisé de dépôts des droits d’auteur. Voilà pourquoi je milite pour l’obligation d’un dépôt de copyright renouvelable au moins tous les sept ans  auprès d’un guichet unique afin d’éviter la dispersion et la dilution des informations et des données relatives aux biens numériques sous « copyright ». Cela implique que l’Etat encourage les sociétés de gestion collective qui assurent aujourd’hui la collecte, la répartition, et parfois la promotion d’une œuvre, à la création d’un guichet unique comme l’INPI. Ce qui implique l’étude et la mise en œuvre d’offres en matière de procédures express de tatouages numériques. Les œuvres numériques qui diffusent largement dans les réseaux devraient pouvoir être identifiées et gérées par l’utilisation de procédures extrêmement simplifiées et économiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les ayants droits devraient financer leur protection. Les détenteurs de brevets doivent acquitter une annuité de renouvellement pour maintenir en vigueur leurs brevets et ainsi continuer leur exploitation en position privilégiée.  La preuve de ces dépôts et du statut réel du Copyright  est loin d’être aussi claire. Les biens numériques n’ont pas l’obligation d’être tatouées et ils ne paient pas d’annuité de renouvellement pour une durée légale déterminée. Si le renouvellement n’est pas acquitté, la protection doit être définitivement abandonnée. Aux États-Unis, les œuvres d&#8217;auteurs ou de propriétaires américains publiées entre 1923 et 1963 sont dans le domaine public si le copyright n&#8217;est pas renouvelé ou si l&#8217;œuvre a été publiée sans être accompagnée d&#8217;une notice de droit d&#8217;auteur en bonne et due forme. Une loi propose qu’à défaut d’exploitation commerciale dans les deux ans passés les éditeurs n’ont qu’un délai de six mois pour s&#8217;opposer à la gestion collective des ouvrages devenus indisponibles. Qu’attendons-nous pour en faire autant ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/2667/les-auteurs-createurs-de-biens-numeriques-doivent-financer-leur-protection/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Droit d’usage contre droit de propriété : Pour un fair use à la française !</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/2652/droit-dusage-contre-droit-de-propriete-pour-un-fair-use-a-la-francaise</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/2652/droit-dusage-contre-droit-de-propriete-pour-un-fair-use-a-la-francaise#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 14:40:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[Idées fortes]]></category>
		<category><![CDATA[Vie Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Bild]]></category>
		<category><![CDATA[changer modele economlque]]></category>
		<category><![CDATA[copie privée]]></category>
		<category><![CDATA[copyleft]]></category>
		<category><![CDATA[copyright]]></category>
		<category><![CDATA[courrier international]]></category>
		<category><![CDATA[creatives commons]]></category>
		<category><![CDATA[fair use]]></category>
		<category><![CDATA[Gema]]></category>
		<category><![CDATA[Grande Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[illimité forfaitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Irlande]]></category>
		<category><![CDATA[MPAA]]></category>
		<category><![CDATA[pillage]]></category>
		<category><![CDATA[Ray Charles]]></category>
		<category><![CDATA[sacem]]></category>
		<category><![CDATA[Sénat]]></category>
		<category><![CDATA[TED]]></category>
		<category><![CDATA[TEDx]]></category>
		<category><![CDATA[usage loyal]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=2652</guid>
		<description><![CDATA[Fin décembre 2010, la GEMA, équivalent allemand de la Sacem, a sommé par lettre 36 000 crèches et jardins d’enfants de s’acquitter rapidement des droits d’auteur sur les chansons et comptines reproduites ou interprétées en public sans autorisation. Pour ne pas chipoter, la GEMA propose aux éducateurs mélomanes un tarif arrangeant: pour 500 copies de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><img class="alignleft  wp-image-2660" title="image 1 (594)" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/image-1-594.png" alt="" width="244" height="184" />Fin décembre 2010, <a href="http://www.liberation.fr/monde/01012310372-en-allemagne-les-creches-devront-payer-des-droits-d-auteur-pour-les-chansons-de-noel"><span style="color: #000080;">la GEMA</span></a>, équivalent allemand de la Sacem, a sommé par lettre 36 000 crèches et jardins d’enfants de s’acquitter rapidement des droits d’auteur sur les chansons et comptines reproduites ou interprétées en public sans autorisation. Pour ne pas chipoter, la GEMA propose aux éducateurs mélomanes un tarif arrangeant: pour 500 copies de texte de partitions, un jardin d’enfants public devra verser 56 euros par an, un jardin géré par une église 44,80 euros, hors taxes. A condition que le formulaire prévu soit dument rempli: pour chaque chanson, titre, compositeur, editeur de l’oeuvre avec sa date de diffusion qui devront être consciencieusement relevés. Le tout devant faire l’objet d’un contrôle régulier. L’initiative la plus impopulaire de l’année : «Idiotie bureaucratique », a lancé Bild, le quotidien le plus lu d’Allemagne.  <strong>Mais une Idiotie qui n’aurait pas existée si le fair use était appliqué!</strong></span> <span id="more-2652"></span>Le 20 janvier dernier, au <a href="http://tedxmontpellier.com/">TEDx de Montpellier</a>, en  démarrant mon exposé sur le « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft">copyleft</a> », j’ai tenu d’emblée à rappeler que c’était la société civile qui avait inventé, contre l’impérialisme du<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyright"> copyright</a>, les notions de l’Open Source et du <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_Creative_Commons">Creatives Commons</a></em> à l’origine du Copyleft. Je ne crois pas qu’il faille s’en plaindre. Le droit d’emprunt ou d’usage, je le rappelle, respecte le droit de propriété et le droit moral de l’auteur. Cet usage fair use ou « usage loyal » est parfaitement compris aux Etats-Unis, souvent considéré comme le plus contraignant des systèmes en matière de droits d’auteurs. Le fair use vaut pour autant que l’emprunt ne sert pas un intérêt commercial qui pourrait s’apparenter à une confiscation des droits dérivés ou à un parasitisme marchand quelconque. Il se trouve que le numéro du <a href="http://www.courrierinternational.com/">Courrier International</a> du 26 janvier de cette année édite un long papier de Randy Kennedy du <a href="http://www.courrierinternational.com/notule-source/the-new-york-times">New York Time</a>s sur le sujet du pillage et de l’appropriation d’œuvres originales à des fins de représentation artistique. On pourrait résumer ainsi l’intervention de Randy : l’artiste américain  <a href="http://fr.artinfo.com/patrick-cariou-v-richard-prince-le-commentaire">Richard Prince</a> a récupéré les images originales d’un album d’un photographe français connu : <a href="http://www.patrickcariou.com/main_menu.html">Patrick Cariou</a>. Les images utilisées de son livre de photos, <a href="http://www.patrickcariou.com/rasbook.html"><em>Yes Rasta</em></a> par Prince ont fait l’objet de collages qui en détournaient le sens. Attaqué par les avocats de Patrick Cariou, ceux de Prince argumentent qu’il s’agit d’un usage artistique et loyal ( fair use) qui ne pourrait être assimilé à un pillage de l’œuvre ; sauf que cet « usage » lui a rapporté des millions de dollars….</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/AMslbqJiNXk" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>Thème et sujet exemplaires que j’avais souhaité aborder au TEDx en reprenant la question d’un ami, peintre de son état. Ce dernier s’interrogeait de savoir la légalité d’une œuvre réalisée sur la base d’une <a href="http://www.ettighoffer.fr/1739/biens-immateriels-pour-un-droit-d%E2%80%99usage-opposable-au-droit-de-propriete">photographie de Ray Charle</a>s. Une question qui était d’actualité alors qu’un amendement vient d’être <a href="http://www.pcworld.fr/2011/11/30/business/loi-copie-privee-senat-definition-exception/522121/">déposé au Sénat</a> qui, pour rendre plus difficile l’utilisation de la copie privée, propose que « <em>Tout acte de copie à des fins privées devient de fait illégal, à moins que l&#8217;utilisateur ne soit en mesure de démontrer la licéité de la source utilisée</em>&laquo;&nbsp;. On devine aisément les dégâts collatéraux d’une telle proposition. Le Bild en parlera peut être… parce que pour ce qui est des médias français, ils regardent ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Où commence le pillage donc le détournement ? Où commence le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fair_use">fair use</a>, donc l’usage loyal ? Selon le droit américain, Le concept de l’usage loyal peut être admis si les coûts induits par la recherche d’un auteur, d’un propriétaire, peuvent dépasser les bénéfices attendus de l’utilisation de l’œuvre <strong>mais aussi s’il y a utilisation désintéressée de l’usage</strong>. Ce qui n’était pas le cas de Richard Prince qui a tiré d’importants bénéfices du détournement de l’œuvre originale de Patrick Cariou qui disposait déjà d’une importante notoriété. Prince tirait, en quelque sorte, une œuvre dérivée et marchande de l’original. <strong>Nous ne sommes plus dans le fair use</strong>, Prince ayant confisqué à son unique profit le travail d’un autre créateur ! Et mon peintre alors !? Eh bien, comme il a fait cadeau gracieusement de son travail et n’en a tiré aucun avantage financier, il bénéficiait du fair use. L’usage était désintéressé.  En conclusion nous devons éviter toute crispation sur le copyright. On semble le comprendre au-delà de nos frontières. L’Irlande s’affranchit d’une vision trop manichéenne du sujet et réfléchit <a href="http://siliconrepublic.com/new-media/item/21695-radical-copyright-law-refor">à moderniser les textes sur les droits d’auteur</a>. Démarche <a href="http://www.numerama.com/magazine/16590-propriete-intellectuelle-et-croissance-la-remise-en-question.html">déjà engagée</a> par la Grande Bretagne. Le Sénat américain et la  MPAA, (association des majors de l’édition musicale) cessent de s&#8217;attaquer directement aux internautes – ce qui n’est pas très populaire &#8211; pour privilégier la poursuite des individus reconnus coupables de distribution illégale de fichiers. Au Canada, les forces de l&#8217;ordre ont cessé de poursuivre les internautes qui téléchargent de la musique et des films et n&#8217;en font pas commerce. Le Parlement européen vient d&#8217;adopter un rapport qui appelle à ne pas criminaliser les consommateurs. Et en France, l’usage loyal qui n’est en rien un droit au pillage sera-t-il toléré? That is question !? Une question qui ne trouvera sans doute de vraie réponse que le jour où nous accepterons &#8211; afin de financer la création artistique &#8211; l’idée de <a href="http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2008/12/08/fdg.html">changer le modèle économique</a> de l’illimité forfaitaire par une tarification des consommations numériques au prorata des quantités de mégaoctets consommés en réservant un pourcentage de cette facturation pour les auteurs. La fin de l’illimité forfaitaire – déjà existant sous des formes variées &#8211; ne sera pas la fin du monde, simplement une vision plus équitable qu’une licence forfaitaire qui tape indifféremment sur tous les internautes. Une solution aussi qui tirera le tapis sous les pieds à tous les partisans de <a href="http://blog.iteanu.com/index.php?post/2011/07/17/Un-hacking-l%C3%A9galis%C3%A9">l’espionnage généralisé</a> des activités des internautes français.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/2652/droit-dusage-contre-droit-de-propriete-pour-un-fair-use-a-la-francaise/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Killer Application ou Killer Design !?</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/2418/killer-application-ou-killer-design</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/2418/killer-application-ou-killer-design#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 08:17:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[TIC]]></category>
		<category><![CDATA[Vie Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Apple]]></category>
		<category><![CDATA[design]]></category>
		<category><![CDATA[ergonomes]]></category>
		<category><![CDATA[ergonomie]]></category>
		<category><![CDATA[facilité d'usage]]></category>
		<category><![CDATA[Mac]]></category>
		<category><![CDATA[steve jobs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=2418</guid>
		<description><![CDATA[Pour de nombreux constructeurs et concepteurs de logiciels la question se pose de savoir quelles seront les caractéristiques fonctionnelles majeures de leurs équipements ou de leurs logiciels qui emporteraient l’adhésion de leurs clients. Et chacun de chercher la « killer application » qui prendra tout le monde de court en assurant le succès de sa marque. Alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #333399;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2425" title="Mac_Design_Team" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Mac_Design_Team-150x141.jpg" alt="" width="150" height="141" />Pour de nombreux constructeurs et concepteurs de logiciels la question se pose de savoir quelles seront les caractéristiques fonctionnelles majeures de leurs équipements ou de leurs logiciels qui emporteraient l’adhésion de leurs clients. Et chacun de chercher la « killer application » qui prendra tout le monde de court en assurant le succès de sa marque. Alors que la société « civile » s’empare de plus en plus rapidement des innovations technologiques, la réponse à cette préoccupation, selon moi, ne se situe pas dans cette perspective. On doit la chercher dans l’innovation dans le design et l’ergonomie d’usage de ces technologies et de leurs applications.<span id="more-2418"></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je suis frappé de constater que la majorité des commentaires sur le génie de Steve Jobs et de ses équipes n’aient pas mis en évidence le fait que son principal atout aura été d’être l’inventeur d’applications et d’équipements ergonomiques très supérieurs à ses concurrents. Il aura été un des promoteurs de la souris, du fameux « whyseewhy » ou wysiwyg : on voit à l’écran exactement ce qui sera imprimé (mais je parie que la majorité des lecteurs l’a oublié), des écrans à haute densité et des moniteurs qui étaient les plus beaux du marché. Des applications d’écrans tactiles et l’extrême miniaturisation de ses offres de produits High Tech pour en faciliter la mobilité. Apple doit sa réputation au fait que Steve Jobs concevait des produits en ayant une conscience aigue des futurs utilisateurs. Je me souviens d’une époque où l’on se plaignait du coût plus élevé des Mac face à son principal concurrent mais chacun de reconnaitre qu’il était réputé pour sa facilité d&#8217;utilisation. La clé du succès de Steve Jobs, après quelques flops, aura été d’être très attentif à l’ergonomie de ses produits et d’en faire son cheval de bataille. J’ai souvent l’occasion de regretter que cela n’entre pas dans la tête de nos chefs de produits. <img class="alignleft size-full wp-image-2424" title="images new mac" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/images-new-mac.jpg" alt="" width="264" height="191" />Aujourd’hui encore je trépigne de rage devant un écran mal organisé d’un service en ligne, comme récemment sur celui d’une compagnie aérienne connue qui, sur sa demande login pour entrer dans l’espace client, avait oublié de mettre une fonction « mot de passe oublié ». De même lorsque je constate les différences ergonomiques entre <a href="http://www.ebay.fr/">EBay</a> et <a href="http://www.priceminister.com/">Price Minister</a>, le design du second explique plus son succès que la nature des produits vendus ou achetés : ce sont les mêmes ! On nous propose à longueur de journées des produits nouveaux mais lorsque l’on cherche à comprendre leur fonctionnement, c’est une honte. Une honte de constater que des revues techniques y compris grand public sont dithyrambiques sur des produits dont l’usage courant est un traquenard permanent. Il y a un livre à écrire sur non plus les « bugs » des applications mais les défauts ergonomiques d’une majeur partie des objets techniques proposés sur le marché. Je trouve cela d’autant plus scandaleux qu’il existe des ergonomes de qualité en France qui me disent être peu ou pas consultés par les firmes. Alors, messieurs des Tics, je vous invite à promouvoir une relation client qui soit une invite permanente à vous signaler les sottises ergonomiques de vos concepteurs. Là vous avez des chances de trouver le « killer design » et… la sympathie des utilisateurs !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/2418/killer-application-ou-killer-design/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Vertige Technologique masque un Déficit Majeur d’Innovation Organisationnelle</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/2382/le-vertige-technologique-masque-un-deficit-majeur-d%e2%80%99innovation-organisationnelle</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/2382/le-vertige-technologique-masque-un-deficit-majeur-d%e2%80%99innovation-organisationnelle#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 31 Aug 2011 07:04:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[Modes d'organisation]]></category>
		<category><![CDATA[connaissance organisationnelle]]></category>
		<category><![CDATA[contagion technique]]></category>
		<category><![CDATA[déficit organisationnel]]></category>
		<category><![CDATA[objets technologiques]]></category>
		<category><![CDATA[overdose technologique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=2382</guid>
		<description><![CDATA[Les objets technologiques mettent parfois des années pour révéler les domaines sur lesquels ils agiront et quelles nouvelles applications ils inspireront. L’innovation n’est pas dans la seule technique mais aussi dans ce que l’on en fait, parfois, en la détournant de son objet initial. Il est offert à tous de pouvoir trouver des domaines nouveaux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2388" title="113692968" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/113692968-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" />Les objets technologiques mettent parfois des années pour révéler les domaines sur lesquels ils agiront et quelles nouvelles applications ils inspireront. L’innovation n’est pas dans la seule technique mais aussi dans ce que l’on en fait, parfois, en la détournant de son objet initial. Il est offert à tous de pouvoir trouver des domaines nouveaux d’utilisation des techniques pour gagner en création de richesses. Mais le pire des fléaux, c’est d’attendre des techniques qu’elles puissent résoudre des problèmes d’organisation et de ne pas comprendre les retombées stratégiques et politiques de leurs applications sur les marchés, les métiers, les économies nationales.<span id="more-2382"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Autrefois cantonnées dans quelques ateliers, dans un centre informatique, les TICs désormais omniprésentes affectent tous les métiers. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_copernicienne">La révolution copernicienne</a> en cours est moins le fait d’une technique particulière que la résultante d’une présence massive en général. Malheureusement alors que le poids stratégique des TICs ne cesse de croître dans les organisations, dans la création de richesses, dans la compétitivité, dans la qualité de la vie et la formation, la faible culture technologique des dirigeants d’entreprises et des politiques reste problématique. Il reste difficile pour un élu, pour un juriste, pour un économiste ou un juge de peser concrètement les différents aspects d’un dysfonctionnement quelconque s’ils n’ont pas une bonne culture technique de leur époque. Aussi le danger est grand de rester des analphabètes techniques et d’abandonner le pouvoir à des technologues avec le risque de quelques belles catastrophes à la clé (nucléaire ?). <img class="alignright size-medium wp-image-2394" title="img004" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/img004-300x219.jpg" alt="" width="300" height="219" />L’ingénieur à l’abri de la conception technique, croit pouvoir s’affranchir de l’impact des artefacts qu’il met en place en ignorant, hors les caractéristiques fonctionnelles de son œuvre, les effets de la technique sur l’environnement, les transformations qu’elle implique le plus souvent dans les organisations sociales. De telles affirmations bien sûr le révoltent, mais il n’échappe pas à la propension naturelle que nous avons à chercher l’assentiment et l’harmonie avec ce qui nous est le plus proche, ici son corpus professionnel, plutôt que d’affronter la société ignorante de la chose technique. Et puis quoi de plus normal, n’a-t-il pas la légitimité donnée par le pouvoir politique ou par la direction de l’entreprise? Car face à cette surenchère technologique, le personnel politique comme les dirigeants d’entreprises, ont du mal à faire un pont entre le monde technique, la pensée politique et la vision stratégique. En sortant la technologie des seules mains des techniciens, les responsables politiques sont confrontés à de difficiles décisions qui, du recyclage des déchets nucléaires à l’utilisation d’Internet pour les écoles, les obligent à anticiper au moins autant qu’à gérer les tensions ou les problèmes  du moment. Mais ont-ils seulement une idée de ce que seront les organisations et les services de l’Etat dans les vingt ans à venir? Savent-ils imaginer quelles seront les priorités et les gisements de valeur offerts par ces Tic aux entreprises dans les dix ans à venir ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Plus que la contagion technique c’est l’accès à la connaissance organisationnelle qui devient un facteur de progrès</strong>. La contagion technologique en Europe ne répond pas à un modèle unique et homogène. Cela reste vrai pour nous, cette fois dans les différents secteurs professionnels: on ne parle pas d’informatique de la même façon avec un ferrailleur et un pharmacien. Par contre à tous, on leur parle de nouvelles façons de s’organiser, de penser leur business, leur travail. L’état de la technique en soi ne suffit pas à transformer une organisation. <img class="alignleft size-medium wp-image-2390" title="overdose techno" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/overdose-techno-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" />Dans une entreprise la quantité d’investissement technologique n’est pas une condition suffisante pour assurer son décollage si elle n’est pas associée à un projet d’organisation clair, à des objectifs de création de services à valeur ajoutée&#8230; et rentables.<strong> </strong>Il est pour le moins instructif d’entendre un dirigeant d’une compagnie américaine constater que si le personnel des sociétés françaises est d’excellente qualité, c’est la qualité des organisations américaines qui fait désormais la différence. Les TICs restent pour une majorité d’entreprises une façon de dégager du résultat par des gains de productivité plutôt qu’une façon de dégager de la valeur ajoutée supplémentaire. Ce sont elles qui souffriront le plus en matière de destruction d’emplois<a href="#_ftn1">[1]</a>. L’introduction de nouvelles techniques dans la société comme dans l’entreprise, exige nombre d’améliorations y compris de transformer les organisations pour tirer le meilleur parti du progrès proposé. En 1986, l’AFCET<a href="#_ftn2">[2]</a>, a lancé une première grande journée de réflexion sur l’impact de l’informatique et de la bureautique sur les grandes administrations françaises. Il ressortit clairement des débats que les gains d’efficacité et de productivité constatés étaient moins le fait des techniques installées que de l’occasion donnée aux services concernés de repenser les façons dont ils travaillaient. En d’autres termes, la productivité venait bien de l’acte organisationnel qui accompagnait l’introduction des techniques bureautiques et télématiques dans les services.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Déficit organisationnel: le progrès technique confisqué par la technostructure</strong>. Une majorité de dirigeants a avoué ne rien comprendre à l’informatique et ne pas s’en soucier pour autant alors que le golem technologique restait craint par une majorité. Le regard porté sur la technologie était d’autant plus méfiant que les opportunités offertes par celle-ci ont le plus souvent permis de réduire la masse salariale en se débarrassant du plus de gens possibles. L’acharnement technologique a été l’occasion de graves désillusions. Les besoins en personnels à forte intensité de connaissance augmentaient les frais généraux et les coûts salariaux, le tout « mangeait » les maigres gains obtenus. Au bilan, masse salariale et budget informatique croissaient parallèlement<a href="#_ftn3">[3]</a>. On s’apercevait, mais parfois bien tard, que les apports technologiques devaient leurs limites à la faiblesse des apports organisationnels. « <em>Nous savons gérer les organisations. Nous savons gérer la technique. Nous ne savons pas gérer l’interaction des deux</em><a href="#_ftn4">[4]</a> » soulignait Bruno Latour en analysant le cloisonnement entre les disciplines scientifiques, techniques et de gestion d’entreprises. A partir des années 1970, la prédominance de l’informatique sur l’ensemble des actes de gestion de l’entreprise avait renvoyé dans les profondeurs du classement une fonction organisation traditionnelle et, dans bien des cas, incapable de comprendre ce qu’était et ce qu’apportait l’informatique. Discrédités le plus souvent par leur incompétence en informatique, les organisateurs furent supplantés sans grand mal par une fonction informatique dominatrice et sûre d’elle même. Aussi verra-t-on paradoxalement les sciences de l’organisation survivre par le bais des sciences sociales en tant que systèmes politiques, les informaticiens s’emparant des sciences dures, logiques, fonctionnelles. Bien évidemment tout ceci aboutira à dissocier la gestion du chiffre de la gestion des hommes, et le fonctionnement des systèmes de données de celui des connaissances. Ce que résume à sa façon un grand cadre de banque en remarquant que les millions injectés dans ses réseaux d’ordinateurs n’ont pas encore permis à son équipe d’améliorer la communication avec ses partenaires dans l’ensemble de ses services.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le coût du changement organisationnel est devenu plus important que l’investissement technique.</strong><strong> </strong><em>La raison toute prosaïque qui va relancer les métiers de l’organisation sera le constat que le coût de transformation des organisations devient bien plus élevé que celui des investissements techniques. </em>S’apercevoir que ces coûts peuvent représenter jusqu’à quatre fois celui du poste de travail fait réfléchir les directions d’entreprises. Pour peu que certaines aient eu la curiosité de faire le calcul de leurs dépenses cumulées sur les trois dernières années rapportées au nombre de personne concernées dans leur entreprise, on peut être certain qu’elles ne refuseront pas l’idée d’associer un organisateur à la réduction du coût des transformations de leurs organisations. Tout concept un peu novateur met très longtemps à s’infiltrer dans les organisations. Des dizaines d’années peuvent être nécessaires. Une innovation technologique peut-être implantée alors que certains usages de cette dernière peuvent attendre longtemps avant de faire bouger une organisation. Les rythmes des investissements, qu’ils soient d’un an ou de trois, ne sont pas calés sur la capacité d’absorption des systèmes sociaux qui font l’objet d’opérations de réorganisation. <img class="alignright size-medium wp-image-2392" title="objectifs et résultats" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/objectifs-et-résultats-253x350.png" alt="" width="253" height="350" />Dans les entreprises où le personnel n’est pas habitué à remettre régulièrement en question ses façons de travailler, toute innovation technico-organisationnelle devient à la fois un calvaire pour tous et un gouffre pour les finances. La diffusion des TICs ne s’affranchit plus d’un minimum de réflexion anticipatrice sur leurs impacts. Un conflit parfois violent oppose les tenants de la thèse de la « déqualification » des personnels et du chômage engendré par les TICs et les tenants des mécanismes compensatoires de la « revalorisation » des travailleurs. Personne ne peut l’emporter mais les coûts d’accompagnement et d’apprentissage des organisations ont cru si rapidement et dans de telles proportions que nombre de projets d’investissement bloquent sur les coûts de la réorganisation. L’objectif pour les organisateurs modernes va être d’agir sur les corps sociaux et de mettre les entreprises en situation d’adaptation permanente afin de limiter les dépenses de modernisation des structures. Il n’est plus possible aujourd’hui d’imposer une innovation quelconque sans l’accord ou la participation des utilisateurs. On sait que l’écoute d’un marché est à l’origine des deux tiers des innovations réussies parce que les idées sont développées chez ou avec les clients<a href="#_ftn5">[5]</a>. Ce phénomène est identique dans l’entreprise: les gens sont prêts à suggérer, à proposer des innovations organisationnelles parfois majeures. La puissance de feu technologique n’est rien sans des stratégies adaptées, sans des façons différentes de penser le fonctionnement des entreprises. Il nous faut inventer la vie des entreprises qui va avec la virtualisation des organisations, la mutation des chaînes de la valeur, les façons de faire des affaires grâce aux réseaux électroniques. Si les TICs peuvent donner un avantage compétitif aux entreprises, elles ne peuvent le faire à elles seules. Elles doivent servir un dessein stratégique clair. La technologie est un levier et seulement un levier qui doit bénéficier d’un point d’appui solide. On ne peut lancer un important projet informatique sans jamais avoir au préalable clarifié les enjeux organisationnels et les objectifs stratégiques. Chaque fois la même histoire se répète.  C’est le travail sur l’organisation qui fait le succès. Lorsque les japonais enfoncèrent le marché américain face au trois grands de l’industrie locale qu’étaient Général Motors, Ford et Chrysler, ce sont leurs organisations de la fabrication (Juste- à- temps, autonomie et flexibilité des tâches) qui fit la différence. Ce n’était pas un problème strictement technologique tout était dans la façon de repenser, de réorganiser l’entreprise.</p>
<p>Pour en savoir plus, exemples à l’appui, voir « <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/meta.html"><em>Mét@organisations, les modèles d’entreprises créateurs de valeur</em> </a>»</p>
<div>
<hr size="1" />
<div>
<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Voir « Le travail au xxi siècle » Dunod 1995</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Association Française Cybernétique Economique et Technique, Paris</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Voir « L’entreprise virtuelle et les nouveaux modes de travail » Ettighoffer, Odile Jacob, 1992</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Bruno Latour, chercheur au centre de sociologie de l’innovation, professeur de l’Ecole des Mines et à l’Université de San Diego en Californie, auteur  d’« Aramis ou l’amour des techniques », Editons de la Découverte, octobre 1992</p>
</div>
<div>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Dr von Hippel du Massachusset Institute Technology, Technologies et Sociétés, Pierre Levi, Mac Kinsey</p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/2382/le-vertige-technologique-masque-un-deficit-majeur-d%e2%80%99innovation-organisationnelle/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Grid français à la traine de dix ans sur les anglais !</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/1930/le-grid-francais-a-la-traine-de-dix-ans-sur-les-anglais</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/1930/le-grid-francais-a-la-traine-de-dix-ans-sur-les-anglais#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 Jul 2010 08:29:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[Etat Stratège]]></category>
		<category><![CDATA[TIC]]></category>
		<category><![CDATA[calcul distribué]]></category>
		<category><![CDATA[e.Science]]></category>
		<category><![CDATA[energie informatique]]></category>
		<category><![CDATA[folding home]]></category>
		<category><![CDATA[grid]]></category>
		<category><![CDATA[millions micros branchés]]></category>
		<category><![CDATA[programme escience]]></category>
		<category><![CDATA[puissance de calcul]]></category>
		<category><![CDATA[R&D coopérative]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=1930</guid>
		<description><![CDATA[Le projet Folding@home est un réseau coopératif destiné à accumuler la puissance de calcul engendrée par des millions de micros ordinateurs reliés par Internet. Il met à la disposition des laboratoires de recherche une liste de particuliers ou d’entreprises volontaires pour installer sur leurs machines un logiciel de calcul partagé.  Ce dispositif technique est à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/hands_small.gif"><img class="alignleft size-medium wp-image-1933" title="hands_small" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/hands_small-300x147.gif" alt="hands_small" width="300" height="147" /></a>Le projet <a href="http://folding.stanford.edu/French/Main">Folding@home</a> est un réseau coopératif destiné à accumuler la puissance de calcul engendrée par des millions de micros ordinateurs reliés par Internet. Il met à la disposition des laboratoires de recherche une liste de particuliers ou d’entreprises volontaires pour installer sur leurs machines un logiciel de calcul partagé.  Ce dispositif technique est à la base du fonctionnement du calcul distribué connu sous le nom de Grid (ou grille). Les pouvoirs publics français s’attaquent à soutenir des projets favorisant le développement de e-Science par l’utilisation du Grid, avec bien du retard, malgré l’impatience des chercheurs français, au regard d’autres pays.<span id="more-1930"></span>L&#8217;astronome français Urbain Le Verrier, a contribué par ses calculs à la découverte de la planète Neptune, par l&#8217;Allemand Johann Galle en 1846. Pour cela, Urbain le Verrier avait eu besoin de plusieurs centaines de personnes travaillant sans relâche à ces calculs pendant une année et demie. Des chercheurs de l&#8217;Université de Notre-Dame, dans l&#8217;Indiana, n&#8217;ont pas eu ce problème. Afin de résoudre un problème mathématique complexe, ils ont utilisé Internet pour utiliser la puissance informatique combinée de plusieurs milliers de micro-ordinateurs. En regroupant la puissance de milliers de micros ordinateurs répartis sur la planète, Internet fournit des puissances de calcul phénoménales qui dépassent celles des plus gros ordinateurs jamais construits. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/king-kong-9338.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1936" title="king-kong-9338" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/king-kong-9338-300x200.jpg" alt="king-kong-9338" width="300" height="200" /></a>Ce moyen permet de réaliser des calculs « partagés », appelés encore calcul distribué, réparti ou coopératif. Il est également appliqué à des programmes variés de coopération mathématique pour découvrir de nouveaux nombres premiers, pour participer à de vastes programmes de recherche scientifique appliqués à des maladies telles que le cancer, le sida et le charbon. Il est aussi utilisé, la presse s’en fait régulièrement l’écho, pour faciliter le &laquo;&nbsp;crakage&nbsp;&raquo; de codes puissamment cryptés. C’est un procédé de type <em>Grid</em> qui a permis la réalisation des images de synthèses de « King Kong », le département des effets spéciaux de la production a mobilisé quelques 5000 ordinateurs.</p>
<p><strong>GRID, le réseau coopératif de la R&amp;D du futur</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout possesseur d&#8217;ordinateur autorisé, tout individu, petit pays, université ou groupe industriel, pourra bientôt accéder à une puissance informatique phénoménale qui, sous une forme inédite, est capable de traiter des capacités de calculs énormes. Ces capacités inégalables de recherches scientifiques montrent des voies pour les solidarités scientifiques et les projets d’utilité publique du XXIe siècle. Les chercheurs de l&#8217;université d&#8217;Oxford avaient déjà en avril 2001 lancé comme mot d&#8217;ordre « <em>Processeurs de tous les pays, unissez-vous</em> !» en vue de constituer une chaîne d&#8217;au moins un million d&#8217;ordinateurs pour lutter contre une forme particulière de cancer : la leucémie. Lors de la vague de cas mortels de la maladie du charbon, qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001, la même équipe, a demandé, le 22 janvier 2002 aux utilisateurs de micro-ordinateurs du projet pour la leucémie, de les rejoindre pour participer à <em>l&#8217;Anthrax Research Project</em>. L’Anthrax ou « maladie du charbon » est relativement facile à soigner grâce aux antibiotiques, encore faut-il que ceux-ci soient administrés avant l&#8217;apparition des symptômes ! Les chercheurs d&#8217;Oxford ont mis au point un logiciel développé par <em>Treweren Consultants</em> qui passe en revue des multitudes de molécules pour vérifier si elles ont des chances d&#8217;empêcher l&#8217;infection des cellules. Les ordinateurs des participants au projet recevaient automatiquement les instructions correspondantes. Après avoir passé au crible 3,57 milliards de molécules, la phase de tri s&#8217;est achevée 24 jours après le démarrage du projet. Les promoteurs soutenus par Microsoft pensaient qu&#8217;il faudrait au moins entre 3 et 6 semaines pour y parvenir. L’objectif a été atteint plus rapidement que prévu grâce à la participation internationale de plus d&#8217;un million d&#8217;ordinateurs personnels dans le monde entier. Le 8 mars 2002, le professeur Graham Richards, responsable scientifique du projet, a remis solennellement au département de la Défense américain et au gouvernement britannique un CD contenant les 376 064 molécules sélectionnées parmi lesquelles 12 000 semblaient particulièrement prometteuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/fah_us_day_c.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1937" title="us_daygrid" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/fah_us_day_c.jpg" alt="us_daygrid" width="500" height="281" /></a>En Angleterre, la communauté scientifique voit la « grille » (GRID) comme un « bien public » ou commodité comparable à celle de l’électricité. <a href="http://www.ambafrance-uk.org/IMG/pdf/rdp-200703Rapport1.pdf">Le programme <em>e.science</em></a> lancé en 2000 par leur Ministère de la Recherche tend à ce que cette commodité soit accessible à tous les laboratoires. Il a été pris acte qu’à l’avenir de plus en plus de projets scientifiques seraient interdisciplinaires et feraient coopérer de plus en plus d’institutions et de laboratoires de recherche. Un budget de 175 millions d’euros a été mis sur la table en 2000 pour encourager le lancement de projets s’appuyant sur ce type d’infrastructures coopératives. Tous les organismes de recherches britanniques ont été impliqués couvrant un vaste champ d’applications. Alors qu’en France ont se prépare à la relance d’1 projet Grid français, plus de 20 projets ont été lancés depuis dix ans en <a href="http://mi2s.imag.fr/e-science/?p=550">Grande Bretagne</a> où a été inventé le terme e-Science. Parmi ces derniers, je note le développement <a href="http://mi2s.imag.fr/e-science/?p=882">d’un outil de simulation</a> et d’exécution d’expériences s’appuyant sur un réseau de micros. Le retard des français n’est pourtant pas du à l’inattention de nos chercheurs. En février 2001, <a href="http://www-sop.inria.fr/aci/grid/public/acigrid.htm">Roger-Gérard Schwartzenberg</a>, ministre de la Recherche à l’époque, lançait l&#8217;ACI &laquo;&nbsp;<em>Globalisation des ressources informatiques et des données</em> (GRID)&nbsp;&raquo; à l’INRIA, avec un budget qui ne faisait pas le dixième de celui des britanniques ! Le manque d’ambition (et de moyens, ce qui n’est pas nouveau !) en matière de e-science tenait moins aux motivations de la communauté scientifique qu’à l’incompréhension par les personnels politiques des enjeux et des nouvelles pratiques de la recherche moderne.  J’en veux pour preuve le fait que les applications du Grid ont pour effet de diminuer le coût de certaines recherches, ce qui aurait pu justifier l’urgence de certains investissements. Lorsque, <em>Vijay Pande</em>, biologiste à Standford en Californie, s’est mis en tête de chercher à simuler la structure tridimensionnelle d’une protéine à partir de chaînes aminées, il ne disposait que d’une très faible subvention pour son département. Il lui était impossible de lancer une recherche sur informatique qui aurait nécessité plusieurs millions de dollars. Grâce à une connaissance, il put utiliser gratuitement par des « dons de puissance », 50 000 ordinateurs appartenant à des particuliers et des entreprises qui ont  accepté d’affecter une partie de la puissance non utilisée de leurs ordinateurs pour participer à un gigantesque réseau de recherche fonctionnant en mode coopératif.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/cloud_grid_computing.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1940" title="cloud_grid_computing" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/cloud_grid_computing-300x246.jpg" alt="cloud_grid_computing" width="300" height="246" /></a>Cette puissance de calcul immense, quasiment illimitée et gratuite, fait rêver les industriels et les pays dont les besoins vont grandissant pour leurs programmes de recherche. De nombreuses initiatives auxquelles participent des <a href="http://www.grid-france.fr/">versions françaises du Grid</a> se multiplient dans le monde. Devant cette concurrence potentielle, les compagnies traditionnelles ont commencé à réagir face à ce qu’elles considèrent comme un marché nouveau et important. Il ne s&#8217;agit plus ici de mise à disposition gratuite d&#8217;un temps d&#8217;ordinateur non utilisé, mais de louer du temps d&#8217;ordinateurs utilisés à un type de tâches données, une mise en réseau de calculs « à la demande ». La division « Global Services » d’IBM envisageait de créer des &laquo;&nbsp;fermes computationnelles&nbsp;&raquo; pour une valeur de 4 milliards de $.  Le vice-président du département d&#8217;IBM <em>Linux and emerging technologies</em>, Dave Turek, déclarait en 2001 : « <em>Nous allons mettre à la disposition du client un accès à des ressources d&#8217;ordinateurs qui ne sont pas physiquement présents dans l&#8217;entreprise et qui répondront rapidement et exactement à la demande en termes de capacité et de besoins</em>. » En proposant un concept d&#8217;accès universel à l&#8217;énergie informatique disponible à la demande, il espère que, dans de brefs délais, la technologie se développera dans une direction commerciale plus conventionnelle. Le « <em>Cloud computing</em> » pointait son nez ! On passait de la coopération et de la solidarité du <em>Grid</em> au « business » du <em>Cloud Computing</em> ! Il faudra sans doute encore des mois pour que les stratégies deviennent plus évidentes. Les acteurs sont désormais déjà en place pour chercher à retirer de substantiels profits de la vente d&#8217;énergie informatique pour toutes sortes d&#8217;applications de R&amp;D autrefois inaccessibles aux entreprises ne disposant pas d&#8217;ordinateurs superpuissants. <em>Karen Benson,</em> du <a href="http://www.gartner.com/technology/about.jsp">Gartner Group</a>, estimait à l’époque que cette technologie du Grid était trop récente pour savoir de quelle manière l’offre et la demande allait se structurer sachant que les profits sont bien plus élevés et la sécurité des données et des traitements bien supérieure en utilisant des ordinateurs-serveurs que de simples micro-ordinateurs de bureau. Il n’avait pas tort. En effet, si les scientifiques de l&#8217;Université de Notre Dame dans l&#8217;Indiana – cités plus haut &#8211; avaient trouvé la solution qu&#8217;ils cherchaient, <em>c&#8217;est à l&#8217;insu des propriétaires des serveurs qu&#8217;ils avaient utilisé</em> ! La distribution auprès de millions d&#8217;ordinateurs ne va pas sans risques pour des raisons de sécurité, de propriété intellectuelle, d&#8217;erreurs (involontaires ou volontaires) et de coûts de transmission. Mais des chercheurs ont pris du temps pour mettre en place un partage distribué et sécurisé des calculs. On peut s’attendre à ce que les universités et les chercheurs ne se laissent pas confisquer aisément un moyen économique d’accéder à un réseau coopératif aussi puissant. Ensuite les puissantes fondations anglo-saxonnes, qui ont souvent été à l’origine d’initiatives de solidarités humanitaires et scientifiques, poussent les applications du Grid, à l’exemple du site <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/World_Community_Grid"><em>World Community Grid</em></a> (WCG) développé  en partenariat avec IBM. La R&amp;D pensée et agissant dans le cadre d’un outil collectif et coopératif considéré comme « bien public », ça me plait bien.</p>
<p>Pour participer à des projets français<a href="http://www.decrypthon.fr/"> http://www.decrypthon.fr/</a> Pour en savoir plus Voir les articles et les études de Tony Hey &amp; Anne. Trefethen « <a href="http://eprints.ecs.soton.ac.uk/7644/"><em>The UK e-Science Core Programme and the Grid</em></a><em> », </em><a href="http://www.sciencedirect.com/science/journal/0167739X"><em>Future Generation Computing Systems</em></a>”. 2002</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/1930/le-grid-francais-a-la-traine-de-dix-ans-sur-les-anglais/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Biens immatériels : Pour un droit d’usage opposable au droit de propriété.</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/1739/biens-immateriels-pour-un-droit-d%e2%80%99usage-opposable-au-droit-de-propriete</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/1739/biens-immateriels-pour-un-droit-d%e2%80%99usage-opposable-au-droit-de-propriete#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 10:16:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[Etat Stratège]]></category>
		<category><![CDATA[Idées fortes]]></category>
		<category><![CDATA[Vie Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[abus du droit]]></category>
		<category><![CDATA[coproductions]]></category>
		<category><![CDATA[copyleft]]></category>
		<category><![CDATA[copyright]]></category>
		<category><![CDATA[culture libre]]></category>
		<category><![CDATA[droit à l'image]]></category>
		<category><![CDATA[droit d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[droits d'usage]]></category>
		<category><![CDATA[droits propriété]]></category>
		<category><![CDATA[Lessig]]></category>
		<category><![CDATA[licence globale]]></category>
		<category><![CDATA[RIAA]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=1739</guid>
		<description><![CDATA[J’ai eu l’idée de travailler ce concept du « droit d’usage opposable  au droit de la propriété » le jour où un ami peintre est venu me voir, un peu inquiet avec la question suivante. « Dis-moi Denis, j’ai peint toute une série de tableaux sur le thème du Jazz. Pour m’inspirer, j’ai utilisé des photos des musiciens. Puis-je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/EXPO-JAZZ-2006-COPPET-001.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1740" title="http://www.pascalmoscovitz.com/" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/EXPO-JAZZ-2006-COPPET-001-233x350.jpg" alt="http://www.pascalmoscovitz.com/" width="165" height="248" /></a>J’ai eu l’idée de travailler ce concept du « droit d’usage opposable  au droit de la propriété » le jour où un ami peintre est venu me voir, un peu inquiet avec la question suivante. « <em>Dis-moi Denis, j’ai peint toute une série de tableaux sur le thème du Jazz. Pour m’inspirer, j’ai utilisé des photos des musiciens. Puis-je exposer mes toiles sans risque d’être poursuivi pour avoir enfreint le copyright du photographe?<a href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a></em> » Combien d’entre vous savent répondre à cette question ? <span id="more-1739"></span>Combien d’entre vous avez conscience des absurdités de notre droit ? Absurdités qui freinent la croissance d’une économie qui nous font entrer définitivement dans l’économie de l’usage. Je m’interroge de savoir combien d’élus, de députés se sont donnés la peine de lire l’édition française de l’ouvrage de <em>Lawrence Lessig</em> « <em><a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/">Culture Libre </a></em>» ou « comment les éditeurs utilisent la loi pour confisquer les œuvres de l’esprit ». Un ou deux sur 600 députés ? Une dizaine de leurs collaborateurs ? En tous cas, vu l’inertie des pouvoirs publics face aux nombreuses dérives  du<em> copyright</em>, on est en droit de se demander si les élus ont pris conscience des enjeux en cause.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les connaissances sont des coproductions qui n’ont pu prospérer que grâce au « copyleft ». </strong>Les fables de Jean de la Fontaine se sont souvent inspirées des récits d’Esope, toute l’industrie du cinéma de Walt Disney se fonde sur les récits de légendes et des contes d’auteurs comme Andersen, les frères Grimm et bien d’autres. Etaient-ils des contrefacteurs !? La majeure partie des avancées scientifiques s’est appuyée sur des générations de chercheurs. Sont-ils des pirates ?! C’était une époque où les droits du<em> copyright</em> ne dépassaient pas trente ans (ils ne dépassaient pas quatorze ans en 1710). C’était une époque où les majors n’existaient pas encore et où l’espace public inventait en permanence des produits dérivés d’œuvres de l’esprit antérieures. Les gens partageaient la création de biens immatériels qui fondaient leur culture, constituaient un patrimoine commun. Ce peut être des histoires, des légendes, des chansons, des films, des recettes ou des logiciels mais des contenus accessibles à tous. « <em>Pensez vous sérieusement que Shakespeare serait mieux connu si un organisme central de gestion des droits était un passage obligé pour tous les <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lWMmC1LxOug">producteurs d’Hollywood</a> qui s’en sont inspirés ?</em> » s’interroge <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lawrence_Lessig">Lawrence Lessig</a>. Aujourd’hui les industries des médias contrôlent soigneusement les utilisations de ce qu’elles considèrent de leur droit de propriété exclusif. Il s’est ainsi constitué une pratique d’exigence de « permission » pour quiconque envisage de s’inspirer d’une œuvre antérieure<a href="#_ftn2">[2]</a>. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/logo-censure_00008413.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1748" title="logo-censure_00008413" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/logo-censure_00008413.jpg" alt="logo-censure_00008413" width="258" height="172" /></a>La préface de Fabrice Epelboin pour l’ouvrage de Lawrence Lessig résume bien la situation actuelle, <em>« le copyright est aujourd’hui devenu une menace majeure pour la Culture,  pas pour les industries de la culture</em> ». La révision du <em>copyright</em> régulant la propriété des œuvres de l’esprit devient une ardente obligation pour un pays qui entend assurer sa croissance future dans l’industrie de la connaissance. Ce n’est pas une demande de droit au pillage, ce n’est pas une demande de gratuité, ce n’est pas une demande pour réduire les revenus des ayants droits et des industries des médias. C’est une demande de révision des absurdités et des dérives du droit imposé aux usagers de la culture et des savoirs. Les droits du <em>copyright</em> commencent à être utilisés afin d’étouffer la diffusion d’informations compromettantes ou gênantes. Les cinéastes enquêteurs sont sans cesse confrontés à l’interdiction de filmer ou de diffuser des séquences aux prétextes de protéger le droit à l’image. La presse traditionnelle mais aussi des entreprises tentent d’intimider des auteurs de blogs qui<a href="http://owni.fr/2009/11/06/peut-on-interdire-letablissement-de-liens-vers-son-site-internet/"> utilisent des liens</a> vers leurs sites, leurs photos ou des flashs afin d’assécher les commentaires et les contributions qui les dérangent.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’observons-nous en matière de Netéconomie ? Plus un réseau est fort, plus il est naturellement porté à vouloir dominer sa filière d’activité et à imposer sa loi en matière de distribution. Nous constaterons un phénomène similaire dans de nombreuses filières comme la pharmacie ou l’édition : Structures créatives d’un côté, puissants réseaux de distribution de l’autre. Il serait trop long de reprendre les nombreuses démonstrations de Lessig quant aux manœuvres des industries des médias pour préserver leurs monopoles. Mais l’histoire d’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Edwin_Howard_Armstrong">Edwin Howard Armstrong,</a> l’inventeur de la FM qui se donna la mort après des années de lutte contre la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Radio_Corporation_of_America">RCA</a> et la <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Federal_Communications_Commission">FCC</a> pour faire valoir ses droits, donne froid dans le dos. L’histoire nous a enseigné que les innovations technologiques ont souvent contribué à déstabiliser les économies et les pouvoirs en place. Les industries des médias n’entendent pas se faire dessaisir de leur pouvoir d’intermédiation par Internet et quelques olibrius qui prôneraient la libéralisation des échanges des biens culturels et des connaissances. Il faut des décennies de combat et des dissidents qui se mettent hors la loi pour faire bouger une société. Pensez vous sérieusement que l’industrie de la photographie aurait pu se développer à la fin des années 1800 si Gorges Eastman, l’inventeur du procédé Kodak, avait été en butte comme aujourd’hui aux multiples lois règlementant jusqu’à la bêtise le droit à l’image et son partage. Partage qui a justifié le succès du <em>Peer to peer</em> du moteur Napster et d’autres moteurs d’échange plus tard.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le droit d’usage doit pouvoir être opposable au droit de propriété.</strong><strong> </strong>La propriété n&#8217;est plus nécessaire : il existe de plus en plus de services (prêts, location, leasing, multipropriété, trocs) qui relèvent plus du droit d&#8217;usage que de la propriété au sens premier. Un paradigme nouveau nous oblige à revoir nos postulats économiques. <em>Au siècle des savoirs nous passons d’une logique propriétaire à une logique de l’usage.</em> Un droit d’usage qui doit être rééquilibré par rapport aux droits de la propriété dans les domaines des œuvres de l’esprit.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/tnnWfpjaU7M&amp;hl=en_US&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/tnnWfpjaU7M&amp;hl=en_US&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’irruption de ce nouveau référentiel de l’économie quaternaire, le risque est grand de voir l’économie des savoirs bloquée par une vision rigide de la transformation en cours des nouveaux leviers de croissance. Augmenter la durée des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_d%27auteur">droits de <em>copyright</em></a> sur une œuvre de l’esprit aura été un détournement d’actifs immatériels au bénéfice des distributeurs. Il était suffisant de protéger l’auteur de son vivant et éventuellement ses ayants droits pour une durée raisonnable. Ce dispositif limite la capacité à faire circuler une œuvre ou un ensemble de publications qui ne seront jamais ou qui ne sont plus considérées comme rentables par le distributeur : ce qui revient à fossiliser une œuvre de l’esprit. Il est évident qu’il y a sur des points relatifs aux biens numériques mis en ligne une totale inadéquation des droits de propriété et des droits d’usage. S’oppose toute une culture pour qui la propriété est l’alfa et l’oméga de l’économie traditionnelle et d’autre part une culture de l’usage, même éphémère, des biens tangibles ou intangibles, immatériels. Avec l’économie quaternaire nous entrons  définitivement dans l’économie de l’usage. Un nouveau monde aussi qui doit avoir ses arbitres. Des arbitres éclairés qui doivent s’interroger : avons-nous le droit de bloquer l’utilisation des biens immatériels existants sous prétexte de droits de <em>copyrights</em> abusifs ? Les œuvres de l’esprit doivent faire l’objet d’un soin attentif de protection contre toute confiscation tout en préservant le droit à la récompense de ce qui relève d’un véritable apport inventif. Une inventivité qui a souvent fait l’objet de poursuites pour avoir dérangé les systèmes établis. Comme pourrait en témoigner Jesse Jordan étudiant de  <em>Rensselaer Polytechnic Institut</em> (RPI) à Troy dans l’Etat de New York. Elève programmeur, ce dernier va, dans le cadre de ses études, améliorer le moteur de recherche du réseau de son école. Le réseau est relié à internet. L’amélioration apportée par Jesse Jordan permettait de savoir quels contenus sont disponibles sur le réseau des ordinateurs des élèves de son école. Le problème vint du fait que les ordinateurs des élèves contenaient en plus des documents dédiés aux cours des fichiers d’images et musicaux. Un jour d’avril 2003, le jeune homme apprit qu’il faisait l’objet d’une plainte de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Recording_Industry_Association_of_America">RIAA</a> ( <em>Recording Industry Association of America</em>) qui lui réclamait 15 millions de dollars pour violation des droits d’auteurs. La RIAA se contenta de ruiner l’étudiant, qui même avec le soutien de sa famille, ne pouvait supporter les frais d’un procès qui aurait pu démontrer qu’il n’avait rien fait de mal.  En fait, ce qu’il faut décoder de cette histoire c’est la stratégie d’intimidation des <em>lawyers</em> américains. Une stratégie qui déborde largement des frontières américaines.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La propriété des droits ne doit pas donner <span style="text-decoration: underline;">tous</span> les droits. </strong>Les éditeurs conduisent des stratégies qui contribuent à la rareté du bien immatériel pour en augmenter la valeur ou différemment pour se constituer une clientèle captive qui ne pourra exercer son droit à « consommer » un bien numérique que dans le cadre d’une communauté fermée. On passera, d’une exclusivité de la production à une exclusivité de la distribution, d’un marché ouvert à un  marché fermé ! Chaque fois que vous achetez un CD, un livre, une copie d’un nouveau document scientifique, même un peu de Coca Cola, vous êtes à la bifurcation entre un produit et l&#8217;accès à la propriété intellectuelle de quelqu’un. Aujourd’hui, les éditeurs peuvent abandonner tout simplement une œuvre qui ne leur rapporte pas suffisamment et néanmoins imposer un droit de péage si par cas un auteur quelconque s’en est inspiré ! Il faut avoir à l’esprit que dans le conflit engagé entre ceux qui veulent préserver les « biens communs » et les tenants de la « marchandisation de toutes choses » il existe un fort déséquilibre au bénéfice des seconds qui pèse déjà sur la libéralisation de l’économie immatérielle jusqu’au ridicule. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/un-principe-de-réalité-indispensable.gif"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1755" title="un principe de réalité indispensable" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/un-principe-de-réalité-indispensable-150x150.gif" alt="un principe de réalité indispensable" width="150" height="150" /></a>En 1996, <a href="http://www.ascap.com/index.aspx">l’Ascap,</a> organisme américain équivalent à la Sacem en France, a intenté un procès aux Girls Scouts pour non paiement des chansons que les filles chantaient autour de leurs feux de camps. Impossible en France vont penser une majorité de lecteurs. Un point de vue que ne partageront pas forcément les spécialistes internationaux du droit qui ont déjà affrontés l’agressivité des cabinets anglo-saxons qui sont devenus une véritable machine de guerre. S’il convient de ne pas léser les auteurs/inventeurs il leur faudra aussi reconnaître comme le souligne <a href="http://fr.readwriteweb.com/author/sophieboudetdalbin/">Sophie Boudet-Dalbin</a>, la part des droits qui reviennent à la société, à l’intérêt collectif dans une économie caractérisée par la coproduction généralisée des œuvres de l’esprit. Une coproduction qui n’est pas nécessairement monnayée dans une économie des savoirs que l’on qualifie aussi d’économie du lien, du lien social, nous rappelle <a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/">certains auteurs</a>. Auteurs qui, comme Lawrence Lessig et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Stallman">Richard Stallman</a>, considèrent que la libre circulation des biens numériques doit être encouragée et facilité. Pour eux, les images, les clips, les blogs, les détournements des biens numériques pour en expliciter ou en détourner le sens, deviennent le nouveau langage des enfants et des adultes du XXIème siècle. <em>Envisager un droit d’usage opposable, c’est reconnaître que le droit de propriété des biens immatériels ou numériques ne peut empêcher leur circulation, leur distribution, leur échange en contre partie d’une sanction tarifiée.</em> Tout le problème alors se concentre sur le « tarif ». Comment y parvenir alors que la proposition de la licence globale a été refusée.<strong> </strong>Un vrai casse tête. Nous devons être attentifs à protéger les droits de création et d’innovation, sans jamais perdre de vue cette universalité des savoirs dont tente de s’emparer quelques intérêts très privés. La prospérité future de notre économie du savoir en dépend. Rien ne s’oppose à une révision du droit qui protège les œuvres privées marchandes tout en limitant la confiscation de toute activité créative par des intermédiaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Libérer les échanges des biens immatériels ne veut pas dire liberté de faire n’importe quoi</strong><strong>! </strong>Et puis un jour, un évènement survient. Un procès devient symbole de deux époques qui se télescopent. Un homme prend une décision qui fait tout basculer. Ce jour là, (nous sommes dans les années 45) le juge Douglas de la cour suprême des Etats-Unis doit trancher dans un litige concernant la violation du droit de propriété qui oppose de nombreux agriculteurs de Caroline du Nord aux compagnies aériennes qui survolent leurs terrains. Ces derniers invoquent une loi qui stipulait qu’un propriétaire l’était des sous sols et des espaces aériens « jusqu’à l’infini ». Ce jour là, le maintien d’une telle doctrine juridique aurait bloqué pour longtemps le développement de l’aviation. En quelques phrases, le juge Douglas annula des décennies de droit foncier «  <em>Cette doctrine n’a pas sa place dans le monde moderne. L’espace aérien est public comme l’a déclaré le Congrès. Donner raison à des revendications privées sur l’espace aérien entrainerait la paralysie des lignes aériennes et compromettrait profondément leur développement. Cela reviendrait à privatiser un bien qui a vocation à être public. Le sens commun se révolte à cette idée </em>».<a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/23259783.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1752" title="23259783" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/23259783-300x182.jpg" alt="23259783" width="300" height="182" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait – à tort – aboutir à la conclusion que la liberté offerte aux échanges de connaissances est un droit de tirage sans contrainte sur le patrimoine des communautés ou des nations savantes. Ce n’est pas le cas. Il convient de se méfier d’un idéalisme vite dogmatique du « bien commun » face à l’âpreté tout aussi dogmatique de la « marchandisation de toutes choses ». La première des difficultés est de gérer la migration d’un modèle traditionnel qui considère que toutes œuvres de l’esprit est un bien de consommation dont le destin dépend entièrement de ses distributeurs. Distributeurs qui restent propriétaires de l’œuvre en offrant simplement un « droit s’usage ». Contre ce droit d’usage, le futur utilisateur se devrait de payer une sorte de péage, de location d’une œuvre de l’esprit. Si cette location est concédée à titre gracieux, elle ne déroge en rien les droits de propriété. On parle de « droit d’auteur » pour la cession d’un exemplaire et de « licence » lorsqu’il y a une concession – le plus souvent géographique -complète cédée à une personne ou une entreprise qui loue le droit d’exploiter un bien numérique pour son compte exclusif et dans un cadre règlementé. Cette licence peut se négocier ;  encore faut-il que son prix ne soit pas rédhibitoire pour les utilisateurs finaux. Si le Congrès américain a su le faire, pourquoi pas l’Union Européenne ? Pour ne pas freiner les échanges de biens numériques (livres, vidéos, fichiers de toutes sortes)<a href="../../../../../349/renover-le-copyright-un-imperatif-de-l%E2%80%99economie-numerique">, il est impératif de rénover le copyright</a> et ses modes de financement. C’est la raison essentielle pour laquelle nous devons rouvrir rapidement le dossier de la licence globale. Si j’ai des réserves sur le mode de financement proposé et <a href="../../../../../710/faut-il-encourager-la-these-de-la-licence-globale-comment-la-financer-d%E2%80%99ailleurs-sont-ce-la-les-bonnes-questions">une autre façon d’aborder la taxe à la consommation</a> des œuvres de l’esprit, il reste impératif de trouver une solution qui préserve les créateurs, et assouplisse la circulation et le libre usage<strong><em> </em></strong>des biens culturels<a href="#_ftn3">[3]</a>. <strong><em> </em></strong>Les discussions sur la licence globale n’ont pas, de mon point de vue, suffisamment creusées la question des pouvoirs exorbitants qu’ont les majors et autres éditeurs dans une boucle où ils restaient aux commandes des droits de péage mais aussi de circulation des biens numériques. Droit privé majeur sur les patrimoines immatériels, droit moral sur les œuvres, droit économique (puissance économique devrais je écrire)  que je leur conteste.<em> </em>La licence globale – qui propose un forfait sur les télé-consommations &#8211; se heurte sans doute au fait que les éditeurs ne maîtriseraient plus la <a href="Certains%20s%E2%80%99avisent%20que%20des%20mod%C3%A8les%20%C3%A9conomiques%20originaux,%20pour%20ne%20pas%20dire%20surprenants,%20peuvent%20devenir%20%C3%A0%20l%E2%80%99instar%20des%20anciens%20d%C3%A9linquants%20qui%20invent%C3%A8rent%20Hollywood,%20profitables%20%21">tarification des licences</a> dans un espace désormais sans frontières. Leur intérêt est de continuer à préserver « l’effet frontière » de leur marché traditionnel afin d’éviter la fuite d’une majeure partie de la diffusion de leur production. La situation actuelle préserve leurs marges à défaut de favoriser la croissance de leur marché. Ma proposition, analogue à l’idée de la consommation électrique, a l’avantage de créer un rapport entre l’importance de la télé-consommation personnelle des biens numériques et le palier du tarif à payer. Les détracteurs de cette approche ne m’opposent pas <a href="http://www.a-brest.net/article5059.html">d’arguments sérieux</a>.  On peut s’interroger de savoir si l<a href="http://www.wipo.int/portal/index.html.fr">’OMPI</a> a correctement estimé les enjeux de l’économie immatérielle et les <a href="http://www.laquadrature.net/fr/questions-au-commissaire-designe-barnier-sur-le-droit-dauteur-et-les-libertes-dans-lenvironnement-nu">clarifications</a> à conduire avec les Etats Européens sur les biens communs ainsi que les évolutions à prévoir en matière de protection intellectuelle. Pour Lawrence Lessig, les conflits en cours et à venir mettent <a href="http://www.numerama.com/magazine/14203_2-warner-music-empeche-un-artiste-de-mettre-sa-musique-sur-myspace.html">surtout</a> en cause des multinationales puissantes qui conduisent des stratégies de maîtrise monopolistique des contenus et de leur distribution. <a href="http://www.numerama.com/magazine/14548-lawrence-lessig-couper-l-acces-internet-une-idee-terrible.html">Mais il ne perd pas confiance</a>. A l’exemple des propriétaires terriens qui tentaient de toucher de substantiels dividendes des lois en vigueur, des entreprises chassent les rentes de situations de droits intellectuels, appuyées par des bataillons d’avocats, soutenues en sous main par leur pays d’origine. Au fait, vous ai-je précisé combien la RIAA demandait aux quatre étudiants qui furent accusés de violations du <em>copyright</em> ? Cent milliards de dollars, soit six fois le total des profits de l’industrie cinématographique en 2001<a href="#_ftn4">[4]</a>. En laissant s’opérer une concentration des pouvoirs aux mains des seules industries des biens culturels, des éditeurs, des médias, nous nous constituons <a href="http://www.numerama.com/magazine/14203_2-warner-music-empeche-un-artiste-de-mettre-sa-musique-sur-myspace.html">un piège</a> qui pourrait stériliser toute capacité à faire valoir notre créativité et à pouvoir en tirer parti. Ce qui nous ramène à la question de mon ami. Et à ma réponse : « Laisse venir. On trouvera bien un jour un juge Douglas qui, face à trop d’arrogance, saura répondre : Le<em> sens commun se révolte à cette idée »</em><a href="#_ftn5">[5]</a>.<strong> </strong></p>
<p>DCE</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Pour voir l’histoire du peintre qui eut des ennuis pour avoir repeint le portrait photographié d’Obama. <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lWMmC1LxOug">http://www.youtube.com/watch?v=lWMmC1LxOug</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> L’ouvrage de Lessig multiplie les exemples de dérives aberrantes ignorées le plus souvent par le grand public et les élus. Petite dernière : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick">Philip K. Dick</a> était un auteur de SF talentueux et torturé qui aura écrit de nombreux ouvrages repris par l’industrie cinématographique et le théâtre. Une douzaine au moins. Il est mort en 1982 la même année où sortait <em>Blade Runner</em> inspiré par son livre : « <em>Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? ». </em>Tous les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick#Adaptations_cin.C3.A9matographiques">autres films</a> ont été tournés après sa mort. Dans <em>Blade Runner</em>, Harrison Ford courait après un androïde nommé Nexus6. <a href="http://www.actualitte.com/actualite/16175-Google-piller-Dick-androides-nexus.htm">Google</a> a eut la mauvais idée d’utiliser le nom de « Nexus One » sans passer à la caisse pour le système d’exploitation de son portable Android. La famille attristée attend une compensation. L’ouvrage</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> J’y reviendrai en détail dans une prochaine contribution</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Voir l’ouvrage de Lawrence Lessig page 27</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Voir: http://translate.google.com/translate?hl=fr&amp;langpair=en|fr&amp;u=http://www.eff.org/riaa-v-people</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/1739/biens-immateriels-pour-un-droit-d%e2%80%99usage-opposable-au-droit-de-propriete/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Stratégie des réseaux : la frilosité européenne</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/1695/strategie-des-reseaux-la-frilosite-europeenneneutralite</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/1695/strategie-des-reseaux-la-frilosite-europeenneneutralite#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 12:28:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[Vie Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[cloud computing]]></category>
		<category><![CDATA[datacenters]]></category>
		<category><![CDATA[Economie Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[energie informatique]]></category>
		<category><![CDATA[FCC]]></category>
		<category><![CDATA[fin neutralité internet]]></category>
		<category><![CDATA[Galileo]]></category>
		<category><![CDATA[grid computing]]></category>
		<category><![CDATA[Icann]]></category>
		<category><![CDATA[internet européen]]></category>
		<category><![CDATA[opérateurs télécoms]]></category>
		<category><![CDATA[simulations]]></category>
		<category><![CDATA[UIT]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=1695</guid>
		<description><![CDATA[A l’occasion des discussions sur les projets industriels devant être soutenus par le grand emprunt, l’Afdel, organisme réunissant des acteurs majeurs de l’industrie logicielle préconisait un soutien massif à la réalisation de fermes de serveurs européens pour favoriser les applications du « Cloud Computing ». Cette proposition rend publique le retard français et européen dans la réalisation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/farms-computing.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1703" title="farms computing" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/farms-computing-150x150.jpg" alt="farms computing" width="150" height="150" /></a></em></strong><em>A l’occasion des discussions sur les projets industriels devant être soutenus par le grand emprunt, l’Afdel, organisme réunissant des acteurs majeurs de l’industrie logicielle préconisait un soutien massif à la réalisation de fermes de serveurs européens pour favoriser les applications du « Cloud Computing ». Cette proposition rend publique le retard français et européen dans la réalisation effective de ces plateformes et dans la mise en place d’un réseau internet piloté par des européens. Pour moi, cette annonce c’est surtout celle de l’absence des européens d’un des marchés clés des prochaines années. Pendant qu’on cause de projets, les américains ont pris la main  et proposent des services. Demain, ils domineront les marchés des applications de la vie et de l’économie numérique si nous n’investissons pas massivement dans les industries de la simulation.</em><strong><em><span id="more-1695"></span></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons d’abord que les fermes de serveurs (ou centrales numériques) vont fournir les applications de <a href="http://cc.in2p3.fr/article491.html"><em>grid computing</em></a> <a href="#_ftn1">[1]</a>et de <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/it-management/0,3800005311,39381489,00.htm"><em>cloud computing</em></a>, ressources informatiques qui vont être la base indispensable des industries de la simulation des biens et des vies numériques qui se développeront tout au long de ce siècle. Développements devenus urgents et incontournables pour cause d’efficience des écosystèmes de nos pays. Que des responsables d’importantes entreprises européennes plaident aujourd’hui pour la mise en place d’un plan qui pousserait les feux afin de favoriser l’installation d’une infrastructure comparable me paraît tout à fait symbolique d’une prise de conscience (enfin !) à la fois des enjeux technico-économiques du siècle mais aussi du retard pris par la Communauté européenne sur ce qui apparaîtra bientôt comme le sujet central de l’économie moderne : l’utilisation des industries de la simulation comme solution à la réduction des consommations d’énergie et des ressources matérielles de la planète. Pour l’heure on estime ce marché à plus de 50 milliards de dollars à l’horizon 2011. Une course de vitesse est engagée qui ne concerne pas seulement l’implantation de fermes de serveurs européennes <em>mais aussi la nature et l’organisation des infrastructures réseaux européens. </em>Car avoir ces « fermes modèles » ou <em>data centers</em> dépendent, pour la distribution de leurs énergies et de leurs applications, d’infrastructures pilotées par les intervenants venus d’outre-Atlantique.</p>
<p><strong>Qui tient les réseaux tient l’économie du futur</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La globalisation recouvre un monde socioéconomique multipolaire qui compte bien utiliser les réseaux électroniques pour s’éduquer et s’enrichir. Autrefois, on pouvait le faire en s’insérant dans les circuits commerciaux des biens. Aujourd’hui des opérateurs construisent des artères plus ou moins favorables à des nations ou des régions économiques entières. On peut dire que ceux qui tiennent les infrastructures tiennent l’économie numérique du futur ! C’est dire l’importance prise par les architectures réseaux susceptibles de supporter la demande de milliards de transactions simultanées. Les principaux acteurs de la Toile comme IBM, Microsoft ou Google et Ebay ont constitué en quelques années des réseaux de milliers de plateformes d’ordinateurs installés majoritairement aux Etats-Unis. Des plateformes de serveurs si gigantesques que leur fonctionnement permet de chauffer des villes entières. En s’emparant des industries de contenus via leurs importantes fermes de serveurs, les principaux opérateurs dominent les réseaux physiques de distribution des objets numériques, donc le transit de l’ensemble, ou à peu près, du commerce électronique mondial.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/Cloud_Grid_Computing_adarsh.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1697" title="Cloud_Grid_Computing_adarsh" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Cloud_Grid_Computing_adarsh-300x246.jpg" alt="Cloud_Grid_Computing_adarsh" width="300" height="246" /></a>Les Etats-Unis sont devenus leader en matière d’installation de <em>data centers</em> parce qu’ils ont hébergés les bases de données des centres de recherches et les données scientifiques de nombreuses institutions nationales et internationales à l’exemple du World Data Center (WDC). L’externalisation de l’informatique puis la forte demande des activités en  ligne ont donné naissance à la construction d’immenses parcs d’ordinateurs qui mutualisaient les demandes de services en ligne. Les fermes d’ordinateurs ou <em>data centers</em> peuvent représenter plusieurs milliers de serveurs reliés entre eux avec des liaisons haut débit. Si pour la plupart des commentateurs <a href="http://www.webrankinfo.com/dossiers/indexation/data-centers">Google</a> vient immédiatement à l’esprit lorsque l’on aborde ce sujet<a href="#_ftn2">[2]</a>, paradoxalement, son immense parc ne donne qu’une vision très partielle de la réalité des <em>data centers</em> installés dans le monde. Selon <em>The Economist</em>, Il y avait en 2008,  7.000 <em>data centers</em> que l’on appelle aussi <em>data farms</em> pour les seuls États-Unis. Il prévoyait  près de 16 millions de serveurs réunis en grappes en 2010. Google en aurait environ 1 million et Microsoft en ajouterait 20.000 par mois à sa propre base<a href="#_ftn3">[3]</a>. Pour se faire une idée de l’importance de ces installations, il suffit de songer que le seul <em>data center</em> d’Illiad (Free) héberge 25 000 serveurs déjà saturés. La firme vient d’ouvrir un nouveau centre d’environ 5000m² pour faire face à l’augmentation de la demande. Ces cathédrales informatiques capables de délivrer une importante puissance de traitement instantanée s’installent dans des régions proches de leurs marchés où elles bénéficient d’avantages spécifiques. Mais leurs implantations est loin d’être simples compte tenu des contraintes dues aux besoins d’infrastructures à haut débit, des disponibilités de routage. De plus, les <em>data centers</em> nécessitent d’importants besoins de d’électricité à haute fiabilité (un data center de Seattle a été récemment la proie des flammes suite à la défaillance d’un transformateur). Le problème devient si difficile que les spécialistes envisagent des <em>data centers</em> plus petits et surtout moins gourmands en ressources énergétiques. Microsoft en est arrivé à proposer des <em>datacenters</em> <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/it-management/0,3800005311,39385299,00.htm">transportables</a> et prêt à l’emploi. Mais cela implique de pouvoir s’appuyer sur des infrastructures réseaux à très haut débit et parfaitement sécurisés au niveau des routeurs.</p>
<p><strong>Comment en est-on arrivé là ?</strong></p>
<p><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>A</em>près des années d’investissement, les opérateurs de télécommunications américains sont devenus la plaque tournante (le <em>« hub »</em>) des télécommunications mondiales, en particulier pour Internet. Les Américains se sont ainsi assurés une situation de domination, qui, de plus, bénéficie de la loi d’airain des « rendements croissants » aux effets terriblement démultiplicateurs dans le domaine des réseaux et de l’économie de l’immatériel. Cette évolution réduit considérablement les coûts opérationnels des compagnies téléphoniques et leur permet donc de faire baisser les prix. L&#8217;UIT <em>(l’Union Internationale des Télécommunications</em>) estime que « <em>le coût d&#8217;une liaison internationale est proche de zéro, à tel point qu&#8217;il pourrait presque être considéré comme sans incidence sur le prix de la communication</em>». On estime que le prix de revient d’une heure de conversation téléphonique entre Paris et New York, en 2010, sera de 15 centimes ! Ils ont désormais les moyens d’imposer en Europe et en Asie leurs propres systèmes de commutation et de négocier, avec les opérateurs locaux, des tarifs d’interconnexion les plus avantageux.<a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/eick_arctran.gif"><img class="alignright size-medium wp-image-1702" title="eick_arctran" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/eick_arctran-300x167.gif" alt="eick_arctran" width="300" height="167" /></a> Cette situation est aggravée par la myopie politique des responsables européens et asiatiques, dont le manque de stratégies régionales de rechange et la pusillanimité devant leurs propres monopoles nationaux renforcent l’hégémonie américaine. Qu’on en juge ! Au moment où le trafic lié à Internet vient de dépasser le trafic téléphonique mondial, les treize premiers fournisseurs mondiaux d’accès Internet sont tous américains. <em>British Telecommunications</em> (BT), le premier européen, n’arrive qu’à la quatorzième place. <em>Worldcom</em>, propriétaire du premier fournisseur, UUNet, est bien placé pour dominer le marché mondial, avec sa récente acquisition du deuxième fournisseur, <em>MCI Communications. </em>Et le reste du monde assiste, en spectateur impuissant, à la prise de contrôle des réseaux globaux. Et le cas de la fourniture d’accès à Internet est particulièrement éclairant à cet égard, alors qu’on prévoit, à l’horizon 2020, que le trafic téléphonique mondial ne représentera que 1 % du trafic Internet. Dopé par la généralisation des services à haut débit dans le monde, la géographie des besoins évolue rapidement. Si 65 % de ce chiffre d&#8217;affaires est le fait de l&#8217;Amérique du Nord au début des années 2000, cette proportion est actuellement tombée à 26 %, tandis que 28 % venait de la zone Pacifique, 14% du reste du monde<em>, la part européenne représente désormais 31% du trafic. </em>Des européens qui contribuent au financement de la Toile américaine.<em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le coût moyen des liaisons spécialisées entre les pays européens &#8211; les fameuses « autoroutes de l’information » ou « dorsales » (<em>backbones</em>) par lesquelles transite le trafic Internet &#8211; est dix-sept à vingt fois supérieur au coût de liaisons équivalentes aux Etats-Unis<a href="#_ftn4">[4]</a>. Résultat, le coût des liaisons des hubs intra-européens par les fameuses autoroutes de l’information européennes reste plus élevé que celui des liaisons passant par les Etats-Unis qui continuent à rafler le trafic international. On aboutit à ce paradoxe que les utilisateurs étrangers des réseaux américains subventionnent les opérateurs américains pour continuer à mailler la planète (93% de l’infrastructure réseau vers l’Asie est américaine). Conséquence : les fournisseurs européens d’accès à Internet se connectent aux Etats-Unis en priorité. En Asie, comme pour l’Europe, les circuits Internet vers les Etats-Unis sont intégralement payés par les fournisseurs d’accès asiatiques, ce qui représentait environ 1 milliard de dollars par an début des années 2000. La subvention mondiale des fournisseurs d’accès non américains aux fournisseurs d’accès américains serait de l’ordre de 5 milliards de dollars par an. Autre conséquence, les fournisseurs d’accès américains obtiennent de facto un accès quasi gratuit aux ressources Internet du reste du monde. Ce qui facilite les « stratégies pénétrantes » à savoir utiliser la maîtrise d’un réseau de communication pour faire circuler prioritairement ses propres services en ligne. De plus, lorsque la demande de bande passante est très élevée, les opérateurs dominants sont les premiers à pouvoir installer les câbles de grande capacité (à 80 gigabits par seconde), ce qui favorise encore les connexions passant par le territoire américain. Ainsi, le trafic Internet est fortement déséquilibré, les « producteurs » étant massivement installés aux Etats-Unis. Conscients du danger certains pays parient sur des liaisons satellites ou comme <em>Reliance</em>, société d’origine indienne, investissent des sommes considérables dans les câbles sous marins reliant la Chine, la côte pacifique de l’Amérique, l‘Afrique du Sud et la Méditerranée, soit un total de 50 000 kilomètres !</p>
<p><strong>En finir avec la neutralité de l’Internet afin d’améliorer les marges</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les « mains invisibles » des opérateurs s’activent pour tisser une toile américaine virtuellement installée au cœur du monde et de l’économie numérique. En fait, la situation économique a clairement évolué en faveur des fournisseurs de service et les opérateurs ont l’impression de ne pas être conviés au banquet. <em>« There is no free lunch »</em> rappelle le patron de <em>Verizon</em>, souhaitant vivement modifier le <em>Telecom Act</em> pour remettre les opérateurs au centre. Ces derniers se demandent de savoir s’il ne convient pas de remettre en question la neutralité des flux sur internet vis à vis de demandes qui mobilisent de plus en plus de débit sans pour autant apporter plus de revenus. Le Congrès américain fait l’objet d’un intense lobbying afin de remettre en question la neutralité d’Internet. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/pif.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1714" title="pif" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/pif.jpg" alt="pif" width="160" height="160" /></a>Les opérateurs américains mettent maintenant l’accent sur le fait que la demande de bandes passantes n’est pas la même selon la nature des trafics et par voie de conséquence sur les coûts et les besoins d’investissements. En cela ils tentent de reprendre la main face aux créateurs de contenus toujours plus demandeurs de trafics. En d’autres termes, ils pourront envisager une tarification différenciée ce qui rendra la vie plus difficile aux nouveaux entrants et aux pays en voie de développement déjà pénalisés par la perte des reversements des trafics téléphoniques. L’hypothèse d’un <em>WebIII</em> à plusieurs vitesses voudrait dire que les sociétés de webservices répondraient  plus ou moins vite aux sollicitations selon qu’elles seraient sur un réseau à petite ou grande vitesse.  Les opérateurs les plus puissants font pression sur le régulateur gouvernemental qu’est la FCC (Commission Fédérale des Communications). Prétextant qu’il leur faut financer encore d’importantes infrastructures réseaux et l’innovation, depuis trois ans, ils tentent d’obtenir de la FCC la possibilité de pratiquer des tarifs modulés en fonction de la bande passante mis à la disposition des consommateurs. Bien évidement tous les opérateurs de services et de contenus sont vent debout face à cette éventualité. Pourtant au fil de l’actualité on découvre que certains opérateurs réseaux limitent plus ou moins discrètement les trafics d’échanges ou surfacturent des services mis en ligne en plus des abonnements de base. Ce qui est préoccupant dans cette affaire, c’est que ce sont les <em>Baby Bells</em> qui tiennent la corde ou les ciseaux qui la coupent, sans que les Etats notamment européens y puissent grand-chose. Les affaires sont les affaires, les américains sont en train de le rappeler au reste du monde! En réalité, il faut considérer les réseaux comme une gigantesque plate-forme d’échange payante pour les entreprises comme pour les individus. Pour cela les opérateurs réseaux constituent des plateformes de services intégrées à leurs offres d’infrastructures. Leurs clientèles se voient offrir des services d’emails, de téléchargement, de création de blogs ou de sites personnels ce qui constitue du trafic d’appoint facturable. Bientôt ils seront en mesure de fournir du <em>cloud computing</em> à la planète entière.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, pour conclure sur les enjeux auxquels sont confrontées les industries numériques, il faut avoir à l’esprit que le maillon faible de l’infrastructure internet n’est pas dans les capacités des « tuyaux » mais dans la gestion des trafics. Ces « host » américains (autrement dit des « aiguillages électroniques ») concentrent trop de trafic qu’ils s’époumonent à gérer avec des aiguillages trop justes qui détruisent des trains entiers de messages à chaque « RAZ » des systèmes engorgés. La croissance vertigineuse des diffusions vidéo représente plus de la moitié du trafic mondial, (un milliard par jour pour Youtube) qui congestionne la Toile et la fragilise. Les exploitants de réseau limitent leurs investissements dans les technologies de transport pour améliorer leur rentabilité. Ils ont tout intérêt plutôt que de revoir la distribution de ces <em>hosts</em> de faire croire que le trafic «  à débits différenciés » sera la solution afin d’accroitre leurs revenus et… les investissements qui maillent leur Toile!</p>
<p><strong>Ceci explique que l’on arrive à cette question : faut-il un Internet Européen ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/globalcrossing2_large.gif"><img class="alignleft size-medium wp-image-1700" title="globalcrossing2_large" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/globalcrossing2_large-300x230.gif" alt="globalcrossing2_large" width="300" height="230" /></a>La domination des américains sur l’Internet fait occasionnellement les honneurs de la presse. C’est l’occasion pour le lecteur d’apprendre qu’au travers d’un organisme, l’Icann (<em>Internet Corporation for Assigned ans Numbers</em>), les américains ont la main mise sur les panneaux indicateurs des routes électroniques mondiales. Gérer les adresses électroniques permet d’assurer la circulation des transactions électroniques entre les « adresse IP » des ordinateurs installés dans le monde. Rappelons au passage que l’Icann, véritable tour de contrôle mondiale des transactions électroniques,  a été créée en 1988 et gérée dans ses débuts par le département de la Défense américain. Durant la dernière guerre, les  stratèges militaires n’ont pas oublié l’importance de créer la confusion des troupes en déplacement en enlevant  les panneaux indicateurs sur les routes, voire à les modifier pour engendrer une belle pagaille dans les dits mouvements. Dans le cas d’un conflit majeur ou de tensions extrêmes on peut imaginer que les régulateurs de l’Internet pourraient agir d’une façon ou d’une autre sur la « navigation » des transactions échangées y compris en dérivant certaines d’entre-elles à des fins d’espionnage. La domination américaine sur la Toile justifie une vraie réflexion sur les options ouvertes aux européens. Cette question a été posée à l’été 2009 par un sénateur, Jean Louis Masson, qui soulignait la dépendance de l’Europe vis-à-vis des positions des Etats-Unis dans la gouvernance de l’Internet. Bien évidement, tous les interlocuteurs avertis ont compris qu’il ne s’agissait pas de construire un réseau « séparé » mais de renforcer la sécurité et la gouvernance européenne sur ses réseaux internationaux propres. Les réactions à la question du sénateur Masson auront surtout démontré l’impréparation du gouvernement  français à ce sujet<a href="#_ftn5">[5]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/title.gif"><img class="alignright size-full wp-image-1708" title="title" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/title.gif" alt="title" width="480" height="169" /></a>Le « 22 à Asnières » façon Internet pourrait ne faire plus rire les chefs d&#8217;entreprises européennes surtout ceux confrontés aux échanges de données sensibles. Dans les années soixante, cette histoire obligeait le comique français Fernand Reynaud à passer par New York pour obtenir une communication en banlieue parisienne : le fameux « 22 à Asnières » ! La vision des grands réseaux européens laisse la même impression. Les accès (hubs) sont en majorité centrés sur les Etats-Unis, au point que pour obtenir un serveur de la région parisienne on peut passer par Londres et Washington. Un constat confirmé par Jean-Paul Figer, vice-président de Cap Gemini Consulting : <em>« Le trafic entre deux IAP (Internet Access Provider) transite souvent par les Etats-Unis. Chacun peut le constater en utilisant un traceroute. »</em> Les insuffisances des infrastructures européennes font courir le risque d&#8217;une dépendance croissante envers les routeurs et les providers américains, alors que les besoins de débits n&#8217;ont jamais été aussi importants. Face au risque d’une privatisation d’une partie du Web sous la pression des opérateurs américains, l’Europe a-t-elle des réponses stratégiques ? En fait la vraie question posée par la gouvernance de l’Internet n’est pas d’ordre technique, mais politique. Voilà pourquoi se pose la question de savoir si l’Europe doit construire son réseau de « hosts sur internet » pour ses besoins propres sans trop attendre comme cela a déjà été le cas <a href="http://www.capital.fr/enquetes/derapages/galileo-ou-les-deboires-du-gps-made-in-europe-464765">pour le système GPS Galileo</a>. Ce pouvoir stratégique et hégémonique devient un sujet récurrent régulièrement mis sur la table des négociations internationales. Au fil des années, l’Icann mène un combat afin de préserver la prééminence de ses prérogatives aux Etats-Unis. Les concessions arrachées à l’Icann au fil des débats afin de modifier la gouvernance mondiale de l’Internet n’ont été le plus souvent que des leurres, des accords mineurs. Que le gouvernement américain ait concédé, lors de la réunion de Tunis en 2007, de ne plus imposer un contrôle unilatéral sur le calendrier et les activités de l’INCANN n’est que de la poudre aux yeux. Il n’a pas du tout l’intention de perdre l’avantage que lui donne le droit de surveiller tout ce qui se passe et qui passe sur le réseau des réseaux puis d’en tirer le meilleur profit pour sa sécurité et le succès des activités de ses opérateurs nationaux. Bien évidement, un jour ou l’autre nous aboutirons à ce que le contrôle technique de l’Internet soit plus international. Mais d’ici là les Etats-Unis auront bien avancé dans la construction de leurs infrastructures réseaux et de fermes de serveurs qui hébergeront une majeure partie des immenses bases de données internationales ainsi que les outils et les ressources d’un <em>grid computing</em> <a href="#_ftn6">[6]</a> ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Informatique_dans_les_nuages"><em>cloud computing</em> </a>, permettant de fournir au monde numérique de l’énergie informatique aussi bon marché que possible. Il est probable que les Américains profiteront de leur situation dominante dans l’Internet pour essayer d’imposer leurs solutions. D’un côté une politique européenne sans grande consistance, de l’autre la puissance d’une volonté commerciale hégémonique. Encore une fois, les européens en formation dispersée sont mal partis et ont du mal à s’imposer  face aux  américains. Mais on discute… et on fait des projets, à défaut de réalisations. La maîtrise de la gouvernance d’Internet par les américains est moins la preuve de leur force que celle de notre propre faiblesse.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Le <em>Grid computing</em> ou « grille informatique » est la capacité des réseaux d’ordinateurs à coopérer ensemble afin de multiplier leur capacité de calcul. Très utilisés par des universités ou par des centres de recherches dans les cas où des simulations lourdes leurs sont indispensables. Le <em>cloud computing</em> ou nuage d’ordinateurs consiste à fournir de l’énergie informatique à la demande, de préférence à de lourdes  installations informatiques internes aux entreprises.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> http://blog.abondance.com/2008/04/36-datacenters-pour-google-dont-un.html</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Mai 2008</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Source <em>Monde Diplomatique</em> de 1999</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Ceux qui en doutent sont invités à consulter les différents programmes et compte rendus de réunions européennes consacrés à ce sujet sur leur moteur de recherche préféré. On y constatera que la France est surtout présente dans les <a href="http://opendotdotdot.blogspot.com/2009/03/save-european-internet-write-to-your.html">volets relatifs aux limitations</a> et aux sanctions contre les <a href="http://www.boingboing.net/2009/03/26/eu-ready-to-screw-up.html">internautes.</a></p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> <a href="http://www.decrypthon.fr/ewb_pages/l/le-grid-computing.php">http://www.decrypthon.fr/ewb_pages/l/le-grid-computing.php</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/1695/strategie-des-reseaux-la-frilosite-europeenneneutralite/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Innovations Organisationnelles : « il n&#8217;existe plus de modèle idéal, il n&#8217;existe que des modèles adaptés ».</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/1894/innovations-organisationnelles-%c2%ab-il-nexiste-plus-de-modele-ideal-il-nexiste-que-des-modeles-adaptes-%c2%bb</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/1894/innovations-organisationnelles-%c2%ab-il-nexiste-plus-de-modele-ideal-il-nexiste-que-des-modeles-adaptes-%c2%bb#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2009 07:32:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>websolos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[différenciation stratégique]]></category>
		<category><![CDATA[fin des modèles]]></category>
		<category><![CDATA[modèles organisations]]></category>
		<category><![CDATA[niches de prédilection]]></category>
		<category><![CDATA[structuration des réseaux]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=1894</guid>
		<description><![CDATA[Alors que dans une société anxiogène nous cherchons à nous raccrocher à des modèles tous faits, le plus dur est de sortir des clichés, du prêt à penser, du prêt à organiser. Dans les activités modernes, la répartition des ressources, des compétences et des hommes s&#8217;organise différemment grâce aux technologies de l’information et de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1895" title="wtf" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/wtf-152x350.jpg" alt="wtf" width="137" height="264" />Alors que dans une société anxiogène nous cherchons à nous raccrocher à des modèles tous faits, le plus dur est de sortir des clichés, du prêt à penser, du prêt à organiser. Dans les activités modernes, la répartition des ressources, des compétences et des hommes s&#8217;organise différemment grâce aux technologies de l’information et de la communication. Celles-ci permettent de modifier fondamentalement le coût des transactions et de la coopération, d&#8217;où la généralisation d&#8217;un phénomène de subsidiarité : on utilise la virtualisation afin de prendre le meilleur et le moins cher là où il se trouve. <span id="more-1894"></span>La structuration en cours de l&#8217;économie mondiale sous l&#8217;influence des réseaux d&#8217;ordinateurs et ses répercussions pratiques sur les modes d&#8217;organisation restent très sous-estimées. Notre société, nos entreprises traversent une période de changements de grande envergure. La compétitivité organisationnelle est générale : les capacités de l&#8217;homme à utiliser les technologies de l&#8217;information et de la communication pour innover dans de nouvelles formes d&#8217;organisation font désormais la différence. Un nombre croissant d&#8217;acteurs économiques tentent de trouver leur niche de prédilection et le modèle d’organisation le mieux adapté à leur marché en agissant sur des facteurs de différenciation parfois surprenants. La compétitivité du futur sera caractérisée par une concurrence féroce entre les différents modèles inventés car ils deviennent un atout de la différenciation stratégique pour gagner la faveur des actionnaires, de la clientèle et des marchés. Globalement, le processus schumpétérien destruction/ création reste le même, mais il s&#8217;accélère par le fait de causes nouvelles. L&#8217;exacerbation de la sélection due à l&#8217;apprentissage général de l&#8217;économie immatérielle et la fin des “ effets frontières ” ont des conséquences mortifères sur les entreprises traditionnelles. Cela implique une remise en cause permanente, une capacité pour tous à se projeter dans le futur pour mieux s’y préparer, à utiliser les alliances constituées dans les réseaux pour imposer ensuite son modèle. De nouveaux modes de coopération stratégiques s&#8217;organisent le long d&#8217;infrastructures réseaux qui deviennent un enjeu de pouvoir en constituant de grands ensembles économiques. Les alliances renforcent la constitution de filières à l&#8217;intérieur desquelles les leaders tentent de contrôler et de resserrer leur emprise sur leurs différents partenaires. Il s’agit d’une véritable ingénierie agissant non plus sur les seules ressources internes de l&#8217;entreprise mais également sur un ensemble de facteurs externes. La différenciation rendue possible par la netéconomie ouvre la porte à une grande diversité de propositions adaptées à des contextes locaux, à des niches très pointues, à des marchés très spécifiques, à des besoins personnalisés. C&#8217;est la fin des modèles, et qui dit fin des modèles dit recherche d&#8217;autres façons de se distinguer les uns des autres, de s&#8217;adapter à des turbulences dues à l&#8217;économie de l&#8217;impatience. Tout en se protégeant mieux de l&#8217;instabilité chronique des systèmes modernes dans un contexte de concurrence internationale, les innovations organisationnelles vont être le moteur des gains de compétitivité un peu partout dans le monde. Ce qui peut se résumer ainsi : “ savoir imaginer le modèle le plus intelligent pour créer plus de richesses en consommant moins de ressources avec le moins d&#8217;efforts possibles ”… et en le vendant le plus cher possible ! <em>L&#8217;économie moderne met en pratique la formule selon laquelle il n&#8217;existe plus de modèle idéal, il n&#8217;existe que des modèles adaptés. </em></p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/1894/innovations-organisationnelles-%c2%ab-il-nexiste-plus-de-modele-ideal-il-nexiste-que-des-modeles-adaptes-%c2%bb/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>10 &#8211; Cartellisation et migrations fiscales dans les grappes coopératives</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/734/10-cartellisation-et-migrations-fiscales-dans-les-grappes-cooperatives</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/734/10-cartellisation-et-migrations-fiscales-dans-les-grappes-cooperatives#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2008 15:27:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[Modes d'organisation]]></category>
		<category><![CDATA[Cartellisation]]></category>
		<category><![CDATA[migration fiscale]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=734</guid>
		<description><![CDATA[Le rêve communautaire des coopératives ouvrières redevient une réalité pour cause de netéconomie. Cette approche  s&#8217;accorde bien avec la netéconomie qui se développe sur la base de partenariats et selon un mode coopératif plus ou moins intense, mais elle n&#8217;est pas sans inconvénients. Les réseaux d&#8217;organisations communautaires ou grappes peuvent être une cartellisation masquée des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 10]> <mce :style>< !   /* Style Definitions */  table.MsoNormalTable 	{mso-style-name:"Tableau Normal"; 	mso-tstyle-rowband-size:0; 	mso-tstyle-colband-size:0; 	mso-style-noshow:yes; 	mso-style-priority:99; 	mso-style-qformat:yes; 	mso-style-parent:""; 	mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; 	mso-para-margin:0cm; 	mso-para-margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:11.0pt; 	font-family:"Calibri","sans-serif"; 	mso-ascii-font-family:Calibri; 	mso-ascii-theme-font:minor-latin; 	mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; 	mso-fareast-theme-font:minor-fareast; 	mso-hansi-font-family:Calibri; 	mso-hansi-theme-font:minor-latin; 	mso-bidi-font-family:"Times New Roman"; 	mso-bidi-theme-font:minor-bidi;} --> <!--[endif]-->Le rêve communautaire des coopératives ouvrières redevient une réalité pour cause de netéconomie. Cette approche  s&#8217;accorde bien avec la netéconomie qui se développe sur la base de partenariats et selon un mode coopératif plus ou moins intense, mais elle n&#8217;est pas sans inconvénients. Les réseaux d&#8217;organisations communautaires ou grappes peuvent être une cartellisation masquée des acteurs économiques. Elle qui ne manquera pas d&#8217;inquiéter si elle n&#8217;est encadrée à terme au plan au moins européen. Cette capacité nouvelle de faire circuler  le travail, le capital et les produits entre membres d&#8217;une même méta organisation est diversement appréciée.</p>
<p>Ceux des salariés qui ce sont vus proposer un emploi délocalisé dans une filiale en Inde pour un salaire de quelques dizaines d&#8217;euros en savent quelque chose. Les syndicats de pilotes internationaux comme dans le groupement de Star Alliance, qui voient le danger de la dérégulation des salaires, multiplient les contacts entre-eux afin de limiter les conséquences d&#8217;une mondialisation des salaires par le bas. Ils n&#8217;hésitent pas à comparer leurs contrats respectifs pour obtenir des augmentations. Ces revendications pourraient mettre en difficulté certaines compagnies régionales ne bénéficiant pas d&#8217;une bonne rentabilité opérationnelle. Différemment, à leur tour, ces mêmes compagnies s&#8217;associent entre-elles afin d&#8217;optimiser leurs ressources et récemment cinq grandes compagnies aériennes américaines ont lancé une agence de voyage en ligne commune pour réduire leurs coûts d&#8217;intermédiation commerciaux et pratiquer des prix très compétitifs. Aussitôt quelques dizaines de grandes associations de défense des consommateurs américaines ont demandé l&#8217;intervention de la division anti-trust du département de la justice<a name="_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a>. Ensuite, il peut y avoir les ententes sur les prix. La distribution moderne profite de cette propriété de la netéconomie à savoir <em>que les économies d&#8217;échelle sont désormais moins des économies de production que des économies de distribution. </em>La concurrence entre chaînes se déplace de la maîtrise de la production vers la maîtrise de marchés les plus importants possibles. Traditionnellement, c&#8217;est plutôt la fusion des grands acteurs économiques en filières d&#8217;activités sectorielles mondiales qui pouvaient inquiéter les gouvernements compte tenu de leur puissance économique. Conséquence de la mondialisation, les filières économiques intégrées par métiers engendrent la « cartellisation » d&#8217;une part croissante des marchés par une coopération commerciale des grandes entreprises. La mise en place de réseaux électroniques, qui facilitent l&#8217;effet de levier des ordres de grandeur croissants dans l&#8217;<em>e.commerce,</em> associés au développement de la netéconomie  facilite des formes de « cartellisation virtuelle» qui ne sont pas le fait d&#8217;ententes classiques. Imaginez une méta-organisation qui, de lien en lien fonctionnel, éventuellement incarnée sur la toile par un <em>webring, </em>capte l&#8217;essentiel des transactions demandées par une catégorie de clients. Aucune entreprise de la chaîne prise isolement ne peut être accusée de position dominante. Ce phénomène de « chasse en meute » qui caractérise ces pratiques commerciales inquiète suffisamment les nations avancée pour que les membres de l&#8217;OCDE accentuent le caractère répressif des lois contre les ententes illicites : mais quand le sont-elles ?! Cette conception nouvelle de la concurrence ne peut qu&#8217;inquiéter les moyennes entreprises encore indépendantes compte tenu de la capacité de ces chaînes d&#8217;organisations ou méta organisations à faire des guerres impitoyables sur les prix. Enfin, j&#8217;ai déjà pu constater, l&#8217;intérêt porté par des dirigeants sur la constitution de filiales dans le seul but de délocaliser la facturation et donc la marge. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/platformwars.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-1410" title="platformwars" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/platformwars-300x219.png" alt="platformwars" width="300" height="219" /></a>Le couple entreprises/ territoires ancre les PME dans le respect des lois nationales, notamment juridiques et fiscales, alors que les membres d&#8217;une méta-organisation décide là où il est le plus intéressant de faire apparaître le bénéfice ou l&#8217;endroit où doit se faire l&#8217;investissement compte tenu des avantages locaux. Ce n&#8217;est pas pour rien si le SESSI constatait dès 1999 que plus de 41% des exportations et 36% des importations françaises en produits industriels sont le fait de transactions entre entreprises d&#8217;un même groupe mais localisées dans plusieurs pays différents. Tant qu&#8217;une fiscalité européenne homogène ne sera pas finalisée, des avantages fiscaux nationaux, que l&#8217;on peut parfois assimiler à du « dumping fiscal », seront à l&#8217;origine de migration des entreprises les plus opportunistes<a name="_ftnref2" href="#_ftn2">[2]</a>. L&#8217;OCDE compte sur de nouvelles régulations économiques pour limiter réduire les effets pervers de la cartellisation et de la concurrence fiscale. Encore faut-il pouvoir identifier les ententes illégales et leur nature alors que des nations complices tirent des profits considérables de ces détournements.</p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> Yahoo Actualités du 4 juin 2001</p>
<p><a name="_ftn2" href="#_ftnref2">[2]</a> http://www.competitivealternatives.com/</mce></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/734/10-cartellisation-et-migrations-fiscales-dans-les-grappes-cooperatives/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>9 &#8211; Globalisation : Entreprise virtuelle et division internationale du travail</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/738/9-globalisation-entreprise-virtuelle-et-division-internationale-du-travail</link>
		<comments>http://www.ettighoffer.fr/738/9-globalisation-entreprise-virtuelle-et-division-internationale-du-travail#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 15:25:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[Modes d'organisation]]></category>
		<category><![CDATA[division internationale du travail]]></category>
		<category><![CDATA[entreprise virtuelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ettighoffer.fr/?p=738</guid>
		<description><![CDATA[Le développement de l&#8217;économie a toujours coïncidé avec celui des inventions qui ont jalonné son histoire. La plupart du temps, il s&#8217;agit de nouvelles découvertes technologiques, telles que la machine a vapeur, l&#8217;électricité ou l&#8217;ordinateur. Plus rarement, ces inventions se produisent dans le domaine de l&#8217;organisation du travail lui-même comme j&#8217;ai pu le démontrer dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le développement de l&#8217;économie a toujours coïncidé avec celui des inventions qui ont jalonné son histoire. La plupart du temps, il s&#8217;agit de nouvelles découvertes technologiques, telles que la machine a vapeur, l&#8217;électricité ou l&#8217;ordinateur. Plus rarement, ces inventions se produisent dans le domaine de l&#8217;organisation du travail lui-même comme j&#8217;ai pu le démontrer dans « <em>l&#8217;Entreprise Virtuelle et les nouveaux modes de travail</em> »  et&#8230;<span id="more-738"></span> plus tard, dans « <em>Mét@organisations, les nouveaux modèles de création de valeur</em> »<a name="_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a>. Grâce aux possibilités offertes par les télécommunications les entreprises ont inventé une nouvelle forme d&#8217;organisation internationale du travail que <em>Charles Gave</em> désigne sous le terme de société « plate-forme »<a name="_ftnref2" href="#_ftn2">[2]</a>. Pour expliquer cette nouvelle organisation globale où la marque dominante assure le montage du produit fini, <em>Charles Gave</em> prend l&#8217;exemple de Dell, le producteur d&#8217;ordinateurs de bureau bien connu. Dans cette entreprise, tous leurs ordinateurs sont conceptualisés dans leurs centres de recherche, en particulier au Texas. Pour ainsi dire, aucune de leurs machines vendues aux Etats-Unis n&#8217;est construite sur place. Elles sont toutes fabriquées au Mexique ou en Chine et importées personnalisées dans le pays du client final au fil des commandes, par exemple aux Etats-Unis. Pour l&#8217;instant, rien que de très normal. La ou l&#8217;originalité apparaît, c&#8217;est dans le fait que Dell ne possède pas les usines dans lesquelles ses machines sont assemblées. La seule chose que fait l&#8217;entreprise Texane est de préciser dans les moindres détails les caractéristiques techniques que devront avoir ses ordinateurs. Ensuite, des industriels indépendants de Dell s&#8217;engagent à les produire, au coût fixé par le Texas. Des trois fonctions nécessaires à la vente d&#8217;un produit- conceptualisation, fabrication, vente. <em>Dell a réussi à externaliser la plus dangereuse et la plus cyclique : la fabrication</em>. Et cette réussite a de considérables implications macroéconomiques dont <em>Charles Gave</em> pense qu&#8217;elles ne sont pas bien comprises.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/2008-0192-clean-sky-program-take-off.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1407" title="2008-0192-clean-sky-program-take-off" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/2008-0192-clean-sky-program-take-off-300x214.jpg" alt="2008-0192-clean-sky-program-take-off" width="300" height="214" /></a>En fait pour bien faire comprendre au lecteur ce que <em>Charles Gave</em> veut dire, on peut essayer de résumer son approche de la chaîne de la valeur de la façon suivante : Imaginons qu&#8217;un ordinateur Dell se vende aux Etats-Unis pour 700 dollars. Imaginons également qu&#8217;il est construit en Asie. Sur les 700 dollars de la vente, voila ce qui ira aux entreprises américaines : 200 dollars à Microsoft pour Windows, avec une marge de 90 %, soit 180 dollars. Cette machine aura besoin d&#8217;une puce de qualité, provenant sans doute d&#8217;Intel, sur laquelle la marge est de 75 % et dont le coût avoisinera les 70 dollars. La marge d&#8217;Intel par machine sera donc de 52.5 dollars. Quand cet ordinateur sera vendu, Dell prélèvera pour sa part une marge de 15% sur chaque ordinateur vendu soit 105 dollars. La partie délocalisée sera composée de l&#8217;écran plat qui sera fabriqué à Taiwan pour un coût de 135 dollars et avec une marge de 10 % soit 13,5 dollars. L&#8217;équipement électronique et le clavier seront fabriqués quelque part en Chine, pour un coût de 165 $, supportant une marge de 10 %, (soit 16.50$). Conclusions, sur les 700 dollars, les marges laissées aux entreprises américaines seront d&#8217;environ 337 dollars. En revanche sur les 300 dollars imputables à la fabrication asiatique, la marge sera d&#8217;environ &#8230; 30 dollars ! Le modèle de la « plateforme » met à contribution une production « chip » délocalisée en laissant la créativité et la conception à forte valeur ajoutée intellectuelle dans les bureaux d&#8217;études, ce qui permet une forte augmentation de la rentabilité du capital investi, une réduction drastique de la part laissée au travail grâce à une meilleure organisation des facteurs de production. Pour Charles Gave, il est à peu près certain que ce modèle va continuer à se développer puissamment dans les années qui viennent. Chaque société industrielle ou commerciale soumise à la pression des coûts de production des pays en plein essor économique devra se spécialiser dans les secteurs où elle a une forte valeur ajoutée et laissera le reste à des sous-traitants. Ce redéploiement explique pourquoi la rentabilité du capital de la production est moins importante dans les pays producteurs<a name="_ftnref3" href="#_ftn3">[3]</a>. L&#8217;ensemble des entreprises américaines qui ont investi des milliards de dollars en Chine ont des profits qui n&#8217;ont pas dépassé les 2,4 milliards en 2003, alors que celles qui ont investis en Australie ont engrangés quelques 7,1 milliards et celles qui ont parié sur Taïwan ont récolté 8,9 milliards de dollars<a name="_ftnref4" href="#_ftn4">[4]</a>. Il est difficile d&#8217;affirmer le différentiel du coût du travail soit à l&#8217;origine de telles différences. Les failles logistiques, la faiblesse locale de la demande et du système bancaire aux particuliers et bien d&#8217;autres facteurs encore limitent le rendement du capital dans certains pays alors que d&#8217;autres offrent une valeur ajoutée immatérielle plus conséquente. Ce que l&#8217;on peut en dire c&#8217;est que la production reste &#8211; comme au bon vieux temps de la production agricole &#8211; le parent « pauvre » de la chaîne de la valeur. On l&#8217;observe en France encore aujourd&#8217;hui. Celui qui gagne sera celui qui saura optimiser son bénéfice fiscal et sa marge de distribution car la marge ce sont les intermédiaires commerciaux qui l&#8217;a font, comme toujours. Dans la réalité, la rentabilité de l&#8217;opération est presque complètement <em>en faveur du maître d&#8217;œuvre qui détient le portefeuille clients, c&#8217;est-à-dire le réseau commercial.</em> En d&#8217;autres termes les « économies d&#8217;échelles » vont à la production mais le bénéfice des « ordres de grandeur croissantes » vont à celui qui maîtrise la distribution. Ceci explique que les consommateurs occidentaux &#8211; qui possèdent le pouvoir d&#8217;achat &#8211; tirent parti du pouvoir de négociation de leurs multinationales. Un pouvoir d&#8217;autant plus important que leur travail reste très chèrement payé, alors que celui de l&#8217;asiatique ne l&#8217;est pas. Tout le monde y gagne, explique <em>Charles Gave</em> : les travailleurs des pays en développement, parce qu&#8217;ils ont du travail, les acheteurs occidentaux parce qu&#8217;ils obtiennent des prix plus attractifs alors que leur niveau de vie plus élevé tire une  production des pays sous traitants beaucoup plus fortement que si elle était fabriqué aux Etats-Unis ou en Europe. De plus la rentabilité globale des capitaux investis devient plus intéressante:</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> Elle est très peu cyclique : la partie cyclique (la production) a été affermée à des industriels étrangers.</li>
<li> Elle est très élevée : le développement, la vente par l&#8217;Internet ne suscitent pas des besoins de fonds de roulement gigantesques. La rentabilité sur capital investi dans la distribution est donc très forte.</li>
<li> Elle ne nécessite pas d&#8217;apports de capitaux frais : Dell est pour ainsi dire sans arrêt en état de cash-flow positif</li>
<li> Elle est très visible : si le coût du travail augmente trop fortement au Mexique, Dell annule ou ne renouvelle pas ses contrats de production au Mexique pour en signer de nouveaux au Brésil, à Taiwan ou au Viêt-Nam&#8230;De ce fait, les prix à la production restent sous pression sans arrêt, réduisant ainsi l&#8217;inflation.</li>
</ul>
<p>Un pays dans lequel un grand nombre de sociétés s&#8217;organisent sous ce nouveau modèle de la « plateforme » aura donc comme caractéristiques :</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> une inflation en très faible progression, un boom de la consommation en volume, nourri par la baisse des prix des produits industriels importés et un déficit commercial énorme!</li>
<li> une croissance économique centrée sur les services à forte valeur ajoutée, une forte création d&#8217;emplois dans les activités à forte valeur ajoutée (R&amp;D) et dans la vente au grand public</li>
<li> une extériorisation quasiment totale des emplois industriels a faible valeur ajoutée.</li>
<li> des profits des sociétés représentant une part très importante et très stable du PNB &#8230; sous réserves que la spéculation financière soit jugulée.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Pour <em>Charles Gave</em>, les pays qui pour des raisons politiques (rejet de la globalisation) refuseront ce modèle de production verront leurs entreprises absolument laminées. Ils seront forcés de conserver des activités de production cycliques et peu rentables dans des zones où elles n&#8217;ont rien à faire. Ces réflexes cocardiers, qui n&#8217;appréhendent pas correctement la globalisation de nos économies, ne protègent pas les industries en danger et surtout, cela n&#8217;oblige pas les opérateurs nationaux à innover alors que les clientèles indigènes, captives, perdent en pouvoir d&#8217;achat faute de pouvoir profiter du phénomène « <em>low cost</em> » mondial. A terme, le protectionnisme ne les sauvera pas plus qu&#8217;il n&#8217;a sauvé l&#8217;industrie textile en France. <em>Charles Gave</em> remarque que refuser ce mouvement de globalisation, c&#8217;est aussi pratiquer le protectionnisme le plus vil, celui qui refuse aux pays émergents le droit de se développer. On voit mal au nom de quoi un gouvernement aussi attaché au développement durable et à l&#8217;aide au pays émergents (dans les discours) que le gouvernement français refuserait aux damnés de la terre le droit de se nourrir à leur faim et de trouver un travail qu&#8217;ils feront aussi bien que les salariés français et pour beaucoup moins cher, ce qui est tout à l&#8217;avantage du consommateur français. Pour <em>Charles Gave</em>, les conséquences macro économiques de ce nouveau type développement dans une économie globalisée sont immenses. Tout d&#8217;abord, il restructure complètement les marchés financiers alors que la part « pays émergents » dans les portefeuilles va connaître une croissance structurelle, puisque leur industrie est naturellement grosse consommatrice de capitaux et que la base industrielle du monde sera dans ces pays. Ensuite, un certain nombre de ces pays émergents seront directement dépendants de la consommation des Etats-Unis (dans ce cas précis). Ces pays vont donc avoir des excédents commerciaux considérables vis-à-vis des Etats-Unis, qui ne veulent strictement rien dire, puisque la maîtrise des flux (importations aux USA) est à 100% dans les mains de sociétés américaines. Et donc, demander à ces pays de réévaluer leurs monnaies contre le dollar ne réglerait rien. De fait, ils sont en zone dollar. La même chose se produira entre les nouveaux pays producteurs dans l&#8217;ex Europe de l&#8217;Est et l&#8217;Europe. Ce qui veut dire en termes simples que la balance commerciale d&#8217;un pays où les sociétés s&#8217;organisent selon les principes de la plate forme ne veut plus rien dire, ce qui ne manque pas de piquant quand l&#8217;on voit la baisse actuelle du dollar engendrée, parait-il, par les déficits de la balance commerciale&#8230; Effet pervers d&#8217;une trop grande dépendance des exportations en période de récession, l&#8217;avantage comparatif qui crée le déficit américain n&#8217;est pas en Chine, mais aux Etats-Unis. Ce sont les sociétés américaines qui domicilient ou elles le veulent le déficit US. Si le Yuan réévalue, Wal-Mart passera ses ordres au Vietnam, c&#8217;est tout. Le déficit US restera le même, mais il sera avec le Vietnam plutôt qu&#8217;avec la Chine, et le chômage montera en Chine.  Mais refuser le partage de la valeur avec d&#8217;autres territoires est tout aussi périlleux. Il suffit pour s&#8217;en convaincre, nous dit <em>Charles Gave</em>, de considérer la bourse Japonaise : durant 12 ans les autorités Japonaises<em> ont forcé les sociétés nipponnes à investir dans des secteurs ou le Japon n&#8217;avait aucun avantage comparatif.</em> La rentabilité du capital au Japon s&#8217;est donc écroulée. Moyennant quoi, leur marché des actions s&#8217;est effondré. Mais les étrangers qui détenaient 20 % de la bourse Japonaise en 1989 n&#8217;en détiennent plus que 10%&#8230;et tout le monde s&#8217;est appauvri. Et <em>Charles Gave</em> de conclure : Mais les Japonais possèdent le capital national, qui soit dit en passant ne rapporte rien et donc personne ne veut. Le mercantilisme et le protectionnisme mènent toujours à la ruine, et il n&#8217;y a pas d&#8217;exemple dans l&#8217;histoire d&#8217;un pays qui ait été ruiné par le libre échange<a name="_ftnref5" href="#_ftn5">[5]</a>. La démonstration de Charles GAVE n&#8217;est pas sans faille. Je note que l&#8217;excès de liquidités des « pays dollars » leurs permettront d&#8217;acheter une part croissante des sociétés américaines &#8230; comme quoi.</p>
<hr size="1" /><a name="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> Respectivement <em>Odile Jacob</em> 1993, et <em>Village Mondial</em> 2000</p>
<p><a name="_ftn2" href="#_ftnref2">[2]</a> <em>C&#8217;est une révolte ? Non, Sire, c&#8217;est une révolution. L&#8217;intelligence prend le pouvoir</em>, 2006 Bourin Editeur Charles Gave, Diplômé de l&#8217;<a title="Université de Chicago" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Chicago">université de Chicago</a> en 1970, où il a passé un PhD en économie, il a été élève de <a title="Milton Friedman" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Milton_Friedman">Milton Friedman</a>. Après un début de carrière en tant qu&#8217;analyste financier il a créé en 1974, l&#8217;entreprise Cegogest, spécialisée en recherche économique. Il est en 1986 co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management. La société, qu&#8217;il quitta en 1999, fut vendue en 1995 à Alliance Capital. Par la suite il fonde à <a title="Hong Kong" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hong_Kong">Hong Kong</a> Gavekal, une société de recherche et de conseil en gestion de portefeuille. Il est membre du <a title="Conseil d'administration" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_d%27administration">conseil d&#8217;administration</a> de l&#8217;<a title="Institut Turgot" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_Turgot">Institut Turgot</a>, un <a title="Think tank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Think_tank">think tank</a> libéral<sup><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Gave#cite_note-0">[1]</a></sup>. Il collabora à la revue <em><a title="L'Esprit libre" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Esprit_libre">L&#8217;Esprit libre</a></em> (1996).</p>
<p><a name="_ftn3" href="#_ftnref3">[3]</a> On aura compris que nous ne parlons pas de la spéculation du secteur financier</p>
<p><a name="_ftn4" href="#_ftnref4">[4]</a> <em>China Economic Quarterly</em></p>
<p><a name="_ftn5" href="#_ftnref5">[5]</a> Les français croient toujours que les délocalisations sont à l&#8217;origine de la désertification de leur tissu économique. Elles ne représentent en 2007 que 0,35% de la mobilité de l&#8217;emploi soit environ 13 000 emplois alors que les investissements étrangers ont créé 45 000 emplois sur la même période.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ettighoffer.fr/738/9-globalisation-entreprise-virtuelle-et-division-internationale-du-travail/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

