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	<title>Ettighoffer Digital Campus</title>
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	<description>L&#039;homme connait le monde, non point par ce qu&#039;il y dérobe, mais par ce qu&#039;il y ajoute. (Paul Claudel)</description>
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		<title>Soft Power : Les technologies du savoir façonnent et fertilisent les sociétés</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 08:48:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Etat Stratège]]></category>
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		<description><![CDATA[La connaissance a toujours été considérée comme une source précieuse de pouvoir. Partout dans le monde, les religieux et leurs représentants, de l’Egypte aux Incas, des chamans Indiens aux clercs de Rome, ont monopolisé les connaissances et voulu en limiter, en canaliser la diffusion, par toutes sortes de procédés. Un comptable du moyen âge pouvait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/SPcuv.gif"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1765" title="SPcuv" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/SPcuv-150x150.gif" alt="SPcuv" width="150" height="150" /></a>La connaissance a toujours été considérée comme une source précieuse de pouvoir. Partout dans le monde, les religieux et leurs représentants, de l’Egypte aux Incas, des chamans Indiens aux clercs de Rome, ont monopolisé les connaissances et voulu en limiter, en canaliser la diffusion, par toutes sortes de procédés. Un comptable du moyen âge pouvait être brûlé vif s’il faisait état de ses savoirs sans autorisation. C’est là sans doute que se trouvent les fondements de la création d’une franc-maçonnerie farouchement laïque. Une résistance souterraine des corps de métiers face à l’inquisition qui mettait sous embargo toutes sciences ou savoirs susceptibles de gêner un empire très catholique. <span id="more-1764"></span>La dictature des « mollahs » de l’époque valait bien celle que subissent certains pays fondamentalistes traquant les connaissances dissidentes. Des moines érudits en firent les frais, éliminés ou brûlés eux aussi, comme Giordano Bruno<a href="#_ftn1">[1]</a>, pour avoir mis en doute les affirmations pseudo scientifiques des saintes écritures. Ils eurent moins de chance que Galilée qui, face à la Sainte Inquisition, dut son salut à la protection du Pape. Il faudra l’avènement de l’empire romain et la généralisation du latin comme langue des érudits pour créer ce qui sera la première des communautés européennes des savoirs. La connaissance du latin était la condition indispensable pour s’insérer dans la vie intellectuelle de l’époque, comme le sera des siècles plus tard la connaissance de l’anglais.</p>
<p style="text-align: justify;">La création de l’ordre des bénédictins par Saint Benoît sera à l’origine d’une vocation pour la reproduction des écrits sacrés et constituera le fondement de la création des bibliothèques chrétiennes<a href="#_ftn2">[2]</a>. Mais les progrès de l’écriture faute d’être normalisée restaient très lents. Une seconde révolution aura lieu sous la houlette de Charlemagne. Ce dernier fit venir à Aix La Chapelle, un moine anglais du nom d’Alcuin rencontré en Italie en 781. Alcuin, en venant à Aix la Chapelle, entreprit de normaliser la calligraphie en introduisant ce que nous appelons improprement les «caractères romains», à savoir les minuscules carolingiennes un moment concurrente des caractères gothiques, associés aux espaces entre les mots, ce qui en facilitera la lecture. Avec Gutenberg, l’imprimerie va faciliter la diffusion des savoirs. Cette standardisation du livre en favorisera la commercialisation et surtout facilitera la constitution d’importants fonds universitaires qui deviennent les lieux de l’accumulation des savoirs. La mémoire se couche sur du papier. Ce qui va permettre des échanges de connaissances entre les différentes communautés des savants dans le monde. La Chine de Marco Polo, plus tard le Japon et d’autres contrées, vont s’échanger des informations capitales pour faire évoluer leurs procédés de fabrication du papier, de la poudre, des feux d’artifice, des architectures militaires, des modes de construction des bateaux. L’avènement de l’imprimerie sera l’occasion pour les savoirs de sortir du domaine des arts sacrés au bénéfice des arts profanes. Les cartes à jouer, les cartes de navigation et les voies de commerce mais aussi les dessins que nous appelons « estampes japonaises » vont se mettre à circuler. Les civilisations orales seront les grandes perdantes de cette évolution, l’Afrique en premier lieu<a href="#_ftn3">[3]</a>. Puis le monde musulman lorsqu’il interdira l’imprimerie durant pratiquement deux siècles. Ce qui provoquera la mise à l’écart d’une grande civilisation des grands courants scientifiques et le retard du développement de son instruction publique<a href="#_ftn4">[4]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/eLearning_Course_Participants.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1767" title="eLearning_Course_Participants" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/eLearning_Course_Participants.jpg" alt="eLearning_Course_Participants" width="300" height="312" /></a>Aujourd’hui, ce sont les technologies de l’information comme les livres autrefois qui détiennent le pouvoir de faciliter l’accès à la connaissance, à la formation en ligne. Avec l’informatique, viendront les normes des échanges de livres et de documents dématérialisés qui circuleront via des terminaux variés dont les tous récents <em>ebooks</em>. Désormais, grâce à Internet les savoirs se diffusent et fertilisent l’ensemble de la planète qui profite des meilleures idées, des talents les plus brillants. Des solutions innovantes peuvent être proposées, exportées ou mises en ligne par des éditeurs spécialisés en lieu et place des produits tangibles traditionnels. Tout cela, nous le devons aux propriétés nouvelles d’un monde numérique ou des biens immatériels circulent sans entraves dans de vastes réseaux. Grâce à eux, les connaissances peuvent être transmises instantanément d’un bout à l’autre de la planète pour une dépense énergétique infime et pour un coût infinitésimal. Ces savoirs disponibles transforment les économies locales, réduisent les dépenses inutiles tout en procurant des avantages à ceux qui sont branchés sur les réseaux de connaissances. <em>Nous voilà entrés dans l’ère de l’économie des connaissances ; oui, mais une économie des connaissances en réseaux ! </em>Partout les savoirs disponibles dans les réseaux contribuent à améliorer notre bilan énergétique, à réduire notre « empreinte écologique » c’est à dire nos consommations. Si les savoirs améliorent les performances techniques ou favorisent des innovations qui passent rapidement dans le grand public, ils font mieux encore: ils améliorent le pouvoir d’achat en facilitant l’accès de certains biens et services au plus grand nombre. Ces savoirs transformateurs affectent toutes nos sociétés en modifiant profondément nos modèles de production, d’éducation et de formation, en révolutionnant nos modèles de consommation dont une part croissante devient numérique. Ils sont, ils deviennent, ils restent, une véritable source de pouvoir ; le <a href="http://meridien.canalblog.com/archives/2006/02/27/1436705.html">soft power</a>. Le pouvoir par les connaissances.</p>
<h3><span style="color: #800000;"><strong>Le <em>soft power</em>, force de frappe moderne de l’économie des connaissances</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/Soft-Power.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1766" title="Soft Power" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Soft-Power.jpg" alt="Soft Power" width="220" height="314" /></a>Dans les sociétés modernes, la valeur ajoutée de l&#8217;économie dépendra de plus en plus largement de la détention du savoir qui permet le recyclage permanent des agents économiques. Comme pour les livres autrefois, Internet devient un réducteur de pauvreté car le savoir, et tout particulièrement le savoir technologique, constitue le principal moteur de la croissance économique et de l&#8217;amélioration de la qualité de la vie.<em> </em>On l’a bien compris dans l’ensemble des pays qui, désormais, toquent à la porte de l’accès aux savoirs et au confort. Comme l’air, comme l’eau, la connaissance, les produits culturels sont des substances qui contribuent à la vie, à la relation sociale, à l’émancipation des femmes comme des hommes. Cette prise de conscience du rôle du savoir et de la technologie dans la croissance implique de nouvelles formes de coopérations économiques et sociales<a href="#_ftn5">[5]</a>. En avons-nous conscience alors que nous entretenons par faiblesse l’idée d’une sanctuarisation possible de notre économie !?</p>
<p style="text-align: justify;">Au 21e siècle, l’avenir se dessine sur la base d’une spécialisation croissante des pays et des régions du monde fortement reliés entre eux par des réseaux de télécommunications composants des écosystèmes globaux. Il s’agit moins de se désoler des délocalisations que d’analyser les équilibres avantages/ inconvénients que les firmes tirent de leurs géo-localisations pour préserver des avantages compétitifs. Parmi ces avantages nous trouvons la capacité pour chaque nation d’utiliser mieux que d’autres la matière grise pour influencer le monde. La Grèce n’a jamais conquis aucun pays. Pourtant, elle a conquis la conscience et la culture romaine, séduit des écrivains et des philosophes. La Grèce ancienne, creuset des démocraties, a posé les fondements de la réflexion politique moderne. Avec son «softpouvoir», elle a &#8211; sans autre outil que la dialectique, l’écriture et la pédagogie- façonné et formé la pensée des civilisations<a href="#_ftn6">[6]</a>. Aujourd’hui, Internet, cortex planétaire, est devenu <span style="text-decoration: underline;">LE </span>lien économique, culturel, d’échanges sociaux et de coopération comme jamais dans l’histoire. Les Etats découvrent à peine la puissance de ce vecteur technique pour faire valoir leurs expertises, pour fertiliser mais aussi influencer les régions avec lesquels ils coopèrent. Nous voyons se multiplier partout dans le monde des pôles générateurs de compétences qui deviennent autant de leviers de pouvoir sur les économies locales. <em>Les nations qui exploiteront et gèreront efficacement leur capital de connaissances seront celles qui afficheront les meilleures performances.</em> Elles peuvent utiliser l’Internet pour cela. Former chez nous mais aussi grâce à l’utilisation de l’Internet des cadres, des techniciens, des commerciaux ou des professeurs, qui constitueront un jour nos alliés dans leurs pays respectifs, est la base d’une politique étrangère éclairée. Pour une nation stratège, les batailles à venir seront gagnées par une «force de frappe» moderne que sont les actions de formation et de téléformation projetés, grâce aux technologies de l’information, vers les pays avec qui nous voulons établir des relations privilégiées. En cela, notre contribution à l’éducation des régions des pays avec qui nous souhaitons développer nos relations économiques doit devenir le bras du <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soft_power">soft power</a><a href="#_ftn7"><strong>[7]</strong></a></em>à la française !</p>
<p>Denis C. Ettighoffer</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Giodarno Bruno (1548-1600) Dominicain d’une grande érudition (il enseignera à la Sorbonne en 1576) développait des thèses d’un univers infini. Sa pensée, plus complète et plus vaste que celle de Galilée, a fait l’objet d’un ouvrage « L’univers de l’infini et des mondes » qui lui valut l’ire de l’inquisition incapable de comprendre la modernité de sa pensée. Il sera brûlé à Rome, après avoir été torturé, sur la place Campo dei Fiori en 1600.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Voir le magnifique livre de Daniel Boorstin, <em>Les Découvreurs</em>, Edité Par Robert Laffont (1992) dans la collection Bouquins.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> C’est ce que le discours de Nicolas Sarkozy laissait entendre lorsqu’il parlera de l’absence de l’Afrique dans l’histoire. A la grande indignation de ses adversaires qui, ignorant l’histoire du continent africain, ont voulu donner une connotation raciste à cette partie de son discours. Ce qui a occulté, bien sûr, tout le reste.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Bonaparte lancera, lors de sa campagne d’Egypte, son « Institut d’Egypte » qui malgré des éditions scientifiques considérables sur les maladies, les mouvements des crues, les aqueducs etc., n’arrivera pas à vaincre la répugnance des musulmans envers l’imprimerie. En 1849, les mollahs empêchaient encore l’impression et l’édition du Coran. La première version attendra sa sortie officielle en 1925 en Egypte.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> <em>Lettre de l’Expansion</em> du 4 février 2004 (Etudes de la  Banque Mondiale) Les pays les plus intégrés dans l’économie mondiale ont vu la production par habitant croitre de 5% par an alors que dans les pays fermés la production par habitant aurait reculé d’1% en moyenne. L’Afrique en fait partie alors que sur d’autres continents comme l’Asie, l’Inde et en l’Amérique du Sud, ce sont 120 millions de pauvres en moins sur trois milliards d’habitants. Encourageant, même s’il y a encore du travail pour en sortir les 96% restants !</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Voir <em>Pourquoi la Grèce</em> ? de Jacqueline de Romilly, de l’Académie Française. Mai 1993</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> « <em>Netbrain, les batailles des Nations Savantes</em> », Denis Ettighoffer. Dunod 2008. Premier Prix du Club de l’Economie Numérique</p>
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		<title>Biens immatériels : Pour un droit d’usage opposable au droit de propriété.</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 10:16:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’ai eu l’idée de travailler ce concept du « droit d’usage opposable  au droit de la propriété » le jour où un ami peintre est venu me voir, un peu inquiet avec la question suivante. « Dis-moi Denis, j’ai peint toute une série de tableaux sur le thème du Jazz. Pour m’inspirer, j’ai utilisé des photos des musiciens. Puis-je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/EXPO-JAZZ-2006-COPPET-001.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1740" title="http://www.pascalmoscovitz.com/" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/EXPO-JAZZ-2006-COPPET-001-233x350.jpg" alt="http://www.pascalmoscovitz.com/" width="233" height="350" /></a>J’ai eu l’idée de travailler ce concept du « droit d’usage opposable  au droit de la propriété » le jour où un ami peintre est venu me voir, un peu inquiet avec la question suivante. « <em>Dis-moi Denis, j’ai peint toute une série de tableaux sur le thème du Jazz. Pour m’inspirer, j’ai utilisé des photos des musiciens. Puis-je exposer mes toiles sans risque d’être poursuivi pour avoir enfreint le copyright du photographe?<a href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a></em> » Combien d’entre vous savent répondre à cette question ? <span id="more-1739"></span>Combien d’entre vous avez conscience des absurdités de notre droit ? Absurdités qui freinent la croissance d’une économie qui nous font entrer définitivement dans l’économie de l’usage. Je m’interroge de savoir combien d’élus, de députés se sont donnés la peine de lire l’édition française de l’ouvrage de <em>Lawrence Lessig</em> « <em><a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/">Culture Libre </a></em>» ou « comment les éditeurs utilisent la loi pour confisquer les œuvres de l’esprit ». Un ou deux sur 600 députés ? Une dizaine de leurs collaborateurs ? En tous cas, vu l’inertie des pouvoirs publics face aux nombreuses dérives  du<em> copyright</em>, on est en droit de se demander si les élus ont pris conscience des enjeux en cause.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Les connaissances sont des coproductions qui n’ont pu prospérer que grâce au « copyleft ». </strong>Les fables de Jean de la Fontaine se sont souvent inspirées des récits d’Esope, toute l’industrie du cinéma de Walt Disney se fonde sur les récits de légendes et des contes d’auteurs comme Andersen, les frères Grimm et bien d’autres. Etaient-ils des contrefacteurs !? La majeure partie des avancées scientifiques s’est appuyée sur des générations de chercheurs. Sont-ils des pirates ?! C’était une époque où les droits du<em> copyright</em> ne dépassaient pas trente ans (ils ne dépassaient pas quatorze ans en 1710). C’était une époque où les majors n’existaient pas encore et où l’espace public inventait en permanence des produits dérivés d’œuvres de l’esprit antérieures. Les gens partageaient la création de biens immatériels qui fondaient leur culture, constituaient un patrimoine commun. Ce peut être des histoires, des légendes, des chansons, des films, des recettes ou des logiciels mais des contenus accessibles à tous. « <em>Pensez vous sérieusement que Shakespeare serait mieux connu si un organisme central de gestion des droits était un passage obligé pour tous les <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lWMmC1LxOug">producteurs d’Hollywood</a> qui s’en sont inspirés ?</em> » s’interroge <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lawrence_Lessig">Lawrence Lessig</a>. Aujourd’hui les industries des médias contrôlent soigneusement les utilisations de ce qu’elles considèrent de leur droit de propriété exclusif. Il s’est ainsi constitué une pratique d’exigence de « permission » pour quiconque envisage de s’inspirer d’une œuvre antérieure<a href="#_ftn2">[2]</a>. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/logo-censure_00008413.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1748" title="logo-censure_00008413" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/logo-censure_00008413.jpg" alt="logo-censure_00008413" width="258" height="172" /></a>La préface de Fabrice Epelboin pour l’ouvrage de Lawrence Lessig résume bien la situation actuelle, <em>« le copyright est aujourd’hui devenu une menace majeure pour la Culture,  pas pour les industries de la culture</em> ». La révision du <em>copyright</em> régulant la propriété des œuvres de l’esprit devient une ardente obligation pour un pays qui entend assurer sa croissance future dans l’industrie de la connaissance. Ce n’est pas une demande de droit au pillage, ce n’est pas une demande de gratuité, ce n’est pas une demande pour réduire les revenus des ayants droits et des industries des médias. C’est une demande de révision des absurdités et des dérives du droit imposé aux usagers de la culture et des savoirs. Les droits du <em>copyright</em> commencent à être utilisés afin d’étouffer la diffusion d’informations compromettantes ou gênantes. Les cinéastes enquêteurs sont sans cesse confrontés à l’interdiction de filmer ou de diffuser des séquences aux prétextes de protéger le droit à l’image. La presse traditionnelle mais aussi des entreprises tentent d’intimider des auteurs de blogs qui<a href="http://owni.fr/2009/11/06/peut-on-interdire-letablissement-de-liens-vers-son-site-internet/"> utilisent des liens</a> vers leurs sites, leurs photos ou des flashs afin d’assécher les commentaires et les contributions qui les dérangent.</p>
<p>Qu’observons-nous en matière de Netéconomie ? Plus un réseau est fort, plus il est naturellement porté à vouloir dominer sa filière d’activité et à imposer sa loi en matière de distribution. Nous constaterons un phénomène similaire dans de nombreuses filières comme la pharmacie ou l’édition : Structures créatives d’un côté, puissants réseaux de distribution de l’autre. Il serait trop long de reprendre les nombreuses démonstrations de Lessig quant aux manœuvres des industries des médias pour préserver leurs monopoles. Mais l’histoire d’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Edwin_Howard_Armstrong">Edwin Howard Armstrong,</a> l’inventeur de la FM qui se donna la mort après des années de lutte contre la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Radio_Corporation_of_America">RCA</a> et la <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Federal_Communications_Commission">FCC</a> pour faire valoir ses droits, donne froid dans le dos. L’histoire nous a enseigné que les innovations technologiques ont souvent contribué à déstabiliser les économies et les pouvoirs en place. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/bofbaffes.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1758" title="bofbaffes" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/bofbaffes-300x225.jpg" alt="bofbaffes" width="300" height="225" /></a>Les industries des médias n’entendent pas se faire dessaisir de leur pouvoir d’intermédiation par Internet et quelques olibrius qui prôneraient la libéralisation des échanges des biens culturels et des connaissances. Il faut des décennies de combat et des dissidents qui se mettent hors la loi pour faire bouger une société. Pensez vous sérieusement que l’industrie de la photographie aurait pu se développer à la fin des années 1800 si Gorges Eastman, l’inventeur du procédé Kodak, avait été en butte comme aujourd’hui aux multiples lois règlementant jusqu’à la bêtise le droit à l’image et son partage. Partage qui a justifié le succès du <em>Peer to peer</em> du moteur Napster et d’autres moteurs d’échange plus tard.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong></p>
<p><strong>Le droit d’usage doit pouvoir être opposable au droit de propriété.</strong><strong> </strong>La propriété n&#8217;est plus nécessaire : il existe de plus en plus de services (prêts, location, leasing, multipropriété, trocs) qui relèvent plus du droit d&#8217;usage que de la propriété au sens premier. Un paradigme nouveau nous oblige à revoir nos postulats économiques. <em>Au siècle des savoirs nous passons d’une logique propriétaire à une logique de l’usage.</em> Un droit d’usage qui doit être rééquilibré par rapport aux droits de la propriété dans les domaines des œuvres de l’esprit. Avec l’irruption de ce nouveau référentiel de l’économie quaternaire, le risque est grand de voir l’économie des savoirs bloquée par une vision rigide de la transformation en cours des nouveaux leviers de croissance. Augmenter la durée des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_d%27auteur">droits de <em>copyright</em></a> sur une œuvre de l’esprit aura été un détournement d’actifs immatériels au bénéfice des distributeurs. Il était suffisant de protéger l’auteur de son vivant et éventuellement ses ayants droits pour une durée raisonnable. Ce dispositif limite la capacité à faire circuler une œuvre ou un ensemble de publications qui ne seront jamais ou qui ne sont plus considérées comme rentables par le distributeur : ce qui revient à fossiliser une œuvre de l’esprit. Il est évident qu’il y a sur des points relatifs aux biens numériques mis en ligne une totale inadéquation des droits de propriété et des droits d’usage. S’oppose toute une culture pour qui la propriété est l’alfa et l’oméga de l’économie traditionnelle et d’autre part une culture de l’usage, même éphémère, des biens tangibles ou intangibles, immatériels. Avec l’économie quaternaire nous entrons  définitivement dans l’économie de l’usage. Un nouveau monde aussi qui doit avoir ses arbitres. Des arbitres éclairés qui doivent s’interroger : avons-nous le droit de bloquer l’utilisation des biens immatériels existants sous prétexte de droits de <em>copyrights</em> abusifs ? Les œuvres de l’esprit doivent faire l’objet d’un soin attentif de protection contre toute confiscation tout en préservant le droit à la récompense de ce qui relève d’un véritable apport inventif. Une inventivité qui a souvent fait l’objet de poursuites pour avoir dérangé les systèmes établis. Comme pourrait en témoigner Jesse Jordan étudiant de  <em>Rensselaer Polytechnic Institut</em> (RPI) à Troy dans l’Etat de New York. Elève programmeur, ce dernier va, dans le cadre de ses études, améliorer le moteur de recherche du réseau de son école. Le réseau est relié à internet. L’amélioration apportée par Jesse Jordan permettait de savoir quels contenus sont disponibles sur le réseau des ordinateurs des élèves de son école. Le problème vint du fait que les ordinateurs des élèves contenaient en plus des documents dédiés aux cours des fichiers d’images et musicaux. Un jour d’avril 2003, le jeune homme apprit qu’il faisait l’objet d’une plainte de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Recording_Industry_Association_of_America">RIAA</a> ( <em>Recording Industry Association of America</em>) qui lui réclamait 15 millions de dollars pour violation des droits d’auteurs. La RIAA se contenta de ruiner l’étudiant, qui même avec le soutien de sa famille, ne pouvait supporter les frais d’un procès qui aurait pu démontrer qu’il n’avait rien fait de mal.  En fait, ce qu’il faut décoder de cette histoire c’est la stratégie d’intimidation des <em>lawyers</em> américains. Une stratégie qui déborde largement des frontières américaines.</p>
<p><strong>La propriété des droits ne doit pas donner <span style="text-decoration: underline;">tous</span> les droits. </strong>Les éditeurs conduisent des stratégies qui contribuent à la rareté du bien immatériel pour en augmenter la valeur ou différemment pour se constituer une clientèle captive qui ne pourra exercer son droit à « consommer » un bien numérique que dans le cadre d’une communauté fermée. On passera, d’une exclusivité de la production à une exclusivité de la distribution, d’un marché ouvert à un  marché fermé ! Chaque fois que vous achetez un CD, un livre, une copie d’un nouveau document scientifique, même un peu de Coca Cola, vous êtes à la bifurcation entre un produit et l&#8217;accès à la propriété intellectuelle de quelqu’un. Aujourd’hui, les éditeurs peuvent abandonner tout simplement une œuvre qui ne leur rapporte pas suffisamment et néanmoins imposer un droit de péage si par cas un auteur quelconque s’en est inspiré ! Il faut avoir à l’esprit que dans le conflit engagé entre ceux qui veulent préserver les « biens communs » et les tenants de la « marchandisation de toutes choses » il existe un fort déséquilibre au bénéfice des seconds qui pèse déjà sur la libéralisation de l’économie immatérielle jusqu’au ridicule. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/un-principe-de-réalité-indispensable.gif"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1755" title="un principe de réalité indispensable" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/un-principe-de-réalité-indispensable-150x150.gif" alt="un principe de réalité indispensable" width="150" height="150" /></a>En 1996, <a href="http://www.ascap.com/index.aspx">l’Ascap,</a> organisme américain équivalent à la Sacem en France, a intenté un procès aux Girls Scouts pour non paiement des chansons que les filles chantaient autour de leurs feux de camps. Impossible en France vont penser une majorité de lecteurs. Un point de vue que ne partageront pas forcément les spécialistes internationaux du droit qui ont déjà affrontés l’agressivité des cabinets anglo-saxons qui sont devenus une véritable machine de guerre. S’il convient de ne pas léser les auteurs/inventeurs il leur faudra aussi reconnaître comme le souligne <a href="http://fr.readwriteweb.com/author/sophieboudetdalbin/">Sophie Boudet-Dalbin</a>, la part des droits qui reviennent à la société, à l’intérêt collectif dans une économie caractérisée par la coproduction généralisée des œuvres de l’esprit. Une coproduction qui n’est pas nécessairement monnayée dans une économie des savoirs que l’on qualifie aussi d’économie du lien, du lien social, nous rappelle <a href="http://fr.readwriteweb.com/2009/02/05/a-la-une/culture-libre-free-culture-lawrence-lessig-ebook/">certains auteurs</a>. Auteurs qui, comme Lawrence Lessig et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Stallman">Richard Stallman</a>, considèrent que la libre circulation des biens numériques doit être encouragée et facilité. Pour eux, les images, les clips, les blogs, les détournements des biens numériques pour en expliciter ou en détourner le sens, deviennent le nouveau langage des enfants et des adultes du XXIème siècle. <em>Envisager un droit d’usage opposable, c’est reconnaître que le droit de propriété des biens immatériels ou numériques ne peut empêcher leur circulation, leur distribution, leur échange en contre partie d’une sanction tarifiée.</em> Tout le problème alors se concentre sur le « tarif ». Comment y parvenir alors que la proposition de la licence globale a été refusée.<strong> </strong>Un vrai casse tête. Nous devons être attentifs à protéger les droits de création et d’innovation, sans jamais perdre de vue cette universalité des savoirs dont tente de s’emparer quelques intérêts très privés. La prospérité future de notre économie du savoir en dépend. Rien ne s’oppose à une révision du droit qui protège les œuvres privées marchandes tout en limitant la confiscation de toute activité créative par des intermédiaires.</p>
<p><strong>Libérer les échanges des biens immatériels ne veut pas dire liberté de faire n’importe quoi</strong><strong>! </strong>Et puis un jour, un évènement survient. Un procès devient symbole de deux époques qui se télescopent. Un homme prend une décision qui fait tout basculer. Ce jour là, (nous sommes dans les années 45) le juge Douglas de la cour suprême des Etats-Unis doit trancher dans un litige concernant la violation du droit de propriété qui oppose de nombreux agriculteurs de Caroline du Nord aux compagnies aériennes qui survolent leurs terrains. Ces derniers invoquent une loi qui stipulait qu’un propriétaire l’était des sous sols et des espaces aériens « jusqu’à l’infini ». Ce jour là, le maintien d’une telle doctrine juridique aurait bloqué pour longtemps le développement de l’aviation. En quelques phrases, le juge Douglas annula des décennies de droit foncier «  <em>Cette doctrine n’a pas sa place dans le monde moderne. L’espace aérien est public comme l’a déclaré le Congrès. Donner raison à des revendications privées sur l’espace aérien entrainerait la paralysie des lignes aériennes et compromettrait profondément leur développement. Cela reviendrait à privatiser un bien qui a vocation à être public. Le sens commun se révolte à cette idée </em>».<a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/23259783.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1752" title="23259783" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/23259783-300x182.jpg" alt="23259783" width="300" height="182" /></a></p>
<p>On pourrait – à tort – aboutir à la conclusion que la liberté offerte aux échanges de connaissances est un droit de tirage sans contrainte sur le patrimoine des communautés ou des nations savantes. Ce n’est pas le cas. Il convient de se méfier d’un idéalisme vite dogmatique du « bien commun » face à l’âpreté tout aussi dogmatique de la « marchandisation de toutes choses ». La première des difficultés est de gérer la migration d’un modèle traditionnel qui considère que toutes œuvres de l’esprit est un bien de consommation dont le destin dépend entièrement de ses distributeurs. Distributeurs qui restent propriétaires de l’œuvre en offrant simplement un « droit s’usage ». Contre ce droit d’usage, le futur utilisateur se devrait de payer une sorte de péage, de location d’une œuvre de l’esprit. Si cette location est concédée à titre gracieux, elle ne déroge en rien les droits de propriété. On parle de « droit d’auteur » pour la cession d’un exemplaire et de « licence » lorsqu’il y a une concession – le plus souvent géographique -complète cédée à une personne ou une entreprise qui loue le droit d’exploiter un bien numérique pour son compte exclusif et dans un cadre règlementé. Cette licence peut se négocier ;  encore faut-il que son prix ne soit pas rédhibitoire pour les utilisateurs finaux. Si le Congrès américain a su le faire, pourquoi pas l’Union Européenne ? Pour ne pas freiner les échanges de biens numériques (livres, vidéos, fichiers de toutes sortes)<a href="../../../../../349/renover-le-copyright-un-imperatif-de-l%E2%80%99economie-numerique">, il est impératif de rénover le copyright</a> et ses modes de financement. C’est la raison essentielle pour laquelle nous devons rouvrir rapidement le dossier de la licence globale. Si j’ai des réserves sur le mode de financement proposé et <a href="../../../../../710/faut-il-encourager-la-these-de-la-licence-globale-comment-la-financer-d%E2%80%99ailleurs-sont-ce-la-les-bonnes-questions">une autre façon d’aborder la taxe à la consommation</a> des œuvres de l’esprit, il reste impératif de trouver une solution qui préserve les créateurs, et assouplisse la circulation et le libre usage<strong><em> </em></strong>des biens culturels<a href="#_ftn3">[3]</a>. <strong><em> </em></strong>Les discussions sur la licence globale n’ont pas, de mon point de vue, suffisamment creusées la question des pouvoirs exorbitants qu’ont les majors et autres éditeurs dans une boucle où ils restaient aux commandes des droits de péage mais aussi de circulation des biens numériques. Droit privé majeur sur les patrimoines immatériels, droit moral sur les œuvres, droit économique (puissance économique devrais je écrire)  que je leur conteste.<em> </em>La licence globale – qui propose un forfait sur les télé-consommations &#8211; se heurte sans doute au fait que les éditeurs ne maîtriseraient plus la <a href="Certains%20s%E2%80%99avisent%20que%20des%20mod%C3%A8les%20%C3%A9conomiques%20originaux,%20pour%20ne%20pas%20dire%20surprenants,%20peuvent%20devenir%20%C3%A0%20l%E2%80%99instar%20des%20anciens%20d%C3%A9linquants%20qui%20invent%C3%A8rent%20Hollywood,%20profitables%20%21">tarification des licences</a> dans un espace désormais sans frontières. Leur intérêt est de continuer à préserver « l’effet frontière » de leur marché traditionnel afin d’éviter la fuite d’une majeure partie de la diffusion de leur production. La situation actuelle préserve leurs marges à défaut de favoriser la croissance de leur marché. Ma proposition, analogue à l’idée de la consommation électrique, a l’avantage de créer un rapport entre l’importance de la télé-consommation personnelle des biens numériques et le palier du tarif à payer. Les détracteurs de cette approche ne m’opposent pas <a href="http://www.a-brest.net/article5059.html">d’arguments sérieux</a>.  On peut s’interroger de savoir si l<a href="http://www.wipo.int/portal/index.html.fr">’OMPI</a> a correctement estimé les enjeux de l’économie immatérielle et les <a href="http://www.laquadrature.net/fr/questions-au-commissaire-designe-barnier-sur-le-droit-dauteur-et-les-libertes-dans-lenvironnement-nu">clarifications</a> à conduire avec les Etats Européens sur les biens communs ainsi que les évolutions à prévoir en matière de protection intellectuelle. Pour Lawrence Lessig, les conflits en cours et à venir mettent <a href="http://www.numerama.com/magazine/14203_2-warner-music-empeche-un-artiste-de-mettre-sa-musique-sur-myspace.html">surtout</a> en cause des multinationales puissantes qui conduisent des stratégies de maîtrise monopolistique des contenus et de leur distribution. <a href="http://www.numerama.com/magazine/14548-lawrence-lessig-couper-l-acces-internet-une-idee-terrible.html">Mais il ne perd pas confiance</a>. A l’exemple des propriétaires terriens qui tentaient de toucher de substantiels dividendes des lois en vigueur, des entreprises chassent les rentes de situations de droits intellectuels, appuyées par des bataillons d’avocats, soutenues en sous main par leur pays d’origine. Au fait, vous ai-je précisé combien la RIAA demandait aux quatre étudiants qui furent accusés de violations du <em>copyright</em> ? Cent milliards de dollars, soit six fois le total des profits de l’industrie cinématographique en 2001<a href="#_ftn4">[4]</a>. En laissant s’opérer une concentration des pouvoirs aux mains des seules industries des biens culturels, des éditeurs, des médias, nous nous constituons <a href="http://www.numerama.com/magazine/14203_2-warner-music-empeche-un-artiste-de-mettre-sa-musique-sur-myspace.html">un piège</a> qui pourrait stériliser toute capacité à faire valoir notre créativité et à pouvoir en tirer parti. Ce qui nous ramène à la question de mon ami. Et à ma réponse : « Laisse venir. On trouvera bien un jour un juge Douglas qui, face à trop d’arrogance, saura répondre : Le<em> sens commun se révolte à cette idée »</em><a href="#_ftn5">[5]</a>.<strong> </strong></p>
<p>DCE</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Pour voir l’histoire du peintre qui eut des ennuis pour avoir repeint le portrait photographié d’Obama. <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lWMmC1LxOug">http://www.youtube.com/watch?v=lWMmC1LxOug</a></p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> L’ouvrage de Lessig multiplie les exemples de dérives aberrantes ignorées le plus souvent par le grand public et les élus. Petite dernière : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick">Philip K. Dick</a> était un auteur de SF talentueux et torturé qui aura écrit de nombreux ouvrages repris par l’industrie cinématographique et le théâtre. Une douzaine au moins. Il est mort en 1982 la même année où sortait <em>Blade Runner</em> inspiré par son livre : « <em>Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? ». </em>Tous les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick#Adaptations_cin.C3.A9matographiques">autres films</a> ont été tournés après sa mort. Dans <em>Blade Runner</em>, Harrison Ford courait après un androïde nommé Nexus6. <a href="http://www.actualitte.com/actualite/16175-Google-piller-Dick-androides-nexus.htm">Google</a> a eut la mauvais idée d’utiliser le nom de « Nexus One » sans passer à la caisse pour le système d’exploitation de son portable Android. La famille attristée attend une compensation. L’ouvrage</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> J’y reviendrai en détail dans une prochaine contribution</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Voir l’ouvrage de Lawrence Lessig page 27</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Voir: http://translate.google.com/translate?hl=fr&amp;langpair=en|fr&amp;u=http://www.eff.org/riaa-v-people</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La liberté des uns finit là où commence le commerce des autres</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 08:30:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Etat Stratège]]></category>
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		<description><![CDATA[Les laboratoires américains spécialisés en biologie et travaillant sur les Organismes Génétiquement Modifiés ne s&#8217;émeuvent guère du tapage de leurs opposants français. La France restera pour eux un marché marginal. Ce tapage masque une réalité bien plus préoccupante que le danger supposé de certains OGM : la main mise sur des espèces biologiques par le secteur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #003366;"><strong><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/fatal.gif"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1725" title="fatal" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/fatal-150x150.gif" alt="fatal" width="150" height="150" /></a>Les laboratoires américains spécialisés en biologie et travaillant sur les Organismes Génétiquement Modifiés ne s&#8217;émeuvent guère du tapage de leurs opposants français. La France restera pour eux un marché marginal. Ce tapage masque une réalité bien plus préoccupante que le danger supposé de certains OGM : la main mise sur des espèces biologiques par le secteur privé avec la généralisation du « droit d’usage »</strong><a href="#_ftn1">[1]</a><strong>.</strong></span><span id="more-1721"></span> Sous prétexte de protection du patrimoine immatériel, les laboratoires multiplient les demandes de brevets génétiques afin de couvrir un spectre maximum de thérapies possibles, même si les expériences ne sont pas vraiment abouties<a href="#_ftn2">[2]</a>. Plus de quatre mille brevets portant sur l’ADN sont déposés chaque année aux USA. Les spécialistes estiment que déjà plus de 20% du génome humain sont maintenant aux mains de propriétaires privés. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Berlan">Jean Pierre Berlan</a><a href="#_ftn3">[3]</a>, directeur de Recherche à l’<a href="http://www.inra.fr/l_institut">Inra</a> (Institut National de Recherche Agronomique) a mis en ligne le célèbre pamphlet de Frédéric Bastiat <strong>« </strong><a href="http://temporalites.free.fr/?browse=En%20finir%20avec%20la%20gratuit%C3%A9%20%21">En finir avec la gratuité</a> <strong>»</strong>. Curieusement, à l’époque où je suis tombé sur ce texte, j’étais en train de lire le dernier livre de Michael<a href="http://www.evene.fr/celebre/biographie/michael-crichton-4690.php"> Crichton</a><em>, </em><em>Next</em>. C’est l’histoire de la bataille des brevets pour la possession par le secteur privé d’un ADN aux caractéristiques rares. Rédigé par un ancien médecin, il s’appuie sur une solide documentation. Ce qui est troublant dans cette rencontre littéraire, c’est que ces deux rédacteurs venus d’horizon très différents sont d’accord pour annoncer que le secteur public des sciences du vivant est en train de tomber dans les mains du privé. Pour Michael Chrichton, de plus en plus de chercheurs universitaires sont payés par des entreprises privées. Un sur dix participe à la mise au point de médicaments et plus de quatre sur dix ont déposé des demande de brevets dans le courant de leur carrière ce qui implique une dépendance croissante au privé. Notre chercheur spécialisé dans les OGM s’insurge lui contre les tentatives de l’industrie agro-alimentaire de s’emparer du génome des plantes en « expropriant » progressivement le secteur public de la chaîne de la fourniture et de l’exploitation des semences. En d’autres termes, de limiter l’utilisation des semences naturelles et gratuites. Un problème qui concerne également les recherches sur le génome humain avec  l’absence des pouvoirs publics face aux abus et dérives des tous nouveaux droits d’usage<a href="#_ftn4">[4]</a>. Qui font des dégâts. Des milliers de paysans indiens sont ruinés et se <a href="http://www.ddmagazine.com/1125-Suicides-de-1500-fermiers-en-Inde-a-la-recherche-de-la-verite.html">suicident</a> piégés pour avoir utilisé une OGM dont ils avaient payé l’exploitation annuelle (l’usage) mais sans pouvoir utiliser sa descendance (dont ils n’étaient pas propriétaires mais « locataires » selon les lois sur la propriété intellectuelle).<a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/trust.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1723" title="trust" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/trust.jpg" alt="trust" width="448" height="292" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Jean Pierre Berlan rappelle, qu’en 1961, la convention de l&#8217;Union pour la Protection des Obtentions Végétales (UPOV) signée par les six pays fondateurs du Marché Commun, cherche à stimuler une sélection de plantes conservant leurs caractères héréditaires individuels d&#8217;une génération à la suivante (blé, orge, etc.). Par exemple, le blé <em>Etoile de Choisy</em>, un clone de l&#8217;Inra, a révolutionné la culture du blé en France. Cette convention laisse l&#8217;agriculteur libre de semer le grain récolté et ce clone (appelé à tort &nbsp;&raquo; variété &laquo;&nbsp;) reste une ressource génétique <em>librement</em> disponible pour poursuivre le travail de sélection (Ici, je n’ai pu m’empêcher de penser à l’analogie avec  « l’Open Source »). La version originale de l&#8217;<a href="http://www.semencespaysannes.org/index.php?rubrique_id=121">UPOV</a> (version licence globale de l&#8217;agronomie) satisfaisait les sélectionneurs de l&#8217;époque et les agronomes agriculteurs travaillant avec les généticiens/sélectionneurs de l&#8217;Inra. Ce système fonctionnait bien. L&#8217;Inra pouvait faire respecter ce qu&#8217;il jugeait être l&#8217;intérêt public. Pourtant, constate-t-il «  <em>au fil des années <a href="http://matisse.univ-paris1.fr/heterodoxies/heter0312a.pdf">les fabricants vont prendre l’ascendant sur le secteur public</a>. &#8230; Ils y sont arrivés en 2001,</em> <em>lorsque le gouvernement Jospin a pris une mesure inédite de lutte contre la gratuité de la nature, la &laquo;&nbsp;Cotisation Volontaire Obligatoire&nbsp;&raquo; (George Orwell aurait aimé cette expression) pour les semences de blé tendre. Que l&#8217;agriculteur sème le grain qu&#8217;il récolte ou qu&#8217;il achète des semences, il doit payer une redevance à l&#8217;obtenteur ! Ce dispositif sera étendu à d&#8217;autres espèces. Une commission estimera le prix de cette marchandise nouvelle, le &laquo;&nbsp;droit à semer&nbsp;&raquo;. </em>Et Jean Pierre Berlan d’accuser <em>« la fin de la pratique fondatrice de l&#8217;agriculture, semer le grain récolté ».</em> Pour lui, les agriculteurs sont devenus dépendants des industries agroalimentaires qui « <em>en insérant progressivement dans le circuit ses semences génétiquement modifiées et stériles comme Terminator ou les Gurts, se taillent un marché gigantesque au détriment du secteur libre</em> » (du bien collectif).</p>
<p style="text-align: justify;">Comme pour <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/HADOPI">Hadopi</a>, la prochaine étape sera donc de créer une police génétique. « <em>En Amérique du Nord, Monsanto engage des entreprises de détectives privés pour débusquer les éventuels &laquo;&nbsp;pirates&nbsp;&raquo; et offre aux agriculteurs qui voudraient dénoncer leurs voisins une ligne téléphonique gratuite</em> ». Vous pensez cela exagéré !? La plupart des médicaments du futur, plus spécifiques et moins toxiques, seront issus des entreprises de biotechnologie : 40% en 2004 et 80% en 2010. Un OGM, à savoir une protéine génétiquement modifiée, vient d’être découverte qui peut-être utilisée comme stimulateur de la croissance osseuse afin de soigner les pathologies des douleurs lombaires. Rien n’empêche son inventeur de détenir le monopole non seulement des applications mais aussi des droits dérivés et accessoires liant tout laboratoire qui tenterait de développer cette découverte. Pour verrouiller cette stratégie, les tenants de la brevetabilité des molécules affirment que, si une molécule synthétique n’est pas protégée, la protection de son procédé de fabrication est insuffisante pour justifier l’investissement dans la recherche et la production. Une position qui a des conséquences effarantes<a href="#_ftn5">[5]</a>. Dans <em>Next</em><a href="#_ftn6">[6]</a>, Michael Crichton raconte la démarche d’un  laboratoire qui va s’emparer, en utilisant le droit actuel, des propriétés particulières du sang d’un individu pour en faire une excellente affaire commerciale. Pour cela, il va  tenter de devenir l’unique propriétaire du donneur ! Le lecteur est partagé entre rire et effarement. Pourtant la réalité rejoint souvent la fiction. Si le lecteur souhaite se donner le grand frisson, qu’il prenne le temps de lire l’article de Maurice Cassier sur les nouvelles régulations des connaissances entre biens publics et biens privés. Dans <em><a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;source=web&amp;ct=res&amp;cd=3&amp;ved=0CBQQFjAC&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.cairn.info%2Frevue-internationale-des-sciences-sociales-2002-1-p-95.htm&amp;rct=j&amp;q=Bien+priv%C3%A9%2Cbien+collectif+et+bien+public+%C3%A0+l%27age+du+g%C3%A9nomique&amp;ei=je0U">Bien privé, bien collectif et bien public à l&#8217;âge du génomique</a>, </em>il décrit sans sensationnalisme la complexité des stratégies utilisées par les laboratoires privés dans le domaine de la recherche relative au génome. Stratégies consistant à imposer progressivement des normes  et des jalons juridiques, qui sous prétexte de protéger les investissements de R&amp;D, n’ont d’autres buts que de se constituer des marchés exclusifs et bien protégés par des lois votés par des ignorants ou des naïfs.</p>
<p><strong>Rééquilibrer droit privé et droit public en matière de propriété intellectuelle</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il n’est pas souhaitable d’entraver la R&amp;D en génétique en biologie. Mais leur exploitation, leur commercialisation et les conditions de leur distribution doivent être encadrées. Il s’agit d’abord de ne pas aboutir à la limitation de la diversité des espèces. Personne ne doit oublier ce qui s’est passé avec la terrible épidémie de Mildiou dans les vignes françaises qui ont été sauvé par des plants revenus des Etats-Unis. Ensuite il ne faut pas laisser s’installer des monopoles privés qui, en stérilisant certaines semences, imposent un ré-achat annuel aux agriculteurs. Ils deviennent dépendants d’un prix marché pouvant être manipulé par des industriels et des traders. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/monopoles.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1775" title="monopoles" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/monopoles-212x350.jpg" alt="monopoles" width="212" height="350" /></a><strong>Il ne faut pas que le droit légitime au retour sur investissement des laboratoires ne conduise à une dérive totalitaire du droit privé sur les droits publics à l’accès libre aux espèces.</strong> Autrefois les serfs n’avaient que le droit d’exploiter un lopin de terre que leur Seigneur leur louait contre nature. Les nouveaux seigneurs que sont les industries de la vie, eux, ne leur louent que les semences. Les industries du vivant utilisent la technique de la <em>gratuité d’amorçage</em>. Cela consiste à amorcer un marché en offrant un produit ou un service ayant des limites (en stérilisant les semences par exemple) afin de rendre un consommateur intéressé dépendant du produit ou du service. Au-delà d’une certaine période, le consommateur devra payer pour repousser les limites de son usage. Dans le jargon managérial cela s’appelle se constituer du chiffre d’affaires récurrent. Un procédé très courant. Après tout, des millions de gens utilisent déjà les logiciels qui font l’objet d’un abonnement annuel. Oui, mais le propriétaire du système peut se tourner vers d’autres alternatives auprès de solutions concurrentes, de plus, il bénéficie en contrepartie d’un service d’entretien et de mise à jour. Le fournisseur de vos extincteurs ne fait pas autrement lorsqu’il vend son matériel accompagné d’un contrat d’entretien annuel. Ces industries se constituent <strong>un marché captif</strong> et un monopole que les Etats, tenus par les conventions internationales, ne pourront bientôt plus contrecarrer.  Ce qui est en cause ici c’est l’absence des pouvoirs publics dans la gouvernance de nouvelles pratiques du droit d’usage (ou licence d’exploitation) qui va devenir peu à peu le modèle économique dominant. Le droit de la propriété n’est pas sans défauts, ni limites, c’est vrai aussi du droit d’usage, d’exploitation dans bien des domaines (voir les dérives totalitaires des droits à l’image, des absurdités de certaines applications du <em>copyright</em> ou des droits dits de « propriété intellectuelle »). Le droit d’usage est un sujet dont les conséquences sont trop peu analysées.  Je suis personnellement favorable au <em>copyleft</em>, je milite pour qu’il devienne le référant de la nouvelle économie numérique (<a href="http://www.ettighoffer.fr/1739/biens-immateriels-pour-un-droit-d%E2%80%99usage-opposable-au-droit-de-propriete">voir ma contribution « Pour un droit d’usage opposable au droit de propriété »</a>).  Quoiqu’il en soit, un pays stratège ne doit pas se focaliser uniquement sur les dangers réels ou supposés des OGM. Il ne doit pas oublier<strong> que ce sont dans les cabinets des  juristes américains que se façonnent « les normes juridiques » de l’économie immatérielle </strong>qu’ils pourront ensuite imposer à leurs concurrents via les accords de l’OMC.</p>
<p>Denis C. Ettighoffer</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Le droit d’usage est une taxe – ou licence &#8211; donnant droit à l’exploitation  perçue (ici) par les inventeurs d’un OGM</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) a suivi les recommandations du Conseil Economique, Ethique et Social (CEES) en émettant de nombreuses réserves sur l’OGM MON810 commercialisé par Monsanto et interdit en France depuis 2008. Réserves selon lesquelles les avantages présupposés du MON810 comme anti-insecticide devaient être relativisés comparativement à des solutions moins invasives pour l’environnement. Et de conclure, que : faute de données suffisantes… seule l’expérimentation en champ ou en laboratoire permettraient de lever le doute. <em>Le Monde </em>du 24 décembre 2009.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Notre texte emprunte à celui de <a href="http://www.dailymotion.com/video/x204jp_interview-de-jeanpierre-berlan_tech">Jean-Pierre Berlan</a>, Directeur de Recherche Inra (et placardisé pour cause de défense des biens publics) et au travail documentaire que nous avons réalisé sur le sujet. On peut se procurer son livre « <a href="http://atheles.org/agone/contrefeux/laguerreauvivant/index.html">La Guerre au vivant OGM &amp; mystifications scientifiques </a>»  Il y développe son analyse sur les risques du monopole du secteur privé sur les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés).</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> On trouvera sur mon <a href="../../../../../">blog</a> plusieurs contributions qui développent ce concept, ses avantages et ses inconvénients en vue des évolutions des pratiques actuelles.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> <a href="http://www.greenpeace.org/international/news/monsanto-pig-patent-111">Monsanto</a> vient de demander un brevet sur un cochon génétiquement modifié.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Pour John Burnet, atteint d&#8217;un cancer, le nouveau traitement du docteur Gross relève du miracle. Pourtant, une chose l&#8217;inquiète : Gross multiplie inutilement les prises de sang. Horrifié, John apprend que son médecin a vendu ses cellules à BioGen, un laboratoire privé, et qu&#8217;il n&#8217;est plus le propriétaire de la lignée cellulaire. Plus grave, les cellules de sa fille Alex et de son petit-fils Jamie, qui partagent son patrimoine génétique&#8230; appartiennent également à BioGen.</p>
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		<title>Stratégie des réseaux : la frilosité européenne</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 12:28:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
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		<description><![CDATA[ 
A l’occasion des discussions sur les projets industriels devant être soutenus par le grand emprunt, l’Afdel, organisme réunissant des acteurs majeurs de l’industrie logicielle préconisait un soutien massif à la réalisation de fermes de serveurs européens pour favoriser les applications du « Cloud Computing ». Cette proposition rend publique le retard français et européen dans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/farms-computing.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1703" title="farms computing" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/farms-computing-150x150.jpg" alt="farms computing" width="150" height="150" /></a></em></strong><em>A l’occasion des discussions sur les projets industriels devant être soutenus par le grand emprunt, l’Afdel, organisme réunissant des acteurs majeurs de l’industrie logicielle préconisait un soutien massif à la réalisation de fermes de serveurs européens pour favoriser les applications du « Cloud Computing ». Cette proposition rend publique le retard français et européen dans la réalisation effective de ces plateformes et dans la mise en place d’un réseau internet piloté par des européens. Pour moi, cette annonce c’est surtout celle de l’absence des européens d’un des marchés clés des prochaines années. Pendant qu’on cause de projets, les américains ont pris la main  et proposent des services. Demain, ils domineront les marchés des applications de la vie et de l’économie numérique si nous n’investissons pas massivement dans les industries de la simulation.</em><strong><em><span id="more-1695"></span></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons d’abord que les fermes de serveurs (ou centrales numériques) vont fournir les applications de <a href="http://cc.in2p3.fr/article491.html"><em>grid computing</em></a> <a href="#_ftn1">[1]</a>et de <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/it-management/0,3800005311,39381489,00.htm"><em>cloud computing</em></a>, ressources informatiques qui vont être la base indispensable des industries de la simulation des biens et des vies numériques qui se développeront tout au long de ce siècle. Développements devenus urgents et incontournables pour cause d’efficience des écosystèmes de nos pays. Que des responsables d’importantes entreprises européennes plaident aujourd’hui pour la mise en place d’un plan qui pousserait les feux afin de favoriser l’installation d’une infrastructure comparable me paraît tout à fait symbolique d’une prise de conscience (enfin !) à la fois des enjeux technico-économiques du siècle mais aussi du retard pris par la Communauté européenne sur ce qui apparaîtra bientôt comme le sujet central de l’économie moderne : l’utilisation des industries de la simulation comme solution à la réduction des consommations d’énergie et des ressources matérielles de la planète. Pour l’heure on estime ce marché à plus de 50 milliards de dollars à l’horizon 2011. Une course de vitesse est engagée qui ne concerne pas seulement l’implantation de fermes de serveurs européennes <em>mais aussi la nature et l’organisation des infrastructures réseaux européens. </em>Car avoir ces « fermes modèles » ou <em>data centers</em> dépendent, pour la distribution de leurs énergies et de leurs applications, d’infrastructures pilotées par les intervenants venus d’outre-Atlantique.</p>
<p><strong>Qui tient les réseaux tient l’économie du futur</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La globalisation recouvre un monde socioéconomique multipolaire qui compte bien utiliser les réseaux électroniques pour s’éduquer et s’enrichir. Autrefois, on pouvait le faire en s’insérant dans les circuits commerciaux des biens. Aujourd’hui des opérateurs construisent des artères plus ou moins favorables à des nations ou des régions économiques entières. On peut dire que ceux qui tiennent les infrastructures tiennent l’économie numérique du futur ! C’est dire l’importance prise par les architectures réseaux susceptibles de supporter la demande de milliards de transactions simultanées. Les principaux acteurs de la Toile comme IBM, Microsoft ou Google et Ebay ont constitué en quelques années des réseaux de milliers de plateformes d’ordinateurs installés majoritairement aux Etats-Unis. Des plateformes de serveurs si gigantesques que leur fonctionnement permet de chauffer des villes entières. En s’emparant des industries de contenus via leurs importantes fermes de serveurs, les principaux opérateurs dominent les réseaux physiques de distribution des objets numériques, donc le transit de l’ensemble, ou à peu près, du commerce électronique mondial.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/Cloud_Grid_Computing_adarsh.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1697" title="Cloud_Grid_Computing_adarsh" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Cloud_Grid_Computing_adarsh-300x246.jpg" alt="Cloud_Grid_Computing_adarsh" width="300" height="246" /></a>Les Etats-Unis sont devenus leader en matière d’installation de <em>data centers</em> parce qu’ils ont hébergés les bases de données des centres de recherches et les données scientifiques de nombreuses institutions nationales et internationales à l’exemple du World Data Center (WDC). L’externalisation de l’informatique puis la forte demande des activités en  ligne ont donné naissance à la construction d’immenses parcs d’ordinateurs qui mutualisaient les demandes de services en ligne. Les fermes d’ordinateurs ou <em>data centers</em> peuvent représenter plusieurs milliers de serveurs reliés entre eux avec des liaisons haut débit. Si pour la plupart des commentateurs <a href="http://www.webrankinfo.com/dossiers/indexation/data-centers">Google</a> vient immédiatement à l’esprit lorsque l’on aborde ce sujet<a href="#_ftn2">[2]</a>, paradoxalement, son immense parc ne donne qu’une vision très partielle de la réalité des <em>data centers</em> installés dans le monde. Selon <em>The Economist</em>, Il y avait en 2008,  7.000 <em>data centers</em> que l’on appelle aussi <em>data farms</em> pour les seuls États-Unis. Il prévoyait  près de 16 millions de serveurs réunis en grappes en 2010. Google en aurait environ 1 million et Microsoft en ajouterait 20.000 par mois à sa propre base<a href="#_ftn3">[3]</a>. Pour se faire une idée de l’importance de ces installations, il suffit de songer que le seul <em>data center</em> d’Illiad (Free) héberge 25 000 serveurs déjà saturés. La firme vient d’ouvrir un nouveau centre d’environ 5000m² pour faire face à l’augmentation de la demande. Ces cathédrales informatiques capables de délivrer une importante puissance de traitement instantanée s’installent dans des régions proches de leurs marchés où elles bénéficient d’avantages spécifiques. Mais leurs implantations est loin d’être simples compte tenu des contraintes dues aux besoins d’infrastructures à haut débit, des disponibilités de routage. De plus, les <em>data centers</em> nécessitent d’importants besoins de d’électricité à haute fiabilité (un data center de Seattle a été récemment la proie des flammes suite à la défaillance d’un transformateur). Le problème devient si difficile que les spécialistes envisagent des <em>data centers</em> plus petits et surtout moins gourmands en ressources énergétiques. Microsoft en est arrivé à proposer des <em>datacenters</em> <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/it-management/0,3800005311,39385299,00.htm">transportables</a> et prêt à l’emploi. Mais cela implique de pouvoir s’appuyer sur des infrastructures réseaux à très haut débit et parfaitement sécurisés au niveau des routeurs.</p>
<p><strong>Comment en est-on arrivé là ?</strong></p>
<p><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>A</em>près des années d’investissement, les opérateurs de télécommunications américains sont devenus la plaque tournante (le <em>« hub »</em>) des télécommunications mondiales, en particulier pour Internet. Les Américains se sont ainsi assurés une situation de domination, qui, de plus, bénéficie de la loi d’airain des « rendements croissants » aux effets terriblement démultiplicateurs dans le domaine des réseaux et de l’économie de l’immatériel. Cette évolution réduit considérablement les coûts opérationnels des compagnies téléphoniques et leur permet donc de faire baisser les prix. L&#8217;UIT <em>(l’Union Internationale des Télécommunications</em>) estime que « <em>le coût d&#8217;une liaison internationale est proche de zéro, à tel point qu&#8217;il pourrait presque être considéré comme sans incidence sur le prix de la communication</em>». On estime que le prix de revient d’une heure de conversation téléphonique entre Paris et New York, en 2010, sera de 15 centimes ! Ils ont désormais les moyens d’imposer en Europe et en Asie leurs propres systèmes de commutation et de négocier, avec les opérateurs locaux, des tarifs d’interconnexion les plus avantageux.<a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/eick_arctran.gif"><img class="alignright size-medium wp-image-1702" title="eick_arctran" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/eick_arctran-300x167.gif" alt="eick_arctran" width="300" height="167" /></a> Cette situation est aggravée par la myopie politique des responsables européens et asiatiques, dont le manque de stratégies régionales de rechange et la pusillanimité devant leurs propres monopoles nationaux renforcent l’hégémonie américaine. Qu’on en juge ! Au moment où le trafic lié à Internet vient de dépasser le trafic téléphonique mondial, les treize premiers fournisseurs mondiaux d’accès Internet sont tous américains. <em>British Telecommunications</em> (BT), le premier européen, n’arrive qu’à la quatorzième place. <em>Worldcom</em>, propriétaire du premier fournisseur, UUNet, est bien placé pour dominer le marché mondial, avec sa récente acquisition du deuxième fournisseur, <em>MCI Communications. </em>Et le reste du monde assiste, en spectateur impuissant, à la prise de contrôle des réseaux globaux. Et le cas de la fourniture d’accès à Internet est particulièrement éclairant à cet égard, alors qu’on prévoit, à l’horizon 2020, que le trafic téléphonique mondial ne représentera que 1 % du trafic Internet. Dopé par la généralisation des services à haut débit dans le monde, la géographie des besoins évolue rapidement. Si 65 % de ce chiffre d&#8217;affaires est le fait de l&#8217;Amérique du Nord au début des années 2000, cette proportion est actuellement tombée à 26 %, tandis que 28 % venait de la zone Pacifique, 14% du reste du monde<em>, la part européenne représente désormais 31% du trafic. </em>Des européens qui contribuent au financement de la Toile américaine.<em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le coût moyen des liaisons spécialisées entre les pays européens &#8211; les fameuses « autoroutes de l’information » ou « dorsales » (<em>backbones</em>) par lesquelles transite le trafic Internet &#8211; est dix-sept à vingt fois supérieur au coût de liaisons équivalentes aux Etats-Unis<a href="#_ftn4">[4]</a>. Résultat, le coût des liaisons des hubs intra-européens par les fameuses autoroutes de l’information européennes reste plus élevé que celui des liaisons passant par les Etats-Unis qui continuent à rafler le trafic international. On aboutit à ce paradoxe que les utilisateurs étrangers des réseaux américains subventionnent les opérateurs américains pour continuer à mailler la planète (93% de l’infrastructure réseau vers l’Asie est américaine). Conséquence : les fournisseurs européens d’accès à Internet se connectent aux Etats-Unis en priorité. En Asie, comme pour l’Europe, les circuits Internet vers les Etats-Unis sont intégralement payés par les fournisseurs d’accès asiatiques, ce qui représentait environ 1 milliard de dollars par an début des années 2000. La subvention mondiale des fournisseurs d’accès non américains aux fournisseurs d’accès américains serait de l’ordre de 5 milliards de dollars par an. Autre conséquence, les fournisseurs d’accès américains obtiennent de facto un accès quasi gratuit aux ressources Internet du reste du monde. Ce qui facilite les « stratégies pénétrantes » à savoir utiliser la maîtrise d’un réseau de communication pour faire circuler prioritairement ses propres services en ligne. De plus, lorsque la demande de bande passante est très élevée, les opérateurs dominants sont les premiers à pouvoir installer les câbles de grande capacité (à 80 gigabits par seconde), ce qui favorise encore les connexions passant par le territoire américain. Ainsi, le trafic Internet est fortement déséquilibré, les « producteurs » étant massivement installés aux Etats-Unis. Conscients du danger certains pays parient sur des liaisons satellites ou comme <em>Reliance</em>, société d’origine indienne, investissent des sommes considérables dans les câbles sous marins reliant la Chine, la côte pacifique de l’Amérique, l‘Afrique du Sud et la Méditerranée, soit un total de 50 000 kilomètres !</p>
<p><strong>En finir avec la neutralité de l’Internet afin d’améliorer les marges</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les « mains invisibles » des opérateurs s’activent pour tisser une toile américaine virtuellement installée au cœur du monde et de l’économie numérique. En fait, la situation économique a clairement évolué en faveur des fournisseurs de service et les opérateurs ont l’impression de ne pas être conviés au banquet. <em>« There is no free lunch »</em> rappelle le patron de <em>Verizon</em>, souhaitant vivement modifier le <em>Telecom Act</em> pour remettre les opérateurs au centre. Ces derniers se demandent de savoir s’il ne convient pas de remettre en question la neutralité des flux sur internet vis à vis de demandes qui mobilisent de plus en plus de débit sans pour autant apporter plus de revenus. Le Congrès américain fait l’objet d’un intense lobbying afin de remettre en question la neutralité d’Internet. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/pif.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1714" title="pif" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/pif.jpg" alt="pif" width="160" height="160" /></a>Les opérateurs américains mettent maintenant l’accent sur le fait que la demande de bandes passantes n’est pas la même selon la nature des trafics et par voie de conséquence sur les coûts et les besoins d’investissements. En cela ils tentent de reprendre la main face aux créateurs de contenus toujours plus demandeurs de trafics. En d’autres termes, ils pourront envisager une tarification différenciée ce qui rendra la vie plus difficile aux nouveaux entrants et aux pays en voie de développement déjà pénalisés par la perte des reversements des trafics téléphoniques. L’hypothèse d’un <em>WebIII</em> à plusieurs vitesses voudrait dire que les sociétés de webservices répondraient  plus ou moins vite aux sollicitations selon qu’elles seraient sur un réseau à petite ou grande vitesse.  Les opérateurs les plus puissants font pression sur le régulateur gouvernemental qu’est la FCC (Commission Fédérale des Communications). Prétextant qu’il leur faut financer encore d’importantes infrastructures réseaux et l’innovation, depuis trois ans, ils tentent d’obtenir de la FCC la possibilité de pratiquer des tarifs modulés en fonction de la bande passante mis à la disposition des consommateurs. Bien évidement tous les opérateurs de services et de contenus sont vent debout face à cette éventualité. Pourtant au fil de l’actualité on découvre que certains opérateurs réseaux limitent plus ou moins discrètement les trafics d’échanges ou surfacturent des services mis en ligne en plus des abonnements de base. Ce qui est préoccupant dans cette affaire, c’est que ce sont les <em>Baby Bells</em> qui tiennent la corde ou les ciseaux qui la coupent, sans que les Etats notamment européens y puissent grand-chose. Les affaires sont les affaires, les américains sont en train de le rappeler au reste du monde! En réalité, il faut considérer les réseaux comme une gigantesque plate-forme d’échange payante pour les entreprises comme pour les individus. Pour cela les opérateurs réseaux constituent des plateformes de services intégrées à leurs offres d’infrastructures. Leurs clientèles se voient offrir des services d’emails, de téléchargement, de création de blogs ou de sites personnels ce qui constitue du trafic d’appoint facturable. Bientôt ils seront en mesure de fournir du <em>cloud computing</em> à la planète entière.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, pour conclure sur les enjeux auxquels sont confrontées les industries numériques, il faut avoir à l’esprit que le maillon faible de l’infrastructure internet n’est pas dans les capacités des « tuyaux » mais dans la gestion des trafics. Ces « host » américains (autrement dit des « aiguillages électroniques ») concentrent trop de trafic qu’ils s’époumonent à gérer avec des aiguillages trop justes qui détruisent des trains entiers de messages à chaque « RAZ » des systèmes engorgés. La croissance vertigineuse des diffusions vidéo représente plus de la moitié du trafic mondial, (un milliard par jour pour Youtube) qui congestionne la Toile et la fragilise. Les exploitants de réseau limitent leurs investissements dans les technologies de transport pour améliorer leur rentabilité. Ils ont tout intérêt plutôt que de revoir la distribution de ces <em>hosts</em> de faire croire que le trafic «  à débits différenciés » sera la solution afin d’accroitre leurs revenus et… les investissements qui maillent leur Toile!</p>
<p><strong>Ceci explique que l’on arrive à cette question : faut-il un Internet Européen ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/globalcrossing2_large.gif"><img class="alignleft size-medium wp-image-1700" title="globalcrossing2_large" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/globalcrossing2_large-300x230.gif" alt="globalcrossing2_large" width="300" height="230" /></a>La domination des américains sur l’Internet fait occasionnellement les honneurs de la presse. C’est l’occasion pour le lecteur d’apprendre qu’au travers d’un organisme, l’Icann (<em>Internet Corporation for Assigned ans Numbers</em>), les américains ont la main mise sur les panneaux indicateurs des routes électroniques mondiales. Gérer les adresses électroniques permet d’assurer la circulation des transactions électroniques entre les « adresse IP » des ordinateurs installés dans le monde. Rappelons au passage que l’Icann, véritable tour de contrôle mondiale des transactions électroniques,  a été créée en 1988 et gérée dans ses débuts par le département de la Défense américain. Durant la dernière guerre, les  stratèges militaires n’ont pas oublié l’importance de créer la confusion des troupes en déplacement en enlevant  les panneaux indicateurs sur les routes, voire à les modifier pour engendrer une belle pagaille dans les dits mouvements. Dans le cas d’un conflit majeur ou de tensions extrêmes on peut imaginer que les régulateurs de l’Internet pourraient agir d’une façon ou d’une autre sur la « navigation » des transactions échangées y compris en dérivant certaines d’entre-elles à des fins d’espionnage. La domination américaine sur la Toile justifie une vraie réflexion sur les options ouvertes aux européens. Cette question a été posée à l’été 2009 par un sénateur, Jean Louis Masson, qui soulignait la dépendance de l’Europe vis-à-vis des positions des Etats-Unis dans la gouvernance de l’Internet. Bien évidement, tous les interlocuteurs avertis ont compris qu’il ne s’agissait pas de construire un réseau « séparé » mais de renforcer la sécurité et la gouvernance européenne sur ses réseaux internationaux propres. Les réactions à la question du sénateur Masson auront surtout démontré l’impréparation du gouvernement  français à ce sujet<a href="#_ftn5">[5]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/title.gif"><img class="alignright size-full wp-image-1708" title="title" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/title.gif" alt="title" width="480" height="169" /></a>Le « 22 à Asnières » façon Internet pourrait ne faire plus rire les chefs d&#8217;entreprises européennes surtout ceux confrontés aux échanges de données sensibles. Dans les années soixante, cette histoire obligeait le comique français Fernand Reynaud à passer par New York pour obtenir une communication en banlieue parisienne : le fameux « 22 à Asnières » ! La vision des grands réseaux européens laisse la même impression. Les accès (hubs) sont en majorité centrés sur les Etats-Unis, au point que pour obtenir un serveur de la région parisienne on peut passer par Londres et Washington. Un constat confirmé par Jean-Paul Figer, vice-président de Cap Gemini Consulting : <em>« Le trafic entre deux IAP (Internet Access Provider) transite souvent par les Etats-Unis. Chacun peut le constater en utilisant un traceroute. »</em> Les insuffisances des infrastructures européennes font courir le risque d&#8217;une dépendance croissante envers les routeurs et les providers américains, alors que les besoins de débits n&#8217;ont jamais été aussi importants. Face au risque d’une privatisation d’une partie du Web sous la pression des opérateurs américains, l’Europe a-t-elle des réponses stratégiques ? En fait la vraie question posée par la gouvernance de l’Internet n’est pas d’ordre technique, mais politique. Voilà pourquoi se pose la question de savoir si l’Europe doit construire son réseau de « hosts sur internet » pour ses besoins propres sans trop attendre comme cela a déjà été le cas <a href="http://www.capital.fr/enquetes/derapages/galileo-ou-les-deboires-du-gps-made-in-europe-464765">pour le système GPS Galileo</a>. Ce pouvoir stratégique et hégémonique devient un sujet récurrent régulièrement mis sur la table des négociations internationales. Au fil des années, l’Icann mène un combat afin de préserver la prééminence de ses prérogatives aux Etats-Unis. Les concessions arrachées à l’Icann au fil des débats afin de modifier la gouvernance mondiale de l’Internet n’ont été le plus souvent que des leurres, des accords mineurs. Que le gouvernement américain ait concédé, lors de la réunion de Tunis en 2007, de ne plus imposer un contrôle unilatéral sur le calendrier et les activités de l’INCANN n’est que de la poudre aux yeux. Il n’a pas du tout l’intention de perdre l’avantage que lui donne le droit de surveiller tout ce qui se passe et qui passe sur le réseau des réseaux puis d’en tirer le meilleur profit pour sa sécurité et le succès des activités de ses opérateurs nationaux. Bien évidement, un jour ou l’autre nous aboutirons à ce que le contrôle technique de l’Internet soit plus international. Mais d’ici là les Etats-Unis auront bien avancé dans la construction de leurs infrastructures réseaux et de fermes de serveurs qui hébergeront une majeure partie des immenses bases de données internationales ainsi que les outils et les ressources d’un <em>grid computing</em> <a href="#_ftn6">[6]</a> ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Informatique_dans_les_nuages"><em>cloud computing</em> </a>, permettant de fournir au monde numérique de l’énergie informatique aussi bon marché que possible. Il est probable que les Américains profiteront de leur situation dominante dans l’Internet pour essayer d’imposer leurs solutions. D’un côté une politique européenne sans grande consistance, de l’autre la puissance d’une volonté commerciale hégémonique. Encore une fois, les européens en formation dispersée sont mal partis et ont du mal à s’imposer  face aux  américains. Mais on discute… et on fait des projets, à défaut de réalisations. La maîtrise de la gouvernance d’Internet par les américains est moins la preuve de leur force que celle de notre propre faiblesse.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Le <em>Grid computing</em> ou « grille informatique » est la capacité des réseaux d’ordinateurs à coopérer ensemble afin de multiplier leur capacité de calcul. Très utilisés par des universités ou par des centres de recherches dans les cas où des simulations lourdes leurs sont indispensables. Le <em>cloud computing</em> ou nuage d’ordinateurs consiste à fournir de l’énergie informatique à la demande, de préférence à de lourdes  installations informatiques internes aux entreprises.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> http://blog.abondance.com/2008/04/36-datacenters-pour-google-dont-un.html</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Mai 2008</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Source <em>Monde Diplomatique</em> de 1999</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Ceux qui en doutent sont invités à consulter les différents programmes et compte rendus de réunions européennes consacrés à ce sujet sur leur moteur de recherche préféré. On y constatera que la France est surtout présente dans les <a href="http://opendotdotdot.blogspot.com/2009/03/save-european-internet-write-to-your.html">volets relatifs aux limitations</a> et aux sanctions contre les <a href="http://www.boingboing.net/2009/03/26/eu-ready-to-screw-up.html">internautes.</a></p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> <a href="http://www.decrypthon.fr/ewb_pages/l/le-grid-computing.php">http://www.decrypthon.fr/ewb_pages/l/le-grid-computing.php</a></p>
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		<title>Après les cols blancs, « les « cols verts » !</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 07:39:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées fortes]]></category>
		<category><![CDATA[Ressources humaines]]></category>
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		<description><![CDATA[En novembre 2005 je me lançais dans un papier : Après les cols blancs, il y aura quoi !? Mais des « cols verts » ! Je viens de le retrouver circulant dans  des blogs sur le Développement Durable. J’y reviens sans en changer un mot car il reste un parfait exemple des gisements potentiels d‘emplois sur lesquels nous devons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/7.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1690" title="7" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/7.gif" alt="7" width="43" height="118" /></a>En novembre 2005 je me lançais dans un papier : Après les cols blancs, il y aura quoi !? Mais des « cols verts » ! Je viens de le retrouver circulant dans  des blogs sur le Développement Durable. J’y reviens sans en changer un mot car il reste un parfait exemple des gisements potentiels d‘emplois sur lesquels nous devons investir.</span><span id="more-1671"></span><span style="color: #008000;">Je me souviens qu’à l’époque j’avais essayé de convaincre certains des partenaires d’Eurotechnopolis Institut de se lancer dans une étude sur les caractéristiques de ces nouvelles populations actives. Pour moi l’étude avait l’avantage de rendre plus visibles des métiers pas toujours suffisamment connus. J’en attendais aussi la possibilité d’en faire un indicateur pour les priorités en matière de formation et d&#8217;embauche, un signal pour les investissements à privilégier, une invite pour les pouvoirs publics à accompagner et soutenir le mouvement des créations d&#8217;emplois selon les métiers les plus demandés. Le développement durable nous offre des opportunités qu&#8217;il nous faut mieux évaluer afin d’accompagner les grandes évolutions des filières professionnelles &laquo;&nbsp;vertes&nbsp;&raquo; qui orienteront les demandes des emplois dans la décennie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #008000;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/cols-verts.JPG"><img class="alignright size-medium wp-image-1672" title="cols verts" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/cols-verts-280x350.jpg" alt="cols verts" width="280" height="350" /></a>Les Hollandais vendent au monde entier leur savoir faire pour construire des barrages contre les inondations, les Italiens lancent les premières usines de traitement et de recyclage des équipements domestiques (réfrigérateurs), les Brésiliens font leur révolution énergétique avec les biocarburants, les Anglais passent des contrats pour développer leurs habitats écologiques et autonomes en énergie, les Danois proposent leurs éoliennes, les Israéliens, leurs méthodes de gestion économe de l&#8217;eau pour l&#8217;agriculture dans les déserts. Les Indiens deviennent les champions du recyclage des métaux. Les Belges ont déployé un réseau d&#8217;ambulances vertes afin de contrôler les pollutions domestiques. Les Français sont les champions du retraitement des eaux usées. Partout dans le monde les différentes applications du développement durable font leur apparition. Des centaines de milliers d&#8217;emplois et des spécialités précieuses sont créées tous les jours. Pourtant, ces milliers d&#8217;emplois, pas grand monde n&#8217;en parle. Tétanisé par la gestion des affaires courantes, le gouvernement français n&#8217;explore plus le futur de ses enfants. Secteur agricole, secteur industriel avec les cols bleus, secteur des services avec les cols blancs, et après ? Après ? Après ! Il y aura les « cols verts ». Qui s&#8217;intéresse à préparer nos écoles ?! Qui se mobilise pour prendre les parts de marché !? Qui identifie les nouveaux métiers ? Qui mesure les nouveaux emplois qui pourront être créés ?! Au début du 18ème siècle, plus de 80% de la population en état de travailler étaient de la classe paysanne. Au 19ème siècle : 50% de la population active restait dans le secteur agricole, plus de 30% dans l&#8217;industrie et le solde dans les secteurs marchands et des services. Dans les années 1950, cette proportion donne 25% pour le secteur agricole, 45% pour l&#8217;industrie et 30% pour les services. Début du 21ème siècle, moins de 3% de la population active travaillent dans l&#8217;agriculture, moins de 30% dans l&#8217;industrie et le reste (62%) dans les activités de services qui se sont éclatées entre temps pour différencier les activités marchandes et commerçantes, les services aux entreprises et à la personne et les &laquo;&nbsp;manipulateurs de symboles&nbsp;&raquo;, les travailleurs du savoir. Cette analyse courante, à quelques décimales prés, devient obsolète sous la pression des métiers environnementaux. Dans les années 1980, nous constations la difficulté de différencier les populations actives dans ce qui était à l&#8217;époque le &laquo;&nbsp;secteur services&nbsp;&raquo; : longue liste à la Prévert qui mélangeait toutes sortes de métiers. L&#8217;informaticien était mélangé avec le coiffeur et l&#8217;activité d&#8217;un surveillant avec celle d&#8217;un ouvrier ou un employé de bureau selon qu&#8217;il travaillait dans une usine ou dans un bureau. Jamais l&#8217;analyse statistique n&#8217;a paru aussi délicate qu&#8217;à cette époque qui a vu une accélération des transformations des corps socioprofessionnels suivant en cela l&#8217;évolution de leur époque. Parmi ces évolutions, nous assistons depuis le début des années 1990 à l&#8217;émergence des métiers dédiés à la gestion de l&#8217;environnement, gestion de l&#8217;eau, récupération et traitement des déchets de l&#8217;industrie, de la société de consommation, gestion des forêts, suivi et valorisation des énergies renouvelables&#8230; Des milliers d&#8217;emplois ont été créés ces dernières années. D&#8217;autres ont évolué comme l&#8217;agriculture dont les savoirs sont utilisés en jardinerie et en aménagement de paysages mais aussi pour réduire les demandes d&#8217;eau, obtenir de l&#8217;ombre dans les immeubles. Une tendance lourde qui crée des emplois qui se consacrent à une meilleure gestion des ressources utilisées par nos sociétés. Ces actifs, encore mal recensés, représentent désormais, j’en suis convaincu, plus que les populations actives réunies de l&#8217;agriculture et des cols bleus. Allons-nous rester encore longtemps indifférents à identifier les caractéristiques de ces nouveaux métiers, de ces nouveaux emplois pour notre économie ?</span></p>
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		<title>De nouvelles obligations pour le monde des Sciences &amp; des Techniques</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Nov 2009 07:53:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Travailler sur l’accès à des énergies nouvelles, économiser nos ressources ou améliorer l’habitabilité de notre planète, modifier nos écosystèmes me paraît désormais plus urgent que d’envisager de modifier celui de Mars pour y vivre un jour. Savants, chercheurs, si nous commencions par nettoyer devant notre porte !

Le 20 juin 2009, Le Collège de France a organisé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1325" class="wp-caption alignleft" style="width: 202px"><img class="size-medium wp-image-1325" title="galileo" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/galileo-300x337.jpg" alt="Galileo" width="192" height="216" /><p class="wp-caption-text">Galileo</p></div>
<p><em>Travailler sur l’accès à des énergies nouvelles, économiser nos ressources ou améliorer l’habitabilité de notre planète, modifier nos écosystèmes me paraît désormais plus urgent que d’envisager de modifier celui de Mars pour y vivre un jour. Savants, chercheurs, si nous commencions par nettoyer devant notre porte !</em><br />
<span id="more-1293"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le 20 juin 2009, Le Collège de France a organisé une réunion sur le thème : <a href="http://www.forum-srs.com/"><em>Sciences, Recherche et Société</em></a>. Une première qui soulignera à la fois l’importance de la R&amp;D française dans certaines disciplines et la construction d’un lien, d’une relation plus forte entre les scientifiques et la Société. Michel Serres rappellera que le procès fait à Galilée était celui d’une société contre le chercheur, et comme ce sera le cas régulièrement, contre les chercheurs et la recherche en général. Une vilaine querelle qui valut mort d’hommes, condamnés pour la seule raison d’avoir observé les choses du Monde plutôt que de rester dans les affaires courantes de la Cité. Longtemps, les sciences et les techniques furent considérées comme occultes, dangereuses, relevant d’un corpus aussi mystérieux que menaçant. Le fait de révéler des savoirs aux profanes représentait un danger. Par exemple, les savoirs de la comptabilité étaient encore interdits au moyen âge. Les progrès par les sciences et les techniques du 18 et 19<sup>e</sup> siècle auront transformé cette vision. La société a profité des découvertes pour gagner  en confort de vie, de santé et au travail. Les technologies ont modifié nos pratiques professionnelles, nos outils et bien sûr, nos organisations. Elles ont aussi amené de fortes inégalités dans l’accès au confort, dans l’accès à la santé, au travail et aux outils modernes. Les sociétés occidentales ont du subir en contrepartie de ce progrès les applications productivistes et spéculatives des innovations et des outils technologiques. Le progrès pouvait-il devenir l’ennemi de l’homme ? Ce fut le cas. Une crise de confiance envers la technologique s’est révélée avec l’accident de Tchernobyl en 1986 et par l’arrivée massive de l’informatique, de l’internet et des ordinateurs. <em>Le « scientisme » progressiste, entrainé par son propre mouvement, ignorait à nouveau la Cité.</em> La Société découvrait ce qui lui tombait sur la Tête et y réagissait parfois avec violence (OGM, radiations, ondes des portables, contre façons des médicaments …). La méfiance à nouveau s’installait.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis le début du XXème siècle, bien que parfois chèrement payé, le progrès qu’illustraient les victoires contre la rage, les maladies infectieuses, la tuberculose, l’amélioration des conditions de production agricole et vétérinaire était perçu comme une conquête collective. Chacun à un moment ou à un autre reconnaissait ce qu’il devait à la science et à la technique dans l’amélioration de ses conditions de vie et de travail. L’eau potable, des dents saines, la correction de la vision déficiente, la diminution des sites toxiques dans les usines, la vie matériellement plus agréable, les transports bon marché, la culture accessible grâce à la télévision, tout cela émerveillaient nos parents. Au point que la Science et ses découvertes merveilleuses tenaient lieu d’une sorte de religion laïque, d’une croyance naïve dans un cycle vertueux qui nous offrait le meilleur de la connaissance. A la fin de la dernière guerre mondiale, la découverte de la bombe atomique et de ses radiations mortelles et, semblait-il, éternelles, marque le début d’un horrible doute pour notre société. Ce doute issu du cercle des initiés touche désormais, depuis, une majorité de la population. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/progrès-et-danger.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-1680" title="progrès et danger" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/progrès-et-danger-150x150.jpg" alt="progrès et danger" width="150" height="150" /></a>La peur du progrès s’inscrit en creux des magnifiques découvertes du XXe siècle. La surexploitation agricole et ses nitrates, l’élevage intensif et ses conséquences sur la chaîne alimentaire, l’industrialisation et ses pollutions, la civilisation automobile, ses encombrements et l’effet de serre, l’urbanisation des cités, ses zones de non-droit et ses loubards, les impacts de la civilisation des loisirs même et maintenant l’accélération présumée de la destruction des emplois par les technologies de l’Information, masquent la plupart des effets bienfaisants des sciences et des techniques aux yeux du commun. Le positivisme technologique se transforme en déroute. Les avancées scientifiques majeures ne font que renforcer cette image du progrès destructeur. Les découvertes des effets du prion dans la maladie de l’encéphalopathie spongiforme bovine, ceux du sida, du cancer, autant de secrets révélés qui nous permettent de mieux comprendre les dangers qui nous entourent, mais c’est, semble t-il, pour en avoir plus peur encore. Fait aggravant, bon nombre d’inventions marquantes sont devenues « silencieuses ». La découverte du transistor et surtout les prouesses technologiques qui ont permis la fabrication de millions de transistors pour quelques francs, n’ont concerné que les métiers spécialisés avant d’arriver dans le grand public qui ne s’interroge guère sur la chaîne de valeur ajoutée qui a abouti à cette fabuleuse découverte. C’est vrai aussi des centaines de médicaments nouveaux, de molécules qui transforment notre vie, de façon silencieuse. En limitant ses relations avec la Société, la Science est devenue à nouveau sujet de suspicion. Ne sortent plus dans le public que les scandales qui marquent la conscience collective, la farce de la mémoire de l’eau, le faux espoir de la fusion froide, les conflits de paternité sur la découverte du sida, les pollutions de tous ordres, etc. De même, si les bons côtés des innovations technologiques sont ignorés, minimisés, les mauvais sont immédiatement montés en épingle, Internet et ses effets pervers d’addiction, la réalité virtuelle et ses drogues psychédéliques, les OGM, les télécommunications et la délocalisation des emplois ou le flicage par les technologies. Un sentiment d’urgence et de danger diffus s’empare de tous: stop, ça va trop vite! La technologie crée le chômage, la déstabilisation des systèmes vient de la technologie. Les Sciences et les Technologies sont devenues des ennemies! <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/peurs.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1682" title="peurs" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/peurs-249x350.jpg" alt="peurs" width="249" height="350" /></a>Bref « <em>l’Empire des techniques et la société divorce à torts réciproques</em> », selon la formule de Roger Lesgards (dont je rappelle qu’il a été le président de la Cité des Sciences et des Techniques de la Villette)<a href="#_ftn2">[2]</a>. Le philosophe Alain Touraine constate que « <em>l’on ne croît plus que le progrès technique et scientifique entraîne le progrès social et humain</em>»<a href="#_ftn3">[3]</a>. La « <em>technologie joue contre l’emploi</em> » affirme Jean-Jacques Salomon dans un article de l’<em>Expansion</em> de juin 1993. Et pour séduire un public déjà conquis, la compagnie américaine <em>Sun</em> lance, en 1997, une grande campagne de publicité sur les thèmes du « refus de la technopollution » et de « l’overdose technologique ». Tous ces points de vue négatifs pas forcement inexacts mais parfois mis en scène de façon tendancieuse, fortement médiatisés, font le lit d’une orthodoxie qui limite ou bride l’innovation. Voilà où nous en étions au début des années 2000.</p>
<p><strong>Nouvelles ruptures, nouvelles cohésions, nouvelles urgences.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le bouleversement actuel du Monde est en train de changer la donne. Notre époque marque un grand tournant que soulignera Michel Serres dans son allocution de juin. La crise, les crises qui affectent le Monde semble devoir modifier ces rapports conflictuels. Alors que les sciences ignoraient la Société pour s’occuper des choses du monde, disait-il, les voilà qu’elles se mettent à parler à la Société des choses du monde. A parler à la Société des nouveaux enjeux (Montée des eaux, transformation des climats, limitation des ressources, mise en danger des écosystèmes) dus à ses transformations. La Science et la Cité s’allient enfin pour parler du Monde. Comme le soulignait Valérie Pécresse, Ministre<em> de l&#8217;Enseignement supérieur et de la Recherche, </em>en conclusions de la journée du 20 juin ; « <em>En nous privant de ce dialogue entre la société française et ses scientifiques, nous prendrions le risque de nourrir le rejet des technologies qui s’exprime parfois et, avec elles, de la science qui les rend possible</em>.  La Cité désormais s’intéresse au Monde car elle le sent en danger, ce qui modifie fondamentalement la place qu’elle attribue au monde scientifique et à la R&amp;D. Face aux dangers on resserre les rangs. La Cité désormais attend des Sciences et des Techniques des solutions nouvelles. Le Monde se voit confronté à des périls qui sont autant de défis pour l’espèce humaine, sa survie, sa capacité pour le plus grand nombre à accéder au progrès scientifiques et techniques et au confort le plus élémentaire. Face à la crise actuelle, pour la Société, seule la technologie et des inventions scientifiques majeures pourront réparer ce que la science et les techniques du passé ont perturbé ou cassé. Les révolutions scientifiques à venir s’inscrivent dans un besoin urgent de résoudre des problèmes concrets et, disons le, au détriment parfois de certaines options moins urgentes en regard des besoins de survie de l’espèce humaine. Le monde scientifique ne peut s’abstraire, ne doit pas s’abstraire, sous prétexte d’enjeux propre à la R&amp;D de l’épopée humaine et ses problèmes, même si cela doit retarder de dix ans ou plus le retour sur la Lune, la compréhension de la corpuscule de Dieu, la découverte de planètes extraterrestres ou toutes autres passionnantes percées qui ne soient pas celles d’une actualité pressante.<em> </em>Cela veut dire aussi que la R&amp;D doit s’emparer de ces sujets dans un esprit de compétition mondiale au moins autant que de curiosité scientifique, fut-elle Universelle. En cela le monde des Sciences et des Techniques donnera sens à sa propre existence dans son engagement de service envers la Cité.</p>
<p><strong>Denis C. Ettighoffer</strong></p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref2">[2]</a> Roger Lesgards, ancien président de la Cité des Sciences et de la Techniques <em>L</em><em>’empire des Techniques</em>; avant-propos, Point Sciences</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> <em>L’Express </em>numéro spécial quarante ans</p>
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		<title>Le Travailler quatre jours pour améliorer notre bilan  énergétique</title>
		<link>http://www.ettighoffer.fr/1278/le-travail-sur-quatre-jours-pour-ameliorer-notre-bilan-energetique</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 08:24:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le vrai débat de notre époque est celui de «l’optimisation de nos ressources» afin de faire en sorte que l’organisation du temps soit adaptée à la vie de chacun, selon son age, ses besoins d’argent, ses capacités physiques et intellectuelles et maintenant du bilan énergétique global.  Avec la semaine de travail de quatre jours nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/quatre-jours.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1692" title="quatre jours" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/quatre-jours.gif" alt="quatre jours" width="120" height="68" /></a>Le vrai débat de notre époque est celui de <em>«l’optimisation de nos ressources</em>» afin de faire en sorte que l’organisation du temps soit adaptée à la vie de chacun, selon son age, ses besoins d’argent, ses capacités physiques et intellectuelles et maintenant du bilan énergétique global.  Avec la semaine de travail de quatre jours nous pourrions réduire le coût des transports, la pollution et la dépense énergétique.</span><span style="color: #800000;"> </span><span id="more-1278"></span>Le débat sur les 35 heures, m’a toujours semblé trop doctrinaire. L’aménagement du temps de travail est le fruit d’un long et lent compromis historique entre acteurs sociaux qui suit les nouveaux modes de travail. Aussi, imposer une réduction autoritaire à 35 heures n’était pas indiquée. Il fallait agir en souplesse et par la négociation compte tenu de la dérégulation croissante des temps de travail qui affecte plus de la moitié de la population active. On ne peut intervenir isolément sur le temps de travail de l’individu sans prendre en compte le temps de l’entreprise et de fil en aiguille, sans tenir compte du temps de la société : finalement, s’intéresser vraiment <em>aux temps</em> de l’homme et à sa capacité  de travailler mieux pour vivre mieux. La question principale posée par la réduction du temps de travail implique de savoir d’abord comment se transforme le monde du travail par rapport aux évolutions de la société et de l’économie. <em>Réguler les temps des acteurs socio économiques nécessitait une approche, une ingénierie globale.</em> Il faut accepter l’idée de travailler plus longtemps mais moins durement et raisonner à la fois en termes de charge de travail mais aussi en termes de rythme de travail. Tout le monde est capable de travailler beaucoup, pas forcement longtemps, chacun a son rythme. Avec l’ouverture d’un compte d’épargne temps, utilisable à la demande, nous souhaitions dans notre livre <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/malvivre.html">&laquo;&nbsp;Du Mal travailler au Mal vivre</a>&nbsp;&raquo; créer des espaces temps pour « poser le sac ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/Trop-cest-trop.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1668" title="Trop c'est trop" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Trop-cest-trop-300x203.jpg" alt="Trop c'est trop" width="300" height="203" /></a>Le vrai coût des 35 heures apparaît aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que de la même façon qu’il existe dans les entreprises des coûts cachés. Il existe une productivité cachée. Lorsqu’une économie va bien elle tourne en mobilisant un stock travail qui ne compte pas ses heures. Lorsqu’une entreprise demande aux gens de travailler 40 heures, ils en travaillent en moyenne deux ou trois de plus mais ils sont payés 40 heures. Cela est vrai en période de croissance.  Ainsi quand on est passé aux 35 heures on a continué à travailler plus. Le coût de ces 35 heures ont été « payés » par le gel des salaires mais aussi par cette productivité cachée. Les salariés ont travaillé en flux tendus, en diminuant les pauses, en restant plus longtemps etc.. En fatiguant plus ! Mais qu’advient-il quand nous sommes dans une période, disons récessive ? On perd le bénéfice de cette productivité cachée. Avec les difficultés que l’économie rencontre aujourd’hui, on réalise quel est le vrai prix des 35 heures. Si on voulait faire vraiment les 35 heures, on aurait du le faire en 4 jours. On s’aperçoit aujourd’hui de la réalité du problème de la réduction du temps de travail et des nouvelles régulations à mettre en œuvre. Nous devons faire face à un monde du travail caractérisé par le développement des services et de l’économie immatérielle où le télétravail et la téléprésence jouent un rôle croissant dans la déspécialisation des temps et des espaces de travail.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut envisager une répartition des tâches en fonction des rythmes de travail, à partir aussi de la capacité individuelle de chaque salarié travaillant plus longtemps, puis en fonction des contraintes de fonctionnement de l’entreprise. Il faut être encore un fringuant <em>quadra</em> aux affaires pour croire qu&#8217;arrivé à 60 ans ont garde suffisamment la &laquo;&nbsp;pêche&nbsp;&raquo;  pour travailler sans réduire progressivement notre taux d&#8217;activité et durer encore longtemps.Voilà pourquoi modifier le rythme de travail hebdomadaire pourrait s&#8217;avérer intéressant. Si au lieu des 35 heures, on avait parlé des 4 jours, l’effet sur les coûts globaux aurait été tout de suite visible y compris au delà du périmètre de l&#8217;entreprise. Je reste convaincu que les effets bénéfiques de la modification des rythmes de travail auraient été immédiatement perceptible, y compris dans le maintien des populations au travail. On aurait laissé les entreprises et les représentants des salariés réguler le 5<sup>ème</sup> jour. Il serait intéressant d&#8217;encourager le développement des expériences des 4 jours déjà en place dans de rares entreprises. De plus cette option serait la bienvenue à un moment où il nous faut réduire le coût des transports pour cause d&#8217;augmentation de la pollution et du prix de l&#8217;énergie. Le débat de notre époque est désormais celui de <em>«l’optimisation de nos ressources</em>» afin de faire en sorte que l’organisation du temps soit adaptée à la vie de chacun, selon son age, ses besoins d’argent, ses capacités physiques et intellectuelles et maintenant du bilan énergétique global. On fait bien des produits à la carte. Inventons le travail à la carte !</p>
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		<title>Le Presse malade d’elle-même</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 06:53:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées fortes]]></category>
		<category><![CDATA[vie numérique]]></category>
		<category><![CDATA[courrier international]]></category>
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		<description><![CDATA[Durant les années 1980 et 1990, j’ai beaucoup fréquenté les journalistes. Après les exercices imposés, nous papotions volontiers sur les effets des NTIC (Nouvelles Technologies de l&#8217;Information et de la Communication) sur la presse et la modernisation de leur métier. J’y ai rencontré une profession et des dirigeants vraiment peu armés pour affronter une économie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/presse_malade.gif" alt="" width="106" height="155" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;">Durant les années 1980 et 1990, j’ai beaucoup fréquenté les journalistes. Après les exercices imposés, nous papotions volontiers sur les effets des NTIC (Nouvelles Technologies de l&#8217;Information et de la Communication) sur la presse et la modernisation de leur métier. J’y ai rencontré une profession et des dirigeants vraiment peu armés pour affronter une économie de marché. Une majorité de mes interlocuteurs se désolait du retard pris par leurs patrons respectifs pour adapter leurs politiques aux techniques et aux pratiques qu’ils observaient sur le terrain. La plupart de ces dirigeants ne voyait pas trop l’intérêt d’investir dans la bureautique ou la télématique (comme on l’appelait à l’époque). L’inconscience &#8211; et parfois l’arrogance &#8211; des patrons de presse vis-à-vis des modes de gestion et de travail en réseaux et de ce qui allait devenir l’économie numérique étaient proprement confondantes. <span id="more-1247"></span><span style="color: #000000;">Les responsables informatiques de l’AFP s’arrachaient les cheveux de constater le faible investissement de directions tenues par d’anciens journalistes dans la requalification de leurs organisations. Même si les directeurs de presse n’ont pas été les seuls à ignorer l’importance stratégique que prendrait l’informatique, la presse est sans doute un des secteurs qui aura pris le plus tardivement le virage des NTIC. La plupart des titres, souvent dirigées par des journalistes chevronnés, mal à l’aise avec les technologies émergentes, a gravement sous estimé leur impact sur leur métiers<em>. Ces retards conceptuels, que je compte visiter en détail comme nous allons le voir, touchent de nombreux aspects de leurs métiers ce qui, indépendamment de leurs politiques rédactionnelles, fragilisent leurs titres</em>. Aujourd’hui, ils constatent que la numérisation des industries des contenus va jusqu’à déstabiliser leurs produits de base : l’information. Ils en sont totalement responsables.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La presse classique craint la presse en ligne qui elle-même craint de ne pouvoir survivre. </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Une majorité de titres traditionnels se porte mal. En France, le nombre de grands quotidiens a diminué des deux tiers depuis la dernière guerre et leurs dirigeants réduisent la couverture des évènements internationaux afin de limiter les frais<a href="#_ftn1">[1]</a>. La presse en ligne symbolise parfaitement la rupture épistémologique due à la netéconomie. Selon <a href="http://www.strategiestm.com/Internet-et-les-medias.html">Yochai Benkler</a>, entre 1840 et à 1950, le coût pour lancer un journal est passé  d’environ 10 000 dollars à plus de 2 millions de dollars actuels alors que mettre un titre en ligne revient à quelques dizaine de milliers de dollars. C’est dire la rupture stratégique qui se pose à la profession. Le modèle économique et les contraintes de fabrication, d’exploitation, de distribution et même la nature du produit (et des contenus) sont remis en question. Comme aux Etats-Unis, seuls les quotidiens régionaux préservent leurs modèles économiques avec les annonces locales et résistent encore à la presse en ligne. Mais pour les autres, c’est réduction des coûts d’un côté et recherche de ressources financières nouvelles de l’autre.  La presse découvre les effets schumpétériens de sa brutale transformation sous la triple influence de la numérisation, de la distribution électronique et de la modification de son modèle économique due à la volatilité de son lectorat. Un lectorat qui s’informe par d’autres canaux que la presse papier. Problème qui l’incitera dans un premier temps à compter de plus en plus sur la publicité. Une dépendance qui ne pouvait que leur poser problème. Dans un journal traditionnel, le prix de revient comprend le coût rédactionnel, le coût de fabrication du journal et celui de la logistique. Les revenus quant à eux comprennent en général le prix de vente ainsi que la publicité et les petites annonces. On peut dire schématiquement que la publicité paie le support papier et le lecteur paie le rédactionnel et, pourrait-on rajouter histoire de se faire des amis, les subventions de l’Etat, la distribution! Avec Internet, les coûts de fabrication et de logistique étant très réduits, la publicité devrait suffire pour équilibrer le coût rédactionnel. D’où cette affirmation abusive selon laquelle sur Internet la &laquo;&nbsp;presse est gratuite&nbsp;&raquo; parce que la publicité a supporté le tout. Comment croire que l&#8217;information est gratuite ?!  Quel est le crétin qui peut croire cela ?! C’est l’annonceur qui tient le chéquier. Résultat ? Dans la mesure où le lecteur a moins d’influence sur le modèle économique, le poids de la publicité devient déterminant. Quant à l’annonceur, il fera affaire avec des supports le plus souvent « politiquement correct » et commercialement pertinent. Ce qui, on s’en doute, a une influence sur les politiques éditoriales.  En 2007, <em>Edwy Plenel</em>, invité du journal de France3, se voulait le chantre d’un journalisme indépendant des groupes financiers. Curieuse utopie d’un ex-patron de presse alors même que la presse « dépendante » ne s’en sort pas ! Etre affranchi d’un sponsor financier reste un doux rêve : quelqu’un, quelque part doit faire le chèque ! La chaîne de la valeur s’est déplacée, modifiée. Les règles du jeu ne sont plus les mêmes.<a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/editoval.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1659" title="editoval" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/editoval-211x349.jpg" alt="editoval" width="211" height="349" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Presse Gratuite ou payante deux modèles antagonistes!</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La taille et les évolutions prévisibles des marchés publicitaires autour desquels se pressent un nombre croissant d’acteurs laissent augurer des temps difficiles pour certains. La presse, qui a cru pouvoir adapter simplement son modèle économique à la presse en ligne, y laisse des plumes. Beaucoup de plumes. On pourrait croire que la presse en ligne porte atteinte aux revenus publicitaires de la presse traditionnelle. Il n’en est rien. En France, avec 73% du total, la presse et la télévision continuent à se tailler la part du lion des investissements publicitaires<a href="#_ftn2">[2]</a>. Internet avec 6,2% du total ne capte pas une part bien significative des budgets. De plus il s’agit souvent d’opérations de communications promotionnelles de types mailings list. Pas de quoi en faire un plat… Sauf que.. sauf que les entreprises et les média-planneurs constatent que les plan médias qui utilisent internet sont majoritairement plus efficaces que les modèles de diffusions traditionnels<a href="#_ftn3">[3]</a>. Cela explique, au moins partiellement, que la suppression  de la pub TV du service public profite plus à des chaînes thématiques et à la presse en ligne ciblée plutôt qu’à la presse traditionnelle qui couvre néanmoins 36,7% des investissements. Ni la toute relative diminution des recettes publicitaires, ni le développement de quelques gratuits n’expliquent pas la désaffection des lecteurs.  Alors, où est le problème ? Il est d’abord dans la contradiction de deux modèles économiques entre ceux des titres, des sites en ligne et des éditeurs qui cherchent des lecteurs payants et ceux qui cherchent des annonceurs. Pas facile à concilier. Curieusement, cela semblait aller de soi dans le modèle traditionnel, à savoir que l’on acceptait de payer un abonnement téléphonique <span style="text-decoration: underline;">et </span>un abonnement à un magazine quelconque, cela ne marche plus pour l’internaute qui paye un abonnement pour accéder à Internet et aussi … pour son abonnement à de la presse en ligne. Pourquoi devrait-il payer une information chez X qu’il trouvera gratuitement chez Y ? On peut comprendre que l’existence d’un marché du « gratuit » qui ne fonctionne pas selon le modèle payant affecte structurellement les comportements des lecteurs des journaux en ligne. Les revues de presse de Yahoo, Google ou MSM, pour ne citer que les plus connus, modifient profondément les règles du jeu. Les grands groupes de presse essaient bien de s’en défendre en tentant de se constituer – sans grand succès jusqu’à présent &#8211; des marchés captifs et en faisant feu de tout bois par l’utilisation du droit de <em>copyright</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La presse traditionnelle subit une déformation de la concurrence face à la presse électronique</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les internautes paient déjà des abonnements qui peuvent être conséquents au transporteur. Les opérateurs en devenant des fournisseurs de services intégrés proposent, en plus d’une connectivité de base, de vastes bibliothèques de contenus attractifs. Une des difficultés à contourner pour la presse en ligne reste celle d’un Internet payé à un opérateur qui fait son blé sur la mise à disposition « gratuite » de contenus issus … de la Presse. L’opérateur ou FAI mène sa barque en alignant sa stratégie sur l’augmentation de ses abonnés. Les opérateurs de services en ligne coupent les jarrets de la presse papier en offrant des contenus gratuits souvent issus du travail rédactionnel des journalistes ou des contenus publics des réseaux sociaux et des blogs. Ils s’arrangent ensuite pour proposer des services complémentaires comme la téléphonie, des services de messageries et des offres spéciales (Comme le cinéma ou les bulletins sportifs mais … pas encore la presse !) qui font grimper l’addition. C’est de bonne guerre puisque les pouvoirs publics ont accepté cette distorsion des concurrences sur les marchés de l’économie numérique. En offrant un agrégat des nouvelles issues des sources et des quotidiens, on peut dire que les grands opérateurs de news en ligne à l’exemple de Google, de Yahoo, de Msn, etc. cassent la chaîne de distribution classique… et les revenus tirés de cette distribution. Dois-je me lamenter pour autant !? Non, car, si nous avons bonne mémoire, ces mêmes quotidiens vont dire partout que la distribution de leurs titres est déficitaire depuis toujours et que l’Etat doit, toutes affaires cessantes, augmenter les subventions de soutien à leur diffusion. Eh bien, la voilà la solution pour diffuser un journal à bon compte. Par les voies numériques… et en plus ce sera écologique ! En contrepartie, les pouvoirs publics doivent s’intéresser à la déformation de la concurrence engendrée par les avancées technologiques entre la presse papier et la presse en ligne. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/f1.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1657" title="f1" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/f1.gif" alt="f1" width="240" height="180" /></a>La presse papier s’avère incapable de suivre la presse électronique. Les vitesses relatives de la circulation des informations modifient elles aussi la nature et la composition d’un journal traditionnel. Lorsque on compare le rythme éditorial d’une revue quelconque avec l’agilité des revues de presse en ligne, le handicap de la presse traditionnelle devient terrible, surtout pour les évènements couverts par les autres médias comme la radio et la télévision et maintenant « twitter<a href="#_ftn4">[4]</a>» ! La presse d’actualité quotidienne prend de plein fouet la capacité des contenus numériques à venir vers le lecteur quasi en temps réel. Un temps privilège des hommes d’affaires ou des élites, l’actualité en temps réel diffuse partout dans le monde grâce à la presse en ligne et à des outils spécialisés. Sur la Toile, nous sommes dans une logique de « produits agiles », alors que les dirigeants de presse cherchent « Le produit » miracle qui remplacera le magazine classique. Il est quand même curieux que les élus aient accepté d’organiser des « tempos » dans le monde de l’audio visuel  pour les sorties dans les salles de cinéma, la télévision et les vidéos sans se préoccuper autrement des contenus rédactionnels face à la déformation des concurrences techniques entre la presse traditionnelle et la presse électronique. Existe-t-il une solution qui compenserait ou limiterait ce handicap temporel ? On pourrait imaginer une loi qui interdirait aux gratuits en ligne de sortir les actualités du jour. Différemment, les gratuits en ligne et autres fournisseurs d’agrégats de news piqués dans la presse payante seraient tenus de rémunérer les contenus d’informations issues des équipes rédactionnelles. Ce compromis ou quelque chose d’approchant paraît une des voies pouvant être explorées pour rééquilibrer le rapport de forces entre les protagonistes. Même si le sujet reste complexe, en acceptant d’étudier  des règles du jeu qui arbitreraient des modèles économiques actuellement en concurrence, les pouvoirs publics s’imposeraient une réflexion salutaire sur ce qui relève du secteur des biens numériques publics (gratuits) et des biens numériques du secteur privé (payants) sur Internet.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Rendre payant la presse en ligne nécessite de véritables innovations dans les produits proposés</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour contrer la baisse des revenus publicitaires, on observe un foisonnement de nouvelles publications qui naissent souvent des cendres de titres n’ayant pas su trouver leurs publics. Mais cela ne marche pas compte tenu de la crise. Aux Etats-Unis, certains comme <em>John Kent Cooke</em> en Caroline du Nord, parie sur l’ancrage local et ses ressources d’annonceurs traditionnels. Il a racheté plusieurs petits journaux, considérant que les titres locaux et leurs annonceurs traditionnels étaient ceux qui s’en sortaient le mieux<a href="#_ftn5">[5]</a>. De son côté, confronté à une baisse comprise entre 14 et 18% de ses revenus publicitaires sur ses sites d&#8217;information et une chute de son chiffre d’affaires (perte de 2,36 milliards d’euros) le groupe News Corp. Envisage  de rendre payant l&#8217;accès à ses contenus en ligne dès l&#8217;été prochain<a href="#_ftn6">[6]</a>. &laquo;&nbsp;<em>Le journalisme de qualité n&#8217;est pas gratuit</em>&laquo;&nbsp;, a déclaré Murdoch en prenant l&#8217;exemple de la version électronique du Wall Street Journal dont une grosse partie des articles du site sont payants. De même pour limiter la diminution de ses revenus publicitaires,<em> Libération</em> compte les abonnements payants de ses presque 3 millions de visiteurs uniques par mois. Leurs recherches de nouveaux revenus passent le plus souvent pas un péage que contournent la plupart des internautes faute d’une véritable valeur ajoutée. Les dirigeants de presse semblent n’avoir pas compris que ces contraintes ne sont pas d’ordre conjoncturel mais structurel, qu’elles perdureraient et qu’ils devaient modifier leur stratégie en conséquence. Je ne donne pas cher, en dehors des lettres spécifiques ou confidentielles, des accès payants comme se propose de le faire le <em>Wall Street Journal</em> ou <em>l’Express,</em> avec la mise en place d’un système de micro-paiements. La première conséquence en sera une perte importante de son lectorat d’audience (4,8 millions de visiteurs) utile pour négocier ses contrats publicitaires. Plus encore que l’irruption de l’Internet, le coup de faiblesse des recettes publicitaires va obliger les directions à remettre leurs modèles sur la table et à vraiment s’interroger sur les pistes nouvelles qui leur restent à explorer. Comme quoi, même d’un malheur, il pourra sortir du bon.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/voir-et-savoirs-en-ligne.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1663" title="voir et savoirs en ligne" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/voir-et-savoirs-en-ligne-262x350.jpg" alt="voir et savoirs en ligne" width="262" height="350" /></a>On peut comprendre la difficulté rencontrée par les patrons de presse qui tentent de limiter la casse en investissant massivement dans la presse en ligne pour compenser la perte des ventes traditionnelles et préserver leur notoriété, source de revenus publicitaires. L’arrivée d’un compétiteur nouveau a toujours engendré de fortes résistances des gens installés dans le fromage. Comme l’illustre l’ouvrage de <a href="http://www.fordham.edu/academics/programs_at_fordham_/communication_and_me/faculty/gwenyth_jackaway_30646.asp" target="_blank"> Gwenyth L. Jackaway</a> sur les réactions de la presse écrite lors de l’arrivée de la radio. Les plaintes n’ont pas manqué sur la perte supposée des annonceurs afin que les pouvoirs publics soutiennent une presse écrite déjà déconfite. Internet joue ce rôle aujourd’hui et la presse quotidienne ne cesse d’aligner, parfois avec la plus mauvaise foi, ses griefs contre ce nouveau mode de diffusion des nouvelles. On retrouve dans son livre <a href="http://www.amazon.com/gp/product/0275952576?ie=UTF8&amp;tag=slatmaga-20&amp;linkCode=as2&amp;camp=1789&amp;creative=390957&amp;creativeASIN=0275952576" target="_blank">Media at War: Radio&#8217;s Challenge to the Newspapers, 1924-1939</a> (<em>La guerre des médias: la radio défie les journaux, 1924-1939</em>), utilement retrouvé par <em>Jack Shafer, spécialiste des médias de </em><a href="http://www.slate.fr/story/8929/la-guerre-entre-les-journaux-et-le-web">Slate.com</a><em>,tous les poncifs utilisés aujourd’hui contre le web. Ces intimidations sont monnaie courante. Rappelons-nous du monopole qu’entendait exercer la presse en matière de petite annonces sur le Minitel. Personnellement, je me souviens de pressions subis par une banque régionale de mes clients qui envisageait d’ouvrir un service d’annonces pour son site internet. Projet vite remisé après quelques diners en ville !</em> S’annonce pour la presse un dur apprentissage qui passe par une bonne maitrise des capacités du WebII et de véritables innovations afin de fidéliser les lecteurs. Malheureusement une majorité ne sait pas encore bien utiliser les fonctionnalités de l’Internet afin de réaliser, non plus une version simplement numérisée de la presse papier, mais un véritable bien numérique multimédia (flash, images, courtes vidéos, fil de news, tags, forums, coopérations avec des bloggeurs et des réseaux sociaux, etc.) pouvant être disponible sur des terminaux fixes ou mobiles. Lors de la montée en puissance du KM et des travaux sur l’intelligence économique, il est vite devenu évident qu’il y avait là de quoi réaliser (comme j’ai pu le faire à plusieurs reprises) des observatoires spécialisés pour des groupes d’intérêts, des particuliers et des entreprises, ce qui aboutit à des « éditions » à la demande. Pour<em> Yan de Kerorguen</em>, cofondateur de <a href="http://www.place-publique.fr/">Place Publique</a>, le journaliste devient un rédacteur-chercheur-veilleur-expert capable de faire une cartographie utile des expériences, des idées, d’apporter les bonnes adresses ou les connaissances se fabriquent, capable de faire la synthèse de tout ça et de le rendre lisible (ce qu’il ya de plus dur selon lui). Alors, pourquoi pas des revues de presse dédiées à un centre d’intérêt particulier comme je peux le faire sur Google ? Pourquoi pas des dossiers numériques sur clés usb avec des magazines spécialisés?  Pourquoi pas un kiosque virtuel commun à plusieurs titres afin de promouvoir des produits dérivés ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Un déficit de compréhension des inconvénients et des atouts de l’économie du lien.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’autre difficulté de la presse en ligne est celle de « l’économie du lien ». La presse confrontée aux moteurs d’agrégation du type des <em>news</em> de <em>Google</em> (le plus connu avec celui de Yahoo) se braque inconsidérément contre une application qui pourrait au contraire devenir un atout. La presse traditionnelle en avait une idée lorsqu’elle étudiait le taux de relecture de ses titres, c&#8217;est-à-dire la différence entre le nombre des exemplaires vendus et le nombre réel de lecteurs. Dans leur marché des « années papier » ce taux de relecture était plutôt bien vu dans la mesure où il pouvait justifier une meilleure position de négociation avec les annonceurs. Cela a changé avec l’explosion des liens hypertextes. Aujourd’hui, ce taux de relecture et les transferts de liens sont considérés par certains titres comme une véritable calamité que les Titres tentent de bloquer ou de contrer en faisant valoir leurs droits de<em> copyright</em>. </span><span style="color: #000000;">Il s’agit d’un usage extrêmement courant sur la plupart des sites, des blogs et surtout chez les « agrégateurs » de contenus comme <em>Google</em> ou <em>Yahoo</em> et autres centres de documentation en ligne. </span><span style="color: #000000;">Ce problème fait l’objet de conflits y compris entre titres. Le <em>New York Times</em> est mis en cause pour violation de <em>copyright</em> parce que certains de ses articles affichent des liens vers des publications en ligne de <em>Gatehouse</em>. La question se pose alors du degré de parasitisme acceptable par rapport aux apports originaux du ou des auteurs réels. Le résultat du <a href="../../../../../http:/www.ettighoffer.fr/502/le-linkage-en-proces-les-hyperliens-seront-ils-interdits-ou-encadres">procès</a> entamé par le groupe <em>GateHouse Media</em> en décembre 2008 contre le <em>New York Times</em> aura, de ce point de vue, valeur d’exemple. Ce durcissement pour le respect du<em> copyright</em> fait l’affaire d’une majorité d’éditeurs qui doivent compter sur les contenus mis en ligne pour engranger du chiffre d’affaires. Afin de contrer le pillage et le piratage de ses <em>news</em>, <em>l’Associated Press</em> met en place des mouchards sur ses dépêches électroniques. Une annonce simplement dissuasive car il reste difficile de contrer le pillage des contenus mis en ligne. De toute façon, je considère que ce n’est pas le bon axe stratégique. Le raidissement des éditeurs  me paraît être une belle sottise. Je retrouve là l’impossibilité pour certaines entreprises de faire de l’informatique un atout stratégique<a href="#_ftn7">[7]</a>. Il est de leurs intérêts de plutôt s’emparer des possibilités stratégiques d’Internet afin de lancer de nouveaux services. Par exemple, pour contrer <em>Google news</em>, l’éditeur <a href="http://www.editions-burda.fr/">Hubert Burda</a> se lance dans la création d’un portail agrégateur de nouvelles. Ce dernier traitera environ 500 sources qui seront exploitées afin de constituer un bouquet d’informations selon des rubriques sélectionnées. L’expérience démarrera en Allemagne. Le portail<strong> </strong><a href="http://www.nachrichten.de/">Nachrichten.de </a>proposera ses propres publicités mais les fournisseurs de contenus seront rémunérés à hauteur de 20% des recettes générées. Par ailleurs les générateurs de contenus seront valorisés par des liens qui inciteront à visiter leurs publications respectives. Une initiative qui montre qu’il reste possible de ne pas rester passif face aux appétits du moteur de recherche. L’économie du lien peut aussi permettre de gagner de l’argent. Par exemple, la presse peut utiliser les techniques de <a href="http://www.definitions-marketing.com/popup.php?id_article=1244"><em>cashback </em></a>. Cette technique d’affiliation permet, lorsqu’un internaute procède à l’achat d’un service ou d’un produit, de verser une commission au support ou au site qui est à l’origine de la prise de commande. Pour les commerçants c’est une capacité d’atteindre une plus grande quantité d’internautes. Pour le Titre presse affilié c’est l’assurance que ses cartouches publicitaires engendrent du trafic d’affaires.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La Presse française tigre de papier sur son marché européen</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La presse française, qui doit faire face à des mastodontes, tente l’Intégration verticale pour les uns ou la construction méthodique de groupes de presse de poids international, pour d’autres. On se moque parfois du Tycoon italien, <em>Sylvio Berlusconi,</em> pourtant ce dernier aura réussit malgré les difficultés à constituer un groupe de presse multimédias bien plus solide que nombre de ses concurrents européens. Une des conditions de la résistance aux évolutions des modèles économiques engendrés par la netéconomie se trouve dans la constitution de groupes de presse multimédias capables de faire des économies d’échelles sur le plan rédactionnel en amont et de jouer sur les ordre de grandeur croissants par la diffusion multivecteurs. Cette stratégie leur permet de préserver un bassin important de lecteurs, ce qui leur offre une notoriété internationale toujours favorable pour les contrats de publicités croisés. Un exercice difficile pour les titres français, et d’autant plus difficile que la législation française ne cesse de mettre des bâtons dans les roues aux Tycoon nationaux. Ce qui est un comble pour un pays qui se targue de soutenir fortement ses industries culturelles. Peut être faut-il en chercher la raison par la crainte de voir la presse hexagonale devenir un peu trop indépendante des aides que l’Etat octroi à ses affiliés. Les limitations légales imposées aux médias français les empêchent de constituer des groupes de presse capables de rivaliser avec leurs confrères anglosaxons.  Il est vrai que les publications européennes souffrent d’un handicap particulier du à la multiplicité des langues utilisées. De ce point de vue la presse anglo-saxonne bénéfice d’un avantage dont elle se sert pour marquer des points sur les marchés internationaux. Lorsque je parle de la présence de la presse française à l’étranger, je constate que celle-ci ignore les progrès de la technique des traducteurs automatiques permettant d’être vus et lus dans la plupart des langues. C’est loin d’être parfait, mais cela ne justifie en rien l’immobilisme ! Tout quotidien ou tout magazine national un peu important ne peut faire l’économie d’une présence au moins européenne. Cela implique de conduire une stratégie de groupe de presse disposant d’une multiplicité de produits élaborés par une équipe rédactionnelle pluridisciplinaire et capable de disposer de vecteurs de diffusion complémentaires pouvant couvrir un bassin de notoriété suffisant afin de gagner des budgets pubs conséquents. En d’autres termes cela signifie que la presse aussi doit se prêter au jeu de la coopération, de la « coopétition » ! Je trouve tout à fait symbolique la récente initiative des titres aussi prestigieux que sont <em>El Pais, The Irish Times, Le Monde, The Financial Times, The Economist, Corriere della Sera, Frankfurter Allgemeine Zeitung, </em>ou encore le <em>Washington Post</em> et le <em>New York Times </em>de coopérer afin de constituer le site européen <a href="http://www.presseurop.eu/fr" target="_blank">&laquo;&nbsp;Presseurop&nbsp;&raquo;</a> qui sera disponible en dix langues. Un projet que l’on doit à l’équipe française de <a href="http://www.courrierinternational.com/">Courrier International</a> depuis longtemps habituée à collaborer avec tous ces titres internationaux. Un vent de fraîcheur comparé au dédain avec lequel la plupart  des titres accueillent la journée internationale de la presse pour soutenir les tentatives communes de notoriété de la presse française à l’étranger. La vacuité et l’indigence des politiques de pénétration des marchés hors de l’hexagone est un véritable scandale. La perte d’influence de la presse française à l’étranger n’est imputable qu’à elle-même. Résultat, on pleurniche pour défendre une pluralité de la presse qui nous est en réalité plutôt offerte par l’accès à des titres hors de l’hexagone qui, eux, <a href="http://www.slate.fr/story/la-presse-fran%C3%A7aise-5-fois-plus-aid%C3%A9e-que-la-su%C3%A9doise">ne demandent rien à l’Etat français</a>. La faible combativité de nos champions nationaux ne mérite pas les efforts que font les pouvoirs publics pour soutenir une pluralité qui n’existe pas sur  le papier et encore moins dans les faits<a href="#_ftn8">[8]</a>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La Presse vit une révolution dans ses modes de diffusion avec l’explosion des terminaux</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Comme aux Etats-Unis, la France verra Internet supplanter la presse traditionnelle, la télévision restant le vecteur majeur<a href="#_ftn9">[9]</a>.  Ce qu’il faut retenir c’est la complémentarité des différents modes de diffusion. La presse ne cesse de se chercher des modes de distribution plus efficace tout en restant très visible vis-à-vis des lecteurs potentiels. On a vu  le quotidien <em>Le Parisien</em> se vendre dans les  boulangeries. Différemment lorsque l’on parle de la presse numérique, ce sont les modes de diffusion électronique qui retiennent notre intérêt. Alors qu’on estime à plusieurs centaines de millions les terminaux disponibles, eux aussi offrent de multiples possibilités. La presse en ligne tente l’utilisation de vecteurs de diffusion originaux. Certains terminaux semblent plus naturellement  adaptées que d’autres diffuser des biens numériques de natures parfois différentes. Visionner un ou plusieurs clips d’actualités, d’information professionnelle ou de formation ne nécessite pas forcément un téléphone portable mais plutôt un <em>Netbook </em>ou un ordinateur portable. En d’autres termes, le vecteur du bien numérique doit être adapté à la nature ce dernier. Le messager (technique) compte autant que le message (la nature du contenu numérique)! Les terminaux à partir desquels on pourrait lire la presse sont de plus en plus nombreux. Des millions de consoles de jeux, des millions de Notebook, portables, Iphone ou Ipod sont naturellement calibrés pour recevoir des contenus multimédias de plus en plus variés. Les jeunes générations de l’Internet sont souvent la cible de ces innovations. Au Japon, Dentsu, une des premières agences publicitaires du pays, lance un kiosque de presse en ligne téléchargeable sur portables. Des accords avec plusieurs titres sont en cours qui permettront la centralisation des contenus que les titres sollicités pourront mettre en ligne. Le paiement pourrait être compris dans l’abonnement ou la consommation <em>on demand</em>, la publicité complétant le modèle envisagé.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La Presse, pas très habituée à une concurrence forte sur ses créneaux historiques, doit faire avec des modes de diffusion aux règles pour elle inhabituelles. Il devient quasi impossible de créer des marges suffisantes sur un seul mode de distribution, il convient d’adapter la ligne de produits avec des vecteurs de diffusion selon la cible et le marché mais complémentaires. A partir d’une production souvent diversifiée, la distribution doit adapter ses canaux de diffusion à la spécificité des biens numériques mis en ligne. Les commerçants, les assurances, comme les banques l’ont bien compris qui ont bâti des stratégies multicanaux/multimédias pour atteindre leurs publics. Documents promotionnels, ventes en ligne, émissions de téléachat, ventes en magasins, tous les canaux sont mobilisés pour faire des affaires. Dans le secteur presse, on ne compte plus les partenariats entre radio, télé, presse écrite et presse en ligne. On voit <em>RMC, BFM radio </em>s’enrichir d’une télévision avec <em>BFM TV</em> qui eux même sont associés au groupe <em>Tests</em> et à différents titres de presse comme <em>la Tribune</em>. BFM TV a même passé des accords de diffusion exclusive avec un opérateur de téléphone portable. Les contenus, les évènementiels et les plans médias sont agrégés afin d’obtenir une couverture optimum.  Même les réseaux sociaux et les hébergeurs de blogs s’y sont mis. On a vu  <a href="http://www.over-blog.com/">overblog</a> passer des accords avec <a href="http://videostream.over-blog.com/">videostream</a> et <a href="http://www.deezer.com/fr/">dezzer</a> afin de faciliter les versions multimédias/multicanaux de leurs bloggeurs. Le problème devient de réussir une symbiose harmonieuse des politiques de diffusion. On a pourtant encore l’impression que ces différents modes de distribution/promotion cohabitent dans le secteur de la presse en s’ignorant faute de stratégie globale. Plus que jamais, si les stratégies multivecteurs restent indispensables, encore faut-il  savoir sortir du piège des pratiques anciennes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>L’avenir, le journal en ligne à la demande</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le rapport Attali souligne qu’un américain passe plus de temps à lire sur son écran qu’à lire les journaux. Entre 1999 et 2004, la lecture de journaux en ligne aura augmenté de plus de 350 % et le nombre de quotidiens mis en ligne sur la Toile aura doublé. Le phénomène touche déjà l’Asie. En Corée du Sud, l’accès aux news par son portable est usuel. Au Cambodge, à Saigon comme à Hanoï, la presse étrangère a disparu des kiosques pour être éditée à la demande par les grands hôtels et les organisations qui ont pris des abonnements. La presse à la demande multiplie les expériences. De la même façon que les éditeurs en ligne modifient la page d’accueil presse de l’internaute pour l’aligner sur ses centres d’intérêts, on peut s’attendre à la même chose pour l’édition PDF éditée sur papier ou diffusée via des terminaux de types netbook (Portables multimédias et terminaux de type Argos). Ici ce sera moins le journal électronique que l’on achètera que le service «à la carte ». Ce faisant, on s’achemine vers une composition de contenus de la presse en ligne qui n’est pas sans rappeler les « bouquets » de la télévision à la demande.<a href="http://www.netvibes.com/#General"> </a><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/terminal-ebbok.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1655" title="terminal ebbok" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/terminal-ebbok-262x350.jpg" alt="terminal ebbok" width="262" height="350" /></a>Netvibes, offre ce service de presse personnalisé. Ce « webservice » permet à chaque internaute de se constituer une page d&#8217;accueil personnalisable sur laquelle on peut rassembler du contenu et des services Web. Grâce à un système de modules facilement paramétrables, vous pouvez vous créer une page de news pour surveiller depuis un même endroit tout ce qui vous intéresse. La page se constitue à partir de contenus syndiqués avec les flux RSS, mais aussi une multitude de services tels que la météo, les podcasts, les derniers messages reçus ou bien l’accès à vos sources d’information favorites. Cette page est accessible depuis n&#8217;importe quel ordinateur connecté. Il s’agit d’une sorte de portail personnel individuel qui peut être réorganisé pour suivre l’évolution des besoins de l’internaute. Pour financer le modèle, on demande à l’internaute d’attendre les services ou les téléchargements quelques secondes (45 le plus souvent) durant lequel il fera l’objet de présentations de bannières publicitaires en lien avec son lieu de téléchargement et/ou avec le sujet téléchargé. Ce type d’application reste considéré comme du parasitisme par la presse traditionnelle ce qui explique son raidissement vis-à-vis du respect du <em>copyright</em> et de la rémunération des auteurs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Le durcissement sur la rémunération des droits d’auteur met la presse en corner !</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ce raidissement sur le copyright ne sera pas sans effet sur la commercialisation des contenus. La législation européenne est très protectrice des droits pour les éditeurs qui bloquent cyniquement les projets de numérisation même des œuvres dites « orphelines », à savoir qui n’ont plus d’ayants droits mais dont l’éditeur peut encaisser les droits ! Afin d’empêcher la généralisation des livres numérisés, les éditeurs européens sont tous d’accord pour imposer un accord préalable à toute numérisation. Il reste impossible de passer des accords globaux de cession des droits contrairement à ce qui se fait aux USA, Ce qui revient à passer par des circuits administratifs si coûteux qu’ils verrouillent le contrôle sur les développements du livre numérique. Du coup les auteurs anglosaxons occupent largement le terrain parce que plus libre dans les contrats de cession des droits. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/googlewood.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1654" title="googlewood" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/googlewood-300x198.jpg" alt="googlewood" width="300" height="198" /></a>Plus de 15 millions de livres auraient été numérisés dont une grande partie grâce à des accords avec des bibliothèques américaines et anglaises, des Universités<em> </em>du Michigan, de Harvard, de Stanford et bien d&#8217;autres. Google s’est surtout attaqué à des ouvrages épuisés ou passés au pilon par les éditeurs au grand plaisir des auteurs qui voyaient leurs travaux revivre grâce à leur mise en ligne. Surtout, ils voyaient la possibilité de toucher des droits issus de la publicité et de la répartition des licences négociées alors que les sites de ventes de livres d’occasions comme <em>Amazon</em> ne leur rapportent jamais rien. Google qui utilise les thématiques des ouvrages pour s’assurer des revenus publicitaires contextuels et s’assurer des ventes de services ou de produits numériques dérivés ne me paraît pas gênant. Bien évidement les éditeurs européens (et leurs adversaires américains comme Microsoft/Yahoo et Amazon) tentent de faire croire que Google aurait de fait le monopôle de la numérisation et de la diffusion des ouvrages. Google ne peut avoir le monopole des droits et de la numérisation et les éditeurs le savent, les lois américaines et européennes leurs interdisent.  Par ailleurs … rien n’empêche un groupe d’éditeurs français ou européens de faire de même ! Ceux qui crient au loup auraient pu imaginer eux-mêmes cette astucieuse façon de rémunérer leurs investissements et les auteurs qui ne touchent plus de droits depuis bien longtemps<a href="#_ftn10">[10]</a>. Face à la libre circulation des biens culturels, il faut certainement éviter un monopole concédé à Google mais aussi un blocage de la situation par des éditeurs qui se moquent de l’intérêt général. Pour moi, ce sont les auteurs qui doivent décider. Pour ma part, je souhaite que seuls les auteurs, leurs ayants droits ou des représentants des pouvoirs publics puissent décider de l’avenir de leurs œuvres (et surtout pas les éditeurs qui ne font rien, ou pas grand chose, pour valoriser leurs fonds de commerce sur Internet.) Enfin, tout à leur blocage monomaniaque, ses adversaires ne voient pas que le prochain coup stratégique de Google est dans la préparation en cours d’un terminal qui recevrait préférentiellement ses ebooks numérisés et surtout <strong>indexés par lui</strong>. Alors que l’attention des gouvernements européens est concentrée sur le (faux) risque de monopole de Google sur la diffusion des œuvres numérisées, on ne prête pas suffisamment  attention à ce que la firme américaine ne puisse bloquer les indexations des métadonnées dans ses moteurs de recherches selon sa seule politique de diffusion. Car, faut-il  le rappeler, les livres comme la presse devront envisager des modes de diffusion en complète rupture avec l’époque « tout papier ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Le Terminal léger va devenir le standard de la presse en ligne</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La migration croissante des lecteurs vers les écrans donne le ton de ce que sera l’évolution majeure de la presse moderne. Les lecteurs veulent une information proche du temps réel, capable de répondre à des sujets d’actualité ou des thèmes documentaires précis. Selon une étude de Toshiba, on recense environ 300 millions d’écrans en France. Autant de petites lucarnes qui  seront le substitut à l’édition papier, qui seront le moyen de diffusion le plus naturel des produits de la presse numérique. Le Terminal léger, sans doute avec écran tactile, sera à même de recevoir des éditions de la presse en ligne à la demande. Il permettra de recevoir des produits multimédia produits par la presse moderne. Il sera offert avec votre abonnement. De la même façon que l’on a vu des opérateurs téléphoniques offrir quasi gratuitement des téléphones portables pour leurs abonnés, des centres de formation en informatique offrir des ordinateurs portables à leurs stagiaires, des éditeurs de presse offriront des terminaux pour ceux des lecteurs qui s’abonneront<a href="#_ftn11">[11]</a>. Pourquoi pas demain un lecteur d’ebooks offert par BFM ou les Echos ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><img class="alignleft size-medium wp-image-1346" title="apptechnology" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/apptechnology-300x219.gif" alt="apptechnology" width="300" height="219" />Les grandes manœuvres pour s’emparer du marché des terminaux sont lancées. Cela nous rappelle la compétition entre les normes VHS et Betamax pour les cassettes vidéo ou celle des normes de lecture de la haute définition pour les DVD entre HD-DVD/Blue-Ray. On verra un plus grand nombre d’opérateurs traditionnels se rapprocher à la fois des opérateurs mobiles, à l’exemple de l’intérêt porté par Vodaphone à T.Mobile en Grande Bretagne et des équipementiers de terminaux. La tentative ratée d’Orange d’obtenir le monopole de diffusion des <em>Iphone</em> comme y réussira l’opérateur américain AT&amp;T est une autre illustration du déplacement stratégique vers les terminaux de lecture. Celui qui arrivera à placer son lecteur bénéficiera d’un monopole technique. On comprend qu’Amazon soit vent debout contre le projet de Google, il voit bien que son lecteur Kindle pourrait passer à la trappe au bénéfice du lecteur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Android">Google Android</a>. Google encore, qui a fait ami-ami avec Sony en lui offrant quelques 500 000 ouvrages numérisés afin d’alimenter sa bibliothèque en ligne pour ses terminaux <a href="http://www.bluegger.com/ebook-google-offre-500-000-livres-sony-r.html">ebooks</a>. Dans cette bataille, les avocats passent à l’attaque afin de lancer les premières salves d’intimidation déjà échangées entre les protagonistes. Amazon est attaquée sur son lecteur <a href="http://www.01net.com/editorial/364876/kindle-le-livre-electronique-sans-fil-damazon/"><em>Kindle</em></a> suite une revendication contradictoire d’un brevet qui aurait été déposé par Discovery Communication. Cela  laisse à penser que  cette société travaille sur son propre lecteur de livres numériques ce qui reviendrait à concurrencer alors Amazon et Sony sur leur terrain. Amazon qui a lancé la première version de son livre électronique en 2007, propose en 2009 une version améliorée, le <em>Kindle2</em>, plus puissant et plus mince. Il donne accès à une librairie électronique de quelques 230.000 titres téléchargeables sans fil aux Etats-Unis. Le <em>Kindle2</em> est notamment doté d&#8217;une fonction de lecture par voix synthétique. On sait par ailleurs qu’Apple planche sur une tablette multimédia qui pourrait, entre autres, lire des livres électroniques avec, comme idée novatrice, l’application qui fait glisser les pages au fil de la lecture. Pendant qu’Amazon débrouille son litige avec Discovery, Apple doit faire face de son côté à la plainte de la société suisse <a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/20090324/11492/lire-des-e-books-sur-son-iphone-monec-attaque-apple">Monec</a> qui reproche à la firme de Cupertino (Californie) de promouvoir la capacité de l&#8217;iPhone à afficher des livres électroniques (ebooks), en violation d’un brevet que Monec aurait déposé en 1999. Apple est accusé de contrefaçon et d’agissements parasitaires. Pour en rajouter une louche, on commence à assister à des échauffourées entre marques qui se soupçonnent de favoriser des échanges entre <em>ebooks</em> ce qui aboutirait à contourner les droits de <em>copyright</em>. Les marchés comme les clients sont en permanence soumis à des opérations de propagandes invitant chacun <a href="../../../../../http:/www.ettighoffer.fr/650/les-clients-et-les-marches-pris-a-temoin-des-guerillas-sur-les-droits-d%E2%80%99auteurs">à prendre partie</a>. Fatiguant. Ce type d’action qui tend à chercher des compensations financières faute de pouvoir réellement percer sur un marché est devenue une pratique courante. Il est souhaitable que les tribunaux d’arbitrage sonnent la fin de la récré en sanctionnant sévèrement ces abus.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Je me demande parfois, face aux faibles innovations de la presse traditionnelle, si leurs patrons s’intéressent à ces péripéties qui sont en train de changer progressivement la physionomie d’une presse française qui se voudrait moderne et qui pourtant n’en finit pas de se ringardiser ! Ce qu’il faut retenir de ce tintamarre, c’est que la presse en ligne et les éditeurs en général semblent avoir des difficultés à interpréter les prochains coups stratégiques de l’édition numérique du XXIème siècle, siècle de l’économie des connaissances. La presse écrite serait-elle « <em>la sidérurgie de ce nouveau siècle</em> » s’interroge encore Yan de Kerorguen ancien rédacteur en chef de La Tribune et co-fondateur de <a href="http://www.place-publique.fr/">Place Publique</a>. La culture française s’auto marginalise sous l’influence de quelques caciques et éditeurs myopes qui, plutôt que d’ouvrir nos bibliothèques, cherchent encore un modèle économique qui n’existe pas ! Comme le disait en substance Talleyrand. « <em>On meurt plus souvent de sa propre faiblesse que de la force de son adversaire ! </em>». Il avait raison, hélas !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Alors !? … Ce que pourrait être le journal de demain. </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il est encore en papier. He oui ! Il ne faudra pas enterrer trop vite notre quotidien ou notre magazine préféré. Mais ils auront tous deux changés profondément de physionomie. Les kiosques distribuent de plus en plus sur cartes prépayées différents titres qui font guichet commercial commun. Ensuite, ils se vendent surtout par abonnement. La différence est que l’on aura presque complètement cessé de vous proposer des gadgets souvent inutiles. Ceci au bénéfice d’un ensemble de services en ligne qui complèteront la version papier. Ils ne seront disponibles, pour les plus complets, qu’aux abonnés. Ces services seront multimédias afin de résoudre le conflit temporel entre la presse d’analyse et l’actualité. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/papier-lecture-numérique.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1658" title="papier lecture numérique" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/papier-lecture-numérique-150x150.jpg" alt="papier lecture numérique" width="150" height="150" /></a>D’ailleurs, selon une programmation choisi par l’abonné, des applications de type <em>twitter </em>apporteront les dernières nouvelles sur les portables et les écrans utilisés par la famille. D’autres, en s’appuyant sur des moteurs de recherche plus ou moins sophistiqués, s’assureront d’offrir une bonne compilation des sujets qui intéressent le lecteur abonné. Selon la nature de l’abonnement, des études, des vidéos et des images lui assureront un point de presse personnel avec des capacités d’extraits d’archives pour les chercheurs, étudiants ou professionnels souhaitant creuser certains sujets. Bien évidement, une version papier imprimable est disponible à tous moments. Les directions de la Presse devront prendre le parti de n’avoir plus une position dominante dans la fourniture d’information et de multiplier les partenariats de coproduction et de co-diffusion. D’où leur rapprochement incontournable avec des opérateurs et des fournisseurs de terminaux mobiles de type <em>ebooks</em>. Certains titres ont d’ores et déjà pris ce virage à leur plus grand bénéfice sur lesquels ils restent discrets. On les comprend. Les titres les plus audacieux auront pris des accords avec des bloggeurs célèbres afin d’assurer une production d’analyses et d’avis croisés sur les sujets les plus sensibles. Ceux-ci seront mis à la disposition des abonnés et des publics de passage sur leurs sites, car si les abonnés ont le privilège de l’info et de ses analyses en temps réel, l’internaute de passage pourra bénéficier des résumés et des commentaires des bloggeurs. Les bandeaux publicitaires de type « couponing » se multiplieront, la presse touchant en plus des budgets publicité, des rémunérations des affaires faites par leur intermédiaire. D’autres emprunteront aux stratégies des majors en organisant régulièrement des visioconférences (ou <em>callconf</em>) et des <em>tchats </em>avec des responsables ou des célébrités. Certains même n’hésiteront pas à marcher sur les plates-bandes de la télévision en assurant eux-mêmes des productions de contenus audio-visuels. Alors, que reste-t-il pour le journaliste !? L’essentiel ! La capacité à donner du sens aux évènements, à les placer dans un contexte historique ou économique qui échappe à l’auditeur, au téléspectateur ou au lecteur lambda ! C’est ça une presse diversifiée. Les journalistes modernes s’inscrivent dans le mouvement irréversible où ils deviennent des analystes de l’information et des contenus avant que d’être des rédacteurs de nouvelles. Dans « <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/syndrome.html"><em>Le syndrome de Chronos</em></a><a href="#_ftn12"><em><strong>[12]</strong></em></a>» face au « déluge électronique » qui nous assomme, je me souviens avoir écrit : « <em>l’important maintenant n’est pas d’avoir des informations stratégiques, le problème est de savoir si elle est stratégique </em>». Pour moi, un journalisme de l’époque numérique est celui sur lequel je puis compter pour décoder le monde et ses tourments. Un écosystème nouveau s’ébauche qui aboutit au métissage de la presse traditionnelle et de la presse en ligne. Ne manque à ce scénario que les élus qui vont proposer de réduire les subventions à la presse en contrepartie de l’abandon de la publicité urbaine (et de ces budgets) qui ira de nouveau s’investir dans la presse locale (on peut rêver, non !?).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Denis C. Ettighoffer</strong></span></p>
<hr size="1" />
<address><a href="#_ftnref1">[1]</a> Etude Pew Research</address>
<address><a href="#_ftnref2">[2]</a> Chiffres 2007, France Pub Irep.</address>
<address><a href="#_ftnref3">[3]</a> En facilitant la mise en ligne gratuite de productions d’amateurs ou de professionnels soucieux de se faire connaître <em>Youtube</em> a gagné une notoriété internationale qui lui permet de générer des revenus publicitaires associés aux thématiques des vidéos. Lorsque l’on songe que presque 160 millions de personnes ont visionné un ou plusieurs clips pour le seul mois de juin 2009 on comprend la préférence des annonceurs pour Internet qui permet des ciblages plus pointus comparativement à la télévision.</address>
<address><a href="#_ftnref4">[4]</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Twitter">http://fr.wikipedia.org/wiki/Twitter</a> il existe même un site spécial pour les journalistes <a href="http://www.journotwit.com/">http://www.journotwit.com/</a></address>
<address><a href="#_ftnref5">[5]</a> Martin Zimmerman. <em>Courrier International</em> du 10 septembre 2009</address>
<address><a href="#_ftnref6">[6]</a> L&#8217;Expansion.com -  07/08/2009</address>
<address><a href="#_ftnref7">[7]</a> Voir « l’Informatique Stratégique » de Claude Wiseman Éditions d&#8217;Organisation, Paris, 1987</address>
<address><a href="#_ftnref8">[8]</a> Les subventions directes ont augmenté de 21% en Suède&#8230; et de 71% en France entre 2003 et 2007, selon l&#8217;Association mondiale des journaux. En Suède, pays de 9 millions d&#8217;habitants ultra-connectés, on compte 449 exemplaires vendus pour 1.000 habitants (8e rang mondial). En France, le chiffre est de 154 exemplaires soit trois fois moins.</address>
<address><a href="#_ftnref9">[9]</a> Aux Etats-Unis, Internet est en train de supplanter la presse écrite selon une étude du <a href="http://people-press.org/">Pew Research Center for the People &amp; the Press</a>, un think tank américain qui analyse les comportements vis-à-vis de la presse. Les Américains sondés en décembre pour cette étude déclarent s’informer davantage par le Net (40 %) que par les journaux (35 %). Source : <a href="http://people-press.org/">http://people-press.org</a>/ Pew Research Center ( enquête menée du 3 au 7 décembre 2008 auprès de 1489 personnes )</address>
<address><a href="#_ftnref10">[10]</a> Ce serait aussi une bonne façon de limiter sérieusement la perte des revenus liée à la vente ou aux dons de livres d’occasion qui ne donnent lieu à aucune rémunération.</address>
<address><a href="#_ftnref11">[11]</a> Ce sera sans doute mieux que tous les misérables gadgets qu’ils proposent à l’occasion de leurs campagnes d’abonnements !</address>
<address><a href="#_ftnref12">[12]</a> Editions Dunod, Collection Eurotechnopolis, janvier 1998</address>
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		<title>Dirigeants. Anticipez, Le Futur a de l’Avenir!</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 10:27:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées fortes]]></category>
		<category><![CDATA[Modes de création de valeur]]></category>
		<category><![CDATA[anticiper le futur]]></category>
		<category><![CDATA[changement]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[impreparation]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans «  La conquête du futur », Gary Hamel et C.K Prahalad, commencent leur livre en s’étonnant du peu de temps et d’attention que consacrent les cadres, dirigeants y compris, à préparer l’avenir de leur entreprise[1]. Ils aboutissent à ce chiffre surprenant que ces derniers dépensent moins de 3% de leur énergie à s’interroger sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;">Dans «  <em>La conquête du futur</em> », <em>Gary Hamel</em> et <em>C.K Prahalad</em>, commencent leur livre en s’étonnant du peu de temps et d’attention que consacrent les cadres, dirigeants y compris, à préparer l’avenir de leur entreprise<a href="#_ftn1">[1]</a>. Ils aboutissent à ce chiffre surprenant que ces derniers dépensent moins de 3% de leur énergie à s’interroger sur une mise en perspective de ce qu’ils apprennent des transformations qui affectent leurs métiers, leurs entreprises et leurs écosystèmes. Pour les auteurs, la perte de compétitivité des entreprises n’est pas due au fait que les méchants concurrents « piquent les boulots aux américains » mais au fait que « <em>les dirigeants d’entreprises s’étaient laissés surprendre par le futur et n’avaient pas agit en conséquence des évènements à venir, pourtant bien visibles</em> ». </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"> </span><span id="more-1226"></span><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/Gun_Trumps.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1337" title="Gun_Trumps" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Gun_Trumps-300x212.jpg" alt="Gun_Trumps" width="300" height="212" /></a>Malgré l’accélération du phénomène de création/destruction d’activités, voilà des responsables qui naviguent à vue, ni ne préparent suffisamment l’avenir de leurs entreprises : « <em>no future</em> » pour eux aussi. Pays riches et nantis, nous sommes pris en tenaille entre la dynamique des pays émergeants et des marchés <em>low cost</em> d’un côté et les contraintes croissantes du « développement durable » imposant des organisations plus économiques et des solutions toujours plus éco-efficientes, de l’autre. Les défis qui sont imposés à nos entreprises comme à notre société sont considérables, éprouvants et inquiétants. Pourtant nous donnons l’impression de nous en désintéresser en dehors des crises qui secouent nos provinces le temps d’une actualité du 13 heures. Sommes-nous devant la morne plaine d’un <em>Waterloo</em> économique !? Au loin les indiens nous attaquent sur les services informatiques, l’ingénierie, la biologie et les industries pharmaceutiques, plus à droite les américains prennent de l’avance sur les industries des services distants notamment les services financiers et assurances, voyages et les industries de contenus audiovisuelles, au fond à gauche, les chinois industrieux nous envahissent avec leurs produits manufacturés bons marchés, voitures, scooters et motos mais aussi tout l’électroménager et les industries de second œuvre. Nous nous nourrissions du phantasme de l’arrivée massive des migrants des pays pauvres, nous avons plutôt l’arrivée massive de leurs produits et de leurs services bons marchés. La France redoute la croissance chinoise, l’Allemagne en profite. Cela me rappelle cette belle maxime, chinoise justement : <em>face aux vents du changement, il y a ceux qui montent des paravents et ceux qui construisent des moulins à vent</em>. Ceux qui se protègent et ceux qui profitent. Selon une enquête du cabinet <em>Grant Thorton</em> rapportée par <em>le Figaro</em> du 19 avril 2006, les entrepreneurs français seraient 16% à considérer que l’essor de l’économie chinoise a engendré une baisse de leur chiffre d’affaire et 10% à considérer que celui-ci sert leurs affaires contre 24% en Allemagne. Que fait notre Grouchy contemporain !? Allons nous devoir, sur cette morne plaine plier le genou ? Déjà nos compétiteurs se préparent à la guerre de l’intelligence, des industries de la formation. Allons-nous perdre nos conquêtes sociales, nos industries, nos emplois, faute d’avoir su nous préparer à une vision du monde moins égocentrique ? Comment revenir sur le devant de la scène économique ? Comment libérer une force de frappe économique et sociale trop souvent brimée dans notre société et nos entreprises ? En ayant des idées, pardi !  Leur importance n’est plus à démontrer. Elles sont le carburant de l’éco-efficience, la réponse adaptée à la <em>low cost generation</em>. Tel pourra être le slogan de la prochaine rentrée dans les entreprises. Fini de regarder sans cesse dans le rétro. Fini les disputes pour savoir pourquoi cela ne va pas mieux et à qui la faute !? Dans les entreprises, les cycles innovations-consolidations sont déséquilibrés par l’accélération du processus schumpétérien. Le « besoin d’ordre » engendre la peur de se remettre en question, la crainte d’ouvrir une boite de pandore. Souffrant d’une surreprésentation du présent, tout est prétexte de remettre tout à plus tard pour ne pas régénérer la vision et la pensée qui a été à l’origine même de la création de l’entreprise et de ses innovations passées. Savoir regarder au delà des lendemains, s’imposer un travail de remise en question imaginatif, même si cela constitue un certain inconfort, devient une règle à ne jamais oublier pour qui veut durer. Les réactions « courtermistes » sont douloureuses car elles mettent surtout l’accent sur la réduction de la masse salariale pour préserver les marges. Résultat : une lente hémorragie des emplois faute d’avoir remis en question et adapté son modèle économique à temps. <em>Gary Hamel</em> et <em>C.K Prahalad</em> rappellent que les formidables gains de productivité de l’époque Tchatcher n’ont pas pour autant aidé les entreprises anglaises qui ne savaient pas où aller et comment, faute de vision. Cette difficulté nous la devons aussi à une culture de l’encadrement qui n’accepte que difficilement d’anticiper des problèmes qui ne manqueront pas un jour ou l’autre de leur sauter au visage. Avant 2010, les produits représentant plus de 70% de ventes d&#8217;aujourd&#8217;hui seront désuets en raison des demandes de clients. Piégés par le cliché des objectifs à court terme les dirigeants n’acceptent pas de travailler « leur futur » parce qu’ils ne trouvent pas cela bien productif. C’est une erreur, d’abord parce que c’est un formidable outil de mobilisation. L’utilisation de l’imaginaire permet de construire collectivement une vision du futur et de le positiver. Chacun doit reprendre à son compte cette observation d’Albert Einstein ; «  <em>le futur m’intéresse, normal, c’est là que je vais passer le reste de ma vie</em> ». <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/lavenirdesidees.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1652" title="lavenirdesidees" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/lavenirdesidees.jpg" alt="lavenirdesidees" width="223" height="185" /></a>Avoir des idées fortes soude et porte l’entreprise. <em>Jacques Maillot</em> l’aura prouvé avec <em>Nouvelles Frontières</em>, tout comme le fondateur <em>d’Easy Services</em> et bien d’autres qui avaient foi en l’avenir de leurs idées. Parlant de l’entreprise de demain, <em>Brice Auckenthaler</em> et <em>Pierre D’huy</em>, auteurs d’un ouvrage sur <em>l’Innovation collective</em>, posent d’entrée de jeu la question de savoir ce que sera l’entreprise du futur. J’ai entendu de multiples réponses à cette question. Elle fait l’objet régulier de conférences et séminaires en tous genres. La sobriété et la pertinence de leur réponse me paraissent symboliser la posture souhaitable de l’entreprise et celle des hommes qui la composent : <em>la curiosité</em>. La curiosité, premier acte avant la connaissance. La curiosité, premier pas vers les autres, la curiosité, première étape vers la découverte. Sans curiosité pas de « différence de potentiel », pas de perturbation à l’ordre établi, pas de remise en question de la connaissance, pas de fertilisation possible. L’homme curieux, le perturbateur, le découvreur, le casse pied aussi, devient le porteur d’une évolution, d’une ambition, d’une transition vers un autre état, un autre objectif qui entraînera avec lui une évolution du destin d’une collectivité. Porteurs d’aventures, ces créatifs nous ouvrent des voies inconnues que certains craignent et que d’autres abordent avec le sentiment que la vie doit, justement, rester une aventure.</p>
<p><strong>Denis C.Ettighoffer</strong></p>
<p>(extrait de « <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/formnetbrain.html" target="_blank">Netbrain, les batailles des nations savantes</a> » Dunod 2008.)</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Gary Hamel et C.K Prahalad « <em>La conquête du futur</em> », Dunod 2001</p>
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		<title>Le fun, et si on utilisait le fun ?!</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 08:02:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronophagie & stress]]></category>
		<category><![CDATA[Ressources humaines]]></category>
		<category><![CDATA[antistress]]></category>
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		<category><![CDATA[humour]]></category>
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		<description><![CDATA[Le fun est un mot difficile à traduire en français : ambiance, rire, détente ou rigolade ? Un peu de ce mélange sans doute. Le fun joue dans l’entreprise un rôle équivalent au sexe dans les familles coincées. On sait qu’il existe. Qu’il faut faire avec. Et que lorsqu’on en parle, il faut avoir l’air de trouver [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/golds3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1665" title="golds3" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/golds3-267x350.jpg" alt="golds3" width="267" height="350" /></a>Le <em>fun</em> est un mot difficile à traduire en français : ambiance, rire, détente ou rigolade ? Un peu de ce mélange sans doute. Le fun joue dans l’entreprise un rôle équivalent au sexe dans les familles coincées. On sait qu’il existe. Qu’il faut faire avec. Et que lorsqu’on en parle, il faut avoir l’air de trouver ça formidable… en y touchant le moins possible. Voilà pourquoi on s’e… dans une majeure partie des entreprises françaises… qui seraient bien avisées d’investir sur ce bien très immatériel et très précieux, l’ambiance, le rire. Le meilleur remède connu contre l’angoisse et le stress. <span id="more-1192"></span>Lorsqu’il n’est pas un mot vide de sens, le fun est un formidable levier pour travailler et vivre ensemble. Certes, une entreprise ne doit pas se prendre pour le Disney Club, mais à force d’en rajouter dans la gestion « jugulaire-jugulaire », on se trouve devant des situations burlesques. En 1988, une société de services n’ayant pu se développer de façon satisfaisante et désireuse de préserver le ratio chiffre d’affaires/salariés, engage une procédure d’évaluation de fin d’année féroce pour les cadres n’ayant pas atteint leurs objectifs. Deux d’entre eux se sentant injustement évalués demandent à la direction générale de revoir leur copie. Refus de cette dernière. Les deux compères, qui ont aujourd’hui des postes importants, démissionnent. Le problème est qu’ils avaient à eux deux, grâce à leur dévouement, leur humour et leur gentillesse, constitué une excellente animation du service dans lequel ils travaillaient. Ce dernier devra être refondu complètement deux ans plus tard, faute de pouvoir retrouver l’ambiance de travail qu’ils avaient su créer. Combien coûte une ambiance de travail pour un contrôleur de gestion ? Le fun des managers semble avoir surtout disparu avec l’éradication des coûts inutiles. Comme le dit la chanson : « <em>J’ai perdu l’humour depuis que j’ai acquis le sens des affaires</em><a href="#_ftn1">[1]</a>. » Aujourd’hui, on chercherait en vain ces profils dans les bureaux de bon nombre d’entreprises. Ce qui donne raison à cet homme qui constatait : « <em>On ne fait plus beaucoup de pots au bureau. Qui a envie d’embrasser un ordinateur ?</em> » La propension de certaines compagnies à privilégier les résultats individuels fait qu’elles se sont séparées de certains hommes peut-être moins doués que d’autres pour faire du chiffre ou pour abattre une besogne irréprochable mais capables de mettre une ambiance formidable. Sérieusement. La crise de l’entreprise française serait-elle due à sa culture de la tristesse et du catastrophisme dans ses états-majors ? Rire de soi alors que l’on manque de recul n’est pas toujours facile. Fréquemment, on se trouve trop immergé dans un problème pour y trouver quelque drôlerie. Rechercher la fréquentation de gens qui ont un flair particulier pour déceler le côté drôle d’une situation, utiliser ce talent pour parvenir à en rire apporte souvent une aide appréciable. Quel meilleur remède que cette capacité à se moquer de soi ? Comme cet homme toujours pressé qui constatait, laconique : <em>« Si je n’arrive pas à l’heure chez mon psy, il commence sans moi !</em> » Pourquoi l’humour ne servirait-il pas d’antidote au stress ou à un état de dépression collectif ? L’humour est une qualité de perception qui fait ressentir de la joie même lorsqu’on se trouve face à l’adversité. Trouver de l’humour dans une situation et en rire librement avec d’autres personnes agit souvent comme un puissant antidote au stress en permettant de relâcher la tension. <a href="http://www.ettighoffer.fr/IM/1196768602_1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1650" title="1196768602_1" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/1196768602_1.jpg" alt="1196768602_1" width="200" height="274" /></a>En 1979, Norman Cousins a attiré l’attention de la communauté médicale sur les effets thérapeutiques potentiels de l’humour et du rire lorsqu’il décrivit l’utilisation du rire au cours d’un traitement de la spondylite ankylosante, une inflammation des vertèbres<a href="#_ftn2">[2]</a>. Pensant que les émotions négatives avaient un impact négatif sur la santé, il a émis l’hypothèse que le contraire devait être vrai, que les émotions positives auraient un effet positif. Il passa la fin de sa vie à explorer les preuves scientifiques de son hypothèse et créa la <em>Humor Research Task Force</em> pour coordonner et soutenir la recherche clinique sur l’humour dans le monde entier. Des preuves existent maintenant pour affirmer que le rire crée des effets opposés à ceux du stress. Il apparaît comme l’antidote parfait. Le rire abaisse les niveaux d’hydrocortisone dans le sang, augmente la quantité de lymphocytes T actifs, augmente le nombre et l’activité des cellules tueuses naturelles et le nombre de cellules T qui peuvent aider ou supprimer les récepteurs. En bref, le rire stimule le système immunitaire et réduit les effets immunodépressifs du stress. Cette recherche fait partie d’un domaine en expansion rapide de la psycho-neuro-immunologie, qui définit les liens entre l’expérience émotionnelle et la réponse immunitaire transmise par le système neurologique. Comme aime le dire le comique Bill Crosby, <em>« si vous pouvez en rire, alors vous pourrez y survivre</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Extrait de « <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/syndrome.html" target="_blank"><em>Du Mal travailler au mal Vivre</em></a> » Eyrolles. 2003</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> « Le blues du businessman », extrait de la comédie musicale <em>Starmania.</em></p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Norman Cousins, <em>Anatomy of an Illness</em>, New York, W. W. Norton, 1979 et <em>Head First. The Biology of Hope</em>, New York, Dutton, 1989.</p>
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