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	<title>Ettighoffer Digital Campus</title>
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	<description>L&#039;homme connait le monde, non point par ce qu&#039;il y dérobe, mais par ce qu&#039;il y ajoute. (Paul Claudel)</description>
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		<title>Perséus, l’Ordinateur qui rêvait</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Apr 2013 11:24:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Visions d'Avenir]]></category>
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		<description><![CDATA[A Santa Fe, les ingénieurs du centre de recherche d’IBM sur les applications des ordinateurs quantiques en sont encore tout remués. Il y a de quoi. Au cours de maintenances de routine sur leur  premier ordinateur  quantique « Perséus » en cours de test, ils ont découvert que celui-ci reprenait en arrière plan des demandes de calculs [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;">A Santa Fe, les ingénieurs du centre de recherche d’IBM sur les applications des ordinateurs quantiques en sont encore tout remués. Il y a de quoi. Au cours de maintenances de routine sur leur  premier ordinateur  quantique « Perséus » en cours de test, ils ont découvert que celui-ci reprenait en arrière plan des demandes de calculs faites des jours auparavant par les ingénieurs. «  <i>Comme si l’ordinateur rêvait en utilisant de lui-même une partie de ses ressources</i> », dira l’un des ingénieurs sollicité par notre journaliste. Mais le plus singulier, c’est que les résultats qu’il obtenait alors étaient différents de ceux donnés quelques jours plus tôt. On peut comprendre l’effroi et la perplexité des chercheurs d’IBM à Santa Fe.<span id="more-2932"></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">Pour comprendre, revenons aux  années 1980. La modélisation informatique du monde des entreprises est tirée par la demande d’une meilleure efficacité des organisations industrielles et commerciales. De ce point de vue, l’informatique a largement démontré ses effets positifs comparés aux approches empiriques. Cela ne c’est pas fait sans inconvénients. Le formalisme méthodologique associé à la supposé puissance de modélisation des modèles du management grâce à l’informatique a construit aussi tout un univers d’illusion pour les dirigeants d’entreprises. Bien que digne du plus grand intérêt pour comprendre la structure sous adjacente des évènements et leurs prolongements possibles, la modélisation systémique reste une science très pointue, hermétique pour la majorité des dirigeants, elle est, en réalité, peu utilisée dans la conduite des affaires courantes. Par contre nombre d’entre-eux sont tout à fait convaincu que l’informatique doit leur prêter assistance pour résoudre des problèmes qui en définitive viennent<i> quasi toujours à optimiser des allocations de ressources et leurs coûts,</i> différemment dit, de l’énergie (argent, usines, hommes, etc.) que va dépenser l’entreprise pour réaliser ses objectifs. La contrainte majeure étant de prendre les décisions dans un laps de temps le plus court possible, donc d’anticiper, d’où la multiplication des traitements modélisant des scénarios plus ou moins pointus. Mais, même dans un court laps de temps, des variables nouvelles, des perturbations à l’ordre, sont déjà en formation. Un point qui va devenir essentiel pour un ordinateur aussi puissant que<i> Perséus</i>.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2935" alt="Lordi rêvait" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Lordi-rêvait.jpg" width="263" height="163" /> Expliquons-nous. Dans les années 90, deux ingénieurs d’IBM, Rolf Landauer et Charles Bennet, se penchaient sur la question des coûts énergétiques de l’information. Ils s’interrogeaient sur l’énergie consommée par les temps de traitement d’un ordinateur. En 1996, ils aboutissent à une thèse qui passionnera la communauté scientifique, <i>« la quantité énergétique d’informations nécessaire pour décrire un objet désordonné sera supérieure à celle nécessaire pour décrire un objet ordonné</i> ». Le traitement des informations, même dans un ordinateur, respecte les principes de la thermodynamique. Tout changement d’état dans l’objet observé sera à l’origine de consommation d’énergie. Celle-ci sera d’autant plus conséquente que la description est plus longue parce que le système observé est désordonné. Par voie de conséquence lorsque l’ordinateur de Landauer et de Bennet mesure le « taux d’organisation » d’un ensemble donné<a title="" href="#_edn1">[i]</a>, « c’est la durée des temps de calculs nécessaires à la description de l’objet » qui va indiquer son niveau d’organisation. Corollaire, moins le système consomme, plus il est simple, voire rudimentaire. Ce que l’on gagne en énergie, on le perd en complexité, « en profondeur d’organisation » pour reprendre la formule des chercheurs. Le processus naturel de la vie des organisations serait de gagner naturellement et très lentement en simplicité organisationnelle afin de réduire leur consommation énergétique. Un processus qui rappelle celui de la recherche permanente de productivité par les entreprises. Les organisations modernes (quelques snobs parlaient « d’entreprise liquide ») doivent être « light » afin de s’adapter à des variations extrêmes de régimes de fonctionnement dues elles mêmes à la versatilité de certains marchés. Elles seront simples, robustes, adaptatives et agiles, afin de disposer de fortes capacités combinatoires. Ces combinaisons peuvent devenir d’autant plus complexes qu’elles se modifient en permanence. Les entreprises inventent de nouvelles structures, de nouvelles formes d’organisation. Par ailleurs, en raison de leur mode virtuel d’organisation en réseaux, elles sont d’une très grande flexibilité combinatoire pour adapter, presque heure par heure, leur chaîne de valeur aux problèmes à résoudre.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que c’est ‘il passé ?! Les données et les conclusions révélées par Landauer et de Bennet ne s’appliquent plus à un ordinateur quantique capable de travailler à la vitesse de la lumière et d’exécuter des traitements alternatifs mettant au défi les logiques traditionnelles. Un ordinateur quantique disposant d’une puissance des millions de fois plus importantes qu’un modèle au silicium est capable de prouesses mémorielles et stochastiques inimaginables à ce jour. La physique quantique présente comme première particularité d’être à la fois « omni dimensionnelle » et « omni temporelle ». L’état théorique postule qu’il existe simultanément dans deux réalités différentes. Les photons d’un ordinateur quantique peuvent « exister » dans un double état. Dans le premier, relevant de la physique des corps, ils deviennent localement et fugitivement observables et utilisables. Dans un second état, ils sont l’expression d’une vibration quantique dont la fréquence de plusieurs millions de fois plus rapide que la lumière mais dans un état dit aléatoire, stochastique.  Dans le domaine des logiques floues et chaotiques, Perséus « rêve » en parallèle dans plusieurs modélisations quasi simultanées, plusieurs solutions au lieu d’une et d’une seule au fil du temps qui passe. On peut comprendre l’émotion et aussi l’intérêt du monde de la recherche pour cette découverte d’un ordinateur qui rêve. Inconsciemment, semble-t-il. Perséus vient de gagner son nom d’ordinateur quantique. Travaillant en plusieurs dimensions, il  exploite et met à jour en permanence les différentes hypothèses auxquelles il est confronté. En sera-t-il conscient un jour ?</p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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		<title>Une doctrine « tout câble » imprudente et parfaitement irréaliste</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Mar 2013 10:07:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Etat Stratège]]></category>
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		<description><![CDATA[En novembre 2012, le gouvernement, conscient des multiples dérapages et des insuffisances du plan du THD créait une « Mission THD ». Celle-ci était chargée de proposer une stratégie et un schéma réactualisé de sa mise en œuvre sur la base des contraintes identifiées par les différents acteurs concernés. Les orientations et les solutions proposées par ce [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>En novembre 2012, le gouvernement, conscient des multiples dérapages et des insuffisances du plan du THD créait une « Mission THD ». Celle-ci était chargée de proposer une stratégie et un schéma réactualisé de sa mise en œuvre sur la base des contraintes identifiées par les différents acteurs concernés. Les orientations et les solutions proposées par ce rapport laissent l’impression d’être un objet improbable, bourré de généralités et destiné à satisfaire les responsables des collectivités territoriales confrontées à des chantiers et une ingénierie qu’elles maitrisent difficilement.</strong><span style="color: #333333;"><span id="more-2921"></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ne tournons pas autour du pot. Sa lecture n’est pas faite pour rassurer. Indépendamment d’une rédaction lyrique sur l’importance de doter la France de la fibre, au fil des pages on ne peut manquer de s’interroger sur ses nombreuses contradictions, ses zones d’ombres et  l’annonce, pas très rassurante, d’une nouvelle usine à gaz. Parmi les orientations reprises par la Mission THD, plutôt que d’encourager et de soutenir les investissements, on retrouve le désir de l’administration d’encadrer les opérateurs privés qui investissent dans le câble. Cela laisse à penser que les technocrates du gouvernement semblent vouloir privilégier le versant public du déploiement de la fibre en accordant  peu d’importance au rôle du secteur privé, le poids des marchés et, pire encore, en ignorant les services en ligne qui justifieront l’essentiel du retour sur investissement pour tous les acteurs, publics ou privés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport de la mission THD s’intéresse ainsi à la cohabitation entre les réseaux (fibre ou cuivre et autres) et tend à vouloir sanctuariser la fibre comme le seul réseau devant être privilégié. Dans ses attendus, il considère que « <i>la coexistence durable de deux réseaux en parallèle de bout en bout n’est pas un modèle pertinent dans la durée pour des territoires peu densément peuplés</i> ». Et de proposer quelques lignes plus loin de discuter avec les opérateurs historiques <i>« des modalités d’extinction du réseau cuivre</i> ». Même si la disparition du cuivre est envisageable, ce n’est pas, ce ne devrait pas être le sujet essentiel, le plus important, du plan THD. Il faudra encore au moins deux décennies pour <i>fibrer</i> correctement la France. Les évolutions naturelles de la demande, les spécificités locales et les contraintes économiques feront bouger l’architecture des réseaux sans qu’il soit nécessaire que la puissance publique y mette son nez. Il serait désolant de voir s’affirmer une vision dogmatique du fibrage français au détriment de solutions alternatives qui fonctionnent très bien et sur lesquels des milliards d’euros ont été déjà investis. D’autant que, si d’entrée, il est dit que la plan câble doit aboutir à un réseau qui atteint systématiquement l’abonné final ; on admet plus loin (heureusement !) que pour des territoires particuliers des solutions techniques alternatives sont souhaitables, dont notamment des solutions de type ADSL2 s’appuyant sur des réseaux cuivre. Heureusement encore, car il y a de fortes chances pour que ces solutions alternatives (donc les prometteuses applications du <a href="http://blogs.informatandm.com/3597/g-fast-business-rationale-remains-unclear-for-copper-2-0/">F.Fast</a>) soient très, très fréquemment, utilisées et pour longtemps, notamment pour les « derniers mètres » ! Réduire la fracture numérique, c’est d’abord donner satisfaction au client final en lui offrant un débit qui lui va, même si celui-ci n’atteint pas 100 Mbits/s ! Ce qui évitera de nombreux surcoûts et des délais d’attente inadmissibles. Attente maintenant due aux hésitations de l’Arcep qui n’a toujours pas  autorisé le déploiement d’ADSL2 en France. Doit-on y voir la patte du responsable de la mission THD « tout câble », Antoine Darodes de Tailly, ancien directeur de l’Arcep !?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce rapport pas très convainquant, on cherche vainement une remarque sur une des chevilles ouvrières du réseau : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9p%C3%A9teur">les répéteurs</a> et les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Commutateur_r%C3%A9seau">commutateurs</a>. Ils coûtent chers, nécessitent un déploiement spécifique adapté à la nature et à l’architecture du réseau afin de limiter les erreurs de transit, l’engorgement des boucles et le blocage des communications. Enfin, ils nécessitent aussi une exploitation et une maintenance par des équipes spécialisées qui sont chez les opérateurs techniques privés.  Il est vrai que dans ce rapport les opérateurs ne semblent pas avoir grand-chose à dire sur leur stratégie face à la puissance publique qui visiblement compte les « corseter » grâce à des subventions issues des fonds d’épargne.</p>
<p style="text-align: justify;">Les dits opérateurs privés sont incités à déployer et à investir dans les infrastructures réseaux, mais on se garde de dire comment, sinon que certaines «  <i>initiatives privées</i> » ont déjà pris des places dans les meilleures plaques. Ce qui n’est pas un scoop. Donc, « <i>en dehors des initiatives privées</i> », la question est de savoir comment cela fonctionnera pour celles des plaques apparemment les moins lucratives ? On attendra la réponse … qui sera d’abord « <i>par un encadrement plus conséquent du déploiement</i> ». Le partenariat PP (Privé/Public) posant de plus en plus de problèmes notamment pour les projets réseaux de petite taille ; ces derniers seront soutenus par des subventions publiques pudiquement désignées sous le terme de « soutien financier aux réseaux fibre ». Lorsque le rapport aborde l’idée d’un « <i>programme de soutien national sous la forme d’une prime aux projets de grande envergure</i> », c’est à dire couvrant les territoires les plus vastes (ce que l’on peut comprendre car il permet une meilleure péréquation économique), je ne peux m’empêcher de penser à la stratégie qui avait été suivie par l’EDF dans les années 40 et 50 pour l’électrification de la France. Elle a consisté à faire payer par ses futurs clients des avances qui leur étaient ensuite rétrocédées sur sa facture de consommation. Plutôt que des subventions à fonds perdus, ne pourrait-on envisager une démarche sensiblement identique entre les collectivités et les opérateurs ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ce rapport qui est largement commenté par la presse, m’inquiète. Il m’inquiète parce qu’en soulignant tout ce qu’il faudrait faire, tout ce qu’il manque en matière de logistique d’accompagnement, il montre en creux tout ce qui n’a pas été fait depuis des années. Il m’inquiète parce que là où il faudrait réduire les intermédiations, donner plus de présence aux marchés et aux investissements privés, il propose, contrairement à son souci affiché d’efficacité, une multiplication d’organisations et de comités Théodule qui seront autant d’occasions de constituer des freins opérationnels. SDTAN, CLAN, ARCEP, Mission THD, CCRANT, CPSD, Préfet, DGCIUS, DATAR, CETEO, sans compter la création d’un observatoire national du déploiement, d’un comité d’harmonisation technique, … j’arrête là ; il y en a assez pour créer une armée d’intervenants inapte à l’efficacité où se diluera toute responsabilité opérationnelle. Rien d’étonnant à ce que le classement 2013 du <i>World Economic Forum</i> classe la France à la 126eme position sur 144 en matière de complexité administrative. Voilà pourquoi je suis si sévère avec ce rapport. Il est à craindre que l’ingénierie du plan THD ne soit affectée par la multiplication des intervenants. Un consortium de responsables nationaux avec un vrai responsable à sa tête et une représentation constituée d’un « pool clients » intéressés à l’implémentation locale, serait amplement suffisant. Cette option, qui limiterait les coûts de coordination ainsi que les risques de cacophonie et les pertes de temps dues à la multiplication d’acteurs incompétents, me parait plus appropriée.</p>
<p style="text-align: justify;"><b><img class="alignleft size-full wp-image-2922" alt="logistiquemultichoix" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/logistiquemultichoix1.png" width="279" height="342" />Autre sujet chaud l’embrouillamini persistant entre l’offre technique et l’offre de téléservices. </b> Les directives européennes de 1990 sur la suppression et l’interdiction des monopoles en matière de télécommunications ont eu pour conséquence de faciliter la liberté d’établissement, ce qui arrangeait les pouvoirs publics qui passaient la patate chaude aux collectivités territoriales les plus audacieuses (ou imprudentes !) désireuses de devenir opérateur technique local. En réalité, un faux nez car l’affaire était prise en main par des sous traitants dont c’était le métier. De plus, comme l’émiettement des couvertures et des projets en réduit l’assiette économique – et donc la rentabilité &#8211; les mêmes directives autorisent les subventions publiques « afin de corriger les défaillances du marché » : nous avons là une machine infernale qui réclame de plus en plus de fonds publics.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2009, conscientes du problème que posaient les disparités technico-économiques des territoires, les bureaucrates de Bruxelles ont décidé le découpage des couvertures territoriales afin de « contrôler » les situations de concurrence dans les zones à <i>fibre</i>r et identifier celles qui pouvaient être soutenues par des subventions ou non, ou partiellement… Là c’est carrément le carnaval. Tout le monde peut avancer masqué. Mais peu importe. L’objectif étant de<i> fibrer</i> et d’assurer au pays une couverture efficace et favorable au déploiement de téléservices – dont, encore une fois, ont ne dit mot dans ce rapport – alors qu’il est une équation essentielle du plan dans une économie moderne.  En conclusion, le plan câble dans la présentation de la mission THD 2013 laisse le sentiment d’une vision univoque « tout fibré », mobilisant une armée mexicaine, ne laissant pas d’espace aux initiatives privées en contrepartie d’un renforcement du financement public… pas vraiment disponible ! Ce qui en toute logique va contribuer à augmenter l’endettement des organismes publics puisque, rappelons-le, il n’est pas dit un mot sur le retour sur investissement attendu, que dis-je… indispensable !</p>
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		<title>Le Câble, serpent numérique français</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Mar 2013 10:05:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 2012, j’ai tenté de cerner un tant soi peu la problématique du plan câble en France. Un exercice à haut risque, j’en suis persuadé aujourd’hui. Évoquer la complexité d’un projet qui mélange les différents enjeux et contraintes du plan câble pour voir un peu le fond des choses ne me rendra pas très populaire. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><i>En 2012, j’ai tenté de cerner un tant soi peu la problématique du plan câble en France. Un exercice à haut risque, j’en suis persuadé aujourd’hui. Évoquer la complexité d’un projet qui mélange les différents enjeux et contraintes du plan câble pour voir un peu le fond des choses ne me rendra pas très populaire. Les avertissements furent nombreux, ne parlons pas des précautions oratoires qui me décrivaient comme impossible une synthèse de ce jeu où chacun est un peu l’intoxiqué et l’intoxiqueur<a title="" href="#_ftn1"><span style="color: #000080;"><b>[1]</b></span></a>. Pour tout dire, si j’ai titré cette contribution «  le serpent numérique » c’est parce que je pensais au film de </i><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mowgli"><span style="color: #000080;"><i>Mowgly</i></span></a><i>  et à son serpent charmeur et trompeur « Ka Aie Konfiance ». Car, le plan câble c’est bien cela, une jungle où cohabitent des acteurs aux intérêts parfois convergents, parfois divergents. Une jungle dans laquelle, a y bien réfléchir, j’ai aussi tiré la queue du tigre.<span id="more-2888"></span> </i></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ce jour de 1989, nous présentions le schéma directeur télématique des Yvelines. Nous étions réunis dans la salle de conférence du Conseil Général. La réunion était présidée par Michel Péricard, ex présentateur de télévision, écologiste avant l’heure, Maire de Saint-Germain-en-Laye et président de la Commission Télématique. A l’époque, les élus s’interrogeaient déjà sur les conséquences de l’implication de leurs collectivités dans l’implantation de la télématique. Michel Péricard résuma la question : « Mais enfin quel intérêt, quels avantages tirerons nous de votre plan, nous les élus !? » En fait, ce jour là, Péricard s’interrogeait déjà sur les ressources qu’il faudrait mobiliser, par qui elles seraient financées et sous quelle forme les élus obtiendraient un retour de leur investissement. Depuis plus de vingt ans, cette question est devenue le mistigri que tente de se refiler les différents acteurs impliqués par la mise en place des infrastructures réseaux, dont cette patate chaude qu’est le plan câble.</p>
<h3><b>Le plan câble, un échec de la technocratie française ?</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Des sommes extravagantes ont été dépensées en voyages d’études, en rapports de missions parlementaires, en études d’experts. Un rapport de 2009 du Conseil Économique, Social et Environnemental, sur les conditions du développement numérique des territoires, commençait par ces mots : <i>« Proposer que tous les Français aient accès au haut débit fixe et mobile à l’horizon 2012…</i> ».  Décidément personne ne doute de rien ; c’est vrai « qu’impossible n’est pas français » mais enfin, à l’aulne de la réalité actuelle, nous en sommes loin. <a href="http://www.tactis.fr/?p=857">Selon l’Arcep</a>, plus de 6 ans après son lancement, le déploiement du très haut débit en France touche à peine 220 000 clients et environ 6% des foyers éligibles fin mars 2012. Peut-on donner une explication à cette gabegie et à l’impuissance de l’État à faire aboutir un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9l%C3%A9vision_par_c%C3%A2ble">plan câble</a> qui devient – non plus un serpent de mer – mais un véritable serpent numérique ? Peut-on stopper le gâchis correspondant alors que  les <a href="http://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl11-118.html">communes vivent mal</a> leur obligation d’investir dans le câble sans en voir le retour?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la soupe des chiffres recueillis ici ou là, on peut déchiffrer une triste situation<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>. D’une part, le réseau câble « normal » (hors fibre THD) couvre une très faible partie du territoire en dehors des grandes agglomérations, d’autre part, le nombre de prises actives en regard des prises disponibles représente à peine 17% du parc installé.  On dénombrait en 2003 une cinquantaine d’opérateurs techniques opérant sur des micros marchés. A l’époque, quatre d’entre eux couvraient plus de 90% du marché : Noos qui a fusionné depuis avec Numéricâble, puis <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/France_T%C3%A9l%C3%A9com">France Télécom</a> et UPC France, quasi marginaux à l’époque<a title="" href="#_ftn3">[3]</a>. Ce fractionnement du marché n’a, bien sûr, pas favorisé le retour sur investissements des câblo-opérateurs qui, de plus, se sont vu imposer jusqu’en 2003 l’interdiction de couvrir plus de 8 millions de prises au prétexte de limiter toute position dominante. Excellente idée qui sera tout bénéfice pour le développement du satellite (et de Canal+) qui, n’ayant pas cette contrainte, réaliseront un chiffre d’affaires supérieur à celui du câble. Enfin les contraintes imposées au régime des multiples concessions de services et de contenus faites par les collectivités territoriales propriétaires des infrastructures, rendra encore plus difficile la délégation d’exploitation à un câblo-opérateur. En plus d’un maquis juridique, ce dernier doit se débrouiller avec la gestion d’un marché local et se soumettre au « droit de regard » des collectivités ayant financées le câble. Et, pour rendre les choses plus difficiles, le législateur empêchera longtemps les fusions et les restructurations des acteurs encore actifs.</p>
<h3><b>Le plan câble souffre d’un manque de cohérence et de visibilité</b></h3>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2907" alt="sborka_03-008" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/sborka_03-008-300x225.jpg" width="248" height="186" />Les alarmes qui sonnent un peu partout sur le retard du déploiement de la fibre en France ne doivent pas masquer que, selon une étude du Credoc de 2012, la France figure parmi les pays d’Europe où les technologies de l’information et de la communication sont les plus présentes dans le quotidien de la population. Sur les 27 pays de l’Union, la France se situe en 7e position en matière de taux d’équipement pour l’Internet à domicile, au 7e rang pour l’ordinateur personnel, au 5e rang pour le téléphone fixe et au 18e rang pour le téléphone mobile<a title="" href="#_ftn4">[4]</a>. Enfin la France propose un coût par abonné des plus concurrentiels comparativement aux autres pays. Un constat flatteur gâché par une mise en œuvre du plan câble très en de ça de ce que qu’il aurait pu être et par un moindre succès à tirer profit des opportunités offertes par les TIC<a title="" href="#_ftn5">[5]</a></p>
<table width="481" border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="320">
<p align="center"><b>Personnes de 12 ans et plus disposant d’un accès internet à domicile en %</b></p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center"><b>2009</b></p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center"><b>2010</b></p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p align="center"><b>2011</b></p>
</td>
<td valign="top" width="55">
<p align="center"><b>2012</b></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="320">
<p align="center">Ligne bas débit qui ne permet pas de téléphone et d’accéder simultanément à internet</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">3</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">2</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p align="center">2</p>
</td>
<td valign="top" width="55">
<p align="center">2</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="320">
<p align="center">Par une ligne ADSL</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">90</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">92</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p align="center">92</p>
</td>
<td valign="top" width="55">
<p align="center">88</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="320">
<p align="center">Par le câble</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">5</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">4</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p align="center">4</p>
</td>
<td valign="top" width="55">
<p align="center">4</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="320">
<p align="center">Par la fibre optique</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">0</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">0</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p align="center">1</p>
</td>
<td valign="top" width="55">
<p align="center">3</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="320">
<p align="center">Par satellite</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">0</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">0</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p align="center">0</p>
</td>
<td valign="top" width="55">
<p align="center">0</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="320">
<p align="center">Par un autre moyen</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">1</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">1</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p align="center">1</p>
</td>
<td valign="top" width="55">
<p align="center">2</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="320">
<p align="center">Total</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">100</p>
</td>
<td valign="top" width="54">
<p align="center">100</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p align="center">100</p>
</td>
<td valign="top" width="55">
<p align="center">100</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><i>Source : CREDOC, « Enquêtes sur les conditions de vie et d’aspirations »</i></p>
<p><em>Comme l’illustre le tableau ci-dessus, la France bien équipée en liaisons internet à haut débit a un indéniable retard en Europe sur la fibre THD (23% position en termes d’équipements sur 27 pays avec 1 500 000 abonnés suite à un changement de méthode de calcul<a title="" href="#_ftn6">[6]</a>).</em></p>
<p style="text-align: justify;">Au cours de la dernière décennie, l&rsquo;économie numérique a contribué plus largement à la croissance aux États-Unis qu&rsquo;en Europe ou en France.  L&rsquo;économie française doit relever le défi d&rsquo;investir dans les infrastructures de réseaux et regagner en compétitivité pour redynamiser son industrie numérique. Oui, mais pas n’importe comment ! La priorité de la diffusion du réseau optique doit être d’abord donnée à ceux des utilisateurs qui en ont le plus grand besoin. Il ne s’agit pas de reculer sur l’importance d’innerver les territoires français par le câble et le THD, il s’agit de réactualiser la stratégie d’implantation, d’introduire de la souplesse dans la modernisation des infrastructures réseaux et de ne jamais oublier qu’en favoriser la rentabilité est le meilleur gage de son succès. Qu’observons-nous ? A contrario d’une économie de marché traditionnelle où les déploiements se font là où la demande est la plus forte, nous voyons ces déploiements se faire là où les collectivités territoriales mettent la main à la poche. Plutôt qu’une mutualisation des investissements dans les infrastructures techniques, nous voyons des réseaux de fibres optiques déployés en parallèle dans les zones à forte densité urbaine alors que les raccordements aux abonnés ne sont pas garantis. Certes la mutualisation de la fibre locale est envisagée lorsque des opérateurs cofinancent une infrastructure territoriale, un groupe d’immeubles spécifiques. Mais alors se pose le problème de la gestion d’un système hybride, un Frankenstein technico-économique. La situation actuelle de la couverture du câble rappelle celle <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_chemins_de_fer_fran%C3%A7ais">des réseaux ferrés</a> avant la nationalisation de 1878 : dispersée, à la gestion complexe, désorganisée (on ne sait pas dire combien de prises sont réellement opérationnelles sur un réseau donné),  pas rentable et coûteuse pour les contribuables. Dix huit ans après le lancement du plan câble qui a suivi le rapport Théry sur les autoroutes de l’information, la cause doit en être cherchée à la fois dans le manque d’appétence du marché, la complexité dans laquelle les pouvoirs publics se sont laissés enfermer pour organiser, animer et encadrer un plan câble qui était tout, sauf un plan, et dans leur incapacité à inventer un modèle économique rentable, attirant les investissements privés !</p>
<div>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><em>Selon <span style="text-decoration: underline;">l&rsquo;Observatoire trimestriel des marchés de détail des communications électroniques</span>, le nombre d&rsquo;abonnements à l&rsquo;Internet haut et très haut débit confondus a connu une croissance de 7% pour atteindre près de 22,8 millions de foyers connectés à fin 2011. Dans le détail,seuls 665 000 foyers étaient connectés au très haut débit au quatrième trimestre 2011,  contre 21 millions de foyers qui disposent d&rsquo;un abonnement xDSL.Le taux de pénétration comparé de la fibre THD par pays montre l’important chemin à parcourir<a title="" href="#_ftn7"><span style="color: #000080;">[7]</span></a>. La Norvège : 60 %, la Suède : 39 %, la Russie : 37 %, la France : 10,6 %.</em></span></p>
</div>
<h3><b>Un modèle économique qui marche sur la tête</b></h3>
<p style="text-align: justify;">A trop vouloir encadrer le marché, les tutelles concernées, plus zélées les unes que les autres, auront totalement handicapé le développement du plan câble. Une histoire qui n’est pas sans rappeler la rigidité de la technostructure française lorsque le Minitel fut confronté à l’arrivée de l’internet. En mélangeant un modèle d’économie libéral et un modèle mâtiné de dirigisme étatique. En mélangeant les problèmes du transporteur et celui de l’opérateur des bouquets de services. En imposant une solution technique unique à des situations territoriales très contrastées (<i>voir mon papier sur la mission THD</i>), les pouvoirs publics font face aujourd’hui à un beau sac de nœuds d’où font irruption à tout moment des questions difficiles à résoudre car on a voulu marier la carpe et le lapin. Au final nous obtenons « un plan en plan », un échec cuisant et coûteux de la technocratie française.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Arcep (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) tente de clarifier et de régler les conflits d’intérêt alors que les investisseurs privés s’interrogent toujours sur la stabilité d’accords juridiques qui tiennent par des bouts de ficelles et que les investisseurs publics (les collectivités territoriales) s’interrogent toujours sur les contreparties de leurs apports financiers. Aborder la couverture télécoms des collectivités de façon uniforme et sans tenir compte prioritairement des besoins nous amènera à des dépenses et des infrastructures parfois mal dimensionnées pour ne pas dire disproportionnées et surtout pas ou faiblement rentables. Ce qui accentuera encore les charges pesant sur elles. Certains élus s’en inquiètent, comme Michel Péricard, à raison<a title="" href="#_ftn8">[8]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Relativement au plan câble qu’a-t-on fait ? On a sommé des opérateurs ayant de fortes relations consanguines avec les pouvoirs politiques d’investir dans la fibre. Ce qui ne leur rapportera guère, d’autant qu’ils sont soumis aux contraintes des câblages des immeubles et des maisons pour atteindre l’usager final sans qui leur soit offert une compensation quelconque qui aurait pu améliorer la rentabilité de l’opération. Résultat ? Pas de quoi être fier si l’on songe que nos pays concurrents, sans forcément se prendre la tête avec la THD, s’apprêtent à multiplier les applications des services en ligne. A l’heure actuelle, 84,8 % des foyers américains, 99% des belges, 79% des roumains et 82% des foyers suisses ont un accès au câble. La France a longtemps tourné autour du pot et l’histoire du câble est d’abord celle des dissensions entre organismes français, celui du rejet des concurrences techniques et des contraintes économiques absurdes imposées aux opérateurs. Comme le rappelle le rapport de la Fondation Concorde «  <i>l’usager final achète des services et non des infrastructures</i> »<a title="" href="#_ftn9">[9]</a>.</p>
<h3><b>La France a choisi de remplacer un monopole national par un monopole régional</b></h3>
<p style="text-align: justify;">Alors que la France s’échine à trouver une position avantageuse en matière d’économie numérique, alors que l’enjeu du déploiement du câble THD est comparable à celui de l’électrification du pays, <i>la stratégie du gouvernement a abouti à remplacer le monopole national par des monopoles régionaux.</i> Faute de stratégie industrielle cohérente dans le déploiement de ses infrastructures la France ne bénéficie pas suffisamment des grandes retombées des usages et des applications de la THD pour revitaliser ses territoires, pour créer de nouvelles entreprises et des emplois. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui pas plus qu’hier, la France n’a une vraie politique de soutien aux grands téléservices publics mais aussi privés, indispensables à une nation moderne (Santé, éducation, e.administration, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette politique incite les différents opérateurs concurrents à se battre pour obtenir les plaques urbaines supposées être les plus rentables.  Avec pour  conséquence, une duplication constatée des investissements dans les zones denses. Ceux des opérateurs les mieux placés dans la course n’ont pas l’intention – et on les comprend – de la perdre si de nouvelles règles du jeu leur imposaient des obligations supplémentaires relativement à la couverture des territoires ruraux. La ministre qui s’inquiète des dérives du déploiement de la FTHD tente bien quelques rappels à l’ordre vis-à-vis des engagements pris par certains opérateurs, en réactualisant son plan de fibrage avec le projet  <a href="http://www.google.fr/webhp?hl=fr&amp;tab=nw#hl=fr&amp;gs_nf=3&amp;gs_rn=1&amp;gs_ri=hp&amp;cp=13&amp;gs_id=7&amp;xhr=t&amp;q=France+Fibre+optique&amp;pf=p&amp;tbo=d&amp;output=search&amp;sclient=psy-ab&amp;oq=France+Fibre+&amp;gs_l=&amp;pbx=1&amp;bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.&amp;bvm=bv.1355325884,d.d2k&amp;fp=fe3fbe1f5e232907&amp;b">France Fibre </a> … qui est loin de satisfaire tout le monde. On le comprend. Les opérateurs qui, comme Orange, s’installent sur les plaques les plus juteuses ne veulent plus d’un projet qui obligerait à une péréquation territoriale plus équilibrée, source d’investissements supplémentaires et certainement sans recettes significativement supérieures. D’autres comme SFR, pris dans la nasse d’une guerre des prix sur d’autres segments de marché, sont tentés de ralentir la manœuvre face à la baisse de leurs résultats<a title="" href="#_ftn10">[10]</a>. Aussi, cette période de vaches maigres, le déploiement de la fibre dans les régions les moins sexys économiquement va attendre encore des années. Au rythme actuel, la couverture THD prendra non plus 60 mais plus de 90 ans selon un rapport du <a href="http://www.ftthcouncil.eu/">FTTH Counci</a>l. Et je ne parle pas des pertes des coûts d’exploitation qui devront être supportés par l’opérateur local sur une chalandise à faible trafic ! Laurent LAGANIER<b>,</b> Directeur de la réglementation et des relations avec les collectivités d’Iliad/Free conclura, lucide, à l’occasion <a href="http://www.avicca.org/TRIP-2012-Basculement-vers-le-Tres.html">d’une rencontre organisée par l’Avicca,</a> le 30 novembre 2012 : « … <i>spéculer sur le fait que l’on va fibrer l’intégralité de la France rapidement alors que le marché n’a pas décollé paraît aléatoire. Ce ne sont clairement pas les consommateurs qui vont à très court terme financer la fibre, puisqu’ils ne s’abonnent pas… ce sera le contribuable qui paiera !</i> »</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, ce plan de câblage de la fibre THD qui aurait du entrainer vigoureusement l’ensemble des industries et des équipementiers concernés les laisse sur le carreau. Bref, si la situation ne se débloque pas, ne se clarifie pas, nous allons assister à un beau pataquès : les pertes d’exploitation et le retour des investissements repoussé aux calendes grecques pour les collectivités territoriales les moins denses d’un côté et d’un autre des bénéfices pour les opérateurs les plus solidement installés dans les segments de marchés les plus rentables. A l’occasion du dernier colloque de l’Avicca du 24 octobre 2012, la ministre en charge du numérique, Fleur Pellerin a reconnu que la question du financement serait <em>« difficile dans le contexte budgétaire et financier actuel ». </em>Voilà pourquoi la régulation actuelle de la fibre THD est un danger autant pour les opérateurs que pour les collectivités territoriales. Dans le meilleur des cas  les territoires resteront desservis par un monopole régional et donc sans réelle capacité à faire jouer la concurrence. Le monopole régional n’étant pas forcement rentable, cette situation va créer de fortes forces de rappel pour une concentration vers un opérateur dominant, ou qui le deviendra au fil des années, en récupérant les installations des acteurs régionaux en difficulté. La faiblesse des revenus pour les opérateurs du câble va être un piège qui va affaiblir les plus imprudents sauf à prévoir des mesures d’accompagnements réalistes pour garantir à ces derniers un retour sur investissement plus important. Ce que les élus membres de l’<a href="http://www.avicca.org">Avicca</a><a title="" href="#_ftn11">[11]</a> verraient d’un bon œil afin de ne pas être laissés sur un bord de route numérique à faible débit, faute de clients rentabilisant leurs investissements. N’intéressant pas les principaux opérateurs, ce sont les collectivités et l’État qui devront mettre la main à la poche.C’est cher payer un monopole régional alors que l’émiettement du maillage technico-économique rend quasi impossible l’appel à des concours privés, à des financements largement utilisés dans d’autres pays pour accélérer leur fibrage.</p>
<h3><b>Une erreur de casting technique</b></h3>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2910" alt="Trafics" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Trafics-300x187.jpg" width="280" height="174" />  Depuis que la France a lancé son « plan câble » en novembre 1982, c’est à qui criera le plus fort : « Ma fibre ! Ma fibre ! » On est passé de la route à trois voies, à sa ligne de TGV : nous voilà rendus aux autoroutes de l’information. Tout le monde la veut son autoroute numérique et peu importe si on peut résoudre la grande majorité des besoins par d’autres solutions que du THD. Pourtant malgré des dizaines de milliards d’euros déjà dépensés, la France n’a que quelques dizaines de milliers d’abonnés au câble. Quelles diableries avons-nous là !? Il n’y a pas de diablerie, simplement une coûteuse erreur de casting. La première étant d’avoir sous estimé les progrès des débits pouvant passer par les câbles en cuivre, puis d’avoir confondu les désirs du politique avec les besoins du marché en imposant un modèle économique désastreux pour les opérateurs et les collectivités territoriales. Les discours des technocrates sur l’impératif d’une infrastructure télécom de THD n’intéressent guère les millions d’utilisateurs lambda. Ces <a href="http://www.begeek.fr/fibre-optique-le-tres-haut-debit-ninteresse-pas-les-francais-70751#ixzz25sb9YVtC">derniers</a> s’accommodent bien volontiers des prouesses sans cesse repoussées des réseaux de cuivre déjà en place qui passent d’une version ADSL à une version <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/VDSL2">VDSL2</a> sans qu’il soit nécessaire d’entamer des travaux spécifiques dans leur immeuble ou leur appartement. Les particuliers reculent devant les travaux du dernier mètre, se contentent des améliorations de l’<a href="http://www.pcinpact.com/news/71666-vdsl2-100-mbps-orange-besttest.htm">ADSL2</a>, ne se portent pas massivement vers le THD, en tout cas pas encore. Au final, 75% des Français accèdent à internet chez eux avec une connexion à haut débit. La France dispose globalement  d’une infrastructure réseau satisfaisante au point que l’enquête du Credoc montre que 51% des foyers qui pourraient disposer de la fibre à THD se satisfont de l’offre actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">En se focalisant sur la fibre optique, les responsables politiques semblent avoir sous estimé l’intérêt de déployer plutôt des solutions VDSL2. Elles permettent une bande passante de 100 Mbits, largement suffisante pour la plupart des usages domestiques et bien moins coûteuse à installer dans les habitations. Plusieurs pays dont la Belgique, la Finlande et l’Allemagne ont choisi cette solution qui évite d’importants travaux de génie civil le plus souvent supportés par les collectivités territoriales. Les investissements nécessaires pour couvrir le territoire en THD grâce au câble sont évalués à 21 milliards d’euros supportés par les opérateurs, les communes et l’État<a title="" href="#_ftn12">[12]</a>. Qui peut croire ces sommes disponibles en ces temps de disette !? Même si – comme l’ADSL &#8211; le VDSL2 souffre d’atténuation des débits disponibles au-delà de 1000 m, il reste une solution bien plus économique et tout à fait suffisante pour une majorité d’internautes qu’ils soient urbains ou installés dans des zones rurales.</p>
<p style="text-align: justify;">Les infrastructures télécoms posent les mêmes problèmes aux responsables de l’aménagement des territoires que les dessertes aériennes, les voies ferrées ou les routes. Les investissements envisagés doivent être à la fois des instruments du désenclavement et proportionnels aux besoins locaux. Personne ne s’aviserait de demander une autoroute pour desservir une commune de 5000 habitants. On trouverait d’autres solutions. Dire non au câble est-il si dur, si on peut envisager d’autres solutions, comme la VDSL2 ou les applications du <a href="http://blogs.informatandm.com/3597/g-fast-business-rationale-remains-unclear-for-copper-2-0/">F.Fast</a> !? Toutes ces difficultés, tous ces obstacles font que les acteurs ne jouent pas franc jeu. Les opérateurs préfèrent améliorer les débits des boucles Adsl, et les infrastructures de 3 et 4 G plus rentables. Les clients domestiques s’arrangent plutôt des débits fournis et l’État de mettre le moins d’argent possible dans l’opération en laissant les collectivités locales tirer la charrue.</p>
<h3><b>Seconde erreur de casting, les opérateurs techniques sont devenus des sociétés de services.</b></h3>
<p style="text-align: justify;">En février 2005, à l’occasion de la visite du président de Cisco, John Chambers, une réunion était organisée au Sénat sur le déploiement des réseaux en France. Patrick Devedjian alors ministre délégué de l’industrie se montrait très enthousiaste des progrès de la France en matière de réseaux câblés. Un intervenant lui demanda ce qu’il pensait d’une possible vulnérabilité de la France si on se contentait d’implanter des réseaux facilitant l’accès aux services en ligne venant de l’étranger et quelle politique il comptait développer pour soutenir une industrie des services en ligne français. Pas sur qu’il ait même compris la question. Pourtant c’est là que se situe l’actuel basculement du modèle économique des opérateurs et surtout la clé de leur rentabilité. En effet la majorité des opérateurs qui exercent sur le territoire français développent des activités de services en ligneplus rémunératrices.</p>
<p style="text-align: justify;">En Allemagne, les abonnés paient une redevance à l’opérateur technique et une redevance supplémentaire aux opérateurs de services (ou de contenus). Pas en France où, comme aux États-Unis, ce sont les opérateurs de services qui paient directement une redevance aux opérateurs techniques. Redevance encadrée par les autorités de tutelle<a title="" href="#_ftn13">[13]</a>. Ce système de répartition des revenus avantage les opérateurs de services face aux opérateurs techniques obligeant ces derniers à changer de métier afin de préserver des revenus satisfaisants. Ce modèle économique s’impose aussi aux collectivités locales qui investissent et s’investissent à leur tour pour produire des contenus ou passer des accords d’exclusivité avec des producteurs professionnels. Ces clauses d’exclusivité de services et de contenus signées avec des collectivités territoriales et qui pouvaient améliorer la rentabilité des câblo-opérateurs ont été interdites en 2007. En contre partie les câblo-opérateurs pouvaient renégocier les clauses de sujétion et les tarifs imposés par les collectivités locales. Dans les états-majors concernés on passait plus de temps à régler des problèmes d’ordre juridique et d’attributions respectives entre les parties en présence, c’est à dire à peu près tout le monde sauf les clients<a title="" href="#_ftn14">[14]</a>. Toute cette comédie- qui masquera la quasi faillite de Numéricâble &#8211; ne pouvait fonctionner que dans le petit cénacle d’acteurs vivant sous l’influence d’une politique étatique des télécommunications des années 70/80, complètement oublieux des profondes mutations du secteur et des contraintes imposées par les marchés. Pierre Louette,  SG de l’Avicca n’hésite pas à qualifier de « pire crise des télécoms » la situation actuelle alors que <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/des-reseaux-d-initiative-publique-en-difficulte-exemple-dans-les-pyrenees-atlantiques-39773703.htm">les litiges et les faillites</a> en ces temps de crise risquent de se multiplier<a title="" href="#_ftn15">[15]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous en avons un exemple récent avec le litige qui oppose le Conseil Général du Jura à la société Connectif 39 avec laquelle il avait signé une convention de service public<a title="" href="#_ftn16">[16]</a>. Il est clair que sans une volonté forte et sans doute contraignante, il sera difficile de constituer les ingrédients d’un déploiement national de la fibre  THD. En effet les tensions ne manquent pas de la part de collectivités locales qui en ont assez de supporter l’essentiel des financements du plan câble sans obtenir une couverture satisfaisante. L’Avicca souhaite voir les services publics prioritairement branchés sur les réseaux câblés afin de réduire la fracture numérique qui handicape leurs entreprises et leurs administrés dans leurs collectivités. Je ne suis pas convaincu que leurs demandes aillent prioritairement vers le THD.</p>
<h3><b>Il fallait soutenir prioritairement les activités de services en ligne</b></h3>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2913" alt="teleservice" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/teleservice2-300x208.gif" width="260" height="180" />  La politique d’implantation des plaques du THD sur le territoire doit être conditionnée par la demande. Ce ne sont pas les ménages, ce ne sont pas les bourgades françaises mais bien les grandes institutions, les entreprises qui en font un atout stratégique. Les plaques doivent se déployer tel des nénuphars là où elles sont les plus rentables, les plus utiles et tendre à se connecter avec les réseaux internationaux les plus ouverts. Il paraît donc plus plausible d’envisager de servir prioritairement les plaques où se trouvent les grands consommateurs, les zones les plus actives. Si on prend la peine de prendre le problème par le soutien aux activités de services – ce <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/idees/pour_une_politique_des_teleservices.pdf">qui aurait du être fait</a> dès le départ- il n’est pas bien difficile d’identifier les grands domaines de services structurants à développer.<strong> C</strong>eux qui, partout dans le monde, drainent le plus de trafic et qui tireront le plus de profits du câble THD. Ce sont les réseaux de la formation : e.learning ou téléformation qui faciliteront entre-autres le rapprochement des universités, des centres de formation et des entreprises ; de l’e.administration : e.gouv ; des affaires et de la culture : e.francophonie ; de la logistique : e.logistique &amp; transport (souvenez-vous de l’E.D.I.) ; de la santé : e.santé ou télémédecine<a title="" href="#_ftn17">[17]</a>. Comme le souligne le rapport sur le « <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=bien%20vivre%20gr%C3%A2ce%20au%20num%C3%A9rique&amp;source=web&amp;cd=1&amp;sqi=2&amp;ved=0CFAQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.cgeiet.economie.gouv.fr%2FRapports%2F2012_02_12_2011-36-Rapport.pdf&amp;ei=jPUQUM76JMqp0AWCkIHgAQ&amp;usg=AFQjCNF8QBWiR-D">Bien vivre grâce au numérique </a>»  qui aborde le rôle des TICs et des services dans le secteur de la santé « <i>L’essentiel de la valeur ajoutée ne se situe pas dans les équipements mais dans les services et les interactions entre usagers</i> ». Des conclusions qui confortent les études de l’IDATE sur le rôle des <a href="http://www.idate.org/en/Digiworld-store/Collection/Communications-Strategies_18/No-83-ICTs-and-health_548.html">réseaux de santé</a> et leurs retombées économiques. <i>En d’autres termes, ce sont les retombées – les externalités possibles &#8211; du câble sur l’économie locale et régionale qu’il convient de viser en priorité.</i> A ce titre, câbler le résidentiel tout comme les communes faiblement urbanisées devient secondaire. Il reste toujours possible d’étudier des exceptions d’implantations dues à des caractéristiques économiques et industrielles locales spécifiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lancement en ordre dispersé des opérations de déploiement aura exacerbé les tensions entre les acteurs dont les intérêts respectifs et les solutions techniques de déploiement divergent car elles ne s’appuient pas entièrement sur la fibre pour fournir du haut débit. En effet le déploiement de la fibre THD dans les zones faiblement urbanisées, en milieu rural, peut couter jusqu’à dix fois plus, qu’en milieu urbain ce alors que nous savons pertinemment que les clients de la THD sont très majoritairement dans les centres urbains importants. Commençons par leur donner des routes à voies rapides avec la HD et laissons faire le marché en ce qui concerne la progression vers le THD.</p>
<h3><b>Passer d’une logique de concession technique à une logique de concession de services. </b></h3>
<p style="text-align: justify;">Inutile d’en rajouter, dans un tel contexte, parler d’un plan câble THD parait pour le moins inquiétant si certains préalables ne sont pas réglés une fois pour toutes. Le premier d’entre eux, me semble-t-il, est de « renationaliser » d’urgence les infrastructures du câble dans une société d’économie mixte en séparant clairement les métiers de l’infrastructure, des métiers des services et des contenus, tout en garantissant le principe de neutralité technologique. Une option souvent envisagée mais toujours écartée car cela arrangeait bien l’État français impécunieux de faire financer les infrastructures réseaux par les collectivités territoriales et les câblo-opérateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">La stratégie de développement du THD et son financement doivent être totalement repensés. L’objectif est d’offrir aux investisseurs regroupés de véritables garanties de retour sur investissement par le biais de contrat d’exclusivité d’une concession de service public. On ne compte plus les tentatives de faire cohabiter l’intérêt collectif et l’intérêt privé, mais on oublie toujours que les financements de la collectivité viennent de l’impôt et ceux du privé des résultats bénéficiaires. Autant tenter de marier l’eau et l’huile. Il fallait laisser au niveau national le problème des travaux d’infrastructures. Il fallait dès le départ <a href="http://www.artesi-idf.com/article.php?artno=1351&amp;headLine=srubri">séparer toute la problématique</a> relevant du déploiement des infrastructures réseaux câblés de celle des opérateurs de services. On pouvait prévoir que ces différents opérateurs intéressés soient les actionnaires d’une société unique – comme c’est le cas avec Réseau Ferré de France- en charge du déploiement du câble en France. La mutualisation des financements et l’intérêt de l’actionnariat – privés et publics- à ce que cette société voit ses comptes à l’équilibre, conditionneraient le montant des péages payés par les opérateurs de services qui les répercuteraient à leurs abonnés respectifs. La Commission Sénatoriale de l’Aménagement numérique du territoire est très critique sur cette question. Elle s’interroge sur  la vision monolithique  du gouvernement qui n’a pas voulu envisager cette solution de bon sens.</p>
<p style="text-align: justify;">Le retour sur investissement du fibrage aurait pu être financé par les contrats de location à long terme à l’opérateur le mieux disant, grâce à un système d’enchère comparable à celui déjà utilisé pour la vente de fréquences, des concessions d’autoroutes ou encore des droits de circulation du rail.  Quand au déploiement de la fibre, il devrait pouvoir être soutenu par un mix de services géo-localisés sur la base des trafics prévisibles dans les grands domaines cités plus avant et être accompagné de contrats d’exclusivité de concession entre opérateurs de téléservices collectifs et les collectivités locales, régionales ou nationales. Une option similaire à celle choisie au Canada où la plupart des opérateurs ne se concurrencent pas car le <a title="Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_la_radiodiffusion_et_des_t%C3%A9l%C3%A9communications_canadiennes">CRTC</a> n&rsquo;a autorisé qu&rsquo;un unique fournisseur par municipalité ou secteur d’activité afin de soutenir le retour sur investissement. Même sur des marchés où plus d&rsquo;un distributeur a été autorisé, ils ont chacun un territoire exclusif. On a fait <a href="http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/rapport-conv-cable-juillet2007.pdf">exactement le contraire</a> en France sous la pression de la Commission Européenne avec la suppression de la clause d’exclusivité qui empêche un État membre de passer des accords avec un opérateur quelconque.</p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><em><b>Extrait</b> Cette directive interdit aux États membres d’accorder ou de maintenir des droits exclusifs ou spéciaux pour l’établissement et/ou l’exploitation de réseaux de communications électroniques ou pour la fourniture de services de communication électroniques accessibles au public. Aux termes de l’article 1er de la directive du 16 septembre 2002 précitée, on entend par «droits exclusifs » les droits accordés par un État membre à une seule entreprise au moyen de tout instrument législatif, réglementaire ou administratif qui lui réserve le droit de fournir un service de communication électroniques ou d’exploiter une activité de communication électroniques sur un territoire donné. Quant aux « droits spéciaux », ce sont les droits accordés par un État membre à un nombre limité d’entreprises au moyen de tout instrument législatif, réglementaire ou administratif…</em></span></p>
</div>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2916" alt="Jeu d'échecs" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Jeu-déchecs-300x212.jpg" width="275" height="194" />  La question qui se posera alors est de savoir comment contourner cette directive ?  Elle concerne la fourniture de services de télécommunication mais pas de services en ligne. Je comprends que l’État français ne peut donc passer des accords d’exclusivité avec l’opérateur technique <i>mais il pourrait l’envisager avec un opérateur de services. </i>Si ce type de conventions entre les parties, collectivités territoriales et/ou institutions nationales sont permises, alors ces dernières pourraient négocier des droits d’exclusivités spécifiques capables d’améliorer le retour sur investissement des opérateurs de services et des collectivités locales ? Cette stratégie facilitera la normalisation des contraintes juridiques et techniques des régimes de concessions territoriaux qui s’appliqueraient à tous et pourra limiter les dérapages possibles. Quant aux investissements d’infrastructures, le régime des concessions devrait pouvoir garantir des avances de financements consistantes de la part des opérateurs s’intéressant à exploiter certaines plaques. Enfin il reste toujours possible d’envisager d’engager un grand emprunt d’État spécialement dédié au fibrage THD de la France afin de financer les infrastructures et suffisamment rémunérateur pour attirer les grands investisseurs privés. L’État revient alors à son rôle régalien de responsable des grandes infrastructures « structurantes ». Les opérateurs sélectionnés par les enchères n’ayant plus qu’à assurer les prestations de télécoms et de services à déployer. Enfin, peut être pourrait-on limiter le nombre d’acteurs qui revendiquent le droit de toucher le ballon et contribuant à la confusion ambiante. La nomination d’un responsable, <span style="text-decoration: underline;">un seul</span> ayant autorité sur l’ensemble des acteurs publics concernés me parait souhaitable. Nous avons besoin d’un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Delouvrier">Paul Delouvrier</a> des autoroutes de l’information, du THD. Pour lui confier la queue du tigre, vous disais-je.</p>
<p><i>Novembre 2012</i></p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Je viens de l’inventer !</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Rapport de <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=l%27%C3%A9conomie%20du%20cable%20en%20france&amp;source=web&amp;cd=1&amp;sqi=2&amp;ved=0CCMQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.arcep.fr%2Fuploads%2Ftx_gspublication%2Fsyn-jlmjan03.doc&amp;ei=PnU4ULzVIIuN0wWI64CIDg&amp;usg=AFQjCNFtZyBS84SP6kBqmE7ileJgO">JLM Conseil</a> de Janvier 2003  pour l’ART (Autorité de Régulation des Télécommunications). On pourra utilement consulter aussi le rapport de l’ARCEP de 2007 sur la mise en conformité des conventions câble pour mesurer le gâchis engendré par la technocratie française.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> En 2011 Numéricâble représente 72% des abonnés et 78% des foyers raccordés.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> Commission Européenne, <i>Etude sur les communications électroniques auprès des ménages</i>, Eurobaromètre spécial, n° 381, juin 2012 (terrain d’enquête en décembre 2011),</p>
<p>http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/ebs/ebs_381_fr.pdf</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref5">[5]</a> Dans le<a href="http://www.weforum.org/issues/global-information-technology/the-great-transformation/network-readiness-index" target="_blank"> NRI (Networked Readiness Index, World Economic Forum</a>) qui mesure pour chaque pays la propension à tirer profit des opportunités offertes par les TIC, la France se situe au 20ème rang, derrière le Royaume Uni (15ème) et l&rsquo;Allemagne (13ème). La part de l&rsquo;économie numérique dans le PIB est de 4,7% en France, et de 7,3% aux USA. La contribution du numérique à la croissance (en % du taux de croissance moyen annuel) est de 26% en France, et de 37% aux US. Au regard des performances américaines, la France ne profite pas assez de la création de valeur et d&rsquo;emplois que permettrait ce secteur de technologie et de services : le retard est estimé à près de 100 000 emplois en France pour atteindre le niveau des États-Unis en pourcentage de PIB.</p>
</div>
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<p><a title="" href="#_ftnref6">[6]</a> La définition du THD vient de changer. La Commission Européenne, considère que le THD démarre à un débit de 30 Mbits et non plus 50 Mbits. Modification qui a l’avantage de faire passer le nombre d’abonnés au THD de  760 000 à 1 490 000. Le THD démarre désormais dans la fourchette 30 à 100 Mbits.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref7">[7]</a> Source : Idate. 2012</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref8">[8]</a> J’attire l’attention du lecteur sur cette partie n° II du<a href="http://www.senat.fr/rap/l11-321/l11-3214.html#toc94"> rapport</a> sur l’aménagement numérique du territoire présenté au Sénat</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref9">[9]</a> Réussir le déploiement du THD, Décembre 2011.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref10">[10]</a> Une situation devenu si critique que l’on parle d’un rapprochement avec Numéricâble. J’espère pour la SFR que son staff se contentera de se « délivrer » de la partie câble de ses activités car sur les créneaux du mobile il y a encore de belles perspectives de croissance..</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref11">[11]</a> L’<a href="http://www.avicca.org/">Avicca</a> (l’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel) a été créée afin que les élus locaux puissent faire entende leur voix vis-à-vis du gouvernement et des organismes régulateurs du plan câble comme l’Arcep. Cette association aiguillonne les différents acteurs impliqués dans le fibrage français en mettant en évidence les lacunes des mises en œuvre actuelles.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref12">[12]</a> <i>Le Point</i> du 31 mai 2012, qui précise qu’au rythme actuel il faudra cent ans pour couvrir l’ensemble du territoire français.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref13">[13]</a> D’où sans doute le statut très avantageux dont bénéficie Canal+</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref14">[14]</a> Certaines clauses de délégation sur des bassins clients hypothétiques relèvent d’un véritable chef d’œuvre d’incompétence économique (voir page 52 du rapport  de l’Arcep déjà cité)</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref15">[15]</a> http://www.avicca.org/TRIP-2012-Basculement-vers-le-Tres.html</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref16">[16]</a><a href="http://www.daniellebrulebois.fr/article-connectic-39-le-haut-debit-bilan-decevant-debut-2010-42928945.html">http://www.daniellebrulebois.fr/article-connectic-39-le-haut-debit-bilan-decevant-debut-2010-42928945.html</a>. Le département ayant financé les infrastructures, Connectif 39, filiale d’Eiffage, devait apporter les prestations de services complémentaires notamment la commercialisation des prises. Il semble qu’à posteriori  cette société ayant réalisé l’impossibilité de devenir rentable – sans doute aussi parce que les <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/reseau-haut-debit-du-jura-un-litige-a-30-millions-d-euros-voire-plus-39783528.htm">problèmes techniques</a> ne cessent de se multiplier -  tente de se dérober à ses obligations en se lançant dans un procès à risque.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref17">[17]</a> Voir la concertation et la stratégie de réseau dans le secteur de la santé au Québec du professeur Michèle St-Pierre au Département management de la Faculté des sciences de l’administration. Université Laval. Québec. Canada</p>
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		<title>L’Avenir en Numérique</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Dec 2012 09:10:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Etat Stratège]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis la fin du XXIème siècle, le progrès s’est  identifié à la croissance économique. Une croissance qui liait augmentation des productions et création de richesses  et donc au prix d’un prélèvement croissant des ressources naturelles. Qui peut croire que nous pourrions indéfiniment puiser dans la nature ces matières premières devenues rares et coûteuses sans mettre [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong></strong><span style="color: #800000;">Depuis la fin du XXIème siècle, le progrès s’est  identifié à la croissance économique. Une croissance qui liait augmentation des productions et création de richesses  et donc au prix d’un prélèvement croissant des ressources naturelles. Qui peut croire que nous pourrions indéfiniment puiser dans la nature ces matières premières devenues rares et coûteuses sans mettre en question ce modèle quasi mécanique selon lequel consommation et croissance économique ne font qu’un !? L’écologie actuelle fait une erreur de casting, notre problème majeur n’est pas celui de l’overdose de pollution, c’est le rationnement des ressources.<span id="more-2856"></span></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les grands cycles de croissance sont bien terminés, hormis dans les états majors gouvernementaux où ils relèvent encore de la pensée magique. Ne reste que le levier du numérique pour accroitre la productivité des écosystèmes, pour inventer des modèles d’organisation plus productifs et consommant moins de ressources matérielles. Un chambardement considérable est en marche, comparable à celui provoqué par l’entrée de nos sociétés dans l’ère industrielle, qui déstabilise les modèles socioéconomiques en place et engendre de fortes tensions sociales. Nous y sommes<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>!</p>
<p style="text-align: justify;">Nos systèmes ne vont pas continuer à croître, en dehors de situations locales spécifiques, ils vont s’optimiser globalement. Grace à la numérisation du monde, nous sommes entrés pour de longues années dans un cycle d’éco-efficience économique prédit par l’économiste russe Nicolaï Kondratieff<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>. Notre cycle actuel serait celui d’une période « gestionnaire » qui suit, celle « stratégique », des années 1940-1992. Inscrites dans un cycle du développement durable, <em>nos économies vont faire en sorte d’utiliser mieux les ressources existantes</em>. On parlera d’améliorer les performances des écosystèmes existants ou de les modifier pour qu’ils consomment moins de ressources. Cette mutation s’inscrit dans les changements en profondeur et durables de l’économie immatérielle et ses artefacts numériques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une guerre des ressources qui ne dit pas son nom est engagée.</strong> Le décollage économique des pays émergents fait qu’ils consomment désormais plus de la moitié des ressources énergétiques mondiales. La demande devient telle que nous vivons une véritable bataille des ressources qui oblige les nations  à adapter dans la douleur leurs modèles économiques, leurs organisations industrielles et commerciales. A elle seule, la Chine doit faire face à une demande gigantesque de ressources primaires. Achats de terres agricoles, achats de compagnies pétrolières, alliances et coopérations économiques avec des pays africains riches en ressources minières. La recherche de diversification des fournisseurs démontre bien l’impact croissant des énormes besoins de la Chine sur les économies de la planète<a title="" href="#_ftn3">[3]</a>. <img class="alignleft  wp-image-2879" title="industries indian" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/industries-indian.jpg" alt="" width="257" height="130" />Une demande qui n’a cessé d’augmenter alors que celle de l’Inde, l’Amérique du Sud et de l’Afrique démarrent en flèche malgré la crise actuelle.  Ces économies émergeantes ne peuvent appuyer leur développement que sur une consommation croissante de ressources et d’énergies coûteuses. La numérisation devient un atout pour ceux des pays qui peuvent en profiter pour réinventer leurs industries et leurs organisations.</p>
<p style="text-align: justify;">Les taux de croissance moyens des économies avancées n’atteignent plus les sommets connus (entre 4 et 7%) des décennies précédentes. Avec la généralisation de la numérisation du monde une transition majeure est en cours. Elle offre l’opportunité d’optimiser les bilans énergétiques des nations dans les années à venir. Tel est l’enjeu des prochaines décennies 2020/2050. Pour limiter leur dépendance aux énergies primaires, les nations comme les entreprises devront réduire la consommation des biens tangibles de plus en plus coûteux et remplacer leurs esclaves mécaniques par des esclaves numériques, virtuels, économes en énergie et en ressources matérielles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La France ne redeviendra pas un grand pays industriel.</strong> Ne nous y trompons pas, les pays en développement qui poussent les feux de leur croissance resteront les plus gros producteurs, les plus gros fabricants de la planète monde pour longtemps<a title="" href="#_ftn4">[4]</a>. Notre avenir est ailleurs. L’Asie est l’usine du monde et le restera. L’Allemagne a ce rôle en Europe et la France ferait bien de cesser de vouloir lui prendre une place qui sans doute serait chère payée sur le plan des investissements de rattrapage et qui pourrait s’avérer un désastre sur le plan politique. En représailles, l’Allemagne pourrait bien contester un jour la place de grenier de l’Europe à l’agriculture française et se tourner vers d’autres pays à l’Est, tout aussi capables de produire et à moindre coût. La réalité sans fard c’est que nous n’avons pas su préparer notre présence dans les industries du futur. Personne ne contestera l’importance de protéger les entreprises ou les emplois les plus vulnérables vis-à-vis d’une concurrence internationale sans cesse plus âpre. Pour autant le manque de visibilité – et donc de perspective &#8211; de notre politique industrielle pour les vingt prochaines années reste pour moi une énigme.<strong> </strong>Le personnel politique et les grands commis de l’État donnent le sentiment qu’ils ont une vision désuète des industries du 21eme siècle. Malgré le tapage médiatique créé autour de la netéconomie – terme qui a ma préférence sur celui de l’économie numérique<a title="" href="#_ftn5">[5]</a>, dans leur grande majorité, nos organisations actuelles sont encore pensées et bâties selon les modèles passés. Le discours sur la combinaison de la puissance technologique et de la maîtrise de marchés de masse domine encore les stratégies industrielles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ne nous trompons pas de combat</strong><strong></strong>. Nous devons renouveler notre vision des « industries » du 21eme siècle. Dans un contexte international où la croissance va être fortement bridée par les limitations des consommations énergétiques et de certaines matières premières, <em>on peut s’attendre à une réorientation des investissements vers les filières de la R&amp;D et des produits ou services « économiseurs » de ressources</em>. Le capital se concentrera sur certaines industries et activités de services (d’usages notamment) afin de produire de nouvelles richesses en grande partie immatérielles, cette fois ! Notre politique industrielle est-elle adaptée aux spécificités de ce que seront les industries du 21eme siècle pour les pays avancés ? Dans les dernières décennies du 20ème siècle, nous avons assisté à la croissance spécifique du secteur des services au détriment de la fabrication. Déjà comparer la « ré-industrialisation » des USA à celle possible de la France parait peu pertinente sinon à faire plutôt la comparaison avec l’ensemble de l’Europe.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2873 ngeltcsbbxvvykvivffd aytttizvxluwfayxtlpc" title="IA et assistance à la production" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/IA-et-assistance-à-la-production-300x250.jpg" alt="" width="300" height="250" /><img class="alignleft size-medium wp-image-2873 ngeltcsbbxvvykvivffd aytttizvxluwfayxtlpc" title="IA et assistance à la production" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/IA-et-assistance-à-la-production-300x250.jpg" alt="" width="300" height="250" /><img class="alignright size-medium wp-image-2873 ngeltcsbbxvvykvivffd aytttizvxluwfayxtlpc" title="IA et assistance à la production" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/IA-et-assistance-à-la-production-300x250.jpg" alt="" width="300" height="250" />Ce tournant historique dans la structure des activités économiques aura engendré de nombreuses études sur les évolutions des démographies industrielles. Elles sont souvent biaisées par les difficultés de cerner correctement les frontières d’activités et leurs effets économiques et systémiques. L’industrie c’est dé-massifiée et tertiarisée et l’on peut douter parfois des chiffres et des comparaisons données. La redistribution des activités industrielles et usinières tient à des facteurs complexes  qui affectent les chaines de la valeur et donc le choix de l’installation des  activités de conception, de fabrication et commercialisation: coût de l’énergie, parités monétaires, coût travail, fiscalité, financements locaux, etc. Encore aujourd’hui, d’énormes précautions s’imposent dans leur interprétation. Les migrations entre activités industrielles et de services, les variétés nouvelles d’activités mais aussi leurs impacts économiques selon que les entités analysées bénéficient ou pas d’effet de grappes, la localisation du siège, de la taille et de la nature des services comptent aussi. Il ya donc une variabilité notable de la contribution économique du secteur des services au PIB des pays de l&rsquo;OCDE. Par exemple, aux États-Unis, où l’on parle de ré-industrialisation, la part des services représente comme en France 80% des emplois mais leur meilleure utilisation des opportunités de la netéconomie contribue à une forte progression de leur PIB. Rien d’étonnant donc si la contribution du numérique à la croissance de l’économie américaine (en % du taux de croissance moyen annuel) est de 26% en France contre 37% aux États-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une transition majeure des écosystèmes socioéconomiques est en cours.</strong> Le développement de l’économie immatérielle et de ses artefacts numériques modifient substantiellement la manière de produire et d’utiliser nos ressources matérielles et notre patrimoine immatériel.<strong> </strong>Avons-nous les postures intellectuelles et les organisations appropriées pour tirer parti de notre créativité, de notre inventivité? Sommes-nous capables de faire fructifier nos connaissances et faire de nos réseaux savants les précurseurs de nos exportations?</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème est que nous n’avons pas une pensée organisationnelle adaptée aux potentialités offertes  par les trois mutations qui transforment profondément nos sociétés. La domination progressive de  l’économie immatérielle, la numérisation du monde et le développement des infrastructures de télécoms. L’oublier, oublier un seul de ces facteurs, c’est passer à côté du sujet! Prenons le plan câble bien mal parti en France : La consommation énergétique de la totalité des télécommunications représente moins de 1% de la consommation des esclaves mécaniques. La Numérisation pour sa part contribue à l’éco-efficience globale des écosystèmes. Enfin l’économie immatérielle incarnée par notre patrimoine d’expertises nous offre de quoi faire rayonner la pensée française partout dans le monde. Seulement voilà : nous n’utilisons pas pleinement la numérisation pour changer nos modèles organisationnels et revoir les réallocations de ressources disponibles ou pouvant être économisées.</p>
<table width="483" border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td style="text-align: center;" colspan="4" valign="top" width="538">
<p align="center"><strong>Le développement économique se fait de deux façons</strong><strong></strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" valign="top" width="269">
<p align="center">Levier Endogène</p>
</td>
<td colspan="2" valign="top" width="269">
<p align="center">Levier Exogène</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="135">Action sur les marchés intérieurs</td>
<td valign="top" width="135">Productivité interne</td>
<td valign="top" width="135">Offres sur les marchés</td>
<td valign="top" width="135">Productivité des facteurs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="135">En stimulant la consommation intérieure par divers artifices afin de faire tourner l’économie. On agit plutôt sur le pouvoir d’achat… et souvent à crédit !</td>
<td valign="top" width="135">Par une amélioration de la productivité globale d’une organisation (entreprise ou État) qui consomme alors moins de ressources et dont le fonctionnement coûte moins cher.</td>
<td valign="top" width="135">Par des innovations pour des offres marchandes propices à l’exportation ce qui rapporte des devises.</td>
<td style="text-align: left;" valign="top" width="135">Maitrise de la filière permettant le délocalisation des activités plus productive dont le coût du travail. Les gains de productivités sont chez les sous traitants étrangers (ou pas) pour rendre les produits plus compétitifs</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="4" valign="top" width="538">
<p style="text-align: center;" align="center"><em>Un facteur commun : optimiser l’utilisation des ressources disponibles</em><em></em></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Les entreprises ont déjà su utiliser au mieux les technologies de l’information et de la communication afin de réduire les stocks classiques des marchandises, en améliorant le « stock tournant » (zéro délais, zéro stock, zéro défaut) tout en accélérant les cycles financiers grâce à des politiques de crédits favorisant la consommation. Ce qui a soutenu la croissance. En parallèle, l’information, l’expérience, les connaissances n’ont cessé de s’accroître en constituant une matière première plus ou moins bien utilisée et une nouvelle source de revenus.L’économie y change de nature. Le signe domine la matière qu’elle économise. Selon une enquête de <em>Pew Internet </em>et <em>d’American Life Project,</em> 56% des personnes interrogées considèrent que les applications de la Réalité Virtuelle vont contribuer à augmenter la productivité. De son côté, le développement de <em>l’e.administration</em> devient non seulement une source d’efficacité collective mais aussi une source d’économies d’énergie. La digitalisation de l’économie aura permis d’enrichir les modèles socio-organisationnels. Mais savons-nous bien utiliser ces potentiels ? J’en doute. “ <em>Le développement d’un pays n’est possible que s’il existe une convergence entre sa culture économique, sa culture technologique et sa culture organisationnelle</em> ” rappelait opportunément Jean-Jacques Salomon dans “ <em>La quête incertaine<a title="" href="#_ftn6"><strong>[6]</strong></a></em> ”. Nous vivons une révolution économique et industrielle d’un nouveau genre. Passer d’une civilisation où nous disposions d’esclaves mécaniques à une situation où nous disposerions d’esclaves numériques ne va pas de soi, c’est pourtant ici que nous devons saisir toutes nos chances !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2859" title="Internet Shopping" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Internet-pilier-de-léconomie-française1-300x211.jpg" alt="" width="256" height="180" />  L’économie y change de nature. Le signe domine la matière qu’elle économise. Avec la téléprésence, la visiophonie, le télétravail, commercer avec le monde entier est à la portée de chacun et plus seulement des entreprises organisées. Grâce aux marchés <em>low cost</em>, sur cette planète numérique, avec ses possibilités d’échanges à coût marginal, des populations de gens modestes et défavorisés peuvent bénéficier de l’accès aux savoirs et entrer dans l’ère de l’économie des connaissances. La téléformation devient un produit exportable économiquement. Les régions les plus reculées ne disposant que de maigres ressources peuvent accéder aux bibliothèques virtuelles disponibles, aux ressources des laboratoires éloignés et aux programmes scolaires mis en ligne un peu partout dans le monde. <em>A l&rsquo;avenir, l&rsquo;enjeu ne sera pas d&rsquo;avoir la plus grande quantité d&rsquo;ordinateurs et de technologies: elles sont accessibles à la planète entière. C&rsquo;est la qualité des organisations, l&rsquo;efficacité globale, qui fera la différence entre entreprises et nations</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les nations doivent adapter leurs industries à un nouveau modèle de croissance</strong>. Au cours de la dernière décennie, l&rsquo;économie numérique a contribué plus largement à la croissance aux États-Unis qu&rsquo;en Europe ou en France.<em> </em>La France se situe au 20ème rang, derrière le Royaume Uni (15ème) et l&rsquo;Allemagne (13ème). La part de l&rsquo;économie numérique dans le PIB est de 4,7% en France, et de 7,3% aux USA. Au regard des performances américaines, la France ne profite pas assez de la création de valeur et d&rsquo;emplois que permettrait ce secteur de technologie et de services : le retard est estimé à près de 100 000 emplois en France pour atteindre le niveau des États-Unis en pourcentage de PIB<a title="" href="#_ftn7">[7]</a>. Dès la fin des années 90 l’explosion des télémétiers était bien visible et de nouvelles formes d’activités parfois surprenantes étaient prévisibles.<strong> </strong>Les secteurs porteurs ne manquent pas qui n’ont plus grand-chose à voir avec les manufactures de nos parents.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut s’interroger de savoir pourquoi l’industrie française reste à la traîne dans le domaine des piles à combustibles, filière très prometteuse aux applications plus vastes que les accumulateurs de voitures. Pourquoi le plan câble se traine depuis plus depuis 25 ans faute d‘une pensée organisatrice et stratégique ? A ce jour, les opérateurs privés ne sont guère motivés pour procéder à des investissements faiblement rentables qui profiteront surtout à leurs concurrents fournisseurs de contenus et de services. La prometteuse filière « voltaïque » n’en finit pas de prendre des coups au point qu’elle perd des milliers emplois. La « politique numérique » affichée reste encore l’occasion de fournir des crédits à des grandes entreprises plutôt qu’à soutenir des PME innovantes qui viendraient s’installer en France grâce à une politique fiscale attractive. Le manque de visibilité – et donc de perspective &#8211; de notre politique industrielle, qui la rendrait digne du siècle qui arrive, reste une énigme.</p>
<p style="text-align: justify;">A la place d’un Florange en panne, les industries de transformation, de destruction et de recyclage des alliages et des métaux devraient tourner à fond. Les régions devraient s’arracher les installations  de fermes de serveurs pour le Grid et le Cloud estampillés France. Une logistique devenue absolument indispensable à la généralisation des applications de la réalité virtuelle et des industries de la simulation fortement demandeurs d’emplois. Des outils indispensables aussi au développement des enseignements à distance et de la formation par les <a href="http://www.ettighoffer.fr/2696/le-serious-games-futur-leader-mondial-des-biens-culturels-numeriques">« serious games »,</a> et pour les productions médias. Un marché gigantesque bien supérieur à celui de la sidérurgie qui lui-même évolue vers les produits très spécialisés à forte valeur ajoutée. Quels chiffres à l’exportation pour nos Industries de la simulation, pour nos Nanotechnologie et autres métaux spéciaux ? Quid du développement des industries de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9r%C3%A9olithographie">Stéréolithographie</a>, (outil de prototypage rapide) qui sont en train de devenir des machines polyvalentes pour fabriquer à la demande ? Combien encore pour notre chimie et notre biologie et la commercialisation des applications  des cellules souches ? Où en sont les ventes de nos experts en chirurgie réparatrice ? Que dire des reconversions énergétiques et de l’exploitation des déchets ou de la gestion de l’eau que nous proposons sur les marchés étrangers très demandeurs ? Et quid des développements français en matière de robotique en milieux hostiles ou difficiles, du terra-formage des territoires, ou encore des innovations des organisations urbaines ?  Où en sommes nous de la vente de nos savoir faire en matière de cybersécurité, de nos offres dans le domaine des infrastructures des télécoms internationales, de l’Optoélectronique, de la Cartographie ou encore des applications de l’Intelligence Artificielle ? Nous préparons nous au Web du futur en trois dimensions !? Où sont nos laboratoires de R&amp;D en matière de Vies et de mondes virtuels !? On pourrait à l’infini tracer une cartographie des sciences et des techniques où la France a des places à prendre sans faire appel à une vision passéiste de notre politique industrielle. La réalité est tout simple et cruelle, la France est en déficit de l’offre sur les marchés internationaux.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2874" title="soft power fr" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/soft-power-fr-150x150.gif" alt="" width="150" height="150" />Le « soft power » français reste aux abonnés absents</strong>. Mais il y a pire encore. A l’ère de l’économie quaternaire, des idées, de l’innovation qui font la différence, la présence de la France reste insuffisante dans le monde affaires comme dans les réseaux de formation et de l’éducation en ligne, notamment dans l’espace francophone. Nous disparaissons du monde, en silence. Sinon le bruit ridicule de nos chamailleries et de la grande gueule de nos tribuns qui entendent donner des leçons à la terre entière. Cette présence insuffisante fait que nous perdons en permanence des marchés internationaux en mesure de faire travailler des français.</p>
<p style="text-align: justify;">Doit-on chercher notre difficulté à prendre à bras le corps une vision renouvelée d’une politique industrielle du 21eme siècle dans une frilosité spécifiquement française ? Une étude de 2012 de Mc.Kinsey concluait que la France se caractérise par un moindre dynamisme en matière d’entreprenariat alors qu’il jouerait un rôle majeur dans l’économie du XXIème siècle. Conclusions partagées par le cabinet d’études d’Ernst Young qui, à l’occasion d’une enquête sur l’esprit d’entreprise en Europe, situe la France en voiture balai, frileuse et très loin des pays qui font de la valorisation de l’esprit d’entreprise un levier de leur développement. La France doit se libérer de ses archaïsmes pour entrer dans un siècle dominé par le signe.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que l’économie numérique devient un avantage comparatif clé entre nations. Nous courrons le risque permanent d’un « hexagono-centrisme » mortel alors que nous passons d’une logique de spécialité des territoires  à une logique de spécialité des réseaux.  Au milieu de la prochaine décennie nous approcherons des 3 milliards de terriens connectés sur Internet. Les pays les plus malins, les sociétés les plus dynamiques, auront profité du doublement des revenus engendrés par la Toile; soit 4 200 milliards en 2016 contre 2 300 Milliards en 2010<a title="" href="#_ftn8">[8]</a>. L&rsquo;économie française doit relever le défi d&rsquo;investir dans les infrastructures de réseaux et regagner en compétitivité pour redynamiser son industrie numérique. Mais pour cela elle doit aussi donner une dynamique toute particulière au <em>soft power</em> français et s’intéresser aux millions de francophones pour lesquels la voix de la France devient inaudible. Il y a quelques semaines à peine, un journaliste sénégalais mettait la langue française au placard, au bénéfice de l’anglais. Pas un écho dans la presse française. Quatre millions d’enseignants, 80 millions d’élèves et d’étudiants, 320 000 établissements scolaires (dont 5 000 universités et écoles supérieures de l’Union européenne) sont à présent dans la ligne de mire des services de formation. En matière d’éducation un étudiant sur cinq utilise déjà un PC distant pour se former Alors que nos grandes écoles sont dans un état lamentable, le chiffre d’affaires de la formation représente le quatrième poste des exportations des États-Unis avec plus de 7 milliards de dollars annuel. Le marché mondial de la formation et de la téléformation est devenu une source de devises mais aussi une façon d’attirer vers soi les talents et les innovateurs venus de pays étrangers.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Si le Numérique Change le Monde, changeons-le à notre avantage</strong>. Une Nation utilisant le numérique comme levier de croissance devrait investir sur quatre axes à minima. Mais d’abord, en parlant des actions à envisager, soulignons qu’il ne s’agit pas d’enlever des freins comme je le constate trop souvent mais de créer des moteurs. En premier lieu, l’économie française doit relever le défi d’investir dans les infrastructures de réseaux pour dynamiser ses industries numériques et regagner en compétitivité. Les possibilités de nos organisations collectives à devenir « light » et agile en dépendent. Les pouvoirs publics doivent revoir la mise en œuvre de notre plan câble qui est en train de devenir une Arlésienne de la technocratie française et un gouffre pour nos finances. Deuxièmement, ils doivent soutenir prioritairement les activités de services en ligne en créant des contrats de concessions de services publics. Ce dispositif rendra plus vite rentables les activités de services publics et parapublics qui pourront un jour s’attaquer à l’exportation. En trois, définir et organiser une politique concrète du « soft power » pour développer l’éducation et la formation dans l’espace d’abord francophone. Cette politique doit d‘abord s’appuyer sur des alliés pour limiter la frontière des langues.  Enfin, toujours afin de stimuler les initiatives sur les territoires, créer et maintenir un « portail » d’échanges sur les bilans énergétiques des collectivités territoriales en créant un marché carbone spécifique. Les collectivités les plus éco-efficientes recevront des fonds de celles qui ne le sont pas ou moins. Mais il n’est pas interdit d’avoir de meilleures idées… encore faut-il accepter de se risquer à en avoir… c’est ça aussi l’esprit entrepreneurial !</p>
<p style="text-align: justify;">Voir aussi <a href="http://www.usinenouvelle.com/article/l-avenir-de-l-industrie-ne-se-joue-pas-a-florange.N187535">l’excellent article de Thibaut de Jaegher</a></p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> <a href="http://www.ettighoffer.fr/453#_ftn2">http://www.ettighoffer.fr/453#_ftn2</a></p>
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<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nikolai_Kondratiev">Nicolaï Kondratieff</a> publie en 1928 « les grands cycles de la conjoncture » qui fondent la pensée économique sur la nature et les causes de plusieurs cycles conjoncturels ayant chacun leurs spécificités dans la dynamique des échanges et des comportements socio-économiques.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> En 2003, la Chine en plein décollage économique a consommé 30% du pétrole extrait, 30% de l’acier (contre 13% dix ans plus tôt) 40% du ciment produit et mobilisé 25% des investissements directs mondiaux. En 2008, la Chine est à l’origine de ¾ de la hausse de la consommation mondiale alors que la demande des pays développés c’est stabilisée.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> La zone euro ne représentera que 9 % du PIB mondial en 2060, contre 17 % actuellement selon les projections de l’OCDE. La part de la Chine passera de 17 % à 28 % et celle de l’Inde, 7% en 2011, puis s’établira à 18 % en 2060, devant les États-Unis (16 %). Autre chiffre symbolique du bouleversement de l’économie mondiale et du déclin programmé de l’Occident : le PIB cumulé de la Chine et de l’Inde sera en 2060 une fois et demie plus élevé que celui de tous les pays du G7, contre à peine la moitié aujourd’hui.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref5">[5]</a> Pour moi, la numérisation sans réseaux, sans patrimoine immatériel circulant, n’a pas grand sens</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref6">[6]</a> Jean-Jacques Salomon, <em>La quête incertaine</em>, Paris ,Economica, 1994. Voir aussi “ L’émergence technologique de l’Asie Orientale ” Michel Dagonneau, Philippe Hayez, Bernard Mély, <em>Futuribles</em>, Novembre 1997.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref7">[7]</a> <a href="http://www.weforum.org/issues/global-information-technology/the-great-transformation/network-readiness-index" target="_blank"> NRI (Networked Readiness Index, World Economic Forum</a>) qui mesure pour chaque pays la propension à tirer profit des opportunités offertes par les TIC.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref8">[8]</a> Source Boston Consulting group</p>
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		<title>Le cerveau augmenté : les avatars sémantiques</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Oct 2012 10:09:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie Numérique]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous avons de l’antiquité à nos jours appris à « externaliser hors de notre corps » la mémoire et la connaissance sur de multiples supports. Nous allons, dans les 20 années à venir, apprendre à « externaliser de l’intelligence », à augmenter notre cerveau grâce à l’intelligence artificielle. Ce sera le fait du développement des avatars sémantiques. Ce jour [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="alignnone size-full wp-image-2838" title="robotpatop" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/robotpatop.gif" alt="" width="144" height="108" />Nous avons de l’antiquité à nos jours appris à « externaliser hors de notre corps » la mémoire et la connaissance sur de multiples supports. Nous allons, dans les 20 années à venir<strong>,</strong> apprendre à « externaliser de l’intelligence », à augmenter notre cerveau grâce à l’intelligence artificielle. Ce sera le fait du développement des avatars sémantiques.<span id="more-2835"></span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce jour là vous avez vécu l’histoire suivante. Vous étiez avec des amis, avec vos enfants, autour d’un diner et vous discutiez avec animation de sujets les plus divers. Venait une controverse, une hésitation sur un fait à préciser, un oubli de l’un d’eux, et vous avez vu l’un des convives se dépêcher d’ouvrir son portable afin de partir à la pêche sur la Toile, pour retrouver l’information manquante. Information dont d’ailleurs la fiabilité sera elle-même source de polémiques possibles. Bienvenu dans le siècle de la mémoire et des savoirs externes, « hors du corps ». Seulement, voilà, nous n’en avons pas fini avec nos prothèses techniques. La prochaine étape sera l’externalisation cette fois de l’intelligence, ceci grâce à la capacité croissante des IA à interpréter des informations et des comportements. Un demi-siècle de progrès sur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_artificielle">l’intelligence artificielle</a>, l’informatique linguistique, les systèmes experts, le traitement automatique du langage naturel et les sciences cognitives<strong>,</strong>  rebat complètement les cartes des révolutions techniques et sociales à venir.<strong> </strong>C’est là que nous trouvons notre avatar sémantique au croisement de trois grandes révolutions des sciences et des techniques :</p>
<ul>
<li style="text-align: left;">Les applications de l’IA à l’exploitation en temps réel des données et des connaissances accumulées dans les réseaux d’ordinateurs : <em>on passe à la <strong>«</strong> connaissance à la demande<strong> ».</strong> </em></li>
<li>Le développement des applications d’analyses prédictives automatique et des moteurs, non plus seulement de recherche, <em>mais de propositions d’hypothèses.</em></li>
<li>L’avènement d’une interface personnalisée, démocratisée, en mesure de mémoriser les manies et les comportements mais aussi de <em>réagir aux émotions et aux attentes de <strong>l’</strong>utilisateur.</em></li>
</ul>
<p>Avant d’en venir à notre avatar<strong>, </strong>rappelons d’abord quelques unes des nos limites.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-full wp-image-2837" title="maillon faible" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/maillon-faible.jpg" alt="" width="274" height="212" />Face au déluge électronique l’homme est le maillon faible des réseaux d’informations. </strong>L’exploitation des contenus et leur valorisation ne concernera pas que les textes numérisés, mais des millions de produits multimédia qui circulent sur la Toile. Selon McKinsey, en 2011, chaque terrien disposait d’un patrimoine numérisé équivalent à 17 milliards d&rsquo;iPhones! Imaginez un instant ce qu’il en sera d’ici à la fin de l’actuelle décennie !?<strong> </strong>Cette surabondance d’’information entraîne un risque de déficit de l’attention. Ces contenus qui représentent un fabuleux capital immatériel sont dilués : le risque est permanent de passer à côté de quelque chose d’important sans le voir. Le problème n’est pas de détenir  des informations stratégiques ; c’est de savoir qu’elles sont stratégiques. Puis de savoir les utiliser avant et mieux que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’entreprise, l’objectif stratégique est de comprendre avant tout le monde.<strong> </strong>Savoir quels brevets dépose un compétiteur peut éviter des investissements d’études inopportuns ou redondants.  Ne pas acheter un brevet obsolète, noter une percée technologique qui modifie des méthodes de production, surveiller les recherches des concurrents… Connaitre l’état d’esprit d’un groupe social donné ou l’évolution d’un marché spécifique représentent des opportunités importantes en matière de veille stratégique. Explorer, identifier et tirer le meilleur parti de cette masse d’informations ne peut s’envisager qu’avec les outils spéciaux de la recherche sémantique. L’objet est de donner la capacité aux moteurs de <a href="http://storify.com/smcfrance/big-data">recherche d’évaluer</a> des relations entre des faits, des évènements ou des données afin de les agréger et les fournir à un internaute, sur demande, en leur donnant du sens.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette perspective, <strong>le web sémantique est l’outil de renseignement et de veille intelligente idéal</strong>. Il offre l’accès à des relations insoupçonnées, des corrélations inattendues entre des faits, des chiffres et des évènements. L’exploitation de millions de pages des réseaux sociaux alimentera des dispositifs de renseignements avancés. Corrélés, ces milliards de données sur lesquelles ont peut « zoommer » ou « dézoommer » à volonté préviendront les États, les entreprises, les chercheurs<strong>, </strong>d’évènements en cours de formation. L’objectif du <a href="http://jplu.developpez.com/tutoriels/web-semantique/introduction/">web sémantique</a> est de « faire parler les données », d’extraire du sens de la gigantesque masse d’informations disponibles et accessibles par les réseaux. Au point que certains chercheurs s’interrogent de savoir si Google sera à l’origine du premier cerveau cybernétique de notre histoire contemporaine. La presse spécialisée ne cesse désormais de nous présenter les <a href="http://www.commentcamarche.net/faq/29732-web-semantique-quelles-applications-aujourd-hui#la-recherche-le-classement-bibliographique-documentaire">multiples applications</a> de « <a href="http://www.infodsi.com/articles/133817/google-nouvel-einstein.html">notre Einstein informatique </a>».</p>
<p style="text-align: justify;">Notre web sémantique en cours de développement sera accessible à partir d’un simple portable. Dans quelques années, l’internaute aura à sa disposition des IA, cerveaux artificiels qui, en accédant aux données disponibles, pourront traiter et proposer à l’utilisateur des hypothèses dans de multiples domaines d’activités.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-2849" title="IntelligenceArtificielle_IA_MAV_01" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/IntelligenceArtificielle_IA_MAV_01-300x125.jpg" alt="" width="300" height="125" />Le cerveau augmenté : la démocratisation des avatars sémantiques. </strong>L’avatar sémantique est un objet logiciel, sorte de doublure numérique d’une personne, un être virtuel, doté d’Intelligence Artificielle capable d’assurer la surveillance de certains sujets ou problèmes, de  lier des évènements entre eux mais aussi d’assurer « la représentation » de son propriétaire en son absence pour résoudre certains problèmes qui lui auront été délégués. Même si leur accès sera sans doute réservé longtemps à des utilisateurs capables de se payer de tels équipements, les applications des IA vont se diffuser et bouleverser nos sociétés.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les vingt ans à venir nous allons vivre une démocratisation progressive de l’accès à des outils dotés d’IA afin de faciliter l’exploitation des connaissances à la demande mais aussi des propositions ou des suggestions pour résoudre les problèmes de la vie courante. Ces avatars sémantiques vont se sophistiquer au point qu’un<strong> </strong>jour ou l’autre, ils pourront tenir compte des émotions et du tempérament de leur<strong> </strong>utilisateur.<strong> </strong>Pilotés à la voix ils pourront décoder et réagir aux émotions des locuteurs<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>. Monsieur et Madame Toulemonde pourront se faire assister par une IA : recherche de promos, rappel des emplois du temps, aides à la décision par des comparaisons de plus en plus sophistiquées ; elle vous rappellera les dates anniversaires de vos petits enfants que vous oubliez sans cesse.<strong> </strong>Les Avatars sémantiques dotés d’IA, interfaces entre l’homme et les immenses bases de connaissances disponibles dans le <em>cloud computing,</em> seront les prothèses de cet utilisateur lambda. L’avatar sémantique et son IA intégré, dans un terminal portable ou pas, se tient en alerte permanente pour répondre à des questions qui pourraient lui être posées par son propriétaire <em>mais avec la possibilité de prendre des initiatives spécifiques<strong>. </strong></em>A partir de cette double capacité que sont les applications de l’IA aux interrogations et aux traitements corrélés des données, le cerveau sera augmenté artificiellement<strong>,</strong> comme le sont déjà les perceptions sensorielles dans des mondes virtuels.</p>
<p style="text-align: justify;">A vrai dire les auteurs de SF ont imaginé depuis longtemps cette étrange machine qui ne cesse de dialoguer avec son propriétaire, sorte de mémoire et de compagnon numérique savant, à même de discuter en langage naturel, de décoder nos émotions, capable de faire des suggestions, d’associer des données ou des évènements avec notre vie professionnelle ou personnelle. Cet avatar sémantique deviendrait un compagnon capable de converser sur tous les sujets qui nous tiennent à cœur, à chaque moment et autant que nous le souhaitons. Un jour chacun d’entre nous aura un avatar sémantique personnel, incarné par un double numérique dans les réseaux et présent dans notre futur portable. Cet avatar aurait de nombreuses fonctions pratiques. Nous rappeler, à la demande, toutes les informations sur lesquelles nous travaillons, jouons ou communiquons. Mettre à jour en continu notre carnet d’adresses et notre planning, nous rappeler nos échéances.  Nous connecter sur d’autres internautes selon nos affinités respectives. Nous faire des suggestions sur toutes les questions que nous devons régler, mais aussi nous ouvrir à des concepts, des idées et des faits nouveaux.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignleft size-full wp-image-2836" title="IAvatar" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/IAvatar.jpg" alt="" width="250" height="188" />Le « cerveau augmenté » </strong>: <strong>une opportunité pour l’industrie informatique française. </strong>Voilà pourquoi les <a href="http://www.ettighoffer.fr/1906/les-outils-predictifs-grand-oublies-du-plan-numerique">outils et logiciels d’assistance au prédictif</a> et à la valorisation des contenus vont devenir une nécessité. <em>Donc, ce sont des robots logiciels, des applications de l’intelligence artificielle qui vont se taper le boulot.</em>  Aujourd’hui l’intelligence artificielle fournit déjà des experts logiciels dans de nombreux domaines. Ils sont capables de répondre aux questions les plus fréquemment traitées dans un domaine donné. Les commandes vocales existent aussi, elles permettent de dicter un texte, de manier un PC ou un smartphone, d’appeler automatiquement nos contacts, etc. Les serveurs vocaux des entreprises se multiplient et s’ajoutent à la longue liste des systèmes experts déjà en place. <a href="http://www.journaldunet.com/solutions/analytics/gagnant-de-roland-garros-selon-ibm-et-le-big-data-0612.shtml">IBM</a> a en fait son nouveau champ d’action privilégié. Encore récemment la presse évoquait les prouesses de son « docteur Watson » comme assistant aux diagnostics de patients.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;">D’ores et déjà les<strong> </strong>premiers « cerveaux augmentés » sont disponibles et utilisés tous les jours dans des versions encore « primitives » par certaines professions<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>. <em>Pour moi si le futur eldorado informatique existe, il n’est pas dans le Cloud comme cela se dit un peu partout. Il est dans l’exploitation du Cloud !</em> Ce ne sont pas les découvreurs des filons miniers qui ont gagné le plus d’argent, ce sont ceux qui ont trouvé et vendu les outils pour les exploiter. Le défi à venir, le plus intéressant, n’est pas forcément celui du « Cloud Computing » mais celui des logiciels et des applications spécialisées dans l’exploitation des datas par des IA. L’ingénierie correspondante va poursuivre une progression fulgurante qui représente des enjeux économiques considérables. La France peut si constituer un leadership majeur. Tout cela prendra du temps et du jus de cervelle mais les français ont pour eux deux atouts majeurs : Ils disposent des meilleurs mathématiciens au monde et des informaticiens de tout premier plan.</p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Voir projet <a href="http://www.cantoche.com/fr~Partners.html">Affective Avatar</a> &#8211; piloté par Laurence Devillers de l’IMSI et http://www.gameblog.fr/news/31422-une-ia-plus-vraie-que-nature</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Nous en avons hélas des démonstrations permanentes avec le « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Transactions_%C3%A0_haute_fr%C3%A9quence">trading » à haute fréquence</a> ou la moitié au moins des transactions boursières sont pilotées par des programmes informatiques.</p>
</div>
</div>
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		<title>Quand le droit d’usage empiète sur le droit patrimonial.</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Sep 2012 07:20:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digital Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Economie Numérique]]></category>
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		<description><![CDATA[Cela n’aura pas échappé aux lecteurs et professionnels intéressés, l’acteur américain Bruce Willis envisagerait de porter plainte contre iTunes. Il aurait réalisé que l’importante bibliothèque de morceaux de musique qu’il avait téléchargé depuis des années à partir de la plate-forme d’Apple ne lui appartenait pas et ne pouvait être léguée à ses proches. L’histoire n’aurait [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;">Cela n’aura pas échappé aux lecteurs et professionnels intéressés, l’acteur américain <span style="color: #000080;"><a href="http://www.huffingtonpost.fr/2012/09/03/bruce-willis-apple-itunes-justice-proces_n_1851375.html"><span style="color: #000080;">Bruce Willis</span></a></span> envisagerait de porter plainte contre iTunes. Il aurait réalisé que l’importante bibliothèque de morceaux de musique qu’il avait téléchargé depuis des années à partir de la plate-forme d’Apple ne lui appartenait pas et ne pouvait être léguée à ses proches. L’histoire n’aurait pas fait grand bruit si elle avait concerné un simple citoyen. Bien que l’acteur ait démenti, elle donne à beaucoup de spécialistes du droit l’occasion de revenir sur un sujet qui me tient à cœur depuis bien longtemps. Au passage, je précise que je milite volontiers pour le <span style="color: #000080;"><a href="http://www.ettighoffer.fr/1739/biens-immateriels-pour-un-droit-d%E2%80%99usage-opposable-au-droit-de-propriete"><span style="color: #000080;">droit d’usage opposable au droit de propriété</span></a></span>… <strong>oui, mais point trop n’en faut</strong> !<span id="more-2818"></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2825" title="maisouvaton" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/maisouvaton.gif" alt="" width="204" height="135" />Le conflit supposé entre Bruce Willis et la plate-forme d’iTunes met le doigt sur un vrai problème, emblématique de l’ambigüité entre le droit d’usage et le droit de propriété. La transformation des biens tangibles en biens numériques aura bouleversé les modèles économiques et facilité de nouvelles formes de commerce et de mode de distribution. Encore faudrait-il ne pas confondre « mode de distribution » et « mode de commercialisation » !</p>
<p style="text-align: justify;">Si j’achète un opéra de Verdi par téléchargement qui sera enregistré sur mon ordinateur, puis gravé sur un CD sur un DVD, au lieu d’aller le chercher dans une boutique de la FNAC, j’ai simplement utilisé un nouveau mode de distribution. Dans ce cas, le « contrat » entre le vendeur et le consommateur reste traditionnel. Je peux utiliser mon droit patrimonial et offrir ou transmettre ce droit à mes propres ayants droits ou le « revendre » à un tiers<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>. Maintenant, si je télécharge ce même opéra pour l’écouter ou le regarder selon des conditions fixées par la plateforme du fournisseur, je suis encore dans un mode de distribution en ligne mais le « contrat commercial » n’est plus le même. Ma transaction spécifie que je n’ai que le droit d’usage pour l’écoute du morceau de musique ou le visionnage du film commandé. En d’autres termes, si le mode de distribution en ligne reste le même, <em>le contrat commercial change et spécifie un simple droit d’usage</em>. Ce droit d’usage d’écoute est personnalisé, non transmissible. Ces serveurs spécialisés proposent le téléchargement du bien numérique avec sa licence « du droit d’usage » en échange d’un paiement qui n’autorise ni la duplication, ni l’enregistrement en vue d’une revente ou d’une transmission à des tiers.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous êtes surpris à enregistrer par des procédés déloyaux donc à transformer ce droit d’usage en droit patrimonial, vous pouvez alors être considéré comme un délinquant. C’est toute la question que soulève l’affaire associée au nom de Bruce Willis : la confusion possible entre droit d’usage et droit patrimonial engendré par un mode de distribution nouveau <em>mais à des conditions commerciales </em>pas très claires. Cette confusion est entretenue par l’ambigüité des conditions de vente de iTunes et d’autres plateformes qui n’insistent guère sur le fait qu’elles se contentent de commercialiser la « licence » d’écouter le morceau choisi : une licence personnelle et prescriptible. Vu le nombre de plateformes de téléchargement qui fonctionnent dans cette ambigüité, cela peut être source de confusion d’autant plus trompeuse pour le public que les prix entre les deux formules ne sont pas très différents. On peut donc souhaiter que cette différence dans le « contrat » de vente soit plus visible sur les propositions des sites et, pourquoi pas, qu’il soit proposé lors de l’achat de choisir l’une ou l’autre des formules. Ainsi l’acheteur saurait clairement faire son choix pour, selon son humeur et ses goûts, se procurer soit le simple droit de licence, soit celui de propriété.</p>
<p style="text-align: justify;">Le législateur devrait se pencher sur cette situation de marchés captifs à l’origine de positions dominantes généralement peu propice à une saine concurrence. A défaut, on conseillera vivement aux admirateurs des Pink Floyd et autres auteurs de passer plus de temps dans les magasins de DVD mais aussi dans les librairies, car les livres achetés chez Amazone sous forme numérique sont frappés de la même interdiction de transmission à des tiers. Sinon, pour vos achats de vos CD ou DVD et bouquins d’occasions, apprenez à connaitre les services en ligne de vente de seconde main qui contournent le problème. Quoi qu’il en soit, les juridictions européennes devront un jour ou l’autre se mettre d’accord sur le problème des droits de transmission et de revente des biens numériques mais aussi statuer sur les conditions de revente de seconde main en ligne qui spolient les auteurs. Nous y reviendrons prochainement.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Notons au passage cette aberration où les ayants droits (d’auteur) ne sont pas pris en compte dans les transactions secondaires.</p>
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		<title>La vente des « inforganisations » prêtes à porter</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Sep 2012 07:15:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Digits Futurs]]></category>
		<category><![CDATA[briques organisationnelles]]></category>
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		<description><![CDATA[On parle de composants réutilisables, de produits sur étagères, de &#171;&#160;packs&#160;&#187; de services fournis clés en main. Des &#171;&#160;kits de démarrage&#160;&#187;, des méthodes, des modules de gestion divers sont proposés aux entreprises qui découvrent le confort de pouvoir utiliser des savoir-faire pointus dans des logiciels, plutôt que de devoir réorganiser de façon parfois hasardeuse des [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><em>On parle de composants réutilisables, de produits sur étagères, de &laquo;&nbsp;packs&nbsp;&raquo; de services fournis clés en main. </em><em>Des &laquo;&nbsp;kits de démarrage&nbsp;&raquo;, des méthodes, des modules de gestion divers sont proposés aux entreprises qui découvrent le confort de pouvoir utiliser des savoir-faire pointus dans des logiciels, plutôt que de devoir réorganiser de façon parfois hasardeuse des procédures complexes. </em></span><em><span style="color: #000080;">On propose aux entreprises des modèles d&rsquo;indicateurs ou des tableaux de bord de gestion et de management standardisés et livrés paramétrés au cas par cas. Nous parlons « d’inforganisations » prêtes à porter. </span><span id="more-2807"></span></em>Partout, afin de réduire le coût d&rsquo;accès aux compétences, on intègre de plus en plus d&rsquo;intelligence organisationnelle dans les produits et les services. Tiré par les besoins des grandes organisations éclatées en de multiples établissements, nous voyons émerger un concept de briques &laquo;&nbsp;inforganisationnelles<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>&nbsp;&raquo; répondant à la recherche de solutions compétitives fournies clés en main. Au fil des années, la formidable accumulation de savoir-faire chez les fournisseurs de solutions leur a permis de proposer des progiciels de plus en plus pointus. Ces solutions &laquo;&nbsp;inforganisationnelles&nbsp;&raquo; sont le produit de l&rsquo;accumulation d&rsquo;expériences et de connaissances dans des secteurs ou des fonctions qui exigent une efficience sans faille dans la gestion d&rsquo;actions complexes. Ces solutions informatisées, &laquo;&nbsp;industrialisées&nbsp;&raquo;, afin d&rsquo;être accessibles au plus grand nombre, participent à la structuration d&rsquo;organisations qui entendent bien utiliser ce &laquo;&nbsp;lego&nbsp;&raquo; d&rsquo;un nouveau genre pour faciliter à terme le <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/pressbook/meta_businessdig_fr.pdf"><em>plug and play</em></a> de leurs fonctions respectives dans une filière professionnelle quelconque.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft  wp-image-2810" title="Parametrer" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Parametrer.gif" alt="" width="298" height="222" />Comment construire sa propre boutique virtuelle en ligne?</em> proposent certains éditeurs qui offrent des solutions packagées, est un exemple simple, qui parle. Une offre globale qui comprend et organise toutes les fonctions de conception et de gestion d&rsquo;un site de commerce électronique (paiement, prise de commandes, facturation et gestion de catalogue) en y rajoutant le plus souvent le service (<em>outsourcing</em>) de gestion et de l&rsquo;administration du site à distance. Ces progiciels doivent pouvoir s&rsquo;adapter à des situations variées, d&rsquo;où le développement des possibilités de paramétrages des applications et de la multiplication de composants logiciels réutilisables selon les différentes configurations des organisations. La logique ultime est de pouvoir offrir au marché des solutions systémiques complètes incluant l&rsquo;organisation du ou des services concernés. L’Atlanta Internet Bank aux États-Unis qui avait créé sa division Security First Network Bank (SFNB) pour lancer sa première banque en ligne s’est ensuite avisé de vendre son organisation de banque virtuelle à d&rsquo;autres banques: Virtual Financial Manager (VFM) est née qui fera d’ailleurs affaire avec  Vivendi lors du lancement de Soft Bank. La SFNB, aurait commercialisé son VFM à plus d&rsquo;une cinquantaine de banques. En changeant de stratégie, la SFNB fait un métier de conseil en procédés technico organisationnels dans le but de mieux répondre aux demandes de ses clients<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p><strong>Une symbiose moderne mais pas sans risques</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ces intégrateurs, dont SAP reste un des leaders, il s&rsquo;agit d&rsquo;un positionnement d&rsquo;ingénierie complète mobilisant des équipes pluridisciplinaires et comprenant la vente de matériels, de logiciels, le conseil, les paramétrages et l&rsquo;accompagnement à la mise en place. Les <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=erp&amp;source=web&amp;cd=1&amp;cad=rja&amp;sqi=2&amp;ved=0CEIQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FERP&amp;ei=GSU3UMitDMbPhAeA0IHwBg&amp;usg=AFQjCNFECKCfR5lLj6QPBGrkwIkmkyJGIg">ERP</a> ou PGI en français (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Progiciel_de_gestion_int%C3%A9gr%C3%A9">progiciels de gestion intégrés</a>) sont avant tout des solutions industrielles d&rsquo;organisations &laquo;&nbsp;prêtes à porter&nbsp;&raquo;. Ces grands PGI composent un imposant meccano logiciel qui intègre l&rsquo;ensemble des fonctions et des interfaces d&rsquo;une organisation, y compris celles des organisations extérieures, des clients ou des fournisseurs. On peut s&rsquo;interroger parfois de savoir si on n&rsquo;a pas poussé le bouchon un peu trop loin. Avec les intégrateurs, le mythe d&rsquo;une informatique non structurante a volé en éclats : <em>ce n&rsquo;est pas le logiciel qui s&rsquo;adapte à l&rsquo;entreprise, c&rsquo;est l&rsquo;entreprise qui s&rsquo;adapte au logiciel.</em> Même si les logiciels intégrés sont paramétrables, ils corsètent les fonctions de l&rsquo;organisation dans un modèle prêt-à-porter. Ce rôle d&rsquo;intégrateur complet qui implique d&rsquo;intervenir dans l&rsquo;intimité de l&rsquo;organisation du client n&rsquo;est pas sans péril. Qu&rsquo;un maillon soit défaillant et le système se bloque ou l&rsquo;anomalie affecte toute la chaîne systémique en un rien de temps. La raison des abandons, les difficultés rencontrées incombent généralement au fait d&rsquo;avoir sous-estimé l&rsquo;incompatibilité entre la flexibilité (relationnelle et organisationnelle) nécessaire au monde des affaires moderne et la rigidité introduite par les ERP. Sans doute n&rsquo;a-t-on pas au préalable suffisamment travaillé la question de savoir si le modèle d&rsquo;organisation devait privilégier de petites entités réunies en grappes combinatoires, agiles ou des ensembles fortement intégrés dans un réseau très structurant ? Cette dualité semble évidente lorsque les décideurs reconnaissent volontiers que les ERP leur donnent satisfaction dans des contextes fonctionnels homogènes, délimités et très spécialisés. Mais cela dérape quand il s&rsquo;agit de grands ensembles qui ont du mal à standardiser et à automatiser les procédures limitant les interventions humaines. James Bruce, vice-président des systèmes d&rsquo;information du MIT (Massachusetts Institute of Technology), insiste sur la complexité des processus et surtout sur l&rsquo;importance des interventions sur des ensembles systémiques très élaborés : <em>« Les ERP ne donnent pas pleinement satisfaction, car cela ne marche qu&rsquo;en donnant à l&rsquo;organisation machine la prédominance sur les organisations humaines ».</em> Là est sans doute <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/etudes/tableau_meta.html">la ligne blanche des arbitrages</a> à faire.</p>
<p>Pour aller plus loin, demandez à télécharger :<strong> </strong>&laquo;&nbsp;<a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/meta.html"><em>Met@-Organisations,  Les modèles d&rsquo;entreprise créateurs de valeur</em></a>&nbsp;&raquo; Éditions <em>Village Mondial</em>, 2000 Ouvrage récompensé par le Prix Turgot (Juin 2001)</p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Contraction des termes informatique et organisation.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Ces informations ayant déjà plus de dix ans il sera utile d’envisager de les mettre à jour</p>
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		<title>Les Idées mère de toutes les batailles</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jul 2012 10:41:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées fortes]]></category>
		<category><![CDATA[Modes de création de valeur]]></category>
		<category><![CDATA[bataille des idées]]></category>
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		<description><![CDATA[Une idée est comme un mot d’humour qui associe des situations dont la jonction crée la surprise, puis l’hilarité. L’idée fonctionne de façon semblable, elle constitue une association de faits qui surprend, prend du sens, d’abord séduit l’esprit, puis le libère. Nous voilà entrés dans la bagarre. Mais de laquelle s’agit-il !? D’une bataille des savoirs [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="right"><em><span style="color: #0000ff;">Une idée est comme un mot d’humour qui associe des situations dont la jonction crée la surprise, puis l’hilarité. L’idée fonctionne de façon semblable, elle constitue une association de faits qui surprend, prend du sens, d’abord séduit l’esprit, puis le libère.</span><span id="more-2792"></span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Nous voilà entrés dans la bagarre. Mais de laquelle s’agit-il !? D’une bataille des savoirs ou d’une bataille des idées !? Savoir ne signifie pas imaginer ou créer et innover. Alors de quelles batailles parle-t-on ? De la défense des positions acquises ou de la conquête de nouveaux mondes ? Parle-t-on des rentiers qui vivent sur les fonds de commerce des années 60 ou de nos industries du futur ? Parle-t-on de préserver nos marchés ou d’envisager quels seront les marchés de l’avenir ? Les vraies questions sont là. Croyez-vous qu’être savant, disposer de quelques grands chercheurs ou de quelques prix Nobel emblématiques suffit à préparer nos industries des années à venir ? Les inventions ne viennent pas toujours des plus grosses têtes de l’entreprise. C’est un modeste mais génial mécanicien, George Juzan qui a mis au point la première bicyclette moderne. C’est Herminie Cadolle, une ouvrière corsetière du début du 19eme siècle qui inventa, en 1889, le soutien gorge afin de libérer les femmes du joug du corset. Avec l’accélération du cycle schumpétérien de création/destruction d’activités, les entreprises comme les nations doivent devenir des « fabriques d’idées » !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2795" title="jtxmc" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/jtxmc-300x262.jpg" alt="" width="284" height="248" />Aussi, lorsqu’on parle de « guerre économique », il nous faut entendre « guerre de l’intelligence » et lorsque nous entendons « batailles de l’innovation », il nous faut entendre « batailles des idées », car les compétitions à venir se feront sur les idées ! Des idées astucieuses sur les façons d’utiliser des connaissances existantes. Les compétitions modernes se déplacent vers les capacités des organisations à inventer. L’innovation n’est pas toujours quelque chose de bien spectaculaire. Elle affecte les fonctions de production, de l’éducation, de la recherche, du commerce et de la distribution. Lorsque NCR lance une caisse libre service afin de diminuer les files d’attentes aux heures de pointe dans les grands magasins, les journaux n’en font pas un titre. Mais des milliers d’acheteurs vont réduire leur temps d’attente. Il suffit de visiter certains sites d’entreprises sur internet pour y trouver une rubrique qui n’existait pas encore récemment : celle des innovations. Une façon de contribuer à la notoriété et à l’attractivité de la firme. Autrefois très discrètes, les informations valorisant la participation des entreprises à des avancées techniques, leurs investissements consentis pour la R&amp;D, leurs retombées pratiques, sont mieux mises en valeur pour attirer des actionnaires qui spéculent de plus en plus sur les entreprises innovantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Le discours classique sur l’innovation ne suffit plus. Passer de l’idée à l’action nécessite des approches professionnelles, des méthodes, l’accès à des financements privés ou publics et à des outils pas toujours bien connus par les dirigeants des PME. Il nous faut changer de discours sur la politique d’innovation. Libérer les idées est une chose. Passer de l’idée à l’action en est une autre. Ce n’est pas chose facile. En 2005, <em>Oséo</em> lançait une enquête approfondie auprès de 1000 PME sur leur capacité d’innovation<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>. Elle révèle que 56% des entreprises ont une ou plusieurs idées innovantes en attente de réalisation mais que seules 8% sont véritablement organisées pour innover de manière régulière. Parmi les raisons avancées expliquant la non exploitation de ces idées figurent le manque de temps du dirigeant (59%), le manque de ressources financières de l’entreprise et la difficulté d’accès au crédit pour l’innovation (39%), le risque de fragilisation en cas d’échec (26%) et le manque de personnel qualifié (25%). Les conclusions de l’enquête soulignent que les PME ne sont pas correctement organisées pour valoriser leurs innovations faute de disponibilités de temps et d’une « posture » trop orientée sur le court terme. Un constat déjà fait par le Bipe il y a plus de vingt ans<a title="" href="#_ftn2">[2]</a> !</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous faut ensuite admettre aussi que la recherche, c’est du « business » où toute dispersion est coûteuse ! Tous les ministres, tous les patrons de la R&amp;D devraient avoir la phrase du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%B5_Nguy%C3%AAn_Gi%C3%A1p">général Giap</a> à l’esprit : « &nbsp;&raquo;<em>Si l&rsquo;ennemi se concentre, il perd du terrain. S&rsquo;il se disperse, il perd de la force</em>&laquo;&nbsp;. De la même manière qu’une entreprise est tenue de tenir son « portefeuille d’activités » et de l’auditer régulièrement afin d’éviter un déséquilibre trop important entre celles qui consomment des financements (les investissements en R&amp;D) et celles qui en rapportent (les fameuses vaches à lait), il faudra sélectionner des domaines de compétences et s’y faire des alliés pour y tenir un rang de leader. A défaut on se retrouve dans une configuration très agréable pour les concurrents : les uns s’épuisent à tirer les marrons du feu en faisant avancer la recherche et <a href="http://www.place-publique.fr/spip.php?article6580">d’autres en tirent les dividendes</a>. Valoriser ses idées et les vendre sous forme de services dans les secteurs les plus divers est une condition indispensable pour maintenir une avance substantielle sur ses marchés. Lorsqu’<em>Alstom</em> vend ses procédés de traitement à charbon propre pour les centrales électriques de la Chine, il s’agit moins de faire des gains de productivité que de se démarquer de son principal concurrent <em>General Electric</em> par la mise en œuvre de techniques plus performantes. Voilà pourquoi il devient essentiel de se demander si l’intelligence de notre R&amp;D est productive et vendable. Cela implique que l’on accepte le « challenge ». A-t-on pris réellement conscience des enjeux que représente cette bataille des idées et des savoirs ?<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’innovation est d’abord un état d’esprit. En France, les idées restent considérées comme un exercice de purge pour les salariés plus qu’un véritable réservoir de valeur. Par ailleurs, nous restons aveugles au fait qu’être savant ne prouve pas une nature créatrice. Ce sont deux choses bien distinctes, pas toujours bien comprises, hélas.<strong> </strong>Les créatifs ressemblent rarement à l’idée que nous nous en faisons. Pour <em>Richard Florida</em>, l&rsquo;auteur de <a href="http://www.amazon.com/exec/obidos/tg/detail/-/0465024769/ref=ase_interncom-20/103-7327835-9279031?v=glance&amp;s=books"><em>The Rise of the Creative Class</em></a>, ce sont plutôt des penseurs qui &laquo;&nbsp;<em>acquièrent un corpus mystérieux de connaissances en propre et les appliquent de façon unique pour exécuter leur travail.</em>&laquo;&nbsp;<a title="" href="#_ftn3">[3]</a>. Voilà pourquoi, les créatifs contournent souvent les règles et le règlement afin de trouver des solutions « hors cadre ». Pour <em>Florida</em>, une attitude rigide risque de couper l’entreprise d’une source d’idées originales. La créativité réside souvent sous votre nez. Pour <em>Florida</em>, il importe de ne pas se faire une idée stéréotypée des créatifs. Les créateurs ne sont pas nécessairement jeunes, gais ou vêtus de noir de la tête au pied.  Le travail créatif exige du temps pour ruminer une question en suspend. Travailler avec les créatifs prend aussi du temps et de l&rsquo;énergie. Quelques étincelles de génie créatif et voici la partie artiste de l’homme qui s’exprime et qui, souvent, nous enchante. Personne ne sera épargné dans cette nécessité d&rsquo;innover. Pour cela il nous faut réintroduire une fraîcheur souvent perdue, retrouver une vitalité des idées qui abandonnent les entreprises qui se bureaucratisent trop vite ; qui, pour tout dire, vieillissent mal. Entreprises vite sur la défensive et plus gestionnaires que conquérantes des nouveaux mondes offerts par l’économie numérique. <a href="http://www.escpeurope.eu/nc/fr/faculte-recherche/corps-professoral-escp-europe/professor/name/getz/-/biography/">Isaac Getz</a>, consultant et auteur de travaux sur l’innovation, constate les freins encore importants à cette liberté de laisser s’exprimer des esprits non conformistes, des déviants qui pourraient « <em>remettre en cause la légitimité des chefs</em> »<a title="" href="#_ftn4">[4]</a>. <img class="alignleft size-full wp-image-2797" title="camembert origines innovations" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/camembert-origines-innovations.png" alt="" width="430" height="221" />La culture des élites tend à s’enfermer dans un mode de pensée qui s’autoalimente de satisfactions sur son fonctionnement alors que les idées « françaises » restent dans les cartons de leurs promoteurs. Les jardins d’idées à la française doivent comme toujours « être tirés au cordeau », encadrées ! Voici ce que nous écrivions en 2004 en conclusion d’une étude conduite entre l’été et l’hiver 2003 avec l’aide d’étudiants de l’IGS sur la création de valeur ajoutée par les idées dans les réseaux.  « <em>La majorité des entreprises appliquent encore un modèle hiérarchique à l’innovation ou à la pensée créatrice. La direction « pense », le reste exécute… L’innovation et les échanges d’idées ne sont pas considérés à priori comme un état d’esprit qui imprègnerait l’ensemble de la culture de l’entreprise. On retrouve le cloisonnement des fonctions qui limitent les échanges transversaux. Quand c’est la direction du marketing qui a la responsabilité de la e-fertilisation, l’innovation va plutôt être dirigée vers les produits. Lorsque cette responsabilité relève de la direction des systèmes d’information ou de la direction technique, elle est plutôt dirigée vers les process. Notons que la direction des ressources humaines, souvent mentionnée comme fortement demandeuse d’échanges d’expérience dans la profession, n’est citée que pour 2% des cas.</em> <a title="" href="#_ftn5">[5]</a>» Il n’est pas naturel que si peu de gens se frottent les uns aux autres dans les entreprises ce qui rend notre imaginaire improductif. Au final, comme le soulignait <em>Olivier Postel Vinay</em> dans son ouvrage, la déficience de notre système tient à sa faible interactivité et à sa faible ouverture interdisciplinaire<a title="" href="#_ftn6">[6]</a>. Auquel cas, nous pourrions reprendre le propos désabusé du doyen de l’université de Oulou en Finlande lors du congrès d’Helsinki en septembre 1999, « <em>Le principal apport des chercheurs en économie de l’emploi, c’est l’emploi des chercheurs en économie</em> ».</p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a><a href="http://solutions.journaldunet.com/0506/050627_enquete_innovation_introduction.shtml">//solutions.journaldunet.com/0506/050627_enquete_innovation_introduction.shtml</a> <a href="http://www.oseo.fr/content/download/59261/718986/file/PME_innovation_technologique.pdf">www.sofaris.com/content/download/74029/808841/file/Rapport2005OSEOanvar.pdf</a> et <a href="http://www.oseo.fr">http://www.oseo.fr</a>/</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> <a href="http://www.bipe.fr">http://www.bipe.fr</a> Le BIPE est une société d&rsquo;études économiques et de conseil en stratégie</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a> RICHARD FLORIDA est Professeur au Regional Economic Development, à la Heinz School of Public Policy and Management, Carnegie Mellon University. “<em>THE RISE OF THE CREATIVE CLASS and how it’s transforming work, leisure, community and everyday life</em>” a été publié par Basic Books member deu Perseus Books Group en 2002</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> Entretien avec un journaliste de <em>Stratégies</em> de juillet 2004</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref5">[5]</a> <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/etudes/presentation_enquete_efertilisation">Vous pouvez prendre connaissance de l’ensemble de l’étude</a></p>
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<p><a title="" href="#_ftnref6">[6]</a> « <em>Recherche Publique : le grand gâchis</em> », Paris Eyrolles, 2002.</p>
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		<title>Télécoms : La concurrence par les prix cache un grave déficit de vision stratégique</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jul 2012 10:39:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Wal-Mart (ou Wal-Mart Stores) est la première entreprise mondiale de distribution en termes de chiffre d’affaires[1]. Plus de 20 millions de clients par mois fréquentent ses magasins. L’arrivée de Wal-Mart dans une région, y compris en Chine, est chaque fois l’occasion de vives polémiques sur l’effet dévastateur de l’enseigne. Celle-ci en sous payant ses salariés [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2778" title="zero euro = euro zéro" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/zero-euro-euro-zéro-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" />Wal-Mart (ou Wal-Mart Stores) est la première entreprise mondiale de distribution en termes de chiffre d’affaires<a title="" href="#_ftn1"><span style="color: #800000;">[1]</span></a>. Plus de 20 millions de clients par mois fréquentent ses magasins. L’arrivée de Wal-Mart dans une région, y compris en Chine, est chaque fois l’occasion de vives polémiques sur l’effet dévastateur de l’enseigne. Celle-ci en sous payant ses salariés et en tirant sur les coûts fournisseurs n’a pas de mal à écraser les concurrents locaux incapables de s’aligner sur ses prix. Des fermetures de magasins et des licenciements qui déchainent les syndicats locaux. Aussi, afin de contrer sa mauvaise image de marque, Wal-Mart lance régulièrement des campagnes de communication en mettant en lumière les milliers de dollars d’économies ainsi réalisées annuellement par ses clients (2300 dollars en moyenne par famille en 2005) : Les consommateurs gagnent ce que perdent les salariés. <span id="more-2772"></span></span><span style="color: #000000;">Un thème qui illustre le dilemme permanent entre les externalités positives ou négatives engendrées par l’arrivée d’un concurrent qui casse les prix. Tel était en substance la teneur des échanges entre les participants du débat sur « <em>Les implications économiques, sociales du lowcost dans le secteur des télécommunications</em> » organisé au Sénat le 5 juillet dernier par Items International. Un débat d’autant plus vif qu’il avait pour origine les récentes manœuvres stratégiques de Free qui, en cassant les prix généralement pratiqués par le marché, récupèrera un important lot de clients venus de ses concurrents.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> <strong>La concurrence par les prix : <em>low price, lowcost</em> ou <em>dumping</em> ?</strong> Dans les années à venir, les manœuvres stratégiques de ce nouvel entrant dans le bal des prétendants à la maitrise la plus large possible du marché des services télécoms feront sans doute les délices des études de cas des écoles de management. Contrairement aux apparences actuelles, Je ne suis pas convaincu que les enseignements à en tirer seront très positifs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Rappelons, avant d’aller plus loin, que « traditionnellement » en matière de stratégie par les prix, c’est quasiment toujours l’opérateur dominant qui casse les tarifs, fort de sa maitrise la plus vaste des bassins de clientèles. Une concurrence par les prix, certes détestable, mais qui tend à affaiblir le nouvel entrant qui doit faire face à ses frais d’établissement et de développement. Phénomène récent, l’irruption des technologies de l’information a modifié cette stratégie. Elle a permis des innovations organisationnelles aboutissant à des structures plus légères et économiques. L’achat des billets en direct sur Internet mais aussi la délocalisation de services afin de réduire la masse salariale, sont deux exemples bien connus de réduction des coûts. Le tout rendant possible une diminution tarifaire attractive et le service accessible pour un segment de clientèle nouveau.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour Free et d’autres opérateurs alternatifs, sur un marché déjà noyauté par les opérateurs historiques, le « coût d’achat » d’un client nouveau devient de plus en plus élevé. Aussi <a href="http://www.tech.youvox.fr/Nouvel-article,2098.html"><span style="color: #000000;">Free</span></a>, au profil déjà atypique sur le marché des services télécoms, a fait fort.  Grâce à une structure plus légère et à un quasi dumping sur ses tarifs, cet opérateur télécom pu récupérer plusieurs dizaines de milliers de clients nouveaux. Une stratégie audacieuse rendue possible par le fait que Free n’était pas soumis aux mêmes charges que ses concurrents. Par la même occasion, Free aura rendu service à des millions de clients d’autres opérateurs qui sont obligés de s’aligner au moins partiellement sur sa nouvelle grille tarifaire. Externalité positive donc : des millions de consommateurs vont payer moins chers leurs abonnements. Externalité négative : Free s’est affaibli en affaiblissant ses concurrents. Mais a-t-on vraiment anticipé les impacts de cette concurrence par les prix dans les états-majors ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> <strong>Un cadre et un modèle économique particuliers pour les Télécoms</strong>. Trois facteurs au moins font des télécoms un modèle économique bien spécifique qui implique une approche très prudente de l’action des autorités de tutelles. Nous insisterons d’abord sur le fait que les lignes de communication en général sont d’une importance économique et stratégique majeure pour une nation. Les externalités économiques d’un réseau – quel qu’il soit &#8211; ont toujours une importance supérieure au résultat d’exploitation d’un opérateur quelconque. Ainsi, de mauvais résultats commerciaux pourraient amener un opérateur à considérer qu’il doit stopper certains services de transports ou de télécommunications qu’il ne considère pas suffisamment rentables. Une telle décision pourrait générer des externalités négatives catastrophiques ruinant par la même occasion des régions entières qui se «nourrissaient» de ce réseau. Les télécoms sont un service d’utilité publique pour une nation. On n’influence pas des tarifs opérateurs sans que cela n’ait une influence dangereuse sur leur modèle économique et les externalités qui, de positives, peuvent devenir négatives. Toute faiblesse, dont l’origine peut être une mauvaise évaluation des effets pervers d’une concurrence imposée, non par le marché mais par les tutelles du secteur, pourrait s’avérer catastrophique pour les opérateurs nationaux. La diminution imposée des tarifs au dépend des marges va affaiblir nos opérateurs, tous, y compris Free qui mange son pain blanc !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En second lieu, les lignes de communication sont des « pénétrantes », c&rsquo;est-à-dire que tout adversaire peut les utiliser à son profit. En effet, la Toile permet d’importer de plus en plus de produits et de services – par exemple des services supports &#8211; à partir de pays <em>lowcost</em>. Les plateformes de téléchargement extra-territorialisées ne sont pas soumises aux mêmes contraintes légales, aux règles de diffusion, aux impératifs d’investissement minimum dans les productions locales. C’est ainsi que l’on peut voir des services en ligne étranger commercer à bon compte dans un pays européen. <em>Un point essentiel compte tenu des bouquets de prestations qui entrent dans la composition des coûts et des revenus des opérateurs nationaux. </em>Raison de plus pour, enfin, s’interroger sur la pertinence de l’analyse de la formation des coûts et des revenus par les pourfendeurs des tarifs des opérateurs français – parmi les moins chers au monde<a title="" href="#_ftn2"><span style="color: #000000;">[2]</span></a> ! Les sources de coûts et de revenus ce sont terriblement compliquées ces dernières années : amortissement d’infrastructures, revenus de services ou de contenus, revenus des trafics… qui aboutissent chaque fois à des calculs coûts/revenus spécifiques pour chaque opérateur concerné. Que l’un d’entre eux puisse s’éviter le coût d’un endettement historique considérable et ne louer que des services de trafics afin de fournir un bouquet de services plus rémunérateur, on ne lui reprochera pas de profiter de sa bonne fortune. S’il y a un biais, allez voir les arbitres du jeu !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2779" title="symbole-low-cost-par-tvlowcost" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/symbole-low-cost-par-tvlowcost-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" />Cette guerre des prix en imposant une diminution de la marge opérationnelle des opérateurs historiques qui pourrait atteindre 30% a réduit d’autant leurs perspectives de bénéfice. Ce qui se répercute aussi sur la valeur de leurs titres en bourse. La quasi équivalence de la valeur boursière entre Bouygues et Free, la perte de quasiment la moitié de la valeur boursière de France Télécom, illustrent à la fois l’importance de la réputation d’une firme jeune et offensive qui a su conduire une stratégie en utilisant au mieux les faiblesses de ses concurrents mais aussi les avantages qui lui offraient des autorités de tutelle. Celles-ci devraient s’intéresser a ce qui se passe au Canada où une polémique fait rage sur les erreurs attribuées au <a href="http://www.crtc.gc.ca/fra/accueil-home.htm"><span style="color: #000000;">CRTC</span></a>, accusé d’avoir modifié artificiellement les conditions d’une concurrence par les prix.  Certains FAI (Fournisseurs d’accès Internet) ne supportant pas le poids des investissements taillent des croupières aux opérateurs historiques sur les segments financièrement les plus intéressants. Un constat que nous pourrions bientôt faire en France.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Les opérateurs de télécoms sont devenus des opérateurs de services</strong>. Depuis le début des années 90, les <em>carriers </em>internationaux sous la pression d’un marché très concurrentiel ont fait baisser leurs prix<a title="" href="#_ftn3"><span style="color: #000000;">[3]</span></a>. Cette confrontation va-t-elle profiter aux internautes ? Oui, sans doute, à court terme, alors qu’on prévoit, à l’horizon 2020, que le trafic téléphonique mondial ne représentera que 1 % du trafic Internet. Un trafic dont le modèle économique pour les opérateurs <em>est passé d’une facturation à la minute à une facturation au débit</em> (bande passante) ce qui avantage surtout les fournisseurs de contenus et de services. En fait, la situation a clairement évolué en faveur de ces derniers.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> Le poids croissant des industries de contenus crée des tensions avec les opérateurs techniques qui ont le sentiment qu’ils supportent les investissements les plus lourds (environ 1000 euros par prise télécom en France) <em>et que ce sont les industries de services et de contenus qui en tirent les bénéfices</em> car elles ne sont pas soumises aux mêmes contraintes. Pour s’adapter, les dits opérateurs techniques s’arrangent à leur tour pour offrir des services à valeur ajoutée afin de récupérer des revenus complémentaires. Les règles du jeu ne sont plus les mêmes. Afin de compléter leurs revenus de « transporteur » les opérateurs deviennent des éditeurs et se lancent dans des bouquets multiservices. Pour cela ils constituent des plateformes de services intégrées à leurs offres d’infrastructures. Leurs clientèles se voient offrir des services d’emails, de téléchargements, de création de blogs ou de sites personnels ce qui constitue du trafic d’appoint. En devenant des fournisseurs de services intégrés,<em> </em>les opérateurs fournissent en plus d’une connectivité de base de vastes bibliothèques de contenus attractifs. <em>À </em>l’exemple de Free qui proposait des services triple play, télévision &#8211; téléphonie – Internet, vite rejoint par le peloton. La publicité complète les revenus des abonnements. De même le chiffre d’affaires des services de base du câble par la VOD a été complété par diverses agrégations de services comme la téléphonie, de l’Internet et des services de messageries. Au Royaume Uni, <em>British Telecom</em> propose une offre packagée avec des services de <em>Yahoo</em>. D’autres opérateurs ciblent des clientèles spécifiques comme les réseaux sociaux ou les joueurs en ligne qui se voit proposer des offres associées à une console de jeux. D’autres encore, comme France Télécom avec les réseaux de santé et de télémédecine, tentent de devenir l’opérateur générique d’un grand réseau de service spécialisé. Le phénomène commence à peine. Chacun tente de s’accaparer un créneau qui pourrait lui offrir des revenus spécifiques, pérennes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong> Une guerre des prix aboutira à l’affaiblissement des opérateurs nationaux</strong>. Ces dernières années, avant même celle de Free, l’arrivée successive de nouveaux opérateurs avait déjà contribué à réduire les prix et stimulée une concurrence marquée par les innovations techniques et cherchant à se différencier essentiellement par des offres de nouveaux services. Une concurrence par le haut que les autorités de tutelles ont remis en question au nom du pouvoir d’achat des internautes avec des dégâts collatéraux considérables : Perte de marges préjudiciable aux investissements et aux emplois, délocalisation des emplois de support en ligne, fragilité face aux attaques en bourse, limitation des capacités de couvertures en dehors de grands centres urbains qui devront être assumées par les collectivités territoriales et… cerise sur le gâteau : perte importante de taxes et donc de revenus pour l’État !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><img class="alignleft  wp-image-2781" title="cherchez la france" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/cherchez-la-france.jpg" alt="" width="474" height="385" /> Plus de 160 opérateurs français et européens sont concernés par les décisions de Bruxelles. Bruxelles qui a raison de vouloir laminer certains excès tarifaires dans les échanges transnationaux entre mobiles. Mais la prudence est de mise. Un coup d’avertisseur vient d’être donné par <a href="http://www.idate.org/fr/Accueil/"><span style="color: #000000;">l’Idate</span></a> qui pointe du doigt la croissance supérieure des revenus des opérateurs américains tout comme leur capacité d’investissement face aux opérateurs européens<a title="" href="#_ftn4"><span style="color: #000000;">[4]</span></a>. Si les autorités de tutelle n’incorporent pas ce facteur dans l’encadrement des prix des opérateurs régionaux, nous assisterons en spectateurs impuissants, à la prise de contrôle des réseaux globaux par les opérateurs américains. Un coup boursier n’est pas à exclure. D’ores et déjà nous savons que le chiffre d’affaires de certains opérateurs est en diminution et qu’ils devront licencier. Même s’il y a une part de «com» dans ces prévisions, elles restent préoccupantes. Il existe un risque réel d’affaiblir nos champions nationaux et de voir les opérateurs étrangers dominer le trafic européen et international. Ne l’oublions pas, les opérateurs américains sont devenus la plaque tournante des télécommunications mondiales pour Internet<a title="" href="#_ftn5"><span style="color: #000000;">[5]</span></a>. Face à la dispersion des opérateurs européens qui, plutôt que de s’associer se cannibalisent les clientèles, ils ont les moyens d’imposer en Europe leurs propres systèmes de commutation et de négocier, avec les opérateurs locaux, des tarifs d’interconnexion les plus avantageux. Une situation qui sera due à la myopie politique de responsables qui, tout à la résolution de leurs problèmes domestiques, semblent oublier les enjeux stratégiques internationaux posés par la maitrise de plaques d’infrastructures télécoms aussi vastes que possibles. </span></p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><span style="color: #000000;"><a title="" href="#_ftnref1"><span style="color: #000000;">[1]</span></a>Y compris les enseignes Seiyu au Japon, Asda en Grande Bretagne, Walmex au Mexique.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><a title="" href="#_ftnref2"><span style="color: #000000;">[2]</span></a> L’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ofcom_%28Royaume-Uni%29"><span style="color: #000000;">Ofcom</span></a>, régulateur britannique des télécoms concluait dans une étude récente que les tarifs des opérateurs français, les plus bas d’Europe, avaient déjà diminuée de façon importante avant l’arrivée de Free sur le marché.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><a title="" href="#_ftnref3"><span style="color: #000000;">[3]</span></a> On estime que le prix de revient d’une heure de conversation téléphonique entre Paris et New York, en 2010, revenait à 15 centimes.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><a title="" href="#_ftnref4"><span style="color: #000000;">[4]</span></a> Qui, il convient de le souligner, pratiquent des tarifs bien supérieurs à ceux des français</span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><a title="" href="#_ftnref5"><span style="color: #000000;">[5]</span></a> Les treize premiers fournisseurs mondiaux d’accès Internet sont tous américains. <em>British Telecommunications</em> (BT), le premier européen, n’arrive qu’à la quatorzième place. <em>Worldcom</em>, propriétaire du premier fournisseur, UUNet, est bien placé pour dominer le marché mondial, avec sa récente acquisition du deuxième fournisseur, <em>MCI Communications. </em></span></p>
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		<title>L’ingéniosité française serait-elle en défaut?</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jul 2012 09:51:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;">La science et les applications de la recherche sont le moteur de la croissance économique et de la création de milliers d’emplois. Les nations sont de plus en plus attentives à suivre les retombées marchandes de leur R&amp;D et de faire de leurs innovations, des succès commerciaux. Cette préoccupation n’est pas nouvelle mais certaines semblent s’en sortir plus brillamment que d’autres. Malgré d’indéniables talents, l’ingéniosité de nos ingénieurs pour valoriser leur inventivité semble n’avoir pas toujours été à la hauteur. Les retombées économiques des innovations françaises restent insuffisantes. Alors, quel est notre maillon faible !? <span id="more-2757"></span></span>Faut-il parler de malédiction comme le suggère  <em>le Point</em> du 10 mai 2012 ?  Déjà au siècle dernier <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Duvernois">Henri Duvernois</a><a title="" href="#_ftn1">[1]</a> dramaturge français, ne disait-il pas, parlant de son  infortune matrimoniale ; « <em>Ma femme ? Je ne saurais mieux la comparer qu’à une invention française. C’est moi qui l’ai trouvé… ce sont d’autres qui en profitent !</em> ». Cruel, mais qui nous rappelle que depuis longtemps nombre d’entreprises ou de laboratoires n’ont pas su ou pu développer l’aspect marchand de leurs innovations. Un phénomène courant, connu, souvent brocardé, mais qui n’est pas un apanage hexagonal. La plupart des spécialistes connaissent l’histoire du <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;source=web&amp;cd=2&amp;sqi=2&amp;ved=0CDYQFjAB&amp;url=http%3A%2F%2Fen.wikipedia.org%2Fwiki%2FPARC_%28company%29&amp;rct=j&amp;q=PARC%20de%20Xerox%20%C3%A0%20Palo%20Alto&amp;ei=jU9bTqW_BsKZOv3b_JoM&amp;usg=AFQjCNGANAJ6KXHc3O9DLjlFon4C84mPwQ&amp;cad=rja">PARC de Xerox</a> à Palo Alto en Californie, fort de nombreux brevets mais qui connu de grosses difficultés pour développer les applications pratiques de ses innovations. Les Etats Unis ont compris depuis les années 80 que financer la R&amp;D sans se mobiliser sur ses applications crée un risque de perte de compétitivité. Les grandes universités comme diverses agences gouvernementales (Darpa et Nasa inclus) sont sous la pression des parlementaires américains qui entendent voir celles-ci ouvrir de nouvelles opportunités d’affaires sur les marchés mondiaux. Cela expliquera l’agressivité de leur politique de dépôt de brevets, pas toujours très solides, mais utiles pour l’image de la structure déposante, sans compter l’effet psychologique sur les concurrents. Si les entreprises françaises déposent et protègent leurs inventions avec l’idée de les exploiter, les entreprises américaines déposent avec l’idée d’intimider tout nouvel entrant sur leurs marchés respectifs<a title="" href="#_ftn2">[2]</a>. Jusqu’à 40% de ces dépôts tomberaient d’eux-mêmes durant les procédures de délivrance selon Christian Derambure, conseil en PI et ex président de la <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=cncpi&amp;source=web&amp;cd=1&amp;sqi=2&amp;ved=0CCgQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.cncpi.fr%2F&amp;ei=ITWiT-fHI8av8AOmsujPCA&amp;usg=AFQjCNGlQr_Sh9VXKiR17Zq1wHqBdrzUIA&amp;cad=rja"><em>Compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle</em></a> . D’ailleurs une majorité ne fait l’objet d’aucune exploitation et ne tiendrait pas juridiquement face à des demandes reconventionnelles d’un concurrent. Par contre cette « propagande » peut geler des initiatives pendant 3 à 5 ans, durant lesquels ces dépôts sont soumis aux procédures de délivrance. Cela veut dire qu’une analyse quantitative du nombre de dépôts n’a pas grand sens lorsque ces dépôts n’ont d’autres buts que de geler les innovations concurrentes. Rajoutons enfin que le fait de déposer n’est pas la garantie du succès d’une innovation sur son marché. Il faut des conditions parfois heureusement réunies : voir l’histoire du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Post-it">postit de 3M</a>. Multiplier les dépôts n’augure pas d’une exploitation conséquente. Les inventeurs &#8211; dont certains l’ont payé cher &#8211; vous le confirmeront.</p>
<p style="text-align: justify;">En nous quittant dernièrement,  <a href="http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2012/04/29/mort-de-roland-moreno-inventeur-de-la-carte-a-puce_1692889_3382.html">Roland Moreno</a> laisse une exception française qu’il doit à son exceptionnelle obstination pour protéger son invention. Mais aussi à <a href="http://www.breese.blogs.com/">l’assistance d’un corps d’ingénieurs brillants</a> qui surent épauler un inventeur « bordélique ». <img class="alignright size-thumbnail wp-image-2766" title="chroniques du bordel ambiant" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/chroniques-du-bordel-ambiant-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" />Bull, effectivement, comme l’écrit <em>le Point</em>, est passé à côté de la micro informatique avec le R2E d’André Truong, reconverti en écrivain de SF. Mais IBM aura fait de même en loupant ce marché de la micro informatique quelques années plus tard. On peut affirmer sans esprit cocardier que les français ont été à l’origine de nombreuses <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=inventions%20fran%C3%A7aises%20majeures&amp;source=web&amp;cd=4&amp;ved=0CIEBEBYwAw&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.slideshare.net%2FUngava%2Fles-inventions-franaises&amp;ei=ZEKtT-2FOIah0QWztMWyCQ&amp;usg=AFQjCNHq5RW1SayckujksdJQt0DQ5B1RLg&amp;cad=rja">innovations majeures</a><a title="" href="#_ftn3">[3]</a>. Contrairement à ce qu’en dit le <em>Point,</em> celle de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pouzin">Louis Pouzin</a> aura un grand avenir. Inventeur des « datagrammes<a title="" href="#_ftn4">[4]</a> »,  il sera à l’origine du réseau Transpac  à commutation de paquets qui sera utilisé sur notre Télétel précurseur, plus tard supplanté par l’Internet qui utilisera les mêmes protocoles sans grand profit ni pour lui, ni pour la France<a title="" href="#_ftn5">[5]</a>. Car c’est bien là que nos inventeurs manquent leurs rendez vous avec leurs marchés. Quelle diablerie agit donc ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le chaînon manquant </strong>. Si on revient un instant sur l’histoire de la carte à puce de Moreno, son développement sera confié à <a href="http://www.01net.com/editorial/191327/la-chute-de-gemplus/">Gemplus</a> et à des dirigeants qui, suite à de nombreuses maladresses et quelques magouilles, enverront dans le mur un fleuron de l’innovation française. Que peut-on conclure de ces nombreux échecs que souligne à satiété l’hebdomadaire français ? Quel enseignement tirer de cette sorte de « vallée de la mort » entre la belle innovation et son déploiement qui fait avorter le génie français sur les marchés ?  Il ne s’agit pas de s’interroger sur la créativité et l’expertise française en matière d’innovation. Nous avons l’une et l’autre ! Il ne s’agit pas de parler du recul français en matière de dépôts de brevets. Trop de biais fragilisent les résultats réels ! La question est de savoir pourquoi nos inventions ne nous rapportent pas suffisamment d’argent, ni d’emplois ? Pourquoi ce moteur économique est-il poussif en France ? Chercheurs mal payés ? Budgets anémiés ? Projets sans audace ni retombées ? Recherche mal organisée et mal protégée ou plutôt exploitation sans vigueur de nos savoirs ? Pourquoi de prestigieuses universités américaines disposent d’un trésor de guerre fabuleux issu des royalties de leurs brevets… et pourquoi pas les nôtres !?  Ce déficit est-il imputable à une fiscalité mal ficelée, à un déficit d’idées des laboratoires ou des <em>think tank</em> des entreprises ou plus simplement à l’incapacité du management français à tirer profit des Idées ? Serions-nous de bons inventeurs et de mauvais développeurs !?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ma part, mon opinion est faite depuis longtemps. Dans ce pays la peur de l’échec reste toujours très pénalisante. <strong>Car avoir des Idées, c’est se mettre en danger,</strong> c’est déranger l’ordre établi et parfois remettre en question des statuts ou des organisations fortement accrochées à leurs habitudes.  Sortir de sa zone de confort n’a rien d’évident, aussi se développe-t-il une propension à croire que seuls nos jeunes gens le feront plus facilement et plus massivement. Voilà sans doute une raison profonde qui explique que la jeunesse plus enthousiaste, ayant moins à perdre, soit la plus motivée et visible dans les processus de création d’activités ou de services nouveaux. Mais n’oublions pas pour autant que nombre <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27inventions_fran%C3%A7aises">d’inventions majeures</a> nous les devons à des femmes et des hommes arrivés dans la force de l’âge et dotés d’une forte expérience. Pasteur n’était pas une « jeune pousse » et les frères Lumière n’étaient pas les perdreaux de l’année.  Il ya quelque temps, une enquête d’<a href="http://www.oseo.fr/">Oseo</a> tranchait sur la politique du <em>babysitting</em> des jeunes inventeurs prôné par les pouvoirs publics. Une majorité de chefs d’entreprises – des praticiens avertis – déclarait avoir plein d’idées d’innovations pouvant <em>booster</em> leurs entreprises. Et, à la question de savoir pourquoi ils ne les mettaient pas en œuvre, la réponse était «J<em>e n’ai pas de temps, ni l’argent et de plus je ne sais pas comment on pourrait m’aider</em> ». <img class="alignleft size-medium wp-image-2767" title="logistiquemultichoix" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/logistiquemultichoix-253x350.png" alt="" width="253" height="350" />En d’autres termes, ils ne sont pas suffisamment accompagnés et rassurés pour accepter de quitter leur zone de confort, alors qu’ils se sentent souvent très fragiles. Car parlant d’innovations, je n’oublie jamais qu’à partir de l’idée originale d’un homme ou d’une équipe, d’autres experts devront venir à la rescousse qui estimeront la faisabilité de sa mise en pratique. Disposer d’ingénieurs concepteurs brillants ne suffit pas pour donner l’accès aux marchés. Ce sont d’autres profils et d’autres compétences qui deviennent indispensables aux géniteurs d’une innovation, même de grande valeur. Ainsi tout au long de la chaîne qui conduit et aboutit à une possible mise sur le marché, il y a les moyens et les méthodes qui permettent le développement d’une invention et sa mise en œuvre. Dans cette chaîne parfois improbable d’intervenants, je n’oublie pas non plus la multitude de ronds de cuir incompétents qui perturbe l’efficience de celle-ci. Je crois qu’une bonne innovation trouvera toujours des financements. Par contre voir de bonnes idées de multiples entrepreneurs mourir dans une sorte de « vallée de la mort » faute d’une logistique globale efficiente me désole absolument. <em>Car c’est bien d’un écosystème fiable d’accompagnement aux innovations dans les PME dont nous manquons encore cruellement. </em>Une conclusion largement développée par <a href="http://www.gfii.fr/fr/document/contribution-de-patrice-noailles-au-livre-blanc-innovation-2012">Patrice Noailles</a> dans ses travaux sur les <a href="http://www.fondationconcorde.com/publications-fiche.php?id=64"><em>stratégies d’innovation</em></a>. Rien n’est perdu nous disent les auteurs du « <a href="http://www.pearson.fr/livre/?GCOI=27440100142540"><em>Rebond économique de la France </em></a>» (Pearson), qui nous invitent à l’optimisme. Écrit à plusieurs mains, il présente plus de 300 innovations significatives où la France pourrait retrouver un leadership international. Je leur donne rendez vous dans trois ans pour en mesurer les résultats réels sur notre économie et nos emplois. Aussi, si comme Henri Duvernois, vous désespérez un jour, rappelez-vous cette citation de Pierre Dac « <em>Rien n’est jamais perdu tant qu’il y a quelque chose à trouver</em> ».</p>
<p> Pour en savoir plus :</p>
<p><a href="http://www.fondationconcorde.com/publications-fiche.php?id=64">http://www.fondationconcorde.com/publications-fiche.php?id=64</a><a href="http://www.alyon.org/generale/histoire/science/grandes_inventions_depuis_1600.html"><br />
</a><a href="http://www.alyon.org/generale/histoire/science/grandes_inventions_depuis_1600.html">http://www.alyon.org/generale/histoire/science/grandes_inventions_depuis_1600.html</a></p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27inventions_fran%C3%A7aises">http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27inventions_fran%C3%A7aises</a></p>
<p><a href="http://institutdeslibertes.org/2012/03/27/linnovation-industrielle-en-revolution/">http://institutdeslibertes.org/2012/03/27/linnovation-industrielle-en-revolution/</a></p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a>De son vrai nom Henri-Simon Schwabacher 1875-1937</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref2">[2]</a> Google vient de porter plainte contre Nokia et Microsoft accusés de collusion en utilisant des trolls de brevet ( brevets fantômes) pour justifier des augmentations de prix dans les terminaux mobiles (<em>Les Echos</em> 1<sup>er</sup> juin 2012)..</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref3">[3]</a><a href="http://www.toujourspasdepetrole.com/un-top-subjectif-des-inventions-francaises/">http://www.toujourspasdepetrole.com/un-top-subjectif-des-inventions-francaises/</a></p>
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<p><a title="" href="#_ftnref4">[4]</a> Ou « commutation de paquets » qui servira à la mise au point des normes d’échanges sur Internet.</p>
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<p><a title="" href="#_ftnref5">[5]</a> Dans le même ordre d’esprit, la France aura été à l’origine des principaux langages et méthodes utilisés en informatique dans le monde ( Ada a été adopté par l’armée américaine) ce qui explique sans doute l’importance de sociétés françaises en développement informatique comme Cap Gemini ou Atos et l’excellent classement qu’elles ont dans le panel international de <a href="http://www.forbes.com/">Forbes</a> ainsi que le succès de <a href="http://www.journaldunet.com/solutions/intranet-extranet/logiciels-francais-et-grandes-entreprises-mondiales/">leurs logiciels</a>. On pourrait continuer à l’infini ces exemples.</p>
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