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	<title>Ettighoffer Digital Campus</title>
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	<description>L&#039;homme connait le monde, non point par ce qu&#039;il y dérobe, mais par ce qu&#039;il y ajoute. (Paul Claudel)</description>
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		<title>Les Auteurs, Créateurs de Biens Numériques, doivent financer leur protection</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 15:02:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au TEDx de Montpellier du 20 janvier dernier, j’ai encore trouvé le moyen de me faire des amis ! J’ai en effet soulevé le problème quasi moral que pose un droit « copyright » qui s’affiche sans droit réel, sans inscription concrète auprès d’un organisme équivalent à l’INPI pour les brevets et qui, de surcroit, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2670" title="tedx(2)" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/tedx22-150x150.jpg" alt="" width="102" height="102" />Au TEDx de Montpellier du 20 janvier dernier, j’ai encore trouvé le moyen de me faire des amis ! J’ai en effet soulevé le problème quasi moral que pose un droit « copyright » qui s’affiche sans droit réel, sans inscription concrète auprès d’un organisme équivalent à l’INPI pour les brevets et qui, de surcroit, ne paie aucun droit pour sa protection ! Une protection qui sera financée par la collectivité !</span><span id="more-2667"></span>Il convient d’être conscient de deux choses. La première est que les contenus circulant sur la Toile représentent des milliards de milliards de pages ou de biens numériques divers, le plus souvent mis en ligne par les internautes. La seconde est qu’affirmer un copyright n’est pas suffisant. La très grande majorité de ce qui circule sur la Toile est libre de droits, mal protégé ou au mieux sous régime Copyleft. Si un bien numérique est sous Copyright, la plupart du temps ce dernier ne « parle pas »! Le statut de l’objet numérique étant flou et l’ayant droit souvent difficilement identifiable. Ce dernier court le risque d’un manque à gagner. Mais de son côté, l’Internaute qui cherche un bien numérique doit faire face à l’immense difficulté de connaitre le statut du bien, d’identifier rapidement l’ayant droit, d’entrer en contact facilement avec ce dernier et de savoir le montant d’un droit éventuel faute de normes en la matière. Les transactions de gestion des droits devient un casse tête et engendre un coût tel que le télé-consommateur fait l’impasse et, soit assure une création originale pour éviter un conflit de propriété, soit utilise le bien en espérant que cela ne donnera pas lieu à contestation. Ce que je fais régulièrement. Quant à l’auteur, si son bien est utilisé sans droit, l’engagement d’une procédure envers un utilisateur non autorisé reste coûteux et aléatoire. Les auteurs dans leur grande majorité ne se font d’ailleurs guère d’illusion sur les droits qu’ils toucheront un jour dès lors qu’un de leur bien numérique circule sur la Toile.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2669" title="tatouage" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/tatouage.jpg" alt="" width="184" height="184" />Les bases de données sur les droits des œuvres des auteurs ne sont pas suffisamment fiables. Dans une société de l’information saturée de biens numériques, il est difficile de trouver le titulaire des droits d’auteur parce qu’il n’y a pas de système centralisé de dépôts des droits d’auteur. Voilà pourquoi je milite pour l’obligation d’un dépôt de copyright renouvelable au moins tous les sept ans  auprès d’un guichet unique afin d’éviter la dispersion et la dilution des informations et des données relatives aux biens numériques sous « copyright ». Cela implique que l’Etat encourage les sociétés de gestion collective qui assurent aujourd’hui la collecte, la répartition, et parfois la promotion d’une œuvre, à la création d’un guichet unique comme l’INPI. Ce qui implique l’étude et la mise en œuvre d’offres en matière de procédures express de tatouages numériques. Les œuvres numériques qui diffusent largement dans les réseaux devraient pouvoir être identifiées et gérées par l’utilisation de procédures extrêmement simplifiées et économiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, les ayants droits devraient financer leur protection. Les détenteurs de brevets doivent acquitter une annuité de renouvellement pour maintenir en vigueur leurs brevets et ainsi continuer leur exploitation en position privilégiée.  La preuve de ces dépôts et du statut réel du Copyright  est loin d’être aussi claire. Les biens numériques n’ont pas l’obligation d’être tatouées et ils ne paient pas d’annuité de renouvellement pour une durée légale déterminée. Si le renouvellement n’est pas acquitté, la protection doit être définitivement abandonnée. Aux États-Unis, les œuvres d&#8217;auteurs ou de propriétaires américains publiées entre 1923 et 1963 sont dans le domaine public si le copyright n&#8217;est pas renouvelé ou si l&#8217;œuvre a été publiée sans être accompagnée d&#8217;une notice de droit d&#8217;auteur en bonne et due forme. Une loi propose qu’à défaut d’exploitation commerciale dans les deux ans passés les éditeurs n’ont qu’un délai de six mois pour s&#8217;opposer à la gestion collective des ouvrages devenus indisponibles. Qu’attendons-nous pour en faire autant ?</p>
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		<title>Droit d’usage contre droit de propriété : Pour un fair use à la française !</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 14:40:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Fin décembre 2010, la GEMA, équivalent allemand de la Sacem, a sommé par lettre 36 000 crèches et jardins d’enfants de s’acquitter rapidement des droits d’auteur sur les chansons et comptines reproduites ou interprétées en public sans autorisation. Pour ne pas chipoter, la GEMA propose aux éducateurs mélomanes un tarif arrangeant: pour 500 copies de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><img class="alignleft  wp-image-2660" title="image 1 (594)" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/image-1-594.png" alt="" width="244" height="184" />Fin décembre 2010, <a href="http://www.liberation.fr/monde/01012310372-en-allemagne-les-creches-devront-payer-des-droits-d-auteur-pour-les-chansons-de-noel"><span style="color: #000080;">la GEMA</span></a>, équivalent allemand de la Sacem, a sommé par lettre 36 000 crèches et jardins d’enfants de s’acquitter rapidement des droits d’auteur sur les chansons et comptines reproduites ou interprétées en public sans autorisation. Pour ne pas chipoter, la GEMA propose aux éducateurs mélomanes un tarif arrangeant: pour 500 copies de texte de partitions, un jardin d’enfants public devra verser 56 euros par an, un jardin géré par une église 44,80 euros, hors taxes. A condition que le formulaire prévu soit dument rempli: pour chaque chanson, titre, compositeur, editeur de l’oeuvre avec sa date de diffusion qui devront être consciencieusement relevés. Le tout devant faire l’objet d’un contrôle régulier. L’initiative la plus impopulaire de l’année : «Idiotie bureaucratique », a lancé Bild, le quotidien le plus lu d’Allemagne.  <strong>Mais une Idiotie qui n’aurait pas existée si le fair use était appliqué!</strong></span> <span id="more-2652"></span>Le 20 janvier dernier, au <a href="http://tedxmontpellier.com/">TEDx de Montpellier</a>, en  démarrant mon exposé sur le « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft">copyleft</a> », j’ai tenu d’emblée à rappeler que c’était la société civile qui avait inventé, contre l’impérialisme du<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyright"> copyright</a>, les notions de l’Open Source et du <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_Creative_Commons">Creatives Commons</a></em> à l’origine du Copyleft. Je ne crois pas qu’il faille s’en plaindre. Le droit d’emprunt ou d’usage, je le rappelle, respecte le droit de propriété et le droit moral de l’auteur. Cet usage fair use ou « usage loyal » est parfaitement compris aux Etats-Unis, souvent considéré comme le plus contraignant des systèmes en matière de droits d’auteurs. Le fair use vaut pour autant que l’emprunt ne sert pas un intérêt commercial qui pourrait s’apparenter à une confiscation des droits dérivés ou à un parasitisme marchand quelconque. Il se trouve que le numéro du <a href="http://www.courrierinternational.com/">Courrier International</a> du 26 janvier de cette année édite un long papier de Randy Kennedy du <a href="http://www.courrierinternational.com/notule-source/the-new-york-times">New York Time</a>s sur le sujet du pillage et de l’appropriation d’œuvres originales à des fins de représentation artistique. On pourrait résumer ainsi l’intervention de Randy : l’artiste américain  <a href="http://fr.artinfo.com/patrick-cariou-v-richard-prince-le-commentaire">Richard Prince</a> a récupéré les images originales d’un album d’un photographe français connu : <a href="http://www.patrickcariou.com/main_menu.html">Patrick Cariou</a>. Les images utilisées de son livre de photos, <a href="http://www.patrickcariou.com/rasbook.html"><em>Yes Rasta</em></a> par Prince ont fait l’objet de collages qui en détournaient le sens. Attaqué par les avocats de Patrick Cariou, ceux de Prince argumentent qu’il s’agit d’un usage artistique et loyal ( fair use) qui ne pourrait être assimilé à un pillage de l’œuvre ; sauf que cet « usage » lui a rapporté des millions de dollars….</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/AMslbqJiNXk" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>Thème et sujet exemplaires que j’avais souhaité aborder au TEDx en reprenant la question d’un ami, peintre de son état. Ce dernier s’interrogeait de savoir la légalité d’une œuvre réalisée sur la base d’une <a href="http://www.ettighoffer.fr/1739/biens-immateriels-pour-un-droit-d%E2%80%99usage-opposable-au-droit-de-propriete">photographie de Ray Charle</a>s. Une question qui était d’actualité alors qu’un amendement vient d’être <a href="http://www.pcworld.fr/2011/11/30/business/loi-copie-privee-senat-definition-exception/522121/">déposé au Sénat</a> qui, pour rendre plus difficile l’utilisation de la copie privée, propose que « <em>Tout acte de copie à des fins privées devient de fait illégal, à moins que l&#8217;utilisateur ne soit en mesure de démontrer la licéité de la source utilisée</em>&laquo;&nbsp;. On devine aisément les dégâts collatéraux d’une telle proposition. Le Bild en parlera peut être… parce que pour ce qui est des médias français, ils regardent ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Où commence le pillage donc le détournement ? Où commence le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fair_use">fair use</a>, donc l’usage loyal ? Selon le droit américain, Le concept de l’usage loyal peut être admis si les coûts induits par la recherche d’un auteur, d’un propriétaire, peuvent dépasser les bénéfices attendus de l’utilisation de l’œuvre <strong>mais aussi s’il y a utilisation désintéressée de l’usage</strong>. Ce qui n’était pas le cas de Richard Prince qui a tiré d’importants bénéfices du détournement de l’œuvre originale de Patrick Cariou qui disposait déjà d’une importante notoriété. Prince tirait, en quelque sorte, une œuvre dérivée et marchande de l’original. <strong>Nous ne sommes plus dans le fair use</strong>, Prince ayant confisqué à son unique profit le travail d’un autre créateur ! Et mon peintre alors !? Eh bien, comme il a fait cadeau gracieusement de son travail et n’en a tiré aucun avantage financier, il bénéficiait du fair use. L’usage était désintéressé.  En conclusion nous devons éviter toute crispation sur le copyright. On semble le comprendre au-delà de nos frontières. L’Irlande s’affranchit d’une vision trop manichéenne du sujet et réfléchit <a href="http://siliconrepublic.com/new-media/item/21695-radical-copyright-law-refor">à moderniser les textes sur les droits d’auteur</a>. Démarche <a href="http://www.numerama.com/magazine/16590-propriete-intellectuelle-et-croissance-la-remise-en-question.html">déjà engagée</a> par la Grande Bretagne. Le Sénat américain et la  MPAA, (association des majors de l’édition musicale) cessent de s&#8217;attaquer directement aux internautes – ce qui n’est pas très populaire &#8211; pour privilégier la poursuite des individus reconnus coupables de distribution illégale de fichiers. Au Canada, les forces de l&#8217;ordre ont cessé de poursuivre les internautes qui téléchargent de la musique et des films et n&#8217;en font pas commerce. Le Parlement européen vient d&#8217;adopter un rapport qui appelle à ne pas criminaliser les consommateurs. Et en France, l’usage loyal qui n’est en rien un droit au pillage sera-t-il toléré? That is question !? Une question qui ne trouvera sans doute de vraie réponse que le jour où nous accepterons &#8211; afin de financer la création artistique &#8211; l’idée de <a href="http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2008/12/08/fdg.html">changer le modèle économique</a> de l’illimité forfaitaire par une tarification des consommations numériques au prorata des quantités de mégaoctets consommés en réservant un pourcentage de cette facturation pour les auteurs. La fin de l’illimité forfaitaire – déjà existant sous des formes variées &#8211; ne sera pas la fin du monde, simplement une vision plus équitable qu’une licence forfaitaire qui tape indifféremment sur tous les internautes. Une solution aussi qui tirera le tapis sous les pieds à tous les partisans de <a href="http://blog.iteanu.com/index.php?post/2011/07/17/Un-hacking-l%C3%A9galis%C3%A9">l’espionnage généralisé</a> des activités des internautes français.</p>
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		<title>Un salarié accuse son employeur de lui avoir volé son patrimoine immatériel !</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 10:53:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’histoire de Kenneth Rippoll n’est pas banale. Elle pourrait le devenir. Ce salarié attaque son employeur pour « vol de patrimoine immatériel ». Une première. En 2017, Kenneth Rippoll est devenu chef de produit chez Dragons’s Games, la célèbre firme de serious games installée à Boston.  Son métier, très mobile, justifiait que son employeur ait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><em><img class="alignleft  wp-image-2644" title="isx" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/isx1.jpg" alt="" width="91" height="61" />L’histoire de Kenneth Rippoll n’est pas banale. Elle pourrait le devenir. Ce salarié attaque son employeur pour « vol de patrimoine immatériel ». Une première.</em></span> <span id="more-2639"></span>En 2017, Kenneth Rippoll est devenu chef de produit chez Dragons’s Games, la célèbre firme de serious games installée à Boston.  Son métier, très mobile, justifiait que son employeur ait mis à sa disposition un micro-ordinateur portable associé à toute une panoplie de fonctionnalités techniques qui lui étaient spécifiquement dédiées. Dragons’s Games utilisait le « Cloud Computing » pour mettre de l&#8217;énergie informatique à sa disposition pour ses actes de gestion des plus simples aux plus compliqués. Kenneth disposait d&#8217;un portable de travail léger facilitant sa mobilité, détenant les droits d&#8217;accès à ses bases d&#8217;informations et à des fonctions élaborées compte tenu de son niveau hiérarchique. Il disposait en outre des permissions d’accès aux réseaux utilisés par ses différents collaborateurs. En fonction de son profil Kenneth Rippoll,  pouvait accéder aux services en ligne nécessaires à son statut, aux contenus utiles à son activité, aux outils d&#8217;e.collaboration indispensables au suivi des projets dont il avait la responsabilité. Le système du Cloud de l’entreprise reconnaissant chaque utilisateur s’ouvrait sur sa page d&#8217;accueil personnalisée avec les droits d&#8217;accès fonctionnels qui lui étaient autorisés.  Kenneth Rippoll disposait ainsi d’un espace virtuel de travail mis à disposition pour ses collaborateurs et, parfois, des partenaires de l&#8217;entreprise. Tout cela composait une logistique que l&#8217;on pourrait comparer à celle d’un bureau traditionnel et les prestations associées (organisation de voyages, comités divers, banque, secrétariat, vidéoconférences, portail métier, visioréunion, etc.)&#8230; à cette précision près que la grande partie de cette logistique était accessible en ligne par Kenneth grâce à son micro-ordinateur portable via des protocoles protégés. Mais voilà, Kenneth est tombé en disgrâce. Après douze ans de collaboration, on lui reprit son portable et on lui a coupé l’accès au Cloud Computing de sa firme. Du jour au lendemain, Kenneth Rippoll, dont toutes les activités dépendaient du réseau de son entreprise, a été viré. Il a pu à peine récupérer la photo de sa famille mais rien de tous les documents, la mémoire et les savoir-faire qu’ils avaient compilés dans les serveurs de Dragons’s Games.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2647" title="sriimg" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/sriimg20070430_7769141_0.jpg" alt="" width="230" height="165" />Les lecteurs qui s&#8217;intéressent aux films de science-fiction ont pu visionner un jour ou l&#8217;autre l&#8217;histoire d&#8217;un individu confronté à la disparition de ses droits numériques. Sa carte bleue devenait inopérante. Ses numéros de téléphones disparaissaient. Son identité auprès des organismes les plus divers était altérée ou effacée. C’est exactement ce qui s’est passé avec Kenneth. Sans son portable et les accès dont il disposait, il a été « coupé » de sa communauté professionnelle, comme il l’a été de son entreprise. Kenneth Rippoll a découvert avec horreur que la rupture de son contrat de travail n’était pas seulement fonctionnelle (on lui coupait l&#8217;énergie informatique), mais aussi relationnelle (on le coupait aussi de sa communauté professionnelle et de la mémoire de ses activités et de ses relations). Du jour au lendemain, il n’existait plus dans la communauté où il s’était affirmé durant ces dernières années. Ce jour là, Kenneth Rippoll a compris que l&#8217;idée qu&#8217;un réseau de « Bureaux virtuels » dans un cloud n&#8217;était qu&#8217;un réseau informatique de plus était une grave erreur d&#8217;appréciation. Durant des années, lui et ses collaborateurs élargissaient l&#8217;usage du réseau mis à leur disposition à leurs échanges non seulement avec leurs collègues mais aussi avec des collaborateurs d&#8217;autres entreprises, des professionnels les plus divers, des enseignants, des chercheurs. A partir de là, comme le réseau est par nature ouvert, ils multipliaient leurs transactions bien au delà de la sphère professionnelle, avec leurs amis, leurs fournisseurs, leur famille. Ils y allaient se distraire autant que s&#8217;informer. Ils y coordonnaient autant leurs problèmes personnels que professionnels (à 50% selon une enquête récente). Ils y procédaient à des achats autant pour leur entreprise que pour eux. Tout cela, de plus en plus de salariés, de télétravailleurs, le font au travers et grâce à leur poste de travail. En devenant complètement dépendant du Cloud Computing de son entreprise, Kenneth Rippoll a compris trop tard qu’il n’était pas uniquement membre du réseau de l&#8217;entreprise mais aussi d&#8217;une communauté relationnelle qui représentait pour lui un patrimoine précieux constitué durant les douze ans de travail chez Dragons ‘s Games. Patrimoine qui lui avait été brutalement arraché. Voilà pourquoi Kenneth a décidé de confier son affaire à un cabinet spécialisé dans le droit immatériel afin de pouvoir récupérer ses accès à son patrimoine personnel installé dans le Cloud Computing de son ex employeur. Une première…jusqu’à quand !?</p>
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		<title>Les boitiers adsl dans votre salon vous espionneront-ils?</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 08:43:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie Numérique]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a déjà quelques temps des abonnés d’Orange ont reçu une proposition de leur opérateur. Il leur était demandé d’accepter que soit analysées leurs transactions sur internet afin de mieux comprendre les liens que privilégiaient les internautes volontaires. L’opérateur aurait alors enregistré et exploité les résultats des navigations du panel des clients volontaires. La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000080;"><img class="alignleft size-full wp-image-2634" title="I watch" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/I-watch.jpg" alt="" width="116" height="116" />Il y a déjà quelques temps des abonnés d’Orange ont reçu une proposition de leur opérateur. Il leur était demandé d’accepter que soit analysées leurs transactions sur internet afin de mieux comprendre les liens que privilégiaient les internautes volontaires. L’opérateur aurait alors enregistré et exploité les résultats des navigations du panel des clients volontaires. La demande en soi n’est pas nouvelle. Différents Instituts de sondage spécialisés dans la grande consommation ont déjà sollicité des téléspectateurs volontaires afin de mieux comprendre leurs habitudes et leurs préférences. Des boitiers spéciaux sont alors installés et branchés sur leur téléviseur pour envoyer des informations sur la nature et la durée des consommations télévisuelles. C’est comme cela que ces instituts peuvent donner, quasiment en temps réel, l’importance des audiences respectives des émissions.</span><span id="more-2615"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les progrès techniques offrent aujourd&#8217;hui la tentation de s&#8217;affranchir d&#8217;un usage loyal de ce type de surveillance. La montée des dissidences et des mouvements de résistance des populations face à la violence des Etats, facilitée par les réseaux sociaux, n’a pas manqué de susciter des vocations de firmes qui font métier d’espionner et de surveiller les internautes. On ne s’étonnera donc pas de trouver les opérateurs chinois très en pointe dans les offres de surveillance des blogs, des twits et d’espionnage des flux. Au point que la diffusion d’équipements chinois vendus en Occident et pouvant servir de <a href="http://www.linformaticien.com/actualites/id/22274/les-etats-unis-enquetent-sur-huawei-et-zte.aspx">cheval de Troie</a> est prise très au sérieux par les américains. Le monde du renseignement reste attentif aux visées de l’opérateur chinois <a href="http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-le-cloud-bientot--conquerant--de-huawei-46975.html">Huawei</a> en matière de collecte et d’analyse sur le <a href="http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-le-cloud-bientot--conquerant--de-huawei-46975.html">Cloud</a>. Espionnage et renseignement économique font bon ménage avec les applications destinées à censurer et identifier des internautes « hors normes ». <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=paladion%20networks&amp;source=web&amp;cd=1&amp;sqi=2&amp;ved=0CB4QFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.paladion.net%2F&amp;ei=DoLjTufmJI27hAfMguTMAQ&amp;usg=AFQjCNFZi0P918_lyk0JZBFlIa0jjLcRxw&amp;cad=rja"><img class="alignleft size-medium wp-image-2627" title="carte-web-en1-500x357" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/carte-web-en1-500x357-300x214.jpg" alt="" width="300" height="214" />Paladion Networks</a>, en plus de tests de tentative de pénétration, assure la télésurveillance des réseaux sociaux et des cybercafés sources de renseignements intéressants. Gros succès commerciaux aussi pour des sociétés comme <a href="http://www.semptian.com/">Semptian</a> – qui débauche les meilleurs informaticiens de la planète &#8211; dans les pays confrontés à la résistance des populations comme c’est le cas en Syrie ou dans des monarchies du Golfe. Bien que très discrètes sur la Toile, les offres d’entreprises très spécialisées ne manquent pas.  <a href="http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-les-spyfiles-les-grandes-oreilles-qui-surveillent-les-telecommunications-dans-le-monde-90960309.html">Wikileaks</a> a mené une investigation sur les outils de traçage proposés par nombre d’opérateurs et regroupés sur <a href="http://www.spyfiles.org/">ce site</a>. La tentation de surveillance devient générale pour de bonnes ou moins bonnes raisons. La France saura-t-elle trouver de bons compromis ? Actuellement le débat reste vif sur les modalités de surveillance d’internautes pratiquant régulièrement des téléchargements illicites. Tout naturellement, à l’occasion des discussions préliminaires sur la <a href="http://www.loppsi.fr/">LOPSSI</a> l’idée initiale était d’utiliser la puissance des ordinateurs des opérateurs pour bloquer et identifier les échanges suspects. Mais les opérateurs ne souhaitent pas voir se multiplier les conflits qui les opposeraient aux sites blacklistés. Sans doute n’oublient-ils pas l’affaire de la vente des <a href="http://www.netpme.fr/nouvelles-technologies/185-site-vente-encheres-objets-nazis--suite-affaire-yahoo-en-correctionnel.html">objets nazis sur Yahoo</a> qui a opposé le droit français et le droit américain.  De plus cela les oblige à faire régulièrement le ménage, les IP délictueux changeant aussi rapidement qu’ils sont repérés. Pourtant la création et la mise à jour d’une liste noire des sites à interdire ne semblent pas représenter plus de difficultés que celui du suivi des milliers de cartes bleues frappées d’interdiction tous les jours. Selon les opérateurs, cette surveillance serait sans effet, les vrais délinquants sachant utiliser les dispositifs « d’anonymation » les mettant à l’abri d’investigations pas trop poussées. Et d’utiliser la récente jurisprudence de la Cour de Justice Européenne qui s’oppose à la mise en place <a href="http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-justice-europeenne-condamne-le-filtrage-generalise-des-internautes-46769.html" target="_blank"> d&#8217;un outil de filtrage généralisé à l&#8217;ensemble des internautes d&#8217;un FAI</a> (Fournisseur d’Accès Internet) pour enfoncer le clou. Sauf que l’on oublie de préciser que cette opposition ne concerne que <em>le blocage des échanges peer to peer</em> illégaux et non le fait de mettre sur liste noire des adresses IP visiblement hors la loi: c’est ce que font déjà plusieurs pays. Des organisations privées <a href="http://www.pcinpact.com/news/67385-notification-google-streaming-allostreaming-hadopi.htm?vc=1">font de même</a>. On voit mal pourquoi on fait tant d’histoires. <a href="http://docs.abondance.com/question122.html">La pratique de l’interdiction</a> d’exercer pour des sites illégaux ou des sites responsables de campagnes de spams ne me choque en rien. Je ne suis pas le seul. Les <a href="http://actu.abondance.com/2011/07/11-millions-de-sites-blacklistes-par.html">moteurs de recherche</a> n’hésitent pas à faire la police pour éliminer les IP associés à des pratiques délictueuses. Le débat fait rage aux Etats-Unis relativement à la loi « SOPA » <a href="http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/sopa-la-loi-contre-le-piratage-qui-durcit-la-repression_275354.html">contre le piratage</a> qui affecte le commerce des échanges numériques<a href="#_ftn1">[1]</a>. C’est d’ailleurs là qu’il faut pouvoir rassurer les acteurs concernés grâce à un système de filtrage sérieux préliminaire aux demandes de blocage, complété par des possibilités de réclamation et de rectification rapide et efficace. Ceci pour dire ma crainte, si les opérateurs se débarrassent du problème, de voir la surveillance des trafics se déporter dans les boitiers ADSL installés dans les foyers. <strong><em>En d’autres termes au lieu de surveiller et de coincer les sites voyous on surveillera les trafics des internautes.</em></strong> Et il est vrai que le premier équipement capable d’intrusion dans l’intimité d’un foyer est cette box ADSL soit disant protégée par des codes. Difficile pour les autorités publiques d’ignorer un si magnifique instrument d’intrusion dans la vie privée des familles, sous couvert de vertu bien sûr. La bonne conscience est sauve puisqu’il ne s’agit officiellement que de surveiller et d’analyser des trafics relevant de la « sûreté nationale ». Nos internautes sont-ils conscients de ce que – sous prétexte de sauver quelques millions d’euros pour des activités marchandes – l’Hadopi, organisme d’Etat, pourrait devenir la clé d’entrée d’un <a href="http://www.numerama.com/magazine/18609-filtrage-dans-les-box-adsl-et-atteinte-a-la-vie-privee-au-programme-de-l-hadopi.html#ac_newscomment">dispositif de surveillance</a> intrusif grâce à ce boitier. <img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2617" title="131423060846s" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/131423060846s-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" />Un rapport très contesté de <a href="http://www.numerama.com/magazine/15668-conflits-d-interets-a-l-hadopi-michel-riguidel-veut-nous-rassurer-maj.html">Michel Riguidel</a> sur les modes opératoires possibles rendu public en avril 2011, explique que &laquo;&nbsp;<em>les URL visités et les noms des fichiers téléchargés en outrepassant la politique de sécurité (?), seront enregistrés dans le journal en clair ou dans le journal chiffré</em>&laquo;&nbsp;. Lequel pourra fournir à la demande d’une autorité publique les historiques de toutes les URL visitées par l&#8217;utilisateur et les comparer à une liste de fichiers qui appartiennent à une &laquo;&nbsp;liste noire&nbsp;&raquo; probablement établie sous le contrôle de l&#8217;Hadopi. Ce que sera ou devrait être cette liste n&#8217;est pas clair et de plus comment l’internaute saura-t-il s‘il est ou non en infraction, alors qu’il suffirait de bloquer un site connu pour ne pas respecter la loi française? Avec cette pirouette, l’Hadopi reporte sur l’internaute la responsabilité d’accéder à des logiciels, des fichiers, des protocoles, des URL, ou des adresses IP de sites interdits par décision de justice ! Bref, une capacité de surveillance et d&#8217;intrusion  manifeste puisqu’il est prévu de pouvoir consulter à distance le journal de surveillance qui serait déporté <a href="http://www.infos-du-net.com/actualite/18364-hadopi-filtrage-box.html">dans la box</a> de l’internaute. En d’autres termes, plutôt que d’associer les sociétés de logiciels anti-intrusion et les sociétés proposant des moteurs de recherche à la mise au point de solutions pouvant limiter ou interdire l’accès aux URL hors la loi, nos gouvernants semblent vouloir utiliser la loi LOPSSI pour mettre la France entière en écoute permanente. Ne manquera que le prétexte. L’histoire des<a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/12/05/on-trouve-de-tout-dans-les-fadettes_1613356_3224.html"> fadettes</a> n’aura été qu’une triste illustration connue du grand public des capacités d’investigation sur le seul fait d’une autorité que se croit ou se dit légitime.  Qu’en dit votre député ? Vous pariez qu’il ne connaît même pas ce sujet ? Dans ce cas envoyez-lui <a href="http://www.google.fr/webhp?hl=fr&amp;tab=nw#q=Amesys&amp;hl=fr&amp;site=webhp&amp;prmd=imvnsu&amp;source=univ&amp;tbm=nws&amp;tbo=u&amp;sa=X&amp;ei=U2fkTsrZLouFhQfwrvXTAQ&amp;sqi=2&amp;ved=0CGwQqAI&amp;bav=on.2,or.r_gc.r_pw.,cf.osb&amp;fp=3386f85920452e35&amp;biw=1393&amp;bih=725">ce lien.</a> Mais si vous lecteurs, vous découvrez le problème, n’allez <a href="http://www.slate.fr/story/47641/youhavedownloaded-telechargements-bittorrent">surtout pas sur ce site</a>. Paranoïa assuré !</p>
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> De grands groupes internet américains s&#8217;opposent au projet de loi SOPA déposé au Congrès américain visant à lutter contre le piratage au prétexte de devoir: &laquo;&nbsp;fournir des outils supplémentaires pour lutter contre les sites internet étrangers &#8216;voyous&#8217; ou violant la propriété intellectuelle&nbsp;&raquo;. On peut s’interroger de savoir pourquoi ces indignés n’ont pas bougé le petit doigt lorsque le droit de copyright est passé récemment à 7o ans et pourquoi encore ils n’aident pas les organisations qui se battent pour généraliser les solutions de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft">Copyleft</a> qui tendent à promouvoir les droits d’usage des biens numériques!?</p>
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		<title>La stratégie de pointe dans les guerres numériques</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 07:05:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’informatique aura révolutionné non seulement le monde des entreprises et des affaires mais aussi l’art de la guerre. Parmi les facteurs qui ont bouleversé la vision des conflits possibles nous trouvons les applications de la simulation à des situations les plus diverses. Mais une clé reste constante dans l’ensemble de ces « jeux de guerre », celle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2599" title="Image IE" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/Image-IE1.jpg" alt="" width="116" height="78" /><span style="color: #800000;">L’informatique aura révolutionné non seulement le monde des entreprises et des affaires mais aussi l’art de la guerre. Parmi les facteurs qui ont bouleversé la vision des conflits possibles nous trouvons les applications de la simulation à des situations les plus diverses. Mais une clé reste constante dans l’ensemble de ces « jeux de guerre », celle du renseignement. Guerre économique, renseignements militaires ou espionnage industriel, tout se résume à la possibilité de pouvoir recueillir des informations sensibles, des bruits faibles et significatifs. On définit généralement la stratégie de pointe par la capacité d’une entreprise ou d’une nation (et plus précisément son armée) à disposer d’équipements, d’outils ou de méthodes capables de fournir des alertes avancées sur des évènements en formation. La stratégie de pointe nécessite des sentinelles électroniques, des sentinelles d’un genre nouveau.</span><span id="more-2595"></span>L’histoire du sergent Schmidt dans les années 70, avec les premières photos satellites des bases russes en Allemagne et en Russie, est emblématique de l’évolution indispensable de la surveillance d’un écosystème moderne. Le sergent Schmidt avait la mission de traiter et d’analyser les clichés reçus de la surveillance d’une région de l’Allemagne de l’Est par des satellites américains<a href="#_ftn1">[1]</a>. Au fil des mois, le sergent Schmitt constatait les variations des positions des équipements logistiques de la base et des sites qu’il était chargé de suivre. Savoir que le nombre de tanks ou de véhicules de transport de troupes était passé du simple au double pouvait être intéressant mais pas décisif si on ne savait pas où s’évaporaient les équipements en question lors de leurs mouvements. Il eut l’idée de demander à recevoir les clichés de plusieurs bases sur des étendues territoriales plus vastes. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour obtenir une vision plus intelligible des mouvements des armées russes. Quelques mois plus tard, son Etat Major revoyait son organisation afin de pouvoir suivre la dynamique les flux d’équipements transitant d’une base à l’autre. A la place d’une vision réductrice, binaire des évènements, l’armée américaine disposait d’une vision dynamique des mouvements d’un possible adversaire. Un peu partout dans les entreprises et dans le monde des affaires comme dans celui de la guerre, la surveillance des flux devenait primordiale :<em> la stratégie de pointe imposait des moyens de surveillance avancés.</em></p>
<p style="text-align: justify;">La nécessité d’améliorer les perceptions et l’analyse d’évènements en formation va donner une impulsion particulière au développement d’objets ou d’applications capables de surveillances furtives. Dans les années à venir il faut s’attendre à la dissémination dans des lieux sensibles d’objets d’apparence insignifiante et dotés d’un minimum d’intelligence afin de recueillir des informations. Ce seront des informations de position, d’évaluation de forces, de recueils de renseignements divers. Des objets passifs, difficiles à déceler, capables de télécharger leur moisson vers des objets tout aussi discrets capables de les activer et de relayer leurs renseignements sur plusieurs milliers de kilomètres. Rappelons qu’un objet dit intelligent doit être capable de s’identifier et disposer d’une source d’énergie lui permettant une autonomie importante. Ses capteurs plus ou moins sophistiqués peuvent analyser une température, une lumière plus ou moins intense, des odeurs ou des vibrations (pollution ou signalement de véhicules de passage par exemple), mais aussi d’intercepter des sons particuliers et d’enregistrer une communication. Afin de faciliter leur furtivité, leur émission doit envoyer des flux de données soit en flash, soit en flux limité, vers des relais moins exposés. Avec le développement de « l’internet des objets », l’exploitation d’objets furtifs, dotés d’intelligence et de capacité de communication locale n’est pas en soi une nouveauté. Par contre la conception et la diffusion d’objets virtuels, numériques ayant ces mêmes capacités illustreront une percée significative dans l’art de la guerre numérique et de l’espionnage industriel. <img class="alignleft size-full wp-image-2609" title="teteatete1" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/teteatete1.gif" alt="" width="280" height="189" />Car, au-delà des applications des objets dits intelligents à des fins de surveillance, nous allons assister au développement des  simuls c&#8217;est-à-dire des représentations humaines circulant dans les réseaux sociaux. Ces simuls, incarnation de services d’accueil ou même de prestations simples seront le fait d’avatars. Vos appels vidéo seront pris en charge par des simulations de vous-même, d’une secrétaire, d’un praticien quelconque empêché de vous prendre en direct… ou ne le souhaitant pas. Doté de capacités plus ou moins élaborées, cet avatar de majordome sera ou deviendra un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9mantique">objet sémantique.</a> Un avatar sémantique n’est plus simplement un objet passif qui réagit à des stimuli particuliers. Il devient capable de faire des relations entre des objets, des mots ou encore des personnes et différents évènements. C’est ainsi que la sémantique permet de donner du sens à un ensemble de données en apparence disparates. En d’autres termes, notre sergent Schmidt  a trouvé un compétiteur capable d’explorer et d’analyser un ensemble de données à une vitesse effrayante. Notre avatar sémantique est un objet expert en <em>data mining</em>, en exploration de bases de connaissances. Les utilisateurs avancés communiqueront vocalement avec des avatars d’eux-mêmes vivant dans les ordinateurs afin d’obtenir des réponses pour des recherches avancées. Un jour ces avatars de vous-même, d’un ami ou d’un visiteur, communiqueront entre eux. Vous avez bien lu. Au milieu du siècle, ce ne seront plus seulement les objets matériels qui échangeront entre eux mais aussi leurs avatars sémantiques incarnant des personnages réels. Ils communiqueront entre eux des informations au travers des réseaux intelligents. Mise à jour automatique, mise à niveau d’un suivi spécifique d’une entreprise, d’une innovation, ou traçage de l’avatar d’un individu donné, seront des applications vite courantes. Mais ce qui sera vraiment nouveau à cette époque pas si lointaine ce seront les capacités d’une équipe d’informaticiens à circonvenir ces avatars sémantiques pour les « retourner » à leur profit. L’avatar sera modifié à l’insu de son propriétaire pour délivrer des renseignements sur ses activités. Il pourra l’être au point de participer à une opération de désinformation. Des avatars seront créés pour devenir de véritables leurres afin d’extorquer des informations à des individus ou à des services mal avertis et protégés. Les informaticiens de la prochaine génération devront s’habituer à prévoir, non seulement des pare-feux à ces fantômes virtuels mais aussi des contre-mesures afin de manipuler à leur tour l’avatar espion. La guerre électronique ne fait que commencer. Et ceux de nos responsables qui en sont encore à s’inquiéter des virus pouvant infester leurs ordinateurs me semblent aussi obsolètes que l’étaient les généraux des années 30 qui imaginaient la ligne Maginot comme la meilleure solution face à des tentatives de pénétration des méchants envahisseurs.</p>
<p><strong>Une autre approche, une vision des applications des avatars sémantiques tout aussi dérangeante par Bernard Nadoulek. </strong><a href="http://www.nadoulek.net/Avatars-semantiques.html">http://www.nadoulek.net/Avatars-semantiques.html</a><strong> </strong>et <strong> </strong><a href="http://www.nadoulek.net/Pourquoi-parler-avec-une-machine.html">http://www.nadoulek.net/Pourquoi-parler-avec-une-machine.html</a></p>
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> A l’époque les américains avaient réussi une percée significative dans le renseignement de la photographique avec le lancement du satellite Keyhole 11. Pesant 11 tonnes KH11, plus tard KH12, utilisait pour la première fois un dispositif de digitalisation des images d’excellente qualité et téléchargées vers les ordinateurs de l’armée au sol.</p>
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		<title>Bureau Virtuel: Être un “pro” de l’intermédiation électronique</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2011 13:12:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mettre un bureau virtuel à disposition n’est plus très difficile. Le plus difficile reste à faire : maîtriser les langages et les pratiques spécifiques à toute activité coopérative distante. Dans une équipe de travail distante, tout va devenir important. La langue, le rôle des documents et des mots utilisées, les représentations formelles ou les modélisations de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong></strong><span style="color: #003300;">Mettre un bureau virtuel à disposition n’est plus très difficile. Le plus difficile reste à faire : maîtriser les langages et les pratiques spécifiques à toute activité coopérative distante. Dans une équipe de travail distante, tout va devenir important. La langue, le rôle des documents et des mots utilisées, les représentations formelles ou les modélisations de procédures, les arbitrages fonctionnels etc.… La limite des retombées d’une démarche de progrès en réseau tient aux délicats équilibres entre le temps dédié au travail distant et le temps dédié aux rencontres physiques. </span><span id="more-2580"></span>En d’autres termes, au fur et à mesure que les documents et les données se structurent, il faut passer du distant au présentiel. Les négociations finales doivent se faire « face to face ». Différemment, les discussions d’échanges d’idées informelles peuvent s’établir et bien fonctionner en mode de travail collaboratif sur de longs délais. Il suffit d’avoir travaillé un peu sérieusement avec un fournisseur de prestations distantes, par exemple un webmaster qui gère et anime les contenus de votre site ou l’informaticien qui assure les développements de vos applications pour avoir une idée concrète des difficultés rencontrées. Les envois d’ordres sont immédiatement et régulièrement suivis de demandes de précisions auxquels vous étiez loin de penser. Cela vous semblait si naturel et facile. Et bien cela ne l’est pas. Expliquer, convaincre, décrire, coordonner des méthodes communes, définir des objectifs ou des résultats, contrôler, n’ont rien de faciles sur un réseau. En face à face, un croquis, un exemple, une précision qui vient d’un signal corporel parfois inconscient contribuent à faciliter la compréhension entre le donneur d’ordre et le réalisateur.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2585" title="maitriser son poste de travail" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/maitriser-son-poste-de-travail.jpg" alt="" width="302" height="281" />Comme les outils qui lui sont dédiés, le travail collaboratif, et ses différentes variations, s’apprennent aussi. Les pratiques du travail en réseaux ne marchent qu’après être passé par une mise en train indispensable. C’est comme d’apprendre à faire du vélo. Il faut apprendre aux salariés l’usage des médiateurs électroniques puis leur laisser la liberté de vagabonder un peu. L&#8217;École Supérieure de Commerce de Paris (ESCP) a mené, en 1995, une recherche sur les caractéristiques du management à distance à travers des entretiens avec des ingénieurs commerciaux d’IBM-France pratiquant le télétravail. Il s’agissait de voir comment le manager remplit son rôle de manière efficace lorsque ses subordonnés se trouvent à distance et utilisent un mode de communication autre que verbal<a href="#_ftn1">[1]</a>. Chaque rôle a été décliné en actions; par exemple celui de leader en diriger, motiver, conseiller, critiquer, évaluer. Puis chaque personne a indiqué comment ces actions s&#8217;exerçaient dans le contexte du nomadisme électronique : entretiens en face-à-face, réunions collectives, messagerie électronique (ou autre médiatisation informatique: <em>groupware</em>, Internet, etc.), téléphone, courrier interne (support papier). Le mode de communication verbal et de proximité restait le plus utilisé par les managers et par les ingénieurs commerciaux pour exécuter les différentes actions définissant leurs rôles. Le mode verbal (face-à-face et téléphone) reste encore largement majoritaire à l’époque (autour de 55%). Plus de la moitié des managers et des ingénieurs commerciaux interviewés (respectivement 57% et 60%) exerce cinq rôles : leader, observateur actif, diffuseur, entrepreneur ou négociateur ; “aussi bien” dans un contexte de nomadisme électronique qu’auparavant. L’observateur actif pour des fonctions de veille marketing, commerciale, stratégique, comptes rendus, fait essentiellement appel à la messagerie électronique. <em>Les actions de recueil d’informations internes ou externes à l’entreprise ou sur des idées et des tendances, privilégient clairement la messagerie électronique, donc le mode d’interaction écrit et à distance </em>(ce qui nous intéresse ici)<em>.</em> Par contre, l’action “exercer des pressions” tend à privilégier l’entretien en face-à-face. Pour la majorité des personnes interrogées la relation électronique n’a pas eu d&#8217;impact négatif sur la qualité de l’exercice des rôles managériaux. On retrouve ici les conclusions auxquelles étaient parvenues d’autres études datant de la fin des années 1970. La messagerie électronique sera souvent retenue pour des informations “objectives”, qui font peu (voire pas du tout) appel aux émotions, où il n’existe aucun enjeu de pouvoir, alors qu’une préférence pour le face-à-face et le téléphone va se manifester dès que la nature de l’information échangée a un caractère plus “subjectif” et implique un jugement de valeurs. La téléconférence convient mieux aux situations de coopération ; discussions, coordination, suivi d’un projet, etc. qu’aux situations conflictuelles: négociations, persuasion, règlements de désaccords. Cette analyse n’a pas vieillit. <em>Résultats : Bureau virtuel ou pas, toutes les interactions interpersonnelles impliquant une forte “subjectivité”, un jugement de valeur ne doivent pas être médiatisé par ordinateur, car elles ne seront pas efficaces.</em> A bon entendeur, salut !</p>
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Sergio Vasquez-Bronfman, “Le management dans un contexte de télétravail ”, Second Festival européen du télétravail et des télé-activités, 20-22 mars 1997, Serre Chevalier, Systémia 1997.</p>
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		<title>« Certes, mais il fallait y penser ! »</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 10:29:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est ce que -selon nos livres d&#8217;histoires- répondit Christophe Colomb à ses détracteurs qui estimaient que trouver l’Amérique n’avait pas été si difficile. Il leur demanda en réponse de faire tenir un œuf debout puisque c’était si facile. Aucun n’y parvint. Prenant un œuf dur, Christophe Colomb posa la base de l’œuf légèrement écrasé sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #003300;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2568" title="oeuf-de-colomb-illustration" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/oeuf-de-colomb-illustration-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" />C’est ce que -selon nos livres d&#8217;histoires- répondit Christophe Colomb à ses détracteurs qui estimaient que trouver l’Amérique n’avait pas été si difficile. Il leur demanda en réponse de faire tenir un œuf debout puisque c’était si facile. Aucun n’y parvint. Prenant un œuf dur, Christophe Colomb posa la base de l’œuf légèrement écrasé sur la table. « <a href="http://locationsibiza.free.fr/site_en_francais/L%27oeuf%20de%20Christophe%20Colomb.htm">Quoi de plus facile</a> ! » s’écrièrent–ils. « Certes mais il fallait y penser » répondit-il en les quittant.</span><span id="more-2567"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Alessandro Mendini</em> est directeur artistique des montres <em>Swatch</em>, un objet très ordinaire soumis à une très forte concurrence. Il a fait venir des designers du monde entier qui viennent se frotter à un sévère cahier des charges pour faire tenir des idées originales sur un cadran de montre. Ici, la grande originalité de <em>Swatch</em> est d’avoir démontré que, plus que son savoir faire industriel ce sont les idées venues du monde entier, venues de métiers et de cultures diverses qui ont fait le succès des collections de la marque. Facile ? Il fallait y penser ! Même sur des marchés difficiles voire saturés, des chefs d’entreprises peuvent conduire des stratégies s’appuyant sur l’innovation pour en faire un atout de leur pénétration sur les marchés. Lors de la perte par quatre des parts de marchés des salles de cinéma suite aux succès de la télévision et du cinéma à domicile, quelques pionniers ont inventé d’immenses salles multiplexes qui ont fait revenir les spectateurs. Plus confortables, disposant d’équipements visuels et sonores incomparables, proposant une gamme de films et de services dérivés importante, les complexes de loisirs dédiés au cinéma sont une réussite qui fait le tour du monde. Il fallait y penser !</p>
<p style="text-align: justify;">Les confrontations stratégiques à venir se déplacent vers les capacités des organisations à inventer. Il suffit de visiter certains sites d’entreprises sur internet pour y trouver une rubrique qui n’existait pas encore récemment : celle des innovations. Autrefois très discrètes, les informations valorisant la participation des entreprises à des avancées techniques, les investissements consentis à la R&amp;D, à ses retombées pratiques, sont mieux mises en valeur. Une communication utile à la fois pour les actionnaires et les partenaires actuels et à venir mais aussi une belle façon de contribuer à l’attractivité de la firme auprès de chercheurs talentueux. Innovascope publiait en février 2005 un rapport sur les politiques d’innovation des grands groupes. A partir de 166 rapports d’activités, cette étude mettait schématiquement en évidence une préoccupation plus significative des groupes cités dans l’étude « <em>de mieux prendre en compte l’innovation comme un levier stratégique de leur développement </em>»<a href="#_ftn1">[1]</a>. En outre, avec la financiarisation croissante des connaissances, des expertises et des licences, nous voyons se multiplier les initiatives en mesure de favoriser les transactions et de constituer un peu partout dans le monde des plates formes de <a href="../../../../../1947/developper-la-commercialisation-de-notre-matiere-grise">commercialisation</a> ou d’échanges d’idées et de savoirs. Plus que jamais les batailles du futur sont celles de la matière grise et des idées originales. Idées issues du brassage et du métissage des cultures, des expériences et des savoirs de multiples acteurs. Reste à maitriser les méthodes et les techniques les mieux à même de faire germer des idées dans les endroits ou les circonstances les plus inattendues. Les entreprises américaines les plus en pointe ont mis en place des réseaux de « jardins d’idées » afin de favoriser la créativité de leurs collaborateurs et de leurs alliés<a href="#_ftn2">[2]</a>. On pourrait imaginer un écosystème dédié, une sorte de parc des idées. Pour le lancer, peut-être pourrions-nous nous inspirer de la méthode du « happening » festif choisie par la ville de Singapour ? En novembre 2002, elle mobilisait quelques 8000 habitants durant une semaine dans un même lieu. Pourquoi ? Pour chercher des idées. Sur quoi ? Eh bien sur tout ! Ce challenge consistant à inviter des gens à imaginer des idées sur des tas de sujets au choix est désormais inscrit au <em>Livre Guinness des Records</em>. Plus de 800 000 idées ont été proposées durant cette semaine. Bien sûr, elles sont inégales, bien sûr, elles ne seront pas toutes mises en pratique. Mais imaginez les liens qu’ont permis ces libres séances de remues méninges ?! Toutes les personnes présentes ont vécu une expérience unique faite de stimulation, d’émulation bon enfant. Une sorte de voyage dans l’imaginaire à la fois individuel et collectif bien moins frustrant que des réunions pseudos rationnelles que nous vivons dans nos entreprises. Imaginez maintenant que nous disposions d’un incubateur virtuel où se brasserait ces idées venues de tous les horizons. Une sorte de parc virtuel où se retrouverait, comme dans les jardins d’idées américains, des fleurs ou des abeilles qui viendraient fertiliser les trouvailles ou les propositions des uns ou des autres.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-2571" title="innova" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/innova-300x137.jpg" alt="" width="300" height="137" />L’innovation participative est le mot clé des tendances actuelles. L’innovation est d’abord un état d’esprit. Une liberté de l’esprit insuffisamment stimulé, pourtant la créativité doit devenir une œuvre, une posture collective, un acte participatif à la vie sociale et économique de l’entreprise. La dilution de la matière grise, la dispersion des compétences, la transversalités des savoirs, nécessite de faire se frotter ensemble des pratiques et des connaissances spécifiques et de favoriser la pollinisation des idées et des pratiques, la fertilisation croisée des idées. Que ce soit dans l’ameublement, l’automobile ou l’équipement des habitations, il devient indispensable d’investir en recherche &amp; développement pour trouver des concepts, des composants, des matériaux, des couleurs qui participent à la différenciation des produits. Créatif, le mot clé qui faisait déjà fureur au début des années 70 revient en force avec ses ateliers de créativité. Savoir faire phosphorer ses équipes semble être l’impératif du moment. Il s’agit de se démarquer de son concurrent, de résoudre intelligemment et surtout économiquement des problèmes parfois complexes comme celui consistant à trouver un ingénieux système de portage des matériaux sur les piles du pont de Millau en France. Des concours d’idées mobilisant des régions entières, des quartiers ou des villes vont entrer dans la compétition des idées qui enrichissent l’expérience, apportent des économies d’énergies, répondent à des problèmes pratiques. Sous l’impulsion de son maire, la ville de Malaga a lancé un groupe de créativité associant plusieurs acteurs comme des entreprises, des investisseurs et des scientifiques (un «brainet» intitulé e-27, composant  un groupe de réflexion en réseau) afin de développer un important complexe scientifique et technologique dans la région Andalouse. Financé pour l’essentiel par le secteur privé, il a permis la création de 9 000 emplois très qualifiés depuis sa création en 1992. Dans les années 90, j’ai inventé et lancé l’incubateur virtuel « e-business Génération », puis j’ai travaillé sur le projet de la « bourse aux idées ». Ce projet n’a jamais vu le jour… pas de partenaires, ni de financiers intéressés. Peut être, enfin, trouverons nous avec le développement de l’économie immatérielle, les ressources et les acteurs en mesure de faire entrer la France dans le commerce des idées. Un rêve… mais il faut y penser !</p>
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> <a href="http://www.innovascope.fr/">http://www.innovascope.fr/</a></p>
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<li><a href="#_ftnref2">[2]</a> Pour connaître les méthodes de gestion des jardins d’idées vous pouvez vous procurer le chapitre “<em>Anticiper, le futur a de l’avenir !”</em> du livre <a href="http://dunod.ebrochure.fr/netbrain/page7.html">“<em>Netbrain, les Batailles des Nations Savantes</em>”</a> (éditions Dunod 2008) premier prix du club de l&#8217;Economie Numérique. Il est accessible ici <a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/formnetbrain.html">http://www.ettighoffer.com/fr/livres/formnetbrain.html</a> Ce chapitre traite spécifiquement de la création d’un capital immatériel et de sa valorisation dans les entreprises en s’appuyant sur leurs ressources humaines.</li>
</ul>
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		<title>Internet : La Neutralité ? Oui ! L’Immobilisme : Non !</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 06:54:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Laissé de côté par Hadopi, la question toujours pendante des limites du modèle économique de l’Internet devait être remise en question un jour ou l’autre. La roue a tourné et la question de la neutralité de l’internet revient sur le tapis. Neutralité, que de sottises dites en ton nom ! Voilà un problème qui se mord [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800000;"><em><img class="alignleft size-medium wp-image-2553" title="what's your problem!?" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/10062004-295x350.jpg" alt="" width="151" height="179" />Laissé de côté par Hadopi, la question toujours pendante des limites du modèle économique de l’Internet devait être remise en question un jour ou l’autre. La roue a tourné et la question de la neutralité de l’internet revient sur le tapis. Neutralité, que de sottises dites en ton nom !<strong> </strong>Voilà un problème qui se mord la queue avec des dommages collatéraux conséquents : Refus d’adapter le modèle économique des télé-consommations de services. Limitation des revenus et des capacités d’investissement des opérateurs. Tentatives de limiter les consommations dites « illimitées » afin de repousser les investissements à envisager. Difficultés croissantes dans l’amélioration de la distribution et la qualité des réseaux. Réorientation des stratégies des opérateurs vers des activités de services en ligne plus rémunératrices. Le tout dans un contexte qui va de l’indifférence aux arguments souvent tendancieux, peu propice à la mise en place de solutions réalistes.<span id="more-2539"></span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons tout d’abord que le contexte du développement français de l’internet aura été très particulier. <img class="size-full wp-image-2548 alignright" title="minitel" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/minitel.jpg" alt="" width="155" height="116" />Le Vidéotex et le Minitel avaient été lancés par une  impulsion fortement étatique et les français s’étaient habitués à voir la facture de  leur consommation de services en ligne proportionnelle au temps d’utilisation. Un modèle économique qui changera brutalement milieu des années 80 à 90 avec l’irruption d’un modèle libéral qui, en faisant supporter les coûts par des prestataires de services et de contenus, permettait de diminuer fortement le coût d’accès à l’Internet pour les futurs internautes. Ce fut le début de « l’illimité » et du « tout gratuit », dont nous percevons désormais certaines limites, mais qui eut la vertu de démocratiser l’accès à l’internet. L’investissement de l’Etat dans les infrastructures relayé par les principaux opérateurs et les collectivités territoriales aura encore facilité l’égalité d’accès à la société de l’information et aux services en ligne. Des services dont les retombées seront producteurs d’emplois, d’applications innovantes et de richesses tout en constituant des sources de productivité nouvelles. Cet historique ne doit pas nous enfermer dans une vision hexagonale de la société de l’information. Aujourd’hui bon nombre de contenus nous viennent de l‘étranger parce que nous disposons d’une infrastructure des télécoms satisfaisante. Cela n’est pas le cas pour une majorité de régions ou de pays parfois simplement limitrophes. Nous devons garder à l’esprit que la volonté fédératrice des concepteurs de l’Internet était d’innerver le monde entier, ce qui est loin d’être fini. La fracture numérique n’est pas qu’Européenne. Elle doit être résorbée dans de vastes régions comme l’Afrique, les pays de l’Est ou l’Asie sans oublier l’Amérique du Sud. A titre d’exemple, début des années 2000, la largeur de la bande internationale partagée par les 400 000 Luxembourgeois était supérieure à celle dont disposait toute l’Afrique<a href="#_ftn1">[1]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-full wp-image-2545" title="neutralité" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/neutralité.jpg" alt="" width="275" height="183" />Neutralité ? Mais de quoi parle-t-on ?</strong> Affirmons d’emblée que je reste attaché à la neutralité de l’Internet. La Toile est la nouvelle voie de navigation des sociétés du 21eme siècle, son accès et son fonctionnement ne sauraient souffrir de limitations qui brideraient ses usages. Dès le début de son histoire, ses fondateurs se sont évertués à insérer l’Internet dans une vision égalitariste de son accès et de son usage. Le réseau des réseaux devait être et rester un instrument neutre dans ses usages. Le filtrage des contenus, la discrimination entre les flux, les trafics étaient prohibés. Tim Wu, professeur à <em>Columbia University</em> présenta en 2005 ce qu’il entendait par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Neutralit%C3%A9_des_r%C3%A9seaux">Neutralité</a> des réseaux<a href="#_ftn2">[2]</a>. Il partit du principe que ceux qui contrôlent les « tuyaux », fournisseurs d’accès et opérateurs réseau, ne doivent effectuer aucune restriction ou discrimination entre les applications et contenus (pages, fichiers, mails,&#8230;) transportés sur leurs réseaux. Tous les sites doivent être considérés sur un pied d’égalité, toute donnée doit être traitée de la même manière entre son point de départ et son point d’arrivée. La Neutralité vise ainsi à empêcher la création d’un Internet à plusieurs vitesses, et la naissance d’un Internet privé et payant. Pas question donc que la société X dispose d’une bande passante d’un débit plus important que la société Y. Néanmoins… si votre société est installée dans une région correctement câblée et équipée, pas de doute, vous serez mieux desservi en débit. Et comment est-on mieux desservi ? Par le fait des importants investissements des câblots-opérateurs ! Pourraient-ils investir si la demande augmentait sans qu’ils en retirent des ressources supplémentaires ? Mais sacrebleu, cessons de rêver ! Nous sommes en train de renouveler avec l’Internet la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trag%C3%A9die_des_biens_communs">tragédie des  près communaux</a>. Avec une seule adresse IP, une entreprise ou un client « gourmand », peuvent pomper plus de débit qu’une petite ville pour un prix minime qui ne tient pas compte des quantités d’octets consommés. La seule façon de préserver cette neutralité sera d’accepter une modification d’un modèle économique déséquilibré par la surconsommation de certains opérateurs de services mais aussi de certains clients finaux qui ne participent pas aux coûts au prorata de leurs usages.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un modèle économique bancal</strong>. Les représentants des principaux opérateurs télécoms et de services en ligne européens viennent de remettre <a href="http://www.laquadrature.net/fr/neutralite-du-net-la-commission-europeenne-lache-utilisateurs-et-innovateurs">un rapport</a> à Neelie Kroes, la Commissaire européenne pour l&#8217;Economie Numérique, sur le déploiement du haut débit pour 2020. La Commission Européenne s’est fixé des objectifs très ambitieux pour voir la quasi totalité des européens disposer du haut et du très haut débit. Pour ses auteurs, il est impensable d’améliorer le débit pour atteindre les 100 mégabits par seconde dans les foyers sans remettre en cause l’actuel modèle économique du Net en Europe. En d’autres termes on ne peut réussir sans que les consommateurs de bandes passantes des deux bouts de la chaine, c&#8217;est-à-dire fournisseurs de contenus, de services et les internautes ne soient mis à contribution. On n’en sort pas, il faut trouver des sources de financements supplémentaires afin de suivre la progression spectaculaire de la demande. Cessons de nous voiler la face. Les pouvoirs publics ne peuvent ignorer les déséquilibres engendrés par un mauvais rapport « revenus »/investissements des opérateurs, pas plus d’ailleurs que les risques de dégradation de la qualité des trafics. <img class="alignleft size-full wp-image-2560" title="make monney" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/make-monney.jpg" alt="" width="240" height="160" />Les opérateurs, qui doivent en permanence investir dans de nouvelles infrastructures à cause de la forte progression des demandes de débit, estiment que leurs investissements <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/neutralite-du-net-operateurs-et-fournisseurs-de-services-a-couteaux-tires-39750923.htm">sont mal rémunérés</a> et menacent régulièrement de limiter la bande passante des services les plus gourmands s’ils ne bénéficient pas d’une meilleure rémunération des trafics. Bien évidement les principaux fournisseurs de services en ligne ainsi que des organisations diverses d’usagers ou de lobbying s’opposent fermement à des traitements différenciés des trafics en réaffirmant l’intangibilité de la « neutralité » du web. Du vent ! Le principe de réalité a déjà rattrapé les protagonistes. Les opérateurs télécoms sont confrontés à l&#8217;engorgement croissant des bandes passantes du fait du succès de services en ligne. Ils n’hésitent plus à réduire soit la bande passante, soit la quantité de giga-octets téléchargés par certains clients trop gourmands. Il n’est plus très rare de constater que des gros consommateurs découvrent que leur bande passante a diminué sous des prétextes divers et souvent à leur insu<a href="#_ftn3">[3]</a>. Le tout constitue un ensemble de bonnes raisons pour remettre à plat le rêve du tout gratuit ou presque. Mais face à une telle complexité où est le point d’équilibre équitable ? Comment gérer l’asymétrie économique croissante entre les acteurs ? Le déséquilibre de la répartition coûts/avantages sur des marchés à multiples acteurs intermédiaires avec le risque d’un déplacement des serveurs des opérateurs dans des régions où ils font les meilleures marges. Ce qui en clair veut dire que les fermes de serveurs s’installeront là où elles éviteront des surfacturations ! Pas simple<a href="#_ftn4">[4]</a>. Certains opérateurs de services comme <a href="http://www.streamiz.com/film--streaming--page--lecteur-megaupload.html">Megaupload</a>, spécialiste mondial du téléchargement <a href="http://www.freenews.fr/spip.php?article9732">en arrive au conflit</a> avec des opérateurs de télécoms comme Orange dont ils jugent les performances dégradées et susceptibles de leur faire perdre des clients<a href="#_ftn5">[5]</a>. Pour limiter l’encombrement des réseaux, la fin des forfaits illimités est désormais incontournable. Le déploiement des infrastructures correspondantes va mobiliser des sommes colossales. Il est hors de question que les collectivités publiques et les internautes soient les seuls à les financer. Les éditeurs de contenus et de services qui en tirent les bénéfices en seront de leurs poches.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Illimité ? Qui n’a pas de bornes, donc pas de limites ?!</strong> Des milliards d’individus entrent dans le siècle de  « l’économie et de la société du lien ». Ce qui engendre une forte demande de trafic et d’occupation des bandes passantes par des objets connectés qui, de plus, imposent aux opérateurs une bonne qualité des réceptions et des échanges. Il faut stopper cette idée qu’il pourrait y avoir plafonnement pour la tarification du prix payé par le télé consommateur quelles que soit les quantités des flux concernés. Je vois mal pourquoi des internautes faiblement consommateurs de bande passante et de quelques mégaoctets devraient payer pour ceux qui en consomment plus de 200 à 300. Dans ce débat sur la neutralité de l’internet, il faut que chacun puisse accéder de façon économique à l’internet sans que cela soit confondu avec un droit de tirage illimité. D’une façon ou d’une autre la tarification dite « illimitée » vit ses derniers moments et fera place soit à un plafond mensuel de volume de trafic, soit à une tarification par volumes consommables. On en voit les illustrations en permanence lorsque les opérateurs brident l’illimité dans les mobiles ou pratiquent une tarification par paliers de consommations. Nous savons que la solution se trouve par la mesure et la facturation des trafics consommés. Cette option que je défends depuis longtemps m’a souvent été reprochée mais sans que les contre arguments reçus m’aient convaincu que je faisais fausse route. Dois-je rappeler au passage qu’elle est un frein à l’évasion des contenus payants par le <a href="http://www.cerna.ensmp.fr/Documents/OBetalii-P2P.pdf">PtoP favorisée par le haut débit </a><a href="#_ftn6">[6]</a>?  Elle ne pose pas de problèmes techniques insurmontables<a href="#_ftn7">[7]</a>. Un service de base très bon marché reste possible pour les citoyens désargentés ou faiblement consommateurs. Pour les opérateurs, c’est la quantité d’octets circulant dans un réseau qui compte et non le fait que votre ligne soit ouverte en permanence. La grande majorité des utilisateurs ne consomme quasiment aucune bande passante. Des paliers forfaités selon l’importance des consommations sont envisageables. Cette option a l’avantage de fonctionner quelles que soient les caractéristiques techniques des vecteurs utilisés. Enfin les échanges de contenus sous <em>copyleft (comprendre gratuits)</em> ou le PtoP – qui génèrent beaucoup de trafic – contribueraient eux aussi à financer les investissements dans les infrastructures réseaux. Un jour ou l’autre, les abonnées de l’internet devront payer en fonction de leurs consommations effectives.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2549" title="tuyau internet" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/tuyau-internet.jpg" alt="" width="258" height="193" />Mais… « <em>Taxer le débit est une connerie monumentale !</em> – m’affirme ce correspondant &#8211; <em>et tuera aussi la VOD légale. Adieu Dailymotion, Youtube et autres, on laissera les autres pays en profiter. Adieu, les podcasts divers et les émissions de radio web. Adieu aussi les vidéoconférences, gourmandes en bande passante. Bonjour la discrimination de la consommation de contenu, si tu es riche, c&#8217;est bon, sinon, surf en mode texte. </em>» Cet internaute a raison. Le problème vient de ce que l’on ne parle pas de la même chose. Lui parle de « la réduction des débits » qui agit <em>sur la bande passante </em>ce qui est contraire à l’obligation de neutralité<em>. </em>Moi je parle <em>de la limitation de « l’illimité».</em> Contrairement aux affirmations hâtives et parfois fantaisistes qui m’ont été opposées, la neutralité de l’internet n’est pas en cause. Par contre la neutralité en regard de la consommation, oui ! La tarification à la « télé consommation » reste soumise à la concurrence tarifaire et la création de paliers – qui existent sous des formes larvées- favoriseraient le financement des opérateurs. <em>Par contre, il convient aussi de casser l’idée que seul le consommateur final doit payer.</em> Quelle que soit <a href="http://www.aege.fr/ief/2011/06/12/reportage-sur-la-neutralite-du-net-2-focus-sur-la-france/">la chapelle </a> à laquelle appartiennent les protagonistes, il faudra bien que chacun y mette du sien. Le déséquilibre entre revenus des opérateurs et des serveurs de services, les limites justement de l’illimité pour les utilisateurs de l’Internet obligera à des concessions pour tous. Dont acte. Afin de ménager un bon équilibre économique de l’ensemble au deux bouts de la chaîne : du producteur de contenus au téléconsommateur, il faudra mettre la main à la poche. Aujourd’hui, les éditeurs tentent de faire croire aux internautes que leur liberté d’usage est en question ou que la qualité des prestations va en souffrir, ou encore que cela va faire exploser les prix pour disposer d’un débit de qualité. C… ! Ils sont soumis à des contraintes d’exploitation par les autorités publiques qui leur interdisent de faire n’importe quoi. Dans ce chahut médiatique, il faut dire que les autorités en question restent relativement timides dans leurs communications. Les valses hésitations et les rapports discordants sur l’interprétation à donner de la neutralité du Net créent la confusion en confondant la dimension démocratique de sa diffusion, des libertés d’accès et d’usage, qui reste indiscutable et son coût d’accès. Coût qui &#8211; contrairement aux idées reçues- pourrait encore diminuer pour ceux qui en font un usage modéré. Par ailleurs, et contrairement aux craintes émises par certains, avec cette future tarification, personne n’aura intérêt à ralentir les trafics, les débits qui seront facturables selon les quantités de giga-octets consommés. Et je n’ai guère de crainte sur la créativité des opérateurs pour d’inventer des paliers de consommations y compris pour créer des créneaux horaires, les plus propices à des téléchargements économiques. Mais on ne saurait conclure sans reconnaitre que les opérateurs, que cela pourrait dédouaner, ne sont pas pressés de fournir des données objectives et des études sur les différents profils des débits totaux consommés par famille ou par IP. Tiens ! Voilà un bon sujet de thèse pour nos étudiants.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
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<p><a href="#_ftnref1">[1]</a> Rapport 2002 de l’UIT sur le Développement des Télécommunications dans le monde</p>
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<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> De nombreux exemples existent des tentatives de certains opérateurs télécoms <a href="http://www.ecrans.fr/Internet-La-guerre-de-la,3883.html">de limiter les débits</a></p>
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<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Faites le constat <a href="http://www.zdnet.fr/services/test-bande-passante/index.htm?tester=2192#testWrapper">vous-même</a> en contrôlant le débit de votre ligne <a href="http://www.degrouptest.com/test-debit.php">comparativement</a> à celui indiqué sur le contrat de votre opérateur</p>
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<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Certains peuvent utiliser une solution qui existait bien avant le succès de l’Internet. Elle consiste à louer des ressources dédiées passant par un VPN (Virtual Private Network). Cette solution d’une voie rapide à l’intérieur du réseau actuel est utilisée par de nombreuses entreprises afin de sécuriser leurs échanges, leur bande passante et la qualité de leurs terminaisons avec leurs collaborateurs dans le monde. Elle n’est malheureusement pas à la portée de n’importe qui. Sécuriser sa bande passante a un coût élevé.</p>
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<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Un conflit plutôt cynique lorsque l’on sait que cette société Megaupload sert d’hébergeur à des téléchargements de films piratés.</p>
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<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> La <a href="../../../../../374/le-piratage-une-etape-transitoire-vers-l%E2%80%99equilibre-des-marches-numeriques">démarque inconnue</a> de l’Internet payant.</p>
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<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Les opérateurs de télécoms, qui facturent aujourd&#8217;hui au forfait votre abonnement à internet, disposent d&#8217;un traçage très précis des quantités consommées par leurs abonnés. Vous pouvez le vérifier en allant visiter avec un peu d&#8217;attention votre compte client. Il vous indiquera combien vous avez consommé de « mégaoctets » au mois le mois depuis que vous êtes client.</p>
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		<title>La désorganisation compétitive</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 06:02:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Ettighoffer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées fortes]]></category>
		<category><![CDATA[Modes d'organisation]]></category>
		<category><![CDATA[adapatation des organisations]]></category>
		<category><![CDATA[agilité organisationnelle]]></category>
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		<category><![CDATA[résilience organisationnelle]]></category>
		<category><![CDATA[taux d'organisation]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans les années à venir, les organisations qui survivront aux variations extrêmes de régimes de fonctionnement seront simples, robustes, adaptatives et agiles, afin de disposer de fortes capacités combinatoires. Ce sont ces combinaisons qui deviennent complexes, et d’autant plus complexes qu’elles se modifient en permanence. Les entreprises inventent de nouvelles structures, de nouvelles formes d’organisation, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #333300;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2534" title="bobordel" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/bobordel-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" />Dans les années à venir, les organisations qui survivront aux variations extrêmes de régimes de fonctionnement seront simples, robustes, adaptatives et agiles, afin de disposer de fortes capacités combinatoires. Ce sont ces combinaisons qui deviennent complexes, et d’autant plus complexes qu’elles se modifient en permanence. Les entreprises inventent de nouvelles structures, de nouvelles formes d’organisation, destinées à des fonctions plus spécialisées mais capables d’une très forte productivité grâce à leurs interfaces respectives. Par ailleurs, en raison de leur mode virtuel d’organisation, elles sont d’une très grande flexibilité combinatoire pour adapter, presque heure par heure, leur chaîne de valeur aux problèmes à résoudre.</span><span id="more-2520"></span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Deux ingénieurs d’IBM, Rolf Landauer et Charles Bennet, se penchaient depuis des années sur la question des coûts énergétiques de l’information. Ils se demandaient s’il était possible de construire un ordinateur qui ne consommerait pas ou peu d’énergie. Ils vont notamment s’interroger sur l’énergie consommée par les temps de traitement d’un ordinateur. En 1996, ils aboutissent à une thèse qui va passionner la communauté scientifique, « la quantité énergétique d’informations nécessaire pour décrire un objet désordonné sera supérieure à celle nécessaire pour décrire un objet ordonné ». Selon les principes de la thermodynamique, tout changement d’état dans l’objet observé sera à l’origine de consommation d’énergie. Une partie de l’énergie consommée sera dégradée et cette dégradation, dans le cas ci-dessus, sera d’autant plus conséquente que la description est plus longue parce que le système observé est désordonné. L’ordinateur de Landauer et de Bennet va mesurer le « taux d’organisation » d’un objet ou d’un ensemble<a href="#_edn1">[i]</a>. Comment caractériser cette mesure ? Pour Charles Bennet, la réponse tombe sous le sens : <em>« C’est la durée des temps de calculs nécessaires à la description de l’objet.</em> » En d’autres termes, un ensemble d’objets ordonnés coûte moins de temps d’ordinateur et est donc moins cher à décrire qu’un ensemble d’objets désordonnés. Plus un système est ordonné, moins il nécessite de consommation d’information. Corollaire, moins il consomme, plus il est simple, voire rudimentaire. Ce que l’on gagne en énergie, on le perd en complexité, « en profondeur d’organisation » pour reprendre la formule des chercheurs. Le processus naturel de la vie des organisations serait de gagner naturellement et très lentement en logique organisationnelle afin de réduire leur consommation énergétique. Un processus qui rappelle celui de la recherche permanente de productivité par les entreprises. Entre ordre et désordre le management moderne ne cessera pas d’être passionnant ! <strong>Mais encore faut accepter l’impensable : mettre du désordre là où cela devient nécessaire.</strong></p>
<p><strong><em>Le facteur « dissident » source de progrès</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2523" title="130345240165s" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/130345240165s.gif" alt="" width="250" height="166" />Afin d’engager un processus reproduisant la vie, c’est à dire capable de s’auto-corriger et d’évoluer dans le temps, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Julius_Rebek">Julius Rebek</a> inventa avec ses confrères du MIT des molécules chimiques capables de faire des erreurs. En matière de management, nous avons déjà réglé ce problème : les hommes sont là pour cela. Leurs erreurs de jugement, leurs préventions, leur manque d’audace ou leur conformisme, qui les amènent à s’imiter, participent au processus schumpeterien de destruction / création de la vie des entreprises. Il est en effet plus facile de concevoir et fabriquer une molécule qui reproduise à l’infini une autre molécule qu’une molécule capable de participer à la « créativité de l’organique » par la différenciation. Il est remarquable de noter que la recherche d’une solution pour engager cette dynamique amena l’équipe du MIT à limiter la capacité de réplication sur une portion de la molécule afin qu’elle mute, puis à étudier les facteurs exogènes (lumière, température, acidité ou salinité du milieu) qui participeraient aux mutations chimiques des molécules d’ADN. En créant une molécule « dissidente », il se passa alors un phénomène tout à fait intéressant. Certaines des nouvelles molécules issues de ces mutations devinrent concurrentes des souches d’origine. Elles se répliquèrent mieux en consommant à leur profit toute l’énergie disponible, puis se mirent à se recombiner pour produire des molécules encore nouvelles. Recombinaisons qui étaient plus ou moins fertiles selon le milieu (la soupe originelle… ou le contexte socio-économique) et l’auto-compatibilité des molécules de synthèse. La chimie avait donné le début d’un sens compréhensible à l’organisation du vivant… mais également à l’organisation de l’entreprise. Organisation qui balance en permanence entre la résistance au changement en voulant rester identique pour minimiser sa consommation d’énergie – au risque de ne pas pouvoir évoluer – et le besoin de se renouveler suite aux transformations du milieu, en dépensant parfois beaucoup d’énergie – au risque d’en périr dans les deux cas. Restait à trouver d’autres lois qui donneraient un sens complémentaire à cette question : si les arbitrages bons ou mauvais du pilote participent à l’évolution de l’organisation, où se situe réellement la rupture, quel est le catalyseur « dissident » qui oblige l’entreprise à bouger ? Quel est le contraire de facteur récessif ? Le facteur évolutif ! L’un résiste, le second s’adapte.</p>
<p style="text-align: justify;">Les sciences du vivant ont déjà découvert des organismes capables d’évoluer constamment afin de survivre. Le généticien <a href="http://antimicrobe.org/authors/r_moxon.asp">Richard Moxon</a>, de l’université d’Oxford, a découvert la bactérie H-influenzae. Une bactérie est programmée pour évoluer d’heure en heure pour fabriquer des protéines nouvelles afin d’échapper aux défenses immunitaires de l’organisme. La recombinaison continue d’H-influenzae<em>, </em>qui n’est pas sans nous rappeler ce que nous savons des évolutions du HIV, rend très difficile l’utilisation des vaccins habituels. Elle nous instruit sur le rôle de la désorganisation dans la compétitivité entre espèces… et sur celui de l’homme dans la désorganisation ambiante. Mais alors, qu’est ce qui constitue la dynamique des évolutions des organisations puisque les systèmes eux aussi tentent de se stabiliser afin de réduire leurs dépenses énergétiques ? Ce qui aboutirait, encore une fois, à leur nécrose puis à leur disparition. Certains chercheurs, comme <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Stuart_Kauffman">Stuart Kauffman</a><a href="#_edn2">[ii]</a>, de l’Institut de Santa Fé, véritable Mecque des travaux sur la complexité, vont donner ce rôle à l’homme, le « chanceux de service ». Pour nombre de chercheurs, la vie humaine est devenue probable par nécessité du maintien de la dynamique de la vie en général. Dans cette hypothèse, l’homme devient bien le facteur clé du progrès. Alors que les systèmes des machines renforcent leur capacité à autoréguler et « ordonner » les flux, les données et les problèmes de plus en plus complexes, voilà l’homme bombardé « désorganisateur », perturbateur nécessaire à l’adaptation des organisations. Voilà qui donne un sel particulier à l’idée que nous allons nous faire du rôle des hommes dans la conduite du changement dans la société en général et les organisations en particulier. Un rôle qui va l’amener à inventer, au siècle des réseaux et de la cyberéconomie, de nouvelles formes d’entreprises.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2526" title="complaint" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/complaint.jpg" alt="" width="288" height="224" />Dans nos entreprises, le perturbateur n’est jamais que celui qui écoute les personnels et tente de valoriser leurs idées, qui sent les attentes nouvelles des marchés. Faut-il le rappeler ? L’écoute d’un marché est à l’origine des deux tiers des innovations réussies parce que les idées sont développées chez ou avec les clients<a href="#_edn3">[iii]</a>. Ce phénomène est identique dans l’entreprise : les gens sont prêts à suggérer, à proposer des innovations organisationnelles parfois majeures. Certains compagnies qui l’ont compris avant d’autres multiplient les <em>dream teams</em> et autres groupes de réflexion prospective. Réflexions qui ont une vertu pédagogique considérable pour les parties prenantes. Elles y trouvent des espaces apaisés de discussion et d’échange, y compris dans des <em>virtual workshops</em>, dans des forums installés sur les intranets maison. Les groupes de progrès trouvent là un horizon ambitieux en se fixant pour objectifs d’imaginer en permanence le futur. Les entreprises bénéficient des bonnes idées de perturbateurs qui ont le don de déceler, avant tout le monde, les signaux faibles des changements à venir, donc à prévoir. Des changements qui, parfois, perturbent l’entendement. Mais ça c’était à prévoir !</p>
<p><em><a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/meta.html">Extraits de Mét@organisations ( Prix Turgot 2001)</a></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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<hr size="1" />
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<p><a href="#_ednref1">[i]</a> Roman Ikonicoff, « Et la vie émergea du chaos », <em>Sciences</em>, 28 juin 1996 et <em>Science et Vie</em>, mars 1997.</p>
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<div>
<p><a href="#_ednref2">[ii]</a> <em>At home in the Universe</em>, Oxford University Press.</p>
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<p><a href="#_ednref3">[iii]</a> Dr. Von Hippel du MIT, <em>Technologies et Sociétés</em>, Pierre Lévi, McKinsey.</p>
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		<title>Intelligence collective ? Pas sans médiateurs !</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 10:09:29 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La mise en place d&#8217;un réseau de télécommunications ouvre des possibilités sans pour autant résoudre les différentes attitudes d&#8217;ouverture des gens les uns vis-à-vis des autres. Des milliers de kilomètres de cuivre ne donneront pas envie à quelqu&#8217;un de communiquer s&#8217;il ne le veut pas. Dans sa contribution au Travail au 21e siècle[1] Pierre Lévy, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #800080;"><a rel="attachment wp-att-2501" href="http://www.ettighoffer.fr/2494/intelligence-collective-pas-sans-mediateurs/attachment/1310367794695"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2501" title="1310367794695" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/1310367794695-150x150.png" alt="" width="150" height="150" /></a>La mise en place d&#8217;un réseau de télécommunications ouvre des possibilités sans pour autant résoudre les différentes attitudes d&#8217;ouverture des gens les uns vis-à-vis des autres. Des milliers de kilomètres de cuivre ne donneront pas envie à quelqu&#8217;un de communiquer s&#8217;il ne le veut pas. Dans sa contribution au </span><a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/travail21.html"><span style="color: #800080;"><em>Travail au 21<sup>e</sup> siècle</em></span><span style="color: #800080;"><em><strong></strong></em></span></a><a href="#_ftn1"><span style="color: #800080;"><em><strong>[1]</strong></em></span></a><span style="color: #800080;"> Pierre Lévy, parmi d’autres auteurs talentueux, avait apporté une contribution remarquable. Remarquable parce que </span><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_L%C3%A9vy_%28philosophe%29"><span style="color: #800080;">Pierre Levy</span></a><span style="color: #800080;"> mettait en évidence que l’intelligence collective était d’abord celle de l’échange, d’où l’importance de la relation considérée comme le marqueur génétique des nouvelles qualités indispensables au développement de nos civilisations, de notre culture. </span><span id="more-2494"></span><span style="color: #800080;">Les métiers du futur, expliquait-il dans sa contribution « <em>Pour une ingénierie de l’intelligence et des qualités humaines</em> » seront « des métiers de la relation ». Il présentait déjà une argumentation de ce que seront les réseaux relationnels professionnels qui commencaient à se mettre en place un peu partout dans le monde. Ces derniers deviennent des vecteurs d’échanges et de partages d‘informations entre professionnels qui se retrouvent autour de centres d’intérêts commun. En filigrane, il décrivait déjà ce que serait la formation de « <em>webring </em>» de compétences à la demande. Il précisait que les conditions de la création de nouvelles richesses nécessitaient que notre société admette que l’intelligence collective contribue aux apports des activités sociales et maintiennent le capital social. Une analyse selon laquelle une société gavée de richesses matérielles ne peut plus avancer sans s’interroger sur ses qualités humaines, sur la qualité du lien social qui favorise et encourage l’échange. Echanges dont le première des caractéristiques est de savoir donner du savoir, </span><a href="../../../../../929/le-%C2%AB-don-%C2%BB-sera-t-il-la-prochaine-etape-civilisatrice-de-l%E2%80%99humanite"><span style="color: #800080;">savoir faire le don</span></a><span style="color: #800080;">. Au passage, Pierre Levy soulève le vrai problème à résoudre, celui des capacités particulières de chacun à créer du lien social ; « A devenir un médiateur ». En cela il ne fait que rappeler que ces métiers sont devenus monnaie courante. Le grand public connaît déjà les médiateurs des conflits dans les administrations et depuis peu de justice. Nos assistantes sociales sont des médiatrices en première ligne de notre société. Les médiateurs de conflits familiaux sont très présents aux Etats-Unis. Les infirmières dans certains services de fin de vie sont de formidables médiatrices. Notre société est parsemée de ces individus qui tentent de créer du lien social, première des richesses de notre société trop souvent occultées par l’âpreté du monde des affaires</span><a href="#_ftn2"><span style="color: #800080;">[2]</span></a><span style="color: #800080;">. Dans les entreprises, cela ne peut marcher facilement. D’abord parce que l’attention que nécessite l’acte de médiation entre en conflit avec le besoin de rentabilité du temps passé. Notre société de l’impatience est l’antagoniste parfait d’une société qui voudrait se réapproprier le temps. <a rel="attachment wp-att-2506" href="http://www.ettighoffer.fr/2494/intelligence-collective-pas-sans-mediateurs/couv_malvivre_small-2"><img class="alignleft size-full wp-image-2506" title="couv_malvivre_small" src="http://www.ettighoffer.fr/IM/couv_malvivre_small2.gif" alt="" width="141" height="190" /></a>Dans notre ouvrage </span><a href="http://www.ettighoffer.com/fr/livres/malvivre.html"><span style="color: #800080;">«  <em>Du mal travailler au mal vivre</em></span></a><a href="#_ftn3"><span style="color: #800080;">[3]</span></a><span style="color: #800080;"> » nous mettions l’accent sur une des retombées les plus dommageables des 35 heures : la perte du temps consacrée au temps de la relation sociale. Nous avions raconté à l’occasion l’histoire de cette société de service américaine « Busy People», financée par de grandes sociétés afin de favoriser les contacts entre familles et professionnels de la Silicon Valley. Trop occupés, les cadres et les employés de la Silicon n’avaient plus de vie sociale. L’intérêt des firmes étant de limiter la casse dans les familles. Médiateurs là encore. Les entreprises devront prendre conscience de l’importance du rôle des médiateurs dans leurs réseaux de relations comme elles l’admettent généralement bien dès qu’il s’agit de relations commerciales. Pratiquement cela veut dire qu’il convient de ne pas ouvrir leurs réseaux sans médiateurs. Les médiateurs sont des individus qui font circuler des informations utiles pour faciliter les échanges de toutes sortes. Cela recouvre les échanges de formation, l’organisation de migrations de connaissances dans les réseaux dont ils ont la charge. Ils contribuent à la <em>cross fertilisation</em> des équipes intéressées aux échanges de pratiques professionnelles mais aussi d’expériences diverses ainsi, plus prosaïquement, que des capacités à s’offrir mutuellement des logistiques d’accueil et de valorisation du capital immatériel de sa société. Sans eux, le personnel ne prendra pas de temps pour apporter des contributions ou participer à la dynamique des échanges. Cet animateur, sera le médiateur qui alertera qui de droit si un événement intéressant son réseau est en cours de formation. Ce détour par nos comportements en matière de travail coopératif est indispensable. Car la révolution à venir ne sera pas dans les technologies de la communication mais dans notre capacité à nous réapproprier l’importance de la rentabilité du capital immatériel – de nos connaissances- dans l’ensemble de ses dimensions sociales et économiques. Une démonstration faite par </span><a href="../../../../../2450/2450"><span style="color: #800080;">Marin Mersenne</span></a><span style="color: #800080;"> en d’autres temps ! </span></p>
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<hr size="1" />
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<p><a href="#_ftnref1"><span style="color: #800080;">[1]</span></a><span style="color: #800080;"> Collectif Eurotechnopolis Institut, <em>Le Travail au 21<sup>e</sup> siècle, Mutations de l&#8217;économie et de la société à l&#8217;ère des autoroutes de l&#8217;information</em>, Paris, Dunod, 1996.</span></p>
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<p><a href="#_ftnref2"><span style="color: #800080;">[2]</span></a><span style="color: #800080;"> L&#8217;évolution de l&#8217;espèce humaine vers de nouvelles formes de gouvernance, de culture, d&#8217;économie, de positionnement de l&#8217;individu dans le collectif, est suffisamment marquée pour qu&#8217;elle donne lieu aujourd&#8217;hui à la naissance d&#8217;une nouvelle science, l&#8217;Intelligence Collective, telle qu&#8217;initiée par la toute nouvelle </span><a href="http://www.collectiveintelligence.info/" target="_blank"><span style="color: #800080;">CRC-IC</span></a><span style="color: #800080;"> (Chaire de Recherche Canadienne en Intelligence Collective) sous la direction de Pierre Lévy.</span></p>
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<p><a href="#_ftnref3"><span style="color: #800080;">[3]</span></a><span style="color: #800080;"> Eyrolles &#8211; Ettighoffer &amp; Gerard  Blanc, février 2003</span></p>
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