Des logiciels élaborés sur la base des applications cognitives de l’intelligence artificielle (IA) sont capables de déceler des signaux qui montrent le sens des recherches ou des nouvelles stratégies en préparation chez un concurrent. Le traçage des informations marque les inventeurs les plus fertiles, les laboratoires les plus dynamiques, les séminaires les plus propices pour débaucher des ingénieurs de talent. Le brouillage volontaire des dépôts de brevets ne marche plus ; les IA sont capables de dépister le nombre de fois où une information est citée dans un laps de temps donné et de lui donner une occurrence, un score particulier qui lancera des investigations plus approfondies. Une analyse d’autant plus difficile à brouiller que l’on assiste à l’accroissement du nombre des personnes intervenant dans les processus d’innovation ou de conception d’un produit.

Le fait de pouvoir identifier les émetteurs et les récepteurs concernés par des échanges professionnels précis sont autant de précurseurs intelligibles pour les capacités d’analyse des IA. La multiplication des socio-types et la mouvance des modes, des attentes, dans une culture mondiale rendent plus difficile l’analyse des marchés.  Une mode ou une initiative quelconque peut partir du Japon ou d’Australie avant de contaminer de façon fulgurante l’ensemble de la triade. L’accélération des modes de consommation et d’achat oblige à rendre encore plus pointus les “ radars ” qui identifieront les signaux faibles issus de multiples horizons. Les IA font partie des radars disponibles sur la toile pour déceler des “ bas bruits ” dans la presse en ligne, dans les forums de discussions, dans la création même de sites. Les outils d’identification, de veille des “ bas bruits ” facilitent la découverte de logiques nouvelles, de tendances émergentes encore masquées par un bruit de fond considérable.

Les IA sont capables de dégager des tendances à partir de modifications identifiées dans les tables d’indexation ou dans les déclarations les plus récentes faites dans le Cyberespace. Un score particulier des informations traitées repère les endroits – les serveurs – où se situent les données les plus intéressantes. C’est un travail similaire que proposent les IA. Vous préparez un exposé sur la désertification du sud de l’Espagne. Durant votre travail préparatoire, votre IA vous proposera des liens et des informations complémentaires pour l’élaboration de votre exposé si l’IA ne le fait pas elle -même.

En d’autres termes les capacités d’investigation des IA les amèneront à aller au-delà de la simple restitution des informations mais bien à présenter des alternatives, des hypothèses, des suggestions nouvelles à partir des questions qui lui auront été posées, aux recherches qui lui auront été demandés. La connaissance transformée par les IA va passer dans l’univers marchand. Netbrain est là. Les propositions nouvelles des IA dans tous les domaines vont faire l’objet d’âpres compétitions. Y sommes-nous prêts ?

Denis Ettighoffer – Paris 2001

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A propos de l'auteur

Denis

Denis Ettighoffer, fana de science-fiction, auteur de « L’entreprise virtuelle », le livre qui l’a fait connaître en 1992 est un des spécialistes français reconnus dans l’étude projective de l’impact des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). Ses contributions à la réflexion sur les évolutions des sociétés, des modèles économiques et organisationnels sont nombreuses. Sa spécificité réside dans sa capacité à analyser le présent, pour en extraire les orientations économiques et sociétales stratégiques pour les décennies à venir. Son parcours atypique aura forgé chez lui une pensée singulière. Son dernier livre, « Netbrain, planète numérique, les batailles des Nations savantes » (Dunod) a reçu le prix du livre du Club de l’Economie Numérique en 2008. Denis Ettighoffer un temps Membre correspondant de l’Académie de l’Intelligence économique collabore désormais avec l’équipe d’IDEFFIE (Développement de l’expertise française et francophone à l’international et en Europe ) .

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